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CHATEAU DE LA COUR-DENET

On ne connaît pas le fondateur du château de la Cour-Denet ou Cour-de-Net. Ce château existait encore en 178i; il était situé sur le bord du Loir et entouré de beaux bois. M,ne veuve de Jourdan de Savonnières possède actuellement cette propriété qui a appartenu pendant longtemps à la famille de Savonnières.

Une chapelle dépendait de ce domaine ; elle avait été fondée par Roch de Savonnières et prenait le nom de chapelle de Saint-Roch; elle était à la présentation du seigneur du château de la Cour-de- Net. Cette chapelle a été détruite à une époque que Ton ne peut préciser. Le 5 novembre 17G4, « maître Louis-Aimé David , clerc tonsuré demeurant ville de la Flèche, » prit possession de cette chapelle sur la présentation qu'en avait faite à l'évêque du Mans dame Marie-Barbe-Suzanne de Faureau, veuve de M. de Savonnières.

D'après plusieurs titres authentiques de 1666 et de 1768, « le seigneur de la Cour Denet devait à l'abbaye de Vaas pour une maison sise dans la ville près le moulin de Porrion 30 sols de rente , et le moulin de Porrion payait à M. de Savonnières, seigneur de la Cour Denet, 75 livres, 12 boisseaux d'avoine, 1 boisseau de froment de rente foncière

et 20 sols de rente à l'église et fabrique de Vaas pour la fondation du ban de la Cour Denet. »

On croit que le Seigneur de la Cour-de-Net avait autrefois droit de haute justice, de pèche, de fuie , de prévoté et de garanne. On sait qu'au mois d'août 1789 l'assemblée nationale décréta l'abolition des droits exclusifs de fuies, colombiers, chasse et garannes ouvertes ; elle décréta aussi la suppression de toutes les justices seigneuriales.

La famille de Savonnières est originaire d'Anjou; elle était très-estimée dès le xie siècle, et avait des membres très-distingués dans l'ordre de Malte dès les premiers temps. «Les seigneurs de Savonnières, dit Trincant, furent moult grands et vertueux. Cette famille existait au xnc siècle; en effet, on trouve Bernard de Savonnières (1109), Macé de Savonnières (1136); il était preux chevalier et grandement devotieux. » Dans la branche des Seigneurs d'Entre- Deux-Bois , on remarque « Roch de Savonnières , chevalier, seigneur d'Entre-Deux-Bois, fds aîné de Charles de Savonnières et de Jeanne de Brehan, sa seconde femme; il épousa le 22 février 1638 Urbanne de Chivré, fille aînée et principale héritière de Simon de Chivré , chevalier, seigneur de Villainnes , de la Courdenet, et de Jacquine de la Barre ; Jean-Guillaume de Savonnières , chevalier, seigneur d'Entre-Deux-Bois, de la Courdenet, né en 1640, épousa, le 15 juin 1661, Marie de la Haye;

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il mourut le 12 août 1700. Thimoléon-Magdelon de Savonnières, chevalier, seigneur d'Entre-Deux-Bois, de la Courdenet, capitaine-aide-major au régiment de Sausay, marié le 22 janvier 1711, à Renée Le Roy, fdle de René Le Roy, chevalier , seigneur de Montaupin et de Louise de Broc, meurt en 1752. Thimoléon-Magdelon-Henri de Savoimières, né le 9 décembre 1714, chevalier, seigneur du Val, de la Courdenet, était officier d'artillerie en 1730, il fit les campagnes de Bohème , fut blessé dangereusement d'un coup de canon devant Égra , assiégé par le comte de Saxe, en 1 742 ; il épousa à Metz, en 1 744, Marie-Barbe- Suzanne de Faureau, et mourut le 11 avril 1730 laissant pour enfant Marie-Charlotte- Adelaïde de Savonnières, mariée, depuis 1767, à Jean-Nicolas de Bock , seigneur de Furst. » Enfin Thimoléon-Madeleine-François de Savonnières, seigneur d'Entre-Deux-Bois (enAubigné) et de Savigné-sous-le-Lude , assista aux assemblées de la noblesse du Maine et de l'Anjou en 1789, et Jean de Savonnières, seigneur de Maison -Rouge, assista seulement à celle d'Anjou.

ARMES

De Savonnières : de gueules à la croix pâtée d'or. (Mtmusc. — Ins. ecclés. — Arck. de la pré f. — Affiches du Mans. — La Chesnaye-Desbois. — Cauvin. — Pesche. )

CHATEAU DE GANNES OU DE GANNELON.

Hubert Jaillot indique , sur sa carte , un château en ruine du nom de Gannes , et situé dans la paroisse d'Aubigné. Nous ne possédons aucun document sur ce domaine ni sur ses seigneurs, malgré nos plus minutieuses recherches. Il n'est pas le seul qui porte, dans le diocèse du Mans, le nom de Garnies1 ou Gannelon; en effet, nous lisons dans la Géographie ancienne de M. Cauvin : « Plusieurs lieux du diocèse empruntent leur nom au personnage Ganelon: Sougé -le -Ganelon, paroisse sur la rive gauche de laSarthe,au nord-ouest de Fresnai; les ruines du château de Ganes : 1° à l'est d'Épaigné; 2° au nord-ouest de Marçon, dans une île du Loir ; 3° sur la droite du Loir, à l'ouest de Vaas ; 4° sur la rive droite du Loir, au sud-ouest d'Aubigné; 5° au nord-ouest de Saint-Denis-d'Orques; la Ganetiôre, manoir féodal sur la rive gauche du Loir, à l'ouest du Lude. Les ruines de Marçon y sont nommées la tour de Ganes; les autres, chà-

1 « Si l'on en croyait des traditions peu sûres , dit M. l'abbé Voisin, Gannes possédait la seigneurie de Vaas et celles de plusieurs lieux du voisinage , où le géographe Jaillot signale des châteaux de Garnies, des métairies dites la Gannëtière, la Gannolière. >>

teaux de Ganes. » Un autre écrivain ajoute : « Tous ces châteaux, qui ont le nom de Ganes, sont en ruines depuis de longs siècles, et les terres où se trouvent plusieurs d'entre eux appartenaient de temps immémorial à l'abbaye de Vaas... » Nous avons eu entre les mains un assez grand nombre de manuscrits concernant cette abbaye , et , dans aucun d'eux, nous n'avons trouvé ces faits mentionnés; l'auteur possède sans doute d'autres documents que les nôtres.

Mais ce n'est pas seulement dans le Maine que l'on trouve des châteaux de Gannes. « La France , dit-on, en est couverte. » (Voy. Statist. de l'arrond. de Falaise , et France pittoresque, par A. Hugo. )

Le nom de Gannes a préoccupé plusieurs écrivains ; M. Pesche, dans son Dictionnaire statistique de la Sarthe , se demande « que peut signifier ce nom de Gane, donné ainsi à un grand nombre de forteresses? Serait-il caractéristique de leur forme, de leur situation ou de leur destination? Ou bien estce, comme ce semble l'opinion lapins générale, celle d'un ancien guerrier, normand, saxon ou danois, qui aurait alors porté ses armes sur une grande partie de la France, puisque ce nom se retrouve partout? C'est une question qui nous paraît peu éclaircie jusqu'ici. » Plus loin il ajoute : « En réfléchissant au grand nombre d'anciens châteaux du nom de Gane, qui se rencontrent, non-

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seulement sur notre territoire, mais disséminés sur divers points de la France, il est difficile d'admettre qu'ils soient dus à un seul et même individu, qui les aurait fait construire; il est plus probable que ce nom , dont l'étymologie paraît perdue , avait une signification relative à leur destination. »

Nous nous sommes expliqué sur le sens du mot Gannelon *, en parlant de {'abbaye de Vaas ; nous croyons , sans pouvoir pourtant assurer que c'est

1 On trouve ce mot écrit de ces différentes manières : Ganelon, Gannelon, Gane, Ganes, Ganne et Gannes.

Bourdigné, après avoir raconté, dans ses Annales et chroniques d'Anjou , la trahison et la condamnation de Gannelon, ajoute : « Mais pour faire finie ne veuil oublier ce que la commune renommée nous enseigne. Cest que a lheure de la tant villaine et détestable trahyson que fist Gannelon, des nobles pers de France a Roncevaux , tous ses ediffices et manoirs fendirent depuis le haut iusques en terre pour monstrer que de si grant desloyaute toutes choses ( et mesmes les ensensibles ) avoient horreur. »

Le moyen-âge tout entier, dit un historien moderne, est rempli des souvenirs de la défaite de l'armée de Charlemague à Roncevaux , et tous les récits qu'on en a faits sont empruntés à la Chronique de Saint-Denis faussement attribuée, comme chacun sait, à l'archevêque Turpin, le grand chroniqueur de l'époque. M. Capefigue fait remarquer qu'on a beaucoup discuté sur l'origine de cette chronique : « fut-elle la source de toutes les chansons de gestes , comme l'a prétendu l'ancienne école , ou bien n'a-t-elle été elle-même qu'un résumé en prose de quelques-uns de ces chants de gestes , l'œuvre de quelques moines de la Galice, comme l'a soutenu M. P. Paris? C'est là une de ces questions d'origine et de primogéniture qu'il est fort difficile d'éclaircir. »

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sa véritable signification , quo ce mot est synonyme de traître ; on disait : « c'est un Gannelon , » pour désigner un traître, et on s'en servait pour flétrir ceux qui trahissaient leur pays ou leurs seigneurs ; on employait encore cette expression dans les actes d'accusation qu'on dressait contre les personnes de la fortune desquelles on voulait s'emparer. Nous pensons que cette hypothèse est la plus vraisemblable ; car on ne peut supposer que ce soit un individu ou même une famille qui aurait fait construire un aussi grand nombre de châteaux; d'ailleurs, les ouvrages généalogiques ou biographiques nous auraient donné quelques renseignements sur ces seigneurs; et aucun, que nous sachions, n'en fait mention.

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