SYMPTOMES FOURNIS PAR LE TISSU CELLULAIRE ET PAR LES CAVITÉS SÉREUSES
On a vu, dans un certain nombre de cas, des pellagreux conserver leur embonpoint avec toutes les appares d’une santé que la maladie avait à peine éprouvée. Strambio en cite quelques exemples, M. Landouzy en a vu également plusieurs cas. L’embonpoint même aurait pu persister jusqu’à la mort. Que le tissu adipeux ne soit pas sensiblement altéré au début de la pellagre, je l’admets volontiers , bien que cette maladie n’atteigne pas en général les sujets qui présentent les attributs d’une santé florissante. Que l’émaciation ne soit pas considérable dans le cours d’une pellagre qui conduit rapidement le malade au terme fatal, je le comprends encore, à la condition que les accidents nerveux ou gastriques prédominent. Mais si l’on a affaire, comme c’est le cas le plus fréquent, à ces diarrhées séreuses, colliquatives, on verra nécessairement survenir un amaigrissement rapide. Sur près de soixante pellagreux que j’ai pu observer, je n’ai jamais constaté cette conservation de l’embonpoint. Le marasme, au contraire vient très-souvent s’ajouter au cortège de symptômes que présentent les pellagreux. Le tissu adipeux disparaît, les muscles et le tissu cellulaire s’amoindrissent, le malade se momifie pour ainsi dire ; c’est ce que L. Soler appelait la pellagre sèche. Cette terminaison de la pellagre par consomption est assez fréquente en Lombardie, elle n’est pas rare dans les Landes. Dans le centre de la France , à Reims , à Lyon, elle s’observe plus rarement ; non que l'amaigrissement manque aux symptômes de la pellagre sporadique, mais, à la place du marasme, on observe assez souvent l’anasarque. On a alors affaire à ce que Soler appelait la pellagre humide. Ce symptôme est de beaucoup le plus fré-
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quent chez les aliénés pellagreux. Non-seulement le tissu cellulaire des pieds et des jambes se laisse infiltrer, mais les mains sont aussi quelquefois le siège de l’œdème. Enfin, l’anasarque générale a été observée, et l’on rencontre assez souvent des collections de liquides dans les cavités séreuses. L’ascite a été notée dans un bon nombre de cas. La première pellagreuse observée par Hameau, était hydropique. J’ai déjà parlé de pleurésies larvées ou plutôt de ces épanchements pleurétiques sans inflammation de la séreuse qui parfois viennent brusquement jeter le désordre dans les symptômes observés la veille et qui plus d’une fois, sans doute, ont entraîné une mort rapide. Je n’ai jamais vu à Lyon cette complication , qui parait n’ètre pas très-rare dans la Champagne. J’ajoute que les inflammations des séreuses ont été observées et qu’on a constaté à Sainte-Gemmes une péricardite suppurée. Enfin, dans la forme scorbutique , on peut constater des épanchements sanguins dans le tissu cellulaire des membres et principalement des jambes. Cette complication, qui a été notée en Vénétie, est exceptionnelle en Lombardie. Les médecins des Landes ne l’ont jamais signalée, elle n’est pas indiquée dans les observations de pellagre sporadique.