PELLAGRE DES RIVES DU DANURE ET DE LA TIIEISS
iniquement dans la Moldo-Valachie ; mais grâce à des renseignements précieux que M. le professeur Sigmund, de Vienne, a eu l’extrême obligeance de nous communiquer, nous sommes en mesure d’affirmer qu’elle existe à l'état endémique, avec une fréquence variable, dans différentes parties de la Hongrie, mais principalement sur les bords du Danube et de la Theiss. M. Sigmund, dont l’opinion en pareille matière fait autorité , a retrouvé sur la misérable population de ces contrées la maladie qu’il avait autrefois étudiée chez les paysans vénitiens, et a pu constater l’identité des symptômes qu’elle présente dans ces deux pays. Seulement, elle lui a semblé moins fréquente en Hongrie qu’en Italie ; sur certains points, elle semblait presque être sporadique.
La pellagre hongroise, avons-nous dit, sévit presque exclusivement dans les vastes plaines qui bordent le Danube et la Theiss, et qui sont souvent recouvertes par les inondations de ces fleuves. Les eaux stagnantes n’y sont pas rares, et l’exposition du pays à tous les vents produit souvent des changements subits de température.
La population ne mange jamais de maïs ; elle se nourrit au contraire de pain et de viande de porc ou de bœuf. Mais l’usage du vin est inconnu , et les paysans ne boivent qu’une eau de mauvaise qualité. Les logements sont insalubres et partout règne la plus révoltante malpropreté. Les habitants gardent leurs vêtements sans les laver, jusqu’à ce qu’ils se soient usés sur leur corps ; ils vont jusqu’à considérer leur saleté comme un moyen efficace pour tuer la vermine !
Ajoutons à la mauvaise hygiène, à l’absence de vin, à la malpropreté, l'influence de l’insolation qui est excessive pendant l’été dans les plaines danubiennes, et nous aurons ainsi esquissé à grands traits l’étiologie de la pellagre hongroise, sur laquelle les documents nous font défaut pour une étude plus détaillée.