‹ Recherches nouvelles sur la pellagreChapitre 16 sur 47 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pellagre «le la Vénétie-

La pellagre se retrouve, bien que moins intense qu’en Lombardie , dans toutes les provinces de la Vénétie et même dans les pays qui touchent à sa frontière septentrionale. Elle parait avoir été observée pour la première fois par Nascimbeui, dans le Frioul, vers l’année 1740 ; mais elle n’avait pas fixé son attention, elle ne lui avait pas apparu comme une maladie nouvelle. Elle ne fut réellement découverte qu’en 1755, dans le district deFeltre , par Amtonio Pujati, qui la décrivit dans ses cours à l’Université de Padoue, sous le nom de scorbut alpin. En 1776 seulement, un de ses élèves, Jacopo Odoardi , fit paraître le premier écrit sur la matière, et en 178!), Fanzago démontra l’identité du scorbut alpin avec la pellagre lombarde.

La maladie, qui était déjà ancienne dans le pays, longtemps avant de frapper l’attention des médecins, avait été désignée pai le peuple comme on Lombardie par un mot qui, dérivé également de pcllarsi , indiquait son symptôme le plus caractéristique ; on l’appelait pellarina. Les paysans avaient déjà remarqué que les accidents cutanés étaient produits par-l’insolation, de là le nom de scottatura di sole. On l’appelait aussi calore del fegato , mal délia spienza.

Les documents relatifs à la pellagre vénitienne sont loin d’avoir la valeur de ceux qui traitent du mal lombard : aussi est-il difficile d’indiquer la fréquence de celte

maladie et l’influence qu’elle peut avoir sur la population. On peut seulement déduire d’un tableau statistique dressé par le docteur Fasseta Valentino, ancien médecin en chef de l’asile des femmes aliénées de Venise, que la pellagre, en suivant un ordre de fréquence décroissante, est endémique dans les provinces de Padoue, deTrévise, d’Udine, de Venise, de Vicence , de Vérone , de Bellune et de Rovigo.

A l'asile des femmes aliénées de Venise, la pellagre est cause de mort 29 fois sur 490 ; et le 24 juillet 1846 , M. Billod a compté à l’hôpital San Servolo 50 pellagreux sur 409 malades.

La pellagre vénitienne présente plus que toutes les autres la forme scorbutique.

J’ajoute, en terminant , que les observations de Nascimbeni , dans le Frieul, ont été confirmées par les recherches de Gaëtano Pujati , le fils du professeur de Padoue, et que Comini, Sloffella et Mazzanelli ont démontré l’existence *de la pellagre dans le Tyrol.

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