CHATEAU DE LA ROCHE
Si l'on en juge par la carte de Jaillot , il y aurait eu à Vaas beaucoup de châteaux détruits ; tous paraissent avoir été faiblement fortifiés. Cependant les
historiens ne parlent que des châteaux de la Roche, de la Cour-Denet, de Gannes et des Perray.
Nous ne pouvons dire à quelle époque ni par qui le château de la Roche a été édifié et qui lui a donné son nom. Nous savons seulement qu'en 1 392 il appartenait à Jeanne de Jannay, dame de château de Firmont et de Courcillon, en Dissay; qu'en 1393 et 1397, Hardouin de Fontaines1, chevalier, seigneur de Fontaines-Guérin et de Lisle-sur-Loir, en Sainte- Cécile, le possédait sous le titre d'abergement et en rendait aveu et hommage. L'aveu de 1397 « est du moys de la me-aoust, il est scelle du scel du dist seigneur » ( Manusc. )
En 1489, Allain de la Motte, écuyer, rend aveu du château de la Roche pour Renée de Daillon , sa femme , ainsi que des terres de Fontaines , Vouvray et FIsle-sur-Loir; en 1196, Thibault de Mangetz , médecin , et Marguerite de Guavete en
1 « Hardouyn de Fontaines, chevalier, seigneur de Liste, rend adveu a cause de la diste seigneurie , mouvant de Chasteau du Loir, le 14e jour davril lanl393. Adveu jadis scelle de son scel.»
« Huet Carel baille adveu pour ses habergements de la Carreliere et de la Roche-Maupetit mouvant de Chasteau du Loir. Au mois de juîng lan 1352. Adveu ne signe ne scelle. »
«Pierre Carreau rend adveu, le 25« jour de juillet lan 1403, pour son habergement de la Roche-Maupetit mouvant du comte du Mans a cause de la baronnie de Chastel du Loir. Adveu scelle de son scel et signe Beliu. » (Manusc.) Est-ce de la Roche de Vaasdont il s'aerit?
deviennent les seigneurs, puis en 4606 il passe à Jean de la Couetterie, écuyer, sieur de la Grifferie , fils de Jacques de la Couetterie; et en 1665, nous voyons que « messire Jacques de Couette, chevalier, seigneur de la Roche , et son épouse, Geneviève de Champrond, sont propriétaires de ladite terre et l'habitent en personnes. »
Suivant deux historiens du Maine, René de Couette fait , en 1603 , hommage de Courtirault et de Luceau; en 1606, Urbaine de Laire, veuve de Jean de la Massuere, avocat au présidial du Mans , rend aveu pour « le fief de la Roche » au nom de Jacquine de Mongran, sa mère; en 1639, Jacques de Couette, écuyer, est taxé au rôle de l'arrière-ban de la province du Maine à x. L. pour la dite seigneurie; de 1659 à 4668, différents hommages sont rendus pour ce domaine par Jacques de Couette, écuyer. Nous pensons que Jacques de la Couetterie ' et Jean de Couette sont de la même famille. Enfin d'après deux manuscrits, l'un de 4527 et l'autre de 1 666 , « les seigneurs de la Roche de
1 II y avait au xviie siècle à Beaumont-Pied-de-Bœuf un château du nom de la Couetterie ; il appartenait à messire Nicolas de Vançay, chevalier, «seigneur de la Couetterie, Rioble, Luceau, et autres lieux. » Il fonda une chapelle dans ce château, le 20 novembre 1698 , à la charge de 2 messes par semaine, et le 25 avril 1699 Henri-Pierre-Joseph de Vançay, clerc tonsuré, en prit possession. (Insinuât, ecclés.)
« Vaas rendent aveux aux religieux de l'abbaye « pour le cours de l'eau venant du moulin Neuf au « moulin de Porrion, pour ce ils sont tenuz à deux a solz quatre deniers tournois. »
Avant la révolution, M. de Hertes, qui se fit représenter à l'assemblée de la noblesse du Maine , était propriétaire du domaine de la Roche et prenait le titre de seigneur de la Roche de Vaas; plus tard, ce domaine passa à M. Nicolas de Hertes-Merville, qui fut maire de Vaas et membre du conseil général de la Sarthe; maintenant il est habité par M. Pantin de Landemont.
Le vieux château a disparu et a fait place à une fort jolie maison, à deux pavillons, flanquée de deux tourelles rondes ; cette belle propriété , trèsagréablement entourée, domine d'un côté le magnifique vallon du Loir.
Au xviie siècle , il y avait une chapelle au domaine seigneurial de la Roche ; en voici l'acte de fondation : « A tous ceux qui ces présentes verront, savoir faisons , que du 26e iour de avril \ 665 après midy, pardevant nous Marin Drouet, notaire royal au Mans, y résidant, fut présent et submis en laditte Cour Messire Jacques de Couette, chevalier, seigneur de la Roche de Vaas , y demeurant tant en son nom que soy faisant se portant for de dame Geneviève de Champrond son épouse , à laquelle il promet et s'oblige faire rattifier et avoir ces pré-
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sentes pour agréable dans toutefois et quantes lequel désirant et ladite dame son épouse être perpétuellement participant aux prières et suffrages de notre mère sainte Église, et pour la plus grande gloire de notre Sauveur et Rédempteur, Jésus- Christ, et de tous les saints et Cour Céleste de Paradis , a de sa pure et libre volonté fondée de par ces présentes fonde la chapelle qui est bastie dans le circuit et enclos de la maison seigneuriale du dit Vaas, diocèse du Mans , pour estre désormais servie et desservie sous l'invocation du bienheureux apôtre saint-Jacques et sainte-Geneviève patrons des dits seigneur et dame fondateurs; laquelle il a, esdittes qualitez , dotée et fondée par ces présentes de la somme de 60 livres tournois de rente foncière annuelle et perpétuelle qu'il a assignée à prendre chacun an à deux termes par le chapelain qui sera par lui nommé et qui desservira la ditte chapelle, savoir : aux jours et testes de Saint-Jean-Baptiste et Noël , par moitié , qui est à chacun 30 livres sur la ditte terre, seigneurie et dépendances de la Roche de Vaas sans rien en excepter; laquelle le dist seigneur de Couette es dist nom a affectée , obligée et hypothéquée à la ditte rente foncière de 60 livres a payer aux susdits termes jusqu'à ce qu'ils aient trouvé autres fonds et assiette en proximité de la valleur de la ditte rente foncière pour fond et assignat de la présente fondation, à la charge par le cha-
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pelain qui sera pourvu de la ditte chapelle de dire et célébrer en ycelle la sainte messe à l'intention des dits seigneur et dame fondateurs et de leurs hoirs et ayant causes, trois fois la sepmaine , savoir : les dimanches, mercredys et vendredys; sinon que se rencontrant des festes de sepmaine et autres jours que ceux désignez, le dist chapelain célébrera les dittes messes les ditz jours et festes, au lieu des jours désignez sy elles ne s'y rencontrent, a la reserve de quatre principales festes annuelles , qui sont Pasques, Pentecôte, Toussaint et Noël, aux quels jours il ne sera tenu de célébrer les dittes messes en la ditte chapelle , ainsi ou sa dévotion le portera; reserve le dist seigneur de Couette la présentation et patronage de la ditte chapelle a luy et à la ditte dame son épouse et à leurs successeurs qui posséderont la ditte terre de la Roche de Vaas et laquelle ils pourront présenter à tel au tre prêtre séculier que bon leur semblera ou à autres personnes aspirants aux saints ordres de prêtrise; le tout soubz le bon plaisir et avec le décret et autorité de Monseigneur le reverendissime evesque du Mans qui est supplié aggréer la présente fondation a lexecution et accomplissement de laquelle le dist seigneur fondateur a affecté et hypothéqué généralement tous les autres biens présents et advenir et ceux de la ditte dame son épouse sans toutefois que la généralité déroge a la spécialité ni la spécialité a la généralité ne
autrement jusqu'à ce qu'il ay fourny comme dist est un fond et assiette de la valleur de y celle rente qu'ils les fournissent. Fait en la ditte terre de la Roche de Vaas ensemble les autres biens les dists seigneur et dame fondateurs demeureront déchargés de la ditte rente foncière; dont et ce que dessus lecture faite au dist seigneur de Couette , il a dist bien lentendre, la ainsi voulu et consenty esdittes qualitez et len avons de son consentement jugé par le jugement de la ditte Cour; fait et passé en nostre estude en présence de Jullian Sotteau praticien et Jean Desmarres , marchand , demeurant au dist Mans, témoins a ce requis et appelez. La minute des présentes est signée J. de Couette , Sotteau , Desmarres , de nous notaire royal susdist et soussigné (signé) Drouet , et scellé, raturé un mot nul. » Cette chapelle fut décrétée le 12 mai 1666, elle n'existe plus depuis longtemps.
La maison Pantin de Landemont est une ancienne famille qui s'est établie en Bretagne. Un de ses membres, bienfaiteur de l'abbaye de Saint-Nicolas d'Angers, partit pour la Terre-Sainte ; un autre fut chevalier de l'ordre du Croissant. Louis-Alexandre de Landemont, et Philippe-Louis, son fils, assistèrent à l'assemblée de la noblesse du Maine en 1789. Nous voyons encore un membre de cette famille prendre le titre de seigneur de Vaux en Yvré-1'Evêque.
La famille de Hertes tire son origine de Jean de
Hertes, seigneur de Montoye, trésorier de France en Picardie, qui fut anobli par lettres du mois d'octobre 1596, vérifiées dans toutes les cours. Nous remarquons parmi les membres de cette famille, Jean de Hertes, seigneur de Hailles , président du présidial d'Amiens et François de Hertes , lieutenant d'infanterie. (Nob. de Picardie. — Manusc. — Insinuai, eccles. — Arch. de la préf. — La Chesnaye Desbois. — Cauvin. — Pesche.)
ARMES
Hardouin de Fontaines : d'argent, au chevron de sable, accompagné de trois mouchetures d'hermines de même, deux en chef et une en pointe.
De Hertes : d'azur à trois fleurs de soucis d'or.
Pantin de Landemont : d'argent à la croix de sable cantonnée de quatre molettes de gueules, et pour devise : Hardi Pantin marche en avant.
De la Motte : de sable, frété d'or à 6 pièces.
De Langle : d'azur à 1 fasce d'or, accompagnée en chef de 2 glands de même, tiges et feuilles chacune d'une seule feuille de sinople, et en pointe d'une rose d'or.
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