‹ Recherches historiques sur Vaas et LavernatChapitre 30 sur 45 · DU MAINE · texte numérisé non relu

DU MAINE

Les chouans entrèrent à Vaas et y restèrent neuf jours. Voici ce que nous lisons à ce sujet dans im manuscrit : « Les citoyens administrateurs voient avec satisfaction que le canton de Vaas, qui avait été envahi par les chouans, a été totalement évacué dans la nuit du 30 nivôse. Le 15 pluviôse suivant , l'administration ordonne de faire des visites domiciliaires chez tous les citoyens indistinctement, à l'effet de voir s'ils n'auraient point laissé des armes ou munitions chez les particuliers où ils ont été logés. » Plusieurs fusils et baïonnettes ont été trouvés.

— On fit affichei dans toutes les communes du

département de la Sarthe la pièce suivante :

SUR VA AS. -lO1)

u Liberté, Humanité , Egalité.

« ARMÉE DE LOUEST.

« Delarue , général de brigade , commandant de la subdivision de la Sarthe ,

« Aux rassemblements connus sous le nom de chouans, existant encore dans ce département.

« Dix jours se sont écoulés depuis que vos chefs ont dû, conformément à l'engagement pris par M. de Bourmont envers le général Hédouville, vous donner l'ordre de vous dissoudre et de rentrer dans vos foyers ; quelques-uns d'entre vous , pleins de conliance dans la générosité et les bontés du gouvernement , se sont empressés de déposer leurs armes, et déjà ils jouissent, dans leurs communes respectives, sous la protection des autorités constituées et de la force armée, des douceurs de la fraternité et de l'amour paternel; mais beaucoup encore, aveugles jouets des fureurs du fanatisme, et instruments passifs d'un gouvernement barbare qui, depuis plusieurs siècles , machine la perte de la France , se maintiennent dans l'état de rébellion. Écoutez la vérité :

« Si vous ne vous hâtez de suivre l'exemple de votre chef supérieur et de vos camarades qui se sont rendus, le gouvernement, qui est disposé aujourd'hui à l'indulgence à votre égard , las de vous voir abuser* de sa patience, déploiera enfin contré

vous les forces qu'il a à sa disposition pour vous soumettre , et ne vous regardera plus comme des fils égarés, mais bien comme des brigands, des assassins , des monstres dont il est instant de purger la société.

« Vos concitoyens, vos parents eux-mêmes, se sentant avilis, déshonorés en vous, vous refuseront un asile; alors, errants de forêts en forêts, vous serez poursuivis comme des bêtes fauves et vous n'aurez plus à espérer que la mort ! ! !

«Réfléchissez, je puis encore vous donner cinq jours; ce délai passé, je serais coupable envers mon devoir et ma patrie, si je n'instruisais le général en chef de votre persévérance dans le crime , et si je n'exécutais ponctuellement les ordres et les instructions qui me sont donnés.

« Les commandants militaires des arrondissements et les administrations municipales sont autorisés à vous recevoir et à vous faire jouir de Y amnistie.

« Je sais que les perfides qui vous retiennent font croire aux déserteurs qu'il n'y a point de pardon pour eux : c'est le comble de la scélératesse : les déserteurs faisant partie des rassemblements des révoltés des départements de l'ouest sont compris dans l'amnistie accordée aux habitants de ces contrées : qu'ils viennent et je leur en ferai profiter; mais qu'ils tremblent s'ils laissent passer le temps de l'indulgence!... » Signé : Delà rue.

— Le 10 pluviôse, « le chef » du département de la Sarthe prend un arrêté portant interdiction de sonner les cloches dans toutes les communes de la Sarthe pour toutes les cérémonies religieuses quelconques. Dans cette pièce on lit : « Les cloches ne peuvent être sonnées que pour les assemblées publiques ordonnées par l'autorité civile ou la réunion des t'êtes nationales ou décadaires , ou pour toutes les alertes ou dangers quelconques qui peuvent forcer une commune à désirer des secours des communes voisines; toutefois, il sera permis de sonner les cloches trois fois par jour, le matin, à midi et le soir. »

— Par décret du 3 novembre , 4 foires sont établies à Vaas, savoir : le 3e vendredi de février, lé 1er vendredi de juillet, le 1er vendredi d'août et le 2e vendredi d'octobre.

— En 1800, la contribution foncière en principal du canton de Vaas, s'élève à 47,918 fr. , et la contribution personnelle et mobilière en principal, à 3,672 fr.

1801. -7- Il intervient une convention entre le pape Pie VII et le gouvernement français , par laquelle il est déclaré que le culte de la religion catholique , apostolique et romaine sera public en France. Ce concordat est proclamé avec beaucoup de solennité en France, les églises sont rouverte! et le peuple s'y précipite en foule.

1803. — Vaas cesse d'être chef-lieu de canton; cette commune et celle d'Aubigné sont annexées au canton de May et.

1804. — Napoléon est nommé empereur; les emblèmes de la république disparaissent. L'aigle romaine remplace le coq Gaulois, et l'arbre de la liberté, planté sur toutes les places publiques, tombe sous la hache impériale. Le gouvernement de Napoléon sut rétablir l'ordre, la tranquillité et inspirer la confiance. L'empire fut pour la France une époque de gloire et d'illustration.

1805. — Un senatus - consulte , du 9 septembre , supprime le calendrier républicain , et fixe au 1er janvier 1806 le rétablissement du calendrier grégorien. L'ère républicaine compte treize années, trois mois et dix jours d'existence; elle avait daté sa fondation du 22 septembre 1792.

1810, 2 avril. — L'empereur voulant marquer, par des actes de bienfaisance , l'époque de son mariage, décrète, le 25 mars, que les militaires en retraite ayant fait au moins une campagne , et qui se marieront le 22 avril suivant avec des filles de leurs communes , auront une dot de 600 fr. Il n'y avait qu'une dot par canton.

Le militaire et la fille qui devaient se marier étaient choisis par une commission composée de 4eux maires , deux curés , désignés par le souspréfet; 1p juge de paix présidait la commission.

SUR VAAS. 213

La commission du canton de Mayet se composait de MM. de Giroie, maire de Mayet; de Herte-Merville, maire de Vaas; Deslogé, curé de Mayet; Goumenault, desservant de Vaas. Cette commission iît le mariage de Jollivet, Charles, et, quelques jours après , les époux reçurent la dot promise.

1813. — Par décret impérial du 19 juin, l'impératrice régente nomme président de l'assemblée du canton de Mayet, M. de Herte-Merville , de Vaas.

1815. — Le 20 août, l'adjoint au maire de Vaas écrit au maire de Mayet qu'il •s ient de recevoir la nouvelle officielle de l'arrivée prochaine dans sa commune d un cantonnement considérable de cavalerie prussienne , et qu'il se trouve dans l'impossibilité de continuer à lui envoyer de l'avoine et des fourrages pour les troupes résidant a Mayet , lui même ne sachant comment il pourvoira aux besoins de ces soldats, si l'administration supérieure ne l'autorise pas à y faire contribuer les communes voisines.

Le 1 1 septembre suivant, la commune de Lavernat fournit 46 boisseaux d'avoine pour les Prussiens cantonnés à Vaas.

Voici le tableau des rations en vivres et fourrages que les habitants de Vaas ont été obligés de fournir aux troupes prussiennes :

« Vivres pour la troupe. La ration journalière se

compose do 32 onces de pain de seigle ou de froment, 16 onces de viande fraîche, 1 once de sel, 3 onces de riz , à défaut de cette denrée , de 6 onces de fèves, lentilles, ou autres légumes secs , 3 onces de beurre ou de lard , 1 litre de bière , ou 1/2 litre de vin, 1 décilitre d'eau-de-vie, 1 once de tabac à fumer.

« Fourrages. Les rations de fourrages ne seront fournies qu'à un seul et même taux, savoir : 1 boisseau d'avoine, devant contenir 9 livres, 6 livres de foin, 6 livres de paille.

« Toutes les rations en vivres et fourrages seront fournies en mesures et poids français.

« Les habitants sont obligés de faire accommoder aux militaires la viande et les légumes , sur la demande que ceux-ci leur en feront ; et ils fourniront les autres denrées qui composent la ration des vivres d'assez bon matin pour que les militaires soient à même d'en faire une distribution convenable pour toute la journée. Les militaires seront en outre couchés proprement et convenablement par les soins de leurs hôtes. Le lit doit se composer d'un matelas, d'un oreiller, d'une couverture de laine, et de deux draps de lit de toile.

« Si, à l'égard de ces fournitures, il s'élevait des difficultés entre les militaires et les habitants, MM. les chefs militaires respectifs en décideront.

« Les rations en vivres et fourrages auxquelles

les militaires ont droit, seront reçues sur quittance de 3 en 3 jours.

« Le conseiller-d'État, intendant de? armées de Sa Majesté Prussienne. Signé : Ribbentrop. »

182 i. — Dans la nuit du 2i au 25 décembre, un assez grand nombre d'habitants de Vaas se rendant à la messe de minuit, sont assaillis, prés de l'église, par une bande de mauvais sujets qui leur jettent des pierres et les couvrent d'immondices ; plusieurs mêmes sont renversés et assez grièvement blessés; une enquête fit découvrir les auteurs de ces faits , et plusieurs furent condamnés à des peines assez fortes par le tribunal correctionnel delà Flèche.

Vaas et Coulongé passent pour être les deux communes du canton de Mayet qui ont le plus souvent des démêlés avec la justice.

1825. — Une souscription est ouverte à Vaas en faveur des habitants de la ville de Salins , qui avait été presque entièrement détruite par un incendie ; elle produit 83 fr. 20 c.

1829. — Le 13 février, deux cents personnes de Vaas se rassemblèrent, sur les cinq heures du soir, dans le but de s'emparer des grains que des blàtiers tentaient de faire sortir de la ville; ayant aperçu une charrette qui se dirigeait du côté de Chàteau-du-Loir, ils se jetèrent au-devant, dételèrent les chevaux et contraignirent le voiturier, par leurs menaces , à abandonner sa marchandise

et à se cacher dans la cave d'une auberge voisine. De tous côtés on n'entendait que ces mots : Mort nu blâtier! pendons-le! Voilà l'arbre ou il faut le pendre! Qu'on lui arrache les yeux! et d'autres cris

d'une cruauté inouïe et d'un cynisme repoussant ; les femmes surtout se faisaient remarquer par la plus violente irritation.

« Pour calmer une si grande effervescence, dit la chronique à laquelle nous empruntons ces détails , l'adjoint, qui fort heureusement était très- aimé, ne se voyant soutenu que par le garde champêtre et deux gendarmes, pensa qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de gagner du temps et d'organiser en quelque sorte le désordre; il promit que le blé ne sortirait pas de la commune , et que le lendemain il serait vendu. Les plus mutins ne voulurent pas entendre parler de vente ; cependant l'adjoint obtint que le boisseau serait donné pour cinq francs, prix bien inférieur à celui auquel il se vendait dans ce moment.

« Toute la nuit, une partie de ces révoltés fit sentinelle auprès de la charrette; d'un autre côté, le garde champêtre et les gendarmes ne la quittèrent pas. Le pauvre blâtier était resté blotti dans sa cave plus mort que vif.

« Le lendemain, l'attroupement recommença dès cinq heures du matin. Les cris et les menaces se renom elèrent en termes aussi effrayants que la

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veille. A six heures, arriva le maire qu'on était allé cherchera sa campagne; alors il n'y eut pas moyen de différer la distribution des grains sans s'exposer aux suites les plus déplorables. La vente eut lieu avec assez de calme , et l'ordre se rétablit peu à peu. »

Le i mars suivant, vingt de ces individus furent traduits devant le tribunal correctionnel de La Flèche, sous la double prévention d'entrave à la Jibre circulation des grains et de résistance avec violence et voies de fait envers le maire, l'adjoint et le garde champêtre de la commune de Vaas. Douze d'entre eux furent condamnés à plusieurs mois de prison et les autres acquittés.

— Par arrêté préfectoral, en date du 23 novembre , une assemblée est établie à Vaas et fixée au dimanche le plus rapproché du 24 juin, fête de saint Jean-Baptiste; depuis, elle a été transférée au dimanche qui précède l'Ascension. (Arr. préf. du

24 juin 1834. )

1831. — Vaas vote une imposition extraordinaire pour l'habillement de la garde nationale. Les années suivantes, le conseil municipal alloue, pour l'école primaire communale des garçons, 300 fr., et pour celle des filles, 100 fr. Ces écoles sont suivies par

25 à 00 jeunes gens, et 20 à -40 filles.

— Le bruit s'étant répandu que six hommes ar-

niés avaient été vus dans la forêt Je Bersay, les gardes nationales de Château-du-Loir, de Marigné, deJupdles, deMayet, de Saint-Mars-d "Outillé, de Verneil-le-Chétif et de Vaas, se sont rendues sur les lieux, et, secondées par la gendarmerie, ont fait des battues dans toutes les directions de la forêt. Le résultat de cette expédition a été l'arrestation de quatre individus : deux étaient des mendiants: ils ont été reconnus et relâchés; un autre a été conduit àSaint^Calais : c'était un forçat libéré; le quatrième était un déserteur qui a été conduit à La Flèche.

1832, 19 mai. — Dans une circulaire de M. Tourangin, préfet de la Sarthe, adressée à MM. les maires du département , nous remarquons les passages suivants :

« Il est probable que le parti carliste n'osera rien entreprendre dans le département de la Sarthe : il y connaît trop sa faiblesse et la force du parti national.

« Dans l'arrondissement de La Flèche, où il compte quelques partisans, reste impur de l'ancienne chouannerie , l'autorité peut lui opposer un excellent bataillon du 31e de ligne et les gardes nationales , parmi lesquelles il faut remarquer celles de La Flèche, Sablé, Le Lucie, May et, Mansigné et Vaas, qui sont bien équipées, bien armées et bien commandées.

« Dans l'arrondissement du Mans, que feraient

SUR VAAS. 219

les légitimistes contre le 11° de chasseur?,, la garde nationale du Mans , celles de Sillé-le-Guillaume, La Suze , Ëcommoy, Loué et tant d'autres?

« Enfin , personne n'ignore que , dans les arrondissements de Mamers et de Saint-Calais , ils n'ont pas dix hommes dont ils puissent disposer, tandis que ces deux arrondissements sont prêts à fournir dix mille gardes nationaux pour écraser la chouannerie, si elle ose se montrer.

« Il est donc bien démontré que le parti carliste ne peut rien entreprendre de sérieux dans le département de la Sarthe Dans chaque commune, on

connaît les hommes qui peuvent prendre part à de criminels projets; ils doivent être surveillés; leurs réunions avec des étrangers doivent attirer votre sollicitude. Toutes les ibis que leurs paroles ou leurs actions porteront atteinte aux lois ou troubleront la tranquillité publique, vous devez en dresser procèsverbal et me l'adresser sans retard ainsi qu'au procureur du roi »

Deux mois après , 109 personnes étaient dans les prisons de La Flèche; dans ce nombre, nous voyons le marquis de Juigné, MM. de Broc, de Follin, etc.

Août 1832. — Le jour où le préfet et le général sont venus à Vaas procéder à la révision des jeunes conscrits, dès six heures du matin, toutes les maisons étaient pavoisées de drapeaux tricolores; toute la population était en mouvement comme pour un

jour de fête. Les gardes nationaux de Vaas et d'Aubigné sont allés au-devant du préfet et du général. M. le maire de Vaas, à la tête d'un détachement, a prononcé le discours suivant :

« M. le préfet, M. le général,

« Les gardes nationaux du bataillon de Vaas et d'Aubigné ont dû saisir avec empressement une circonstance aussi favorable que celle de votre passage dans. notre commune pour vous prouver leur dévouement et passer votre revue.

« Dix-sept mois se sont écoulés , M. le préfet , depuis le jour où, dans ce lieu même, notre garde nationale eut 1 "honneur de vous saluer pour la première fois.

« Déjà des actes émanés de la préfecture nous avaient fait pressentir que la première autorité du département de Ja Sarthe venait d'être confiée à un administrateur ferme et éclairé, qui saurait allier l'exécution des lois au maintien de la liberté, et faire respecter le trône et les institutions de juillet.

« Les événements qui se sont pressés avec tant de rapidité , ont bien justifié ce pressentiment , et nous ont fait connaître toute la puissance d'une administration franche et vigoureuse, qui sait accomplir ses devoirs sans crainte et sans hésitation.

« Au premier bruit de l'apparition des bandes qui

ont eu l'audace de se montrer sur les confins de notre département, 1 énergie patriotique de son premier magistrat s'est communique'e , comme une étincelle électrique , à l'immense majorité de ses habitants ; nos milices citoyennes se sont disputé l'honneur de marcher réunies à nos braves troupes de ligne , sous les ordres du général expérimenté commandant le département.

« Mais la lâcheté de nos méprisables ennemis repoussés, dispersés sans combat, a rendu inutile l'ardeur de la plus grande partie des gardes nationales. C'est ainsi que le bataillon de Vaas et d'Aubigné n'a pu montrer son zèle que par l'empressement de nos jeunes gens à se faire inscrire volontairement pour la formation d'un bataillon mobile; détachement prêt à marcher au premier signal, pour la défense de nos libertés et du trône populaire qui en est la plus sûre garantie , contre les ennemis qui oseraient encore menacer la tranquillité du pays.

« C'est à vous, M. le préfet, c'est aux mesures sages et énergiques que vous avez prises , à la célérité de leur exécution par l'autorité militaire, que nous devons cette heureuse tranquillité, et l'avantage de récolter en paix les riches moissons qui couvrent nos campagnes.

« Grâces vous en soient rendues , ainsi qu'au général et aux braves régiments qu'il commandait. <( Vive Ip roi ! vive la liberté! »

« La révision, ajoute une pièce manuscrite, s'est opérée de la manière la plus satisfaisante. L'enthousiasme le plus vrai animait ces jeunes défenseurs du drapeau tricolore. »

Septembre 1832. — Le préfet de la Sarthe après avoir exprimé, dans une circulaire adressée aux maires du département, la satisfaction qu'il a éprouvée dans sa tournée de révision, ajoute :

« J'ai été vivement touché de l'empressement avec lequel les gardes nationaux se sont présentés sur mon passage , quoique vous leur eussiez fait connaître que mon intention était qu'ils ne se dérangeassent point de leurs travaux.

« Ces braves citoyens m'ont manifesté, d'une manière si éclatante, leur patriotisme et leur dévouement à la révolution de juillet et à Louis-Philippe, que tout espoir doit être enlevé aux fauteurs de guerre civile et d'anarchie.

« Je dois exprimer spécialement mes remerciements et ceux de M. le général Guye , aux gardes nationales de Chàteau-du-Loir, deVaas, du Lude, de Ponh allain, de Mansigné , d'Écommoy, etc. »

Avril 1833. — Nous extrayons les lignes suivantes d'un rapport adressé par le maire de Vaas au préfet de la Sarthe : « L'école d'enseignement mutuel de Vaas , dirigée par un instituteur rempli de zèle et d'intelligence, qui a fait de cette méthode une étude particulière, est aujourd'hui en pleine activité et ouverte à l'enfant du pauvre comme à

SUR YAAS. -22;{

celui de l'habitant aisé; à ce dernier pour la faible rétribution qu'il payait avant, au premier gratuitement, sur un certiiicat d'indigence délivré par le maire.

« Déjà, malgré tous les efforts des ennemis de l'instruction populaire, soixante-dix écoliers s'asseyaient sur les bancs de notre école à la fin de l'hiver.

« Mais, pour détruire entièrement les préventions lâcheuses qui se sont élevées contre l'enseignement mutuel, j'ai cru devoir marquer l'installation de la nouvelle éeule par une petite fête...

« M. le juge de paix du canton , les membres du conseil municipal de la commune, le desservant, les parents et les principaux habitants furent invités pour le 24 mars dernier.

« Dans cette réunion , qui fut très-nombreuse et qui eut lieu dans l'école , décorée de feuillages et ornée, au-dessus de l'estrade, du signe de la religion, du buste du roi des Français et du drapeau national , après avoir payé un juste tribut de reconnaissance au gouvernement protecteur de l'instruction populaire et à l'administration du magistrat éclairé , fondateur de l'établissement , je m'efforçai de faire comprendre aux parents et aux enfants tout l'avantage du système d'enseignement adopté sur l'ancienne routine , et de les prémunir contre les préventions défavorables qui auraient pu rester dans leur esprit, en leur démontrant, par le choix

22i RECHERCHES HISTORIQUES

des livres mis sous leurs yeux , par le contenu des tableaux de lecture et d'écriture , que le directeur de l'école mettait au premier rang de ses devoirs celai d'inculquer à ses élèves les principes de la plus saine morale et de la religion de leurs pères.

« M. Serpin prouva lui-même , dans un discours fort bien fait, qu'il connaissait à cet égard l'étendue des obligations d'un bon instituteur. Après quoi, les enfants commencèrent les exercices de lecture, d'orthographe, etc., qui fuient parfaitement exécutés. »

t8i8. — Le comité central républicain du Mans invite la commune de Vaasà nommer huit citoyens pour faire partie de l'assemblée des délégués des communes du département , réunis à la halle aux toiles le 22 avril, afin d'arrêter la liste des dix candidats à l'assemblée constituante.

Octobre. — Un banquet démocratique a été organisé à Mayet pour fêter la république ; plus de M00 citoyens et gardes nationaux des communes de Vaas , de Lavernat , de Château-du-Loir, d'Écommoy, de Pontvallain, de Sarcé, d'Aubigné, de Coulongé, de Verneil-le-Chétif, etc., étaient venus se joindre à leurs frères de Mayet.

Pendant le banquet, la musique de la garde nationale de Mayet a joué des airs patriotiques, et à la suite du repas, plusieurs citoyens du Mans , du Lude, deMansigné. de Pontvallain, de Requeil

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et Mayetj ont prononcé des discours démocratiques.

— En 1848 on planta des arbres de liberté à Vaas comme partout ailleurs. Le 2 janvier 1852 , le préfet de la Sartlie prend un arrêté qui enjoint à l'autorité municipale de chaque localité de faire abattre ces arbres dans la huitaine, enlever les drapeaux qui les décorent, et supprimer la devise liberté , égalité, fraternité , sur la façade de tous les monuments publics; « les arbres de la liberté ayant été en plusieurs circonstances, ajoute le préfet, l'objet de démonstrations séditieuses ou ridicules chez une nation chrétienne et civilisée. »

Quelques jours après on ne vit plus aucun arbre de liberté dans le département de la Sarthe.

1852. — Adresse du conseil municipal de Vaas à Louis-Napoléon , président de la république , pour demander le rétablissement de V empire.

« Prince, après sa prestation de serment de fidélité à votre gouvernement, le conseil municipal de Vaas regarde comme le premier de ses devoirs de vous exprimer les sentiments de gratitude profonde dont il est pénétré envers votre personne. En effet , prince , avant l'événement glorieux du 2 décembre, la France entière était livrée, clans ses assemblées et jusque dans ses administrations , à L'influence de partis qui ne semblaient unis que

pour renverser le principe d'autorité représenté par vous , dans l'espoir de régner ensuite , chacun au gré de son ambition. D'un autre côté, le socialisme, malgré sa première défaite, reparaissait avec tout son cortège de passions désorganisatrices; et, du sein de ruines encore fumantes, nous menaçait toujours de son bras ensanglanté. A vous donc, prince, après Dieu , principe et mobile de toute pensée féconde, doit être attribué le salut de la France. Maïs pour consolider une œuvre où se reflètent si évidemment les desseins de la Providence, il faut un pouvoir durable ; veuillez, prince, répondre aux vœux du pays, en acceptant, avec le titre d'Empereur, le pouvoir héréditaire qu'il vous offre, et alors la France, sous l'égide d'une autorité stable et tutélaire, reprendra son essor, et, par son développement moral et intellectuel , conservera la première place entre les nations. »

— Les cultivateurs de Yaas qui ont obtenu le plus souvent, depuis plusieurs années, des primes au comice agricole du canton de Mayet, sont : MM. Bour- (lilleau, Erivault, Legrand, Yezin et Juigné.

1853. — Une école de filles pauvres, dirigée par trois sœurs, est créée à Vaas, par les soins et les dons de Mme Pantin de Landemont et de quelques autres personnes.

Le conseil municipal de Vaas vote des remerciement? à Mmc Pantin de Landemont.

sub v vas. 227

- La compagnie du chemin de fer d'Orléans obtient la concession de la ligne dç Tours au Mans. Les études sont commencées ; un projet de tracé, qui a des chances d'être adopté, fait passer le chemin par Vaas; la ligne remonterait le Loir jusqu'à Chàteau-du-Loir et arriverait à Tours par la vallée de la Choisille.

— Depuis IS.M) le conseil général de la Sarthe demande au gouvernement l'établissement d'une brigade de gendarmerie à Vaas.

— La commission de statistique du canton de Mayet est composée de MM. le prince de Beauvau, propriétaire à Verneil-le-Chétil', président; Rondeau-Dunoyer, propriétaire à Aubigné, vièe-président; Bardet , propriétaire àSarcé; Duval, fabricant à Verneil-le-Chétif; Fialeix, adjoint au maire de Mayet; Fournier-Bouttevin, fabricant à Mayet; Gandin, maire à Vaas; Gavet, propriétaire à Vaas; ITériveau , marchand de buis à Vaas; Langevin . maire à Lavernat; Leroy, instituteur à Coulongé ; Letourneux, instituteur à Aubigné; Pasdeloup, juge de paix à Mayet; Perdriau, maire à Mayet ; Beffay, maire à Aubigné , et Riffault, officier de santé à Mayet.

1854. — L'empereur accorde 2,000 IV. à Mayet . 600fr. à Aubigné et 500 fr. à Vaas pour encourager les efforts faits par ces communes et les particuliers pour l'assistance des classes indigentes.

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