‹ Recherches nouvelles sur la pellagreChapitre 5 sur 47 · SYMPTÔMES FOURNIS PAU ^APPAREIL RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES FOURNIS PAU ^APPAREIL RESPIRATOIRE

Nous avons analysé jusqu’à présent les différents symptômes fournis par les appareils qui sont le plus souvent lésés dans le cours de la pellagre. Mais, ainsi que nous l’avons dit au début de ce chapitre, nous n’avons pas affaire à une triade pathologique constituée par la triple lésion de la peau, du tube digestif et du système cérébrospinal. Nous avons dit aussi que dans certains cas, surtout au début de l’affection, on pouvait ne rencontrer aucun des symptômes gastro-intestinaux que nous avons énumérés, aucun des désordres nerveux dont nous venons de tracer le tableau ; et pourtant le diagnostic pouvait être porté d’après l’inspection du dos des mains. Si l’on se reporte maintenant à ce que nous avons dit de l’érythème pellagreux et de sa valeur nosologique ; si l’on se souvient qu’il n’est que le résultat de l’action locale des rayons solaires sur un sujet dont l’organisme a subi une certaine modification, qu’il n’est, en somme, qu’un accident survenu chez un pellagreux, on sera bien forcé de reconnaître que la pellagre au moins à un degré faiblement accusé ne consiste pas essentiellement en un désordre du tube digestif ou des centres nerveux, et l’on sera tenté de rechercher ailleurs des symptômes se rapportant à cet état général dont l’apparition de l’érythème nous oblige à admettre l’existence. Dans certains cas, il faut l’avouer, les recherches ont été infructueuses, mais ontelles été complètes, ont-elles été assez approfondies ? Je ne le pense pas ; et je crois qu’en étudiant le sang, les sé

crétions, la circulation, la calorification avec cette précision et cette rigueur scientifiques qu’on a apportées déjà dans l’étude d’autres maladies, telles que la chlorose, le diabète, etc. , on pourra saisir quelques-uns des traits de cet état de dépression générale, sinon de cachexie, qui constitue le fond de la pellagre.

Ces recherches n'ayant pas même été entreprises, l’étude que nous allons faire des troubles présentés par les différents appareils de l’économie autres que ceux de la digestion et de l’innervation devra être nécessairement incomplète ; et il nous faudra le plus souvent nous contenter d’indiquer les symptômes que fournissent ces appareils à une période avancée de la maladie.

Les désordres' présentés par les organes qui concourent à l’acte de la respiration sont assez rares ; on ne les rencontre jamais au début de l’affection. Ils ne sont le plus souvent que l’extension de l’inflammation du pharynx ou le résultat du dépérissement et de la détérioration de toute la constitution.

À propos de certains troubles que présentent le pharynx et l’œsophage dans le cours de la pellagre, nous avons déjà indiqué la propagation de l’inflammation aux muqueuses du voisinage, entre autres au larynx et à l’oreille moyenne. La muqueuse de Schneider peut aussi s’enflammer. C’est, d’ailleurs, un fait général de l’histoire de la pellagre que cette facilité des membranes muqueuses à présenter des signes d’irritation plus ou moins prouoncés. C’est ainsi qu’on a vu une humeur limpide et séreuse s’écouler des yeux et du nez, une petite toux avec une expectoration nulle ou peu abondante indiquer un certain état de phlogose de la muqueuse laryngée ou trachéale. Quelquefois les altérations sont plus profondes, on a môme noté la laryngite ulcéreuse chronique. C’est alors que surviennent ces troubles variés de la phonation, dont j’ai déjà parlé, et un certain degré d’oppression. Je citerai en terminant le catarrhe pulmonaire chronique qui n’existe sans doute que comme coïncidence, et la phthisie pulmo-

SYMPTOMATOLOGIE.

naire qu’il n’est pas rare de voir survenir dans le cours de la pellagre. Nous en parlerons plus longuement en traitant des complications. Enfin, dans les derniers jours de l’existence des pellagreux , il peut se déclarer des pneumonies hypostatiques se révélant rarement par des symptômes fonctionnels et qu’on ne diagnostique en général qu’à l’autopsie.

Je ne puis pas me dispenser, en terminant ce qui a trait aux lésions de l’appareil respiratoire chez les pellagreux, d’appeler l’attention sur un accident qui n’est peutêtre pas très-rare et qui, dans certains cas, a pu entraîner presque subitement la mort. Je veux parler des épanchements pleurétiques qui se développent d’une façon insidieuse, sans réaction inflammatoire , sans toux , sans point de côté. Cette complication est à peine mentionnée par les anciens observateurs, qui manquaient des précieux éléments de diagnostic que nous possédons, mais elle a été indiquée avec une certaine insistance par M. Landouzy.

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