CONSTITUTIONS, MALADIES, TRAVAIL, AFFECTIONS MO- RALES, HÉRÉDITÉ
La pellagre s’observe dans les deux sexes; mais s’il fallait s’en rapporter à plusieurs statistiques elle serait plus fréquente chez les femmes. Sur cent cas, Albera avait compté douze hommes et quatre-vingt-huit femmes. Fanzago, Soler, Aldalli, Melchior Gioja et autres ont soutenu la même opinion. Moris assure que la fréquence existe en sens inverse dans la vallée de Pavie et dans la principauté de Trente, et Michel Concini dit, que dans cette dernière province, les hommes sont plus souvent affectés que les femmes. D’après Calderini , sur trois cent cinquante-deux pellagreux soignés à l’hôpital de Milan en 1843, il y eut cent soixante-deux hommes et cent quatre-vingt-dix femmes. Sur 1005 cas observés dans le même hôpital pendant les années 1844, 1845, 1846, le môme médecin a compté quatre cent quarante-neuf hommes et cinq cent cinquantesix femmes. On voit que la prédominance du nombre des femmes est peu considérable. Elle s’explique d’ailleurs, ainsi que l’avaient déjà fait remarquer Fanzago, Strambio et Albera lui-même, par la part souvent très-considérable
que prennent les femmes aux travaux des champs. Dans les Landes, contrairement à la statistique de M. Gintrac, qui d’ailleurs ne se dissimule pas que les femmes ont plus de répugnance à venir à l’hôpital, le nombre des hommes pellagreux est plus faible que celui des femmes; ce que M. Gazailhan explique à la façon des auteurs italiens, en disant que les femmes sont les véritables laboureurs de la contrée ; qu’elles sont exposées à l’action du soleil plus que les autres habitants, et qu’elles se nourrissent plus mal. Dans les départements pyrénéens on trouve la même proportion relative au sexe. Sur les quarante cas de pellagre sporadique analysés par M. Landouzy, il y a dix-sept hommes et vingt-trois femmes. A Lyon, au contraire, nous avons compté dix hommes et seulement deux femmes. Chez les aliénés de l’asile de Rennes, les femmes étaient aussi plus fréquemment atteintes que les hommes. La fréquence existe en sens inverse à l’asile de Sainte-Gemmes.
La pellagre peut frapper tous les âges ; mais à mesure qu’elle s’invétère dans les campagnes, elle semble sévir avec une plus grande fréquence sur les jeunes enfants. Strambio avait compté sur 126 malades :
15 âgés de 1 cà 25 ans.
Cette statistique diffère singulièrement de celle que Calderini a publiée en avril 4844, dans les annales universelles de médecine de Milan. Sur 352 cas, il y a
83 pellagreux au-dessous de 3 ans.
15 » de 3 à 12 ans.