CHAPITRE XVIII
La pellagre existe-t-elle clicz les aulmaux ?
La pathologie humaine aurait beaucoup à gagner à la découverte de la pellagre chez les animaux ; elle y trouverait un moyen facile de s’éclairer sur la valeur et l’efficacité des différentes causes; elle y puiserait de précieux renseignements pour le traitement et la prophylaxie. Plus d’une fois déjà pour étayer leurs théories exclusives, les médecins ont prétendu trouver des preuves dans la pathologie comparée.
Les partisans de la doctrine de l’intoxication par le maïs ont rappelé l’exemple d’un chien de chasse observé par Gaspard Bonetli. Je ne puis y voir que les symptômes d’un eczéma impétigineux, et non ceux de l’érythème pellagreux. Je me base sur l’existence d’un prurit très-vif, d’une sécrétion abondante qui se concrétait en croûtes et enfin sur la protection que la robe de l’animal doit opposer à l'action irritante des rayons solaires. C’est là d’ailleurs un argument qu’on peut invoquer contre tous les faits que je vais rapporter.
Quant aux poules, auxquelles Balardini prétendait donner la pellagre en les nourrissant avec du maïs verderamé, elles refusaient de bonne heure cet aliment de mauvais goût et ne présentaient bientôt après que les symptômes de l’abstinence, amaigrissement, diminution de la vigueur, tristesse, excréments sans consistance.
Les chevaux de la poste de Pau qu’on nourrissait avec du maïs, et qu’on fut obligé d’abattre, avaient des vertiges, mais pas un seul autre symptôme qui pût être attribué à la pellagre.