H RECHERCHES HISTORIQUES
réponse et dit : «... Mais sa bile (l'abbé de Bresseau )
a paru dans tout son feu contre la personne du demandeur, qu'il s'est étudié de railler et insulter avec hauteur dans cet écrit ; et même de l'outrager par toutes les injures qu'il a pu imaginer pour satisfaire sa passion. // y a même lieu d'estre surpris qu'il ait pu trouver un avocat assés caractérisant avec luy, pour souscrire à ce libelle.
« Le curé de Mont fort répond, non pas en rendant injure pour injure, — car il prétend bien ne jamais franchir les bornes que luy prescrivent la religion, l'honneur, la bienséance, et le respect qiîil doit à la famille de son seigneur ; — mais en demandant la suppression de ce libelle, conformément aux arrêts rendus en pareille occasion, et à la juste réparation qui est duëue au moins à son caractère. Les défenseurs vont probablement mettre en œuvre ce titre nouveau dans le factum qu'on dit qu'ils font imprimer. » M. Bigot, curé de Montibrt , après avoir blâmé le seigneur de Montfort de ne pas prendre des administrateurs pour l'hospice de la paroisse dans la localité même, continue en ces termes : « Que ne pourrait-on point dire icy de la nomination du sieur Louvard, précepteur des enfants du sieur marquis , qui, après avoir ravi aux pauvres le tiers de leur revenu pendant quelques années, par un moyen jusqu'alors inouy, se servit ensuite de ce droit chimérique de pension, pour obtenir la cure de Lombron en échange. Que ne pou-
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rait-OD pas dire encore du Sr de Piles, son successeur, qui ajouy de cette prétendue pension pendant plus de 30 ans, sans avoir jamais demeuré sur les lieux, regardant cette malheureuse aumônerie à peu près du même œil que la regardait le chevalier de St-Lazare , qui en toucha la moitié du revenu depuis 1072 jusqu'à 1C93... On a cependant observé que le Sr de Piles, sentant enfin de vils scrupules de percevoir une telle rente , en faisait un pieux et libéral usage sur la fin de ses jours, ce qui le porta même à faire démission avant sa mort , et à se souvenir des pauvres de Montfort et de Pont-de-Gennes dans son testament leur ayant laissé r»00 livres que le Sr abbé de Bresseau a dû toucher. Mais que de pillages par les commissaires ou receveurs pendant tout le cours de son administration ! que de comptes rendus sans aucune formalité ! que de reprises accordées mal à propos ! que de gratifications imprudentes! que de remises injustes aux dépens des pauvres î
cQue ne pourrait-on point encore dire icy de la nomination du dist abbé de Bresseau à cet office, si le demandeur n'estimait devoir parler de la personne du Sr abbé avec d'autant plus de retenue, qu'il en garde peu à son égard. Heureusement l'abbé René de Bresseau est fort connu dans la ville du Mans, ou il va souvent se délasser au jeu rlr ses
outres occupations. Mais difficilement croira-t-on qu'il oit jamais eu vocation à un pareil estât... »
Les titres fournis par le Sr abbé de Vaas et le marquis de Montfort ayant été examinés par la sénéchaussée du Maine et communiqués au curé Bigot, il fit une longue réponse après 1 examen des pièces; on lit dans un passage : « Puisque le défenseur, qui prétend exercer cette administration ( de l'hospice) est, contre la teneur des ordonnances, frère du présentateur, et gentilhomme , et , qui pis est , religieux profès de l'abbaye de Vaas près Chàteaudu-Loir, ordre de St-Augustin ; qui par conséquent doit être regardé dans le monde comme inhabile à y faire aucunes fonctions civiles, et même y posséder, valider aucun bénéfice s'il n'est de sa règle : d'où résulte encore son insolvabilité pour répondre d'un si gros revenu, et de tant de deniers perçus. Car la charge du compte qu'il doit rendre montera à plus de 12,000 livres, soit pour le revenu ordinaire, soit pour la reprise aux legs qu'il a reçus ou deu recevoir. Comment donc expliquer et comprendre un tel chaos, où l'on ne voit pas le moindre vestige des ordonnances en usage, mais autant parait confus et irrégulier, purement arbitraire et à discrétion? Tant d'abus ne demandent-ils pas un règlement?»
Le 1 1 décembre 1 7 1 1 , la sénéchaussée du Mans
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rendit une sentence portant règlement pour l'hôpital ou aumônerie de Montfort etPont-de-Gennes; condamna René de Bresseau à rendre compte <lans les trois mois, devant la sénéchaussée, des sommes qu'il a touchées ou dû toucher, etc.; de plus, il est condamné aux dépens.
« Louis de Bresseau , chevalier, marquis de Montfort , tant en son nom , que comme prenant le fait et cause de François-René de Bresseau, religieux de St-Augustin , son frère , » fait appel de la sentence rendue par la sénéchaussée du Maine, le 1 1 décembre 17 1 1 , « portant règlement pour le dist hôpital et encore contre partie des habitants des distes paroisses de Montfort et Pont-de-Gennes, intervenants. » 11 fonde son appel « sur ce que le seigneur de Montfort est seul fondateur et patron de l'hôpital ; qu'on ne déroge jamais au droit de patronage ; que la déclaration de 1698 ne regarde point l'hôpital dont il s'agit. »
M. Bigot fait un Mémoire pour répondre à cet appel ; nous regrettons de n'avoir pu trouver ceux de l'abbé de Bresseau. Nous ne savons si la sentence de la sénéchaussée du Maine dont le marquis de Montfort lit appel fut cassée ou confirmée ; nous n'avons pu nous procurer cette pièce; généralement dans le pays on pense qu'elle fut confirmée.
Nous ignorons si René de Bresseau retourna à l'abbaye de Vaas . et ce qu'il devint.
PAUL CHAUCHON.
On attribue deux ouvrages manuscrits ou imprimés, lun sur le Secret et l'autre contenant une Description du collège de la Flèche , à « Messire Paul Chauchon, piètre du diocèse d'Arles, docteur en théologie , abbé commendataire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Yaas, seigneur du Plessis et autres lieux , commandant des ordres royaux militaires et hospitaliers de Notre-Dame du Mont-Carmel , de St-Lazare de Jérusalem , ancien aumônier de Msr le duc d'Orléans , prince du sang, demeurant en son palais abbatial de Yaas. » (Insinuât. ecclés. )
M. Pesche fait observer, dans son Dictionnaire statistique, que les ouvrages de Paul Chauchon lui sont inconnus.
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