RECHERCHES IS'UMIS.MATIQUES
avec le B, mais bien le B avec TA ; ce qui fait par conséquent PRIM A Moneta BAeticar. La première époque du monnayage romain en Espagne paraît être représentée à Urso par le sphinx, sans légende aucune, PI. LXIX, n" i, mais d’un poids et d’une épaisseur qui en font un médaillon. I .a grande masse des médailles frappées à l’hôtel des monnaies établi à Urso (Ubsone) appartient à la seconde période de la domination romaine, où la partie conquise de la Péninsule était partagée en deux provinces, l’intérieure et l’extérieure : car la légende AfHtDNt = AMONOPE s'explique par PRIMA MONetœ O fficimi Proviricûr Vicierions. l-a troisième époque, où l’empereur Auguste décréta la division en trois provinces, comprend la susdite médaille d'AMBA, frappée à l'usage de la Bétique, ainsi que d’autres, comparativement récentes, en caractères ordinaires. De sorte qu’en tenant compte des différents alphabets, de la diminution successive des |>oids et dimensions, etc., l’on pourrait former une histoire chronologique de la fabrication monétaire exécutée à Urso pendant des siècles.
Scania et Si’aania. Il est bien connu qu'aiieiennement on disait Spania pour Hispauia (t). L’Ecriture sainte en fait foi dans plusieurs |>assages. « In Spaniam , » est-il dit dans l’ÉpItre aux Romains, chapitre XV, v. »4 et ad. Dans le vaste groupe portant pour légende :
ME = ME = Monera QVINTA.
R-. MEA^C. = MEAINSP = Moneta QVINTA A cris INterioris SP onia, les deux dernières majuscules s'expliquent par Spanùe, comme il vient d’êtTe dit. A la PI. XII, n® t, cette intention se présente plus explicite par le monogramme final. Il y a : = MEAINSPA =: Mon e ta QVINTA A rgenti vel ans
(I) Voir les excellents articles de H. Cortès y Logez sur les anciennes dénominations de l'Espagne : Dicdmarin de la Espaiia antigua, t. 1 et III.
IN terioris SPA/iûr. A la même planche, n* a , nous trouvons la légende ^P’AAI*'!* = SPAAINE = SPAAnire INfenom QV INTA (ofifieina). Dés qu’on trouve la réunion des deux lettre» S et P, il est donc fort probable qu’elles signifient le nom de l’Espagne; mais l’S seul est plus sujet au donte. Ainsi , la légende qui se traduit par IMONES, pouiTait signifier également prima mourta Spurtùe et prima monrla srnatus.
StowATiM Oscknsk — Arokntum Oscevce. la- terme signatum, pour la désignation des espèces monnayées, se rencontre déjà dans la loi des Douze Tables. Cicéron, f / err . , V , »5, jwrle, dan» le même sens, « d’argentum factum atque signatum. «Chez Tite-I.iveil est également fait mention, en plusieurs endroits, d’ « a-ris argentique signati; » puis signati argenti magnum numerum; » déjà, au livre IV, Go, « quia nondumargentum signatum erat; » « signatum oscense; »« argentumoscense, » etc. Tous ces passages, très-intéressants pour l’explication des médailles celtibériennes, ont été parfaitement et amplement éclaircis par M. de Saulcy (i). Il n’y a plus de doute que les bigati signifiaient les deniers consulaires frap|>és à Rome , apportés en Espagne pour subvenir aux frais de la guerre, puis extorqués aux habitants, et ramenés en triomphe à Rome par les vainqueurs; et le signatum ascense, les deniers fabriqués originairement dans l’hôtel des monnaies établi par les Romains dans la ville d’Osca, non loin de la frontière septentrionale. Cet immense monnayage donna son nom plus tard aux produits des autres ateliers que les Romains établirent dans différentes villes de l’Espagne, à mesure qu’ils avançaient vers le midi. La médaille en caractères ordinaires, figurée PI. I JC, n* 3, est décisive à cet égard. Elle porte au droit la tête sui generis des plus anciennes monnaies celtibériennes, avec la légende OSCA (à Oscai;
(I) Monnaies autonomes de l'Espagne, p. 12-17.-
RECHERCHES MUMISMATIQUES. 1111
an revers , les instruments des sacrifices et la légende DOM. COS. 1TKR. IMP. De même nous lisons sur un denier de la famille Cornelia, au droit OSCA , au revers,- P.LE W.P.F.SPItf Sur une autre variante (i), le nom d’OSCA est remplacé par les lettre Q.S.C. , interprétées par Kckliel : Qumstar Senatus Consulta , mais où l'on doit lire : Q lurstor S paniie C itérions. Cet éminent auteur observe luimême que les types des revers représentent le Génie du peuple romain, comme sur un denier de Cnéius I-enfulus on lit : Genius IVpuli Romani. Or, cette même monnaie, portant les lettres Q.S.C., ne peut pas être attribuée tout à la fois au sénat et au peuple. De plus, nous apprenons ainsi de quelle province était ce questeur de Publius Lentulus : savoir, de la citérieure.
Après ce préambule, voici l’explication que je voudrais donner de plusieurs légendes.
PI. IV, n“ i-5. AWPVb = AOlNPSO = PRIMA. O/ficinn liV terioris Provincitp Signali O scensis. Au droit, A également, pour désigner la première officine. N" 0-g , en argent : AOPYVl' 7- DOINPSO = QVARTA Gfficina I Nterioris ProvinciieSignnti Oscensis. An droit . les trois lettres isolées et bien séparées les unes des autres, A A M = PRIMA D enariorum Moneta, on AA/-i = PRIMA IVnnriorum O fficina. Suivent, sous les n" 10 et 11 , deux médailles en bronze d'une fabrique supérieure , frappées aussi dans cette réunion des premiers et des quatrièmes ateliers; tandis que les n'* t-5 appartiennent exclusivement à la première officine. De cette manière, ou évite de rendre la lettre A .synonyme des A, A, A et A, comme cela paraîtrait nécessaire au premier abord. Voir, au chapitre fil, sons le n“ 5o, la lettre A.
PI. XIII, n“ 3. YUAPrtM'Y=MOEDPlNNOMO=MO/iefo QVIN-
(t) Tla-snuru* Mnrellianns, faïuillc Couselia, tab. 2, lig. VI et A-
TA D cnariorum Vrovinciir \Sterioris N umularias Oscrnsis M( inclir
PI. XV, n“ 7 et 8. Au droit, — EO = QAINTA ( JJicina . IV. PŸA'PP’P — EOAOINP = QVINTA Qjjicina Argenti Oscensis I Sterioris Provincùe.
PI. XXI, n" 8 et <). A lu face principale, 'PM — OM = Qjjicina DVODECIMA. IV. = OMPEOS=r-- Qjjicina DVO DECIMA
PEc/s/nVe OS censis. Au n” <), dont la légende est située entre deux barres, il n'y a pas eu de plaee pour la dernière lettre, h ou S ; mais le sens est le même : Offtcina IXoukcima PErw/ùr Oscensit.
PI. XXXII, n" i. irPHP* = OTPNIPO; mais il y a tout lieu de croire que, par ht faute du graveur, cet I a été place après l'N au lieu de le précéder, et qu'il faut lire par conséquent : OTIMNPO = ( yj'uina DECIMA NON A Vroct/ici/c IN tenons Pm«iw Oscrnsis. En tout cas , l’explication des deux dernières lettres , PO, isolées du reste de la légende, demeure acquise.
PI. XXIV, n" 5. Au droit -b = O = DECIMA QVARTA (otticina). K. •PP'fH'Prr — OINOÆOINP = DECIMA QVARTA L Sterioris QJficina Æris O scensis IN teriuris P rorinriir ; mais le pléonasme qui résulterait de la répétition du mot interioris applique deux fois dans le même sens, rendra préférable cette autre version des quatre dernières lettres, OINP — 1 Qptiu LNtenow P rm iiteia. la» première fois, le mot interioris désigne la province à laquelle appartenait cette quatorzième officine du bronze ; la seconde fois, au contraire, la province dont était chargé le monétaire ou Yoptio. Cela devient d autant plus probable, que, sur la petite pièce qui suit immédiatement après, sous le n" G, I on a omis précisément çcs caractères indicatifs de I ’optio de la province intérieure, et on s’est borné à reproduire le commencement de la légende, vu le manque d’espace : ■PP'OH = OINOÆ = décima i/ua rta interioris officine irris. (Ve! décima quarto interioris qjjicina Utspaniœ.)
PI. XXVI, n“’ 6 et -. rWAOJ- = POCADOS = DECIMA QVINTA
RECHERCHES NUM ISM ATIQU ES.
( yjicimi C urator Aeris D enariorum OScensium. Voir au chapitre IV le monogramme A, auquel* je ne tiens pas beaucoup. Il porte le n° ay5. En le réduisant à un simple D, conformément à l’opinion de M. de Saulcy, nous tirions sans inconvénient : Décima Quint a Opki- CIna Curator Denahiorum OScensium. Du reste, il est à remarquer qu’au n° 7 qui suit, le mot curator n’est pas seulement indiqué par le simple mais par le caractère < = <V ==• CVrator.
Incvsus vel Incushm. PI. XI. tout entière. légende au droit : \jtA ~ OM = Officina DVODECIMA. Çf. = MEXPOIN-
CVS = DVODECIMA E Xterioris P rovinc’ue Officina lNCV r S«j (i).
Curator Pecuniæ. PI. XI.III, n° (>. A la partie supérieure du revers : CVK.N = Colon ia \ictrici K artkagine Nova. Plus bas : C» PE = C urator PE cunia\ I.es trois globides du quadrans prouvent que ce n’est pas là une monnaie locale de la colonie de Carthagène, mais une pièce provinciale qui y a été frappée par les autorités romaines. I/absence des noms des II. VIRI, qui ne manquent jamais sur les médailles propres à cette colonie, en fournit une nouvelle preuve.
CiTBRiORis SpANitf Qtf,*»TOR. PI. I.XIII , n° 4 , par Ira caractères ordinaires : C-S Q.
(1) « Incusus, a, uni, particip. ah incudo, inusitalo, aigoificat cudeudo inipressus. » — ■ Per», sat. 2, v. 52 : incusaque piugui Auro dona feram. •Oalepinus septcm liliguarum, art. Incusus. L'on pourrait supposer, par analogie, un officier monétaire intitulé DiCVSor; mais ce mot ne se retrouve pas dans le dictionnaire, et je dis, avec PruiEnTo* (Easay on medals, vol. I , p. 1 1 1) : > ... Nummuhis or yummuseulw, tho i beliew in the later i coin a word. *