‹ Recherches nouvelles sur la pellagreChapitre 8 sur 47 · SYMPTÔMES FOURNIS PAR L’APPAREIL GÉNITO-URINAIRE · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES FOURNIS PAR L’APPAREIL GÉNITO-URINAIRE

Les urines des pellagreux sont limpides, abondantes, peu colorées ; elles n’ont pas encore été étudiées d’une manière complète au point de vue de leur composition chimique. Jusqu’à présent nous devons nous contenter d’hypothèses. M. Bouchardat s’exprime ainsi dans son supplément à l’Annuaire de thérapeutique pour 1861 : « Les urines sont claires, abondantes; je soupçonne, •« d’après plusieurs caractères de la maladie, ou qu’elles « doivent contenir du sucre, ou au moins que la propor-

« tion d'urée excrétée dans les vingt-quatre heures doit « l'être en proportion moindre que dans l’état normal.

« L’urine est certainement modifiée dans la pellagre « pour la qualité ou la quantité des principes fixes excrétés « dans les vingt-quatre heures... Je soupçonne fort qu’à « la fin de la maladie elles doivent souvent contenir de « l’albumine et de l’acide hippurique. »

L’observation ne tardera pas, sans doute, à nous apprendre ce qu’il faut penser de ces suppositions. Les recherches entreprises à Sainte-Gemmes ont vérifié d’ailleurs l’hypothèse du savant professeur d’hygiène ; on a souvent trouvé que dans la dernière période l’urine des pellagreux contenait de l’albumine. Dans quelques cas, surtout pendant l’été, les urines se troublent et abandonnent un dépôt muqueux ; en même temps les malades éprouvent une douleur sourde à l’hypogastre et des ardeurs pendant la miction. Strambio a noté la dysurie et même dans quelques cas la rétention d’urine. Ces symptômes de phlogose de la muqueuse vésicale sont assez souvent compliqués, chez les femmes, de vaginite. Une humeur jaune, âcre, s’écoule en abondance du vagin et détermine assez souvent des ulcérations ou une rougeur érysipélateuse sur les parties avec lesquelles elle entre en contact. Zanetti et Prinetti ont surtout appelé l’attention sur ce symptôme, et Prinetti fait cette remarque très-judicieuse que la leucorrhée des pellagreuses est une cause d’aggravation de la maladie, et rend la guérison plus difficile. C’est ainsi que nous voyons la gastralgie produire la leucorrhée, et la leucorrhée, à son tour, amener ou aggraver la gastralgie. La pellagre d’ailleurs nous offre d’autres exemples d’effets qui deviennent causes ; elle engendre la folie, et d’un autre côté la folie prédispose à la pellagre.

Enmème temps que la vaginite, on observe fréquemment l’aménorrhée et les autres symptômes de la chlorose ; plus rarement la métrorrhagie. Enfin les avortements ne sont pas rares chez les femmes affectées de pellagre. Quelques observations rapportées dans la thèse de M. Ducondut

SYMPTOMATOLOGIE.

tendraient au contraire à établir que la grossesse peut exercer une heureuse influence sur la marche de la pellagre.

Les organes génitaux de l’homme ont moins à souffrir des ravages de la pellagre. M. Marchant a vu une fois l’érythème du scrotum et les auteurs italiens ont parlé de gangrènes de cette partie.

Dans quelques cas on a noté, au début de la pellagre, une certaine excitation des appétits vénériens, mais cette exaltation ne tarde pas à faire place à l’état opposé.

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