‹ Recherches numismatiques, concernant principalement les medailles celtiberiennesChapitre 38 sur 83 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

TYPES DES MÉDAILLES GELTIBÉR1KANES.

Genius Popli.i Romani. Il en a été question déjà au chapitre précédent, au sujet des deniers en caractères ordinaires de Cnéius Lentulus et de Lentulus Spintlier (i). Sur les deux premiers, il y a au droit les lettres G. P. R., reconnues généralement» connue l'indication du génie du peuple romain, dont la tète barhue et présentant de longs cheveux épars, est ceinte d’une bandelette ou plutôt du bandeau ■ oyal, puisqu'il y a dans le champ un sceptre. Ce bandeau et ce sceptre se retrouvent sur quelques-unes des médailles celtibériennes attribuées à Sxtabi, PI. LXI, n°* a et 4- Au n° .T il y a dans le champ une lance, antre attribut de ce génie, comme il résulte des levers où il est représenté assis, tenant mie corne d'abondance et la haste, le pied sur un globe (a). Comparer la médaille d'argent de Sagunte avec la légende MWXd, PI. LXII, n° a, et plusieurs variantes du groupe d'Urso, PI. LXIX-I.XXI. Sur une autre médaille espagnole , bien

(1) Thésaurus MoreUiantlt, fam. Cometia, tab. 2, tlg. I, 11, VI, A.

(2; Idem, les mêmes tlg. VI et A.

RECHERCHES N D MISM ATIQUES. m

que municipale d’Italica (i), l'on trouve la légende GKNïo POPuli ROMrtm, symbolisé par le globe, et la figure d’nn prêtre sacrificateur.

Moneta. Je no Moneta. La légende MON ETA , qu’on voit sur quelques deniers de Titus Carisius, accompagnée de la tète personnifiée de la monnaie (a), a été parfaitement expliquée par Eckhel comme l’équivalent de la déesse Jtinio Moneta. C’est la même tète que nous retrouvons si fréquemment sur les médailles d’Obulco, et qui a tant embarrassé les savants, jusqu’à ce que Tvchsen en eût trouvé l’explication indubitable (3). Ainsi, la légende ILMO, placée dans le champ de la face principale et vis-à-vis de cette tête, doit être lue IVNO. PI. LVFII, n“ a. Les numéros 3 et 4 suivants, que Tvchsen n’a pas connus cependant, confirment cette idée, puisque la seconde lettre, V, quoique toujours irrégulière, s'y trouve couchée. Sur les médailles d’Ulia, PI. LXVI, et autre part, l’on retrouve exactement cette tète de Jiinon, que le P. f lore/, attribuait à Isis.

Apoi.lo. La tête laurée et coiffée en femme, qu'on voit sur plusieurs médailles d'Obulco, est reconnue généralement pour être celle A' A pollon. PI. LVU , n" 6-8; I .V III , n° 5; et LIX , n* i. Cette tète se retrouve aussi en d’autres endroits avec de légères dtfTéiences.

Hercules. Sa tète n'est pas moins apparente et indubitable, coiffée de la peau du lion , et souvent accompagnée de sa massue caractéristique, sur des médailles bilingues attribuées jusqu'ici à Asc un

(1) Flore/, McdalUs, etc., tnb. XXX, flg. S.

(2) Thés. Morel!., fam. CariMÎa, tab. I, lia. UI et IV,

(3) • Caput in Adatrta alii Isidem, alli Yriiercm, alii Livinin Augusti uxorem sub forma lsidis reprasentari comieiunt. Kquidem Jnnonis sut Diana* qua* quoque Juno dicilur. raput esse vel ex eo crediderim, quod in Florcïii numo, t. XXXIV, 2 eapite praepoaitum cernitur nomem ILKO pro IVNO, tolumraodo loti fileta situs ™ I, muratione. Nain in Ini mirais litterarum Uguris nimis anxie non inha-rendum esse, allata cxempla satis auperque demonstrant. - Tentamen de munis aie dictia ineognitis, ele. I. C., pag. 14.

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vel A satta , P). VIII, i*°‘ 1-5; sur celles de Cadix, et sur plusieurs

autres.

Mercumcs. I,a tète couverte du pétase ailé qu'on voit sur la médaille purement ccltibérienne de la PI. XLIV, 11° 8, avec la légende au R". <A^7(S, appartient évidemment à Mercure. Sur la jolie pièce gravée à la PI. XXIX sous le n° 3, il peut être douteux s’il faut voir la peau du lion d’une tète imberbe et jeune d’Hercule, ou le pétase ailé de Mercure. I.e caducée qui l’accompagne confirmerait cette dernière opinion; mais le dessin parait plus favorable à la première. En tout cas, l’une ou l’autre de ces divinités est également fréquente sur la monnaie romaine. C’est en vain qu'on a voulu retrouver, sur les médailles celtibériennes, des renseignements, très-désirables sans doute, sur le culte religieux des habitants primitifs de l'Espagne : tout y est romain, ou emprunté aux Grecs par les Romains.

Diana. Sa tète, accompagnée d’un are et d'un carquois, ne saurait être douteuse. Voir PI. XLVIII, n" g.

Vulcanus. Sa tète , coiffée du bonnet pointu et accompagnée des tenailles {forceps }, PI. XXXII, n" 6, est universellement reconnue l>our l'image de lui en in . Il y en a plusieurs variétés chez Florez. Tab. LVI, n m g-lfi.

Venus, I,a tète de femme entourée de rayons, qu’on voit au revers de la médaille précitée, PI. XXXII, n“ 6, représente, suivant Velasquez, Klorez et Sestini, l’étoile du matin, l’épouse de Vulcain, Vénus ou Astarté. L’inscription est à peu près la même au n° 7, qui suit immédiatement; mais il y a au droit une tête de femme de profil, et au revers une étoile très-compliquée , entourée d'une couronne de myrte. L’allusion à Vénus Lucifera serait donc la même.

Pan vel Silenus. Le P. Florez a trouvé le masque de cette divinité sur les médailles coloniales d’ Emeritn, figurées à sa Tab. XXI, n” 3, et à la Tab. XXII, n° 8, de ses figures; ce qui nous autorise à expliquer de la même manière cette tête sauvage , que j’ai fait graver,

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PI. XX, n° 5, aceonq>agnéc des caractères celtibéricns Lt»), indiquant le onzième atelier : d’autant plus que Flore/, voit encore cette tète de Pan sur sa médaille de Sacili (Tab. XXXIX, n° 8). Or, il y a là aussi, au revers, la lettre numérale I, de la onzième oflicine, marquée plus explicitement sur la variante inédite de ma collection, PI. I.X , • n° 5, dont la face principale représente, avec la légende Sacili, cette même tête de Pan. Au revers il y a aussi le tvpe ordinaire de ce groupe de médailles : le cheval libre; mais à l'exergue, on lit OLAE = Officina VN DECIMA AErà. Voir l'article Sacili, au chapitre V. Il en résulte indubitablement que la médaille purement celtibéricnne citée plus haut, et ne portant, pour toute inscription, que les caractères Lw, a été frappée aussi à Sacili. C’est encore la tête de Pan qu'on voit à la PI. XXXII, n“ a, 3 et 8, ainsi que probablement son masque, PI. LXXV1 , n" y.

Jupiter. Sa tête, bien marquée et généralement reconnue, se présente fréquemment sur le vaste monnayage des Romains à Carteia, eu caractères ordinaires. Accompagnée toujours de la marque do Semis (S), elle sert à distinguer cette classe de monnaie, uniquement frappée à Carteia par les autorités romaines, du monnayage local de la ville, dont on peut voir plusieurs représentations dans l'ouvrage de Florcz, mais qui demeure étranger au but de ces recherches. Ma planche XDII1 ne contient donc que la tête de Jupiter aux n“ i, a, 4; celle d'Ilereule ou de Mercure , au n" 3, avec les deux globules du sextans; et la tête incertaine, — d'Apollon peut-être, — sur le n" 3, frappé par les censeurs , et portant aussi des deux côtés la marque «lu semis. Cette marque, avec la tête de Jupiter et la proue du vaisseau, types caractéristiques et ordinaires des semis romains, se retrouvent ensemble sur la médaille inédite de Sagimte , portant la légende SAGVW. PI. I.XIV, n” 17. Rien ne saurait être plus concluant.

Mars. I «i tète casquée des médailles d ' Onuba a été attribuée unanimement au dieu de la guerre, par le P. Florez, Sestini, Mionnet, etc.

m RECHERCHES NUMfSMATIQUES.

Trois d’entre elles ont été gravées à la PI. LIX , il 06 6 » 7 (inédit) et 8 . Comparez les n°* 3 et 4 de la Tab. XXXV de Florez. La tète couverte d’un casque à panache au droit d’une médaille de Carmo ( 1 ) a été également appliquée à Murs par les deux auteurs premièrement cités. Il est donc naturel de lui attribuer aussi la tète absolument semblable de la médaille celtibérieune, PI. X, n° i, portant au revers un sanglier avec la légende 'N IXXh' = Ofticina Skclnda Denariorim Nïmohum. C’est encore la tète de Mars qu’il faut voir sur les médailles attribuées à Ipagro par MM. Akerman et Sestini , mais qui doivent être restituées kPollenùa dans l’ile de Majorque, moyennant une variété inédite en caractères ordinaires , que j’expliquerai plus tard. PI. LXVII, n°* 1 , 2 , 3, 4 et b,

Ceres. Sa tète, couronnée d'épis, est parfaitement caractérisée sur une médaille romaine de Carisa ( 2 ), sur une autre d’Ebora Cerealis (3), et sur les pièces en argent frappées à Emporia ?, tant par les Crées avant l’invasion des Romains, que par ceux-ci un peu plus tard , qui conservèrent sur leurs deniers les types de Ccres et du Pégase introduits par la colonie de Marseille , mais en échangeant la légende grecque EMIlOPITliN contre les légendes celtibériennes employées par les monétaires romains sur toutes les monnaies romaines provinciales qu’ils frappèrent primitivement en Espagne, quoiqu’ils adoptèrent plus tard et peu à peu les caractères latins ordinaires. Je n'en dirai pas davantage en ce moment, afin d’éviter-, autant que possible, les répétitions.

Cupido. L'enfant ailé et monté sur un dauphin , que représentent les monnaies locales de la ville de Carteia en caractères ordinaires , a été reconnu par tous les auteurs comme l’image de l’Amour. Elle se

I) Flom;, Medallas, etc., tab. XIV, n* 8 .

(2; Ibid., tab. XIV, n° 3.

(3' / 6 id.,tab. LU, fig. !<».

RECHERCHES N U Ml SM AT I Q U ES 127

retrouve exactement sur les deniers des familles Cardia et Lucretia. Par conséquent il ne peut y avoir de doute que la médaille purement celtibérienne de la planche LXI, n“ 9, qui présente le même type à sa face principale, ne fasse aussi allusion à Cupidon.

Pai.las. Roma. En parlant des as consulaires et de leurs divisions, Eckhcl (1) a dit que les Triens romains portaient au droit la tète de l’allas, de même que les onces. 11 semble pourtant qu'il. faut distinguer entre cette tète de Minerve et celle de Rome personnifiée , l'une appartenant exclusivement aux triens, et l’autre à l’once. I,a différence consiste, à ce qu'il parait , dans les ornements du casque que portent ces tètes féminines, l'un ailé, et surmonté de la partie supérieure d'un serpent ou d’un aigle; l'autre ombragé d'un grand panache. Quoi qu’il en soit , ces types sont entièrement conformes à ceux que les Romains ont employés si fréquemment sur leurs médailles en caractères ordinaires. Nous les retrouvons aussi sur diHérentes pièces celtibériennes. Celles qui ont été frappées à Sagunte nous montrent toujours lecasqueailé, ou bien dépourvu d’ornements, PI. LXII — LXIII. C’est tout le contraire à Emporia ; , où l'on trouve continuellement ce grand panache de plumes, de crin ou -de perles, qui part en deux parties égales vers le haut et vers le bas du morion, avec une espèce de pompon au centre. PI. XI. VII, n°* 1-7; XI, VIH, n“* 1, a, 3 , 4 , 5 , (i, 7, 8 et 10; XUX, n'“ 1-17. 1 ,’égide, qui servirait le mieux à distinguer le buste de Pallas de celui de Roma , 11e se rencontre malheureusement pas sur les médailles celtibériennes. Sur les médailles de la famille Aquilia (a), l’on voit une tète fort ressemblante à celles d’Emporiæ, dont nous venons de parler, mais accompagnée de la légende VIRTVS. Toujours il demeure acquis que ces types sont essentiellement romains, sans qu’il soit nécessaire de re-

il) Doctrina nnmorum, vol. V, pag. 1 1.

(2) Thésaurus Mordl., fam. Aquilia, n* t.

courir aux cultes et habitudes existants primitivement en Es|tagne.

Hispania. L' Espagne personnifiée est représentée sur un denier en caractères ordinaires de la famille Postumin , par une tète voilée de femme aux cheveux épars, suivie de la légende HISPANIA (i). Il est donc probable que la tète voilée qu'on voit sur les médailles eeltiliérieunes de la PI. XLV1 , n°* i-fi, présente également l'image de l’Espagne , dont la mantil/a s’est conservée dans ce pays jusqu’à ce jour. I a tète de femme voilée, qu’on voit sur un denier de la famille Sulpicia (af, qu’Eckhel n’a pas expliquée, mais qu’IIavercamp attribuait à une vestale, sera vraisemblablement aussi une personnification de l’Espagne, où cette pièce, suivant tons les indices, a été frap- |iéc par ordre du sénat romain.

Marcus Avtomus. L’on voit sa tète bien marquée sur les médailles rcltihériennes de la PI. XV I, n®* 3 et 4. avec la légende l*'Ah^h'+KI' / ou rAK>*Kf'. J en ai déjà parlé au chapitre I, à l’occasion des travaux de Morel! et dllavcrcamp. Iseiir découverte m’a facilité l’application de la tête de femme ooifTée en perles, du n° 8 de la meme PI XVI, et portant au revers une légende identique, quoique en bronze, à

Ci.ropatra. On connaît les relations qui existaient entre Marc- Antoine et Cléopâtre , ainsi que le grand rôle qu’ont joué les jïerles dans l’histoire «le <*elle-ei. Cette médaille inédite de ma collection est encore uni«pie, à ma connaissance. Nouvelle preuve que la monnaie celtihérienue a été frappée par les Romains.

Augustus. Le P. Florez (3) a vu avec raison la tète d’Auguste au droit d’une médaille qui ne fait pas mention de son nom , mais qui porte au revers celui de Segobriga en caractères ordinaires. La palme qu’on aperçoit «lerrière cette tète ne fait pas allusion, comme il dit, à la victoire remportée sur les Cantabres par cet empereur, mais sim-

^1} Thésaurus MoreU., fam. Postumia, tab. Il, n* 8.

(2) Ibid., fam. $ulptcia, tab. II, u* 2.

(3) Mrdallaa, etc., tab. XLIII, n # I .

plement an symbole particulier de l'hôtel des monnaies établi à Ségorbe par les autorités romaines, à une époque antérieure au règne d'Auguste, comme on verra au chapitre suivant , consacré aux symlioles caractéristiques des différents ateliers monétaires. 11 ne convient pas de séparer le monnayage impérial opéré à Ségorbe par Auguste, Tibère et Caligula , des explications relatives aux médailles de la république, frappées dans la même ville, tant en caractères ordinaires qu'avec emploi de l’alphabet celtibérien : car il résulte de l'ensemble de toutes ces variétés une suite chronologique des plus intéressantes.

Tibérius. Sa tète laurée se voit aussi sur une médaille celtibérienne, PI . XXXH, n“ 1 1 , entièrement inédite, mais qui doit être rangée dans le groupe des nombreuses pièces où l’on trouve au levers le même type d'un nain, conformément aux anciennes explications, bien que les derniers travaux des savants lui donnent d’autres significations. Nous reviendrons à ces questions nouvelles, -et remplies d’intérêt sous tous les rapports. Pour le moment il ne s’agit que de constater qu’on trouve la tète de Tibérius, avec la légende Ti. Cæsar Acg., eu caractères ordinaires (sauf quelques réminiscences de l'alphabet celtibérieu), sur une médaille dont le revers appartient sans aucun doute à celui-ci, puisqu’il y a : IN^-Af*'. De même la tète de Tibérius, avec la légende Tl. César. Divi. Aig. F. Augustus, est représentée sur une médaille d’ Aidera, PI. XEII, n“ 4, où tous ces six A conservent la forme celtibérienne des A (n° 4 du Chap. III}, et des A (n“ 6).

il y a plusieurs autres tètes, à la vérité dépourvues des attributs quelconques qui devraient servir à les distinguer entre elles , mais qui, par cela même, ne favorisent pas plus une opinion que l’autre; tandis que l’origine romaine que je viens d’établir pour tout ce qui précède , admet la présomption que les types des têtes douteuses proviennent de la même source. Parmi celles-ci, la plus fréquente est celle qui nous, présente la « tète virile imberbe nue, aux cheveux

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courts et très-boucles, avec un collier de perles. » Plus souvent encore cette tète, identique pour tout le reste, porte « une l>arl>e naissante. » Tai fréquence même de ce type, sur tant de médailles d’une fabrique et de conditions si différentes , ne permet pas d’y voir un portrait. Kckhel ne dit rien de positif à cet égard, sinon : « Quorum ea capita effigies référant , incertum , » et ne se décide pas ouvertement pour les conjectures de Flores et de Maliudel , qu’il cite (i). Dans le catalogue général de ces médailles, je me propose, pour ne pas répéter à chaque instant èette longue description de la « tête virile imberbe nue, aux cheveux courts et très-bouclés, avec un collier de perles, » ou bien, « tète nue aux cheveux courts et très-bouclés, avec une l>arbe naissante, et portant un collier de perles, » d’employer l’expression plus concise : tête celtibérienne , en ajoutant, suivant le cas., imberbe , ou , h barbe naissante.

Parmi les types des revers, la première place revient de droit air « cavalier en course, à droite, armé d’une lance, et jwirtant le bonnet caractéristique des Dioscnres ; >» comme, par exemple, sur les deniers de la PL XXXIX, n°* 1-9, où les n“ io, 11 et 12, tons en bronze, nous présentent en outre l’astre qui accompagne ordinairement , sur les médailles frappées à Rome en caractères ordinaires , les images de Castor et Polltix , divinités primitives des Romains. Mais, sur les médailles celtibérionnes , on ne trouve que l’un des Dioscures, probablement Castor, parce cpie celui-ci veillait aux dépôts d’argent qui avaient lieu dans son temple , comme l’explique X Encyclopédie (a), d’après un vers de Jlivéual. Elle porte aussi, dan*

(I) .ftx'trina numorum, vol. I, p. 8.

(î) Antiquités, Mythologie, etc., t. I, p. 684.

RHCHERCHRS \U M ISM AT IQU ES. 131

un autre endroit (i), que les Dioseures attachaient à leurs jambes les Imltincs ouvertes, que nous retrouvons non-seulementà la 1*1. XXXIX, déjà mentionnée , mais sur une infinité d’autres médailles celtibériennes , dont la bonne fabrique et la conservation permettent de distinguer cette particularité. Knfin, le manteau flottant, ou la c/i/antyric , considérée comme « singulièrement affectée à Castor et Polio», » par Winckelmann , etqu’fclien, dans Suidas, dit être « un trait caractéristique des Dioseures (a), » se présente à plusieurs reprises. Voir toute la PI. XVI, à l’exception des n“ y et la; PI. XIX, n“ y ; — XXVI, n“ 3 et (i; — XXXIV, n" i ; — XI., n“ a et 5; — IJ, n”* i-<>; — MI, n°* 3 et 4-

Un autre passage de Y Encyclopédie (3) s'applique parfaitement aux médailles eeltibériennes gravées aux PI. XVI, n™ i-4, etXXXIN , n“ i et a, oit l'on voit un cavalier aux attrihuts susmentionnés , mais conduisant en outre par la bride un second clieval. Il y est dit, pont «lin : « Les Romains renouvelaient tous les ans, à la fête des Tyn- « (/arides, le souvenir de cette Action, en envoyant, près du temple « des r>ioscures , un homme avec un bonnet pointu semblable au « leur, monté sur un cbeval, et qui en conduisait un autre à la main, « sur lequel il n'y avait personne; voulant marquer par là que, de i deux frères, il n’en paraissait jamais qu'un à la fois. »

Il y a pourtant cette différence entre les types des médailles précitées de la PI. XVI , et ceux des n“ i et a de la PI. XXXIV, que, sur les premières , le cavalier porte un liouclier, tandis que, sur les secondes, il tient une palme. Cette seule dissemblance ne paraît pas s'opposer à l’explication, par les passages cités, de l'un et l’autre de ces types , et de les attribuer simultanément aux Dioseures. I c type

(1) Ibid., t. J I, pag. 38ü, et autrea articles concernant Castor et t'ollux.

(2) Encyclopédie, t. Il, pag. 38G.

(3) Ibid., i. Il, pag. 385 et 38fi,

du cavalier tenant une palme, mais sans l'autre cheval, est presque aussi fréquent que celui du cavalier armé d’une lance. De même le cavalier, sans l’autre cheval , qui porte un bouclier, parait sur les médailles en bronze de la PI. XVI , n“ 5-n, et PI. 1 ,111 , n* 5. Parmi les médailles frappées au même type en caractères ordinaires, se trouvent celles de Carisa , publiées par le P. Florez (i), à l'égard desquelles il faut observer d'abord que celle qu’il a fait copier d’après Rodrigo C*ro (a) est extrêmement suspecte, non-seulement parce que personne ne l’a vue depuis en Espagne ou ailleurs, ensuite parce qu’il n'y a point d'exemple d’un guerrier portant le bouclier sur le bras droit. Voilà pourquoi les cavaliers»dont le type du bouclier doit être rendu visible marchent toujours de droite à gauche , tandis que ceux qui tiennent la lance dans la main droite prennent, par le même motif, la direction opposée. Quant à la médaille de Carisa , qu’on voit à la PI. I.XI de Florez, Fig. i , elle est fausse, comme tant d'autres de son troisième volume, si inférieur aux deux premiers, qui fout sa gloire.

D’autres cavalière, portant également des bottines et la lance en arrêt, sontarmés d’un casque à panache ouaigrette, au lieu du bonnet des Dioseures , comme on peut le voir dès la première planche, au n° C, et, plus loin, en différents endroits. Ce casque se retrouve aussi sur quelques variétés du groupe qui porte la légende lêAOt'IîS, savoir, PI. Il, n" i et 1 1 ; mais, en général, le cavalier y parait nu-tête. D’ailleurs, il n'est jamais armé de la lance, portant toujours, soit l'épée, soit le sabre (glariius curvus); de même qu’au groupe de la PI. XXII, inscrit à l'exception de la cinquième variante , où le cavalier tient la lance accoutumée. I .'éjiée réparait encore à la PI . XXVI , n" 1 1 .

’ (I) Tab. XIV, lig. 3, 4, à, 6 et 7. — Tab. LU, fig. I .

'3) (/ouvrage de Rodrigo Caro, ■ Antiguedades de la cludad de Sevilia , ■ parut en 1634, et son dessin de la médaille en question, au feuillet CIO, gravée sur bois très-rudement, comme le dit Florez, a reçu un air tout différent, et même élégant, dana la copie de oolueci. -, *

RECHERCHES NUMISMATIQUES. J 33

Parmi les cavalière qui portent une palme, il y en a aussi plusieurs coiffés du casque à aigrette, au lieu du bonnet des Dioscures, comme aux PI. IX , n“ a ; — XII, n" 5, etc. Parfois ils tiennent dans la main droite une palme, et réunissent en même temps les marques distinctives de la tète découverte, le manteau flottant, et les bottines ouvertes. Voir les deniers de la PI. XXVI , n° 3 , et de la 1.11 e , n" 1 et '( , bien que ce dernier soit fourré.

A la PI. VII, n° 6, le cavalier tient une arbalète [balistn minor), ressemblant à l’O celtibérien angulaire , formé par O. Il serait inutile de répéter ici ce que j’ai déjà dit en détail au Chap. III, sous les n“ i Si- 1 Gy , pour l'explication de ce type à la fois figuratif et al*phabétique, si toutefois il est permis de s’expliquer ainsi.

Les cavaliers au bonnet conique et aux bottines ouvertes qu'on voit à la PI. IX , n°* G et y, tiennent de la main droite des armes bien différentes de toutes celles dont il a été question jusqu’ici , et qui ressemblent parfaitement à des fourches : la première à trois branches, comme le trident de Neptume; la seconde réduite à deux pointes, comme celle de Pluton. Ici néanmoins il ne peut y avoir d’allusion à ces divinités, bien que V Encyclopédie mentionne l'autel d'un Neptune équestre, d'après Pausanias. Sur la médaille de Vkntipo (■) l’on voit aussi un soldat debout, tenant une longue arme terminée par trois pointes comme le trident, rappelant la description du Calepinus à l’article Fascina : « Telum tridens , sive trisijlciiiii, a ut bisulcum. » Puis, à l’article Bidens : « Instriimentum rusticum fossorium, quod duos dentes habeat , » citant des passages deTihulle et de Juvénal. Florez explique le type de la médaille de Ventipo

(1} La meilleure des nombreuses représentations de celte Intéressante médaille, estimée R R R B. par Eckhel et R*, par Mionnet, ce qui revient au même, est celle d'Akerman, Z. C. , pl. VII, u 6 t , d'après l’exemplaire du Musée britannique. Si, dans le texte, il y a seulement R. 3. an lieu de R. 8, cela provient sans doute d'une erreur typographique, pag. 58.

comme représentant un gladiateur retiarius (i); mais Eckhel s’v oppose (a) , « non senza ragione , » suivant Sestini (3). Comme aucun rie ces illustres auteurs n’a connu les médailles celtibériennes de ma PL IX , n°* 6 et 7 , ils n’ont pu en profiter pour expliquer celle de Yentipo. Maintenant on jugera peut-être que l'arme du rétiaire pourrait être en même temps celle des gens de guerre romains dans la cavalerie et dans l'infanterie, celle-ci figurée sur, la médaille de Ventipo ; et, comme la légende celtibérienne desdits n°* 6 et 7 est identiquement la même, savoir : le Iridrns et le bidcns que

portent les cavaliers doivent appartenir à la même officine. Sur un denier en caractères ordinaires du légat P. Carisius, il y a une autre espèce de bidens , avec la différence que les deux pointes forment un croissant concave, tandis que, sur la médaille celtibérienne, elles sortent parallèles de la liaste, où elles sont fixées. Voir, dans le Trésor tnorellien , la famille Çarisia, Tab. III, Fig. 111, et Florez,Tab. 1, n® i3. , .

L'enseigne si connue de l’aigle romaine et légionnaire est évidente au n° 1 de la PL XI, et se retrouve à la main du cavalier figuré PL XIII, n" 1, d’une fabrique inférieure.

De meme l’on 11e saurait douter que le lituus milita ris , qu’on voit à la PL XVIII , n 8 * 4-6, terminé par une tète de serpent, représente l'instrument de musique des Romains , propre à la cavalerie (4). la*

J Mednllas. etc., t. II, pag. Ht H.

(2) Doctrine, vol. I, |»ag. 3*2.

i'3’ Medaglie ispanc, pag. 92.

(4) « Les auteurs latins distinguent constamment le lituus de la Ct*6a, et , entre j autres, Horace, dons ces vers ( Od . I, 1, 23) :

• Multos castra ju vaut , et liluo tuba*

Permis tus sonilns.

A cran, ancien commentateur de ce poète, dit, sur ces vers : Litui acotua est gonus; tubæ gravis : inter lituuinet tubam hoc distare inveni : lituus equilnm eu , et inc urrus; tuba vero peditum est et directa. .....

RECHERCHES NU MISMATIQUES. 135

cavalier au casque panaché de la PI. XVI bis % n°* 5 et , parait aussi porteur d’un instrument semblable.

A la PI. XV» n‘“ 4 et 5, le cavalier porte à la main droite une espèce de rameau qui rappelle parfaitement la lettre celtibérienne $ = E, n° Ki du chapitre III, tandis que, dans la légende inférieure, le «aractère t ou Ê, précédé d’un O, indique également officina quiflta. Au numéro subséquent, 6, portant la même légende, OEPINHXM, lerameau prend la forme de la lettre Y, n° 65 du chapitre III, autre équivalent du E.

lie cavalier à la tète nue, qu’on voit à la PI. XXXII , n° i , porte, à ce qu’il parait, le bâton augurai, qu’on désignait également cher, les Romains sous le nom de lituus. Malgré la fahrique barbare du n° i de la PI. IV, on y aperçoit aussi le même instrument. Que les augure-s aient réellement frappé monnaie en Espagne , cela résulte de la médaille gravée dans l’ouvrage du P. Florez, Tab. LVJ, Fig. iv, où l’on voit d’un côté l'aigle éployée sur un foudre et regardant en arrière, objet connu des présages dont s’occupaient les augures , et dans le champ, à droite, le lituus ; de l’autre côté aussi les instruments pontificaux : patère , præfericulum et lituus. Les titres des monétaires, II. VIR QVÎN. A VG., ont été interprétés par Flore? dans le sens de QVIN quennalis AVG ustalis y comme s’il s'agissait des autorités d’une ville ou colonie ; mais alors on n’aurait pas manqué d’exprimer le nom de la localité. Eckhel (i), déjà, s'oppose à cette qualification d’ sfugustalis, telle que l'entendait Flore?., et proj»ose différentes autres explications de cet AVG..., nommément le mot AV dur ; mais

- La courbure du Lituus était moindre que celte du cornu ... U' lituus était droit Milles deux premiers tiers de sa longueur, et il sc recourbait légèrement à son extrémité, où le pavillon représentait ordinairement la bouche d'un poisson ou la gueule d une bète féroce. La courbure du lituux formait au plus un quart de rond; tandis que le cornu faisait souvent plu» que le cercle entier. • Encyclopédie méthodique . Antiquités, etc., t. III, pag. 351-52.

(I) Doctrina numorum, vol. I, pag. 61 .

à peu près du même module, Æ. 4-, — mais dépourvue des quatre globules et portant pour légende lA^t. Je ne l’ai jamais vue, si toutefois la description de cet auteur est exacte. Le type de la partie antérieure du Pégase parait aussi sur une petite médaille Æ. 3^ , PI. I, n“ 3 ; sur une autre du même module, PI. III , n° y; avec les ... du quadrans à la PI. XXV, n° 4; sans les globules, PI. XXVI, n” 5; puis elle revient avec la marque du ijuadrans, PI. XXXIV, n° to, et PI. XXXV, n« 2 , 4 et 1 1 ; — PI. XXXVI, n» 7; PI. XXXVII, n" 5 et 6; — PI. XXXVIII, n» 3.

I-e type du Lion , qu'on voit sur les parties de l’oj mentionnées ci-dessus, PI. XLVIII d’Emporiae, n“ 4, 5 et 6, a été employé également dans plusieurs autres ateliers monétaires. Voir les revers des médailles figurées PI. XL, n" to, et XLII, n" 5. A la face principale, et placé derrière la tête virile imberbe des numéros 1 répartis aux PI. XI, XII et XIII, ce lion en course représente l’enseigne ou le symbole caractéristique de l'officine où l’on a frappé cette nombreuse série, portant la légende Mais toutes ces enseignes, ou

sigilla solitaria, comme les appelle Eckhel (1), en parlant des médailles en caractères ordinaires des familles romaines, sont d’une telle importance pour la classification projetée du monnayage celtibérien, qu’il conviendra de leur consacrer un chapitre à part.

L'Hippocampe , ou cheval marin de la petite monnaie d’Emporia», PI. XLVIII, n“ 3 et 10, 11c se retrouve sur aucune autre pièce celtibérienne , mais bien sur un sesterce en bronze de Marc-Antoine (a), portant au revers un char attelé de quatre hippocampes.

Le Taureau bondissant, qui signale le revers du moyen bronze sur plusieurs médailles d’Emporia», PI. XLVI, n“ i-fi, et PI. XLVIII, n” 7, se voit aussi sur les deniers des familles Livineia et Thoria, ainsi

(T; Doctrina uuntoruin, vol. V, p. 91.

(2j Thésaurus Morelliauus, fam. âemprouia, tab. Il, fig 2.

que sur les médailles des premiers empereurs romains. On le voit aussi avec des légendes eeltibériennes très-différentes, aux PI. XX, n u 4; — XLII, n® 4 bis et n° 5.

Ee Coq enfin , sur le petit bronze d’Kmporiæ, PI. XIA’UI , n° 8 , ne manque pas parmi les subdivisions de l'as en caractères ordinaires ou anépigraphes des Romains. Voir YÆs grave <(el Mnseo kircheriano , classe IV, Tav. u , Fig. 5 a A et 5 » R, ainsi cjue incerte , Tav. I, Fig. i. Sur l’une des nombreuses variétés de la famille Folteia , l’on voit aussi un ctxj derrière la tète de la face principale. Il paraît encore, avec d’autres légendes eeltibériennes , sur le petit bronze de ma PI. XXVIII , n"* 12 , i3et i4 I*a première de ces trois médailles, c’est-à-dire le n u 12 , porte en outre les deux globules .. du seætons , ce qui pourrait donner lieu à penser que les deux autres plus petites et aux légendes abrégées n’étaient que des onces.

I /Eléphant, debout ou foulant aux pieds un serpent, est fréquent sur les médailles des familles Cœcilia. et Julia. On le retrouve dans ces deux attitudes, mais accompagné de légendes eeltibériennes, u la PI. VIII, n®* i-G, et PI. LX, n° 4» formant dans les deux cas le type ou la devise d’une seconde officine , indiquée par les légendes 'RD 1 1 ou • *ID^ 1 1 , qui se lisent de droite à gauche : SECVNDA OFIc//i« . ou ••, c'est-à-dire unciarum ou sextantiorum, suivant le nombre des globules; tandis que la légende de la PI. LX , n® =

OSEC.,., si différente en apparence, annonce également cette O [flâna SECu/ir/a, dont l'éléphant constituait la marque distinctive.

I je type de la partie antérieure d’un cheval, terminée par le corps d'une femme qui tient les rênes de la main gauche, et saisit de la droite la crinière de ee cheval, PI. I, n° a, peut fournir aux antiquaires quelque chose de nouveau , et aux sculpteurs le sujet d’une statuette aussi gracieuse que l’est véritablement cette petite médaille, inédite et unique, à ma connaissance. Il y a des raisons de croire, suivant la règle des provenances, qu’elle a été frappée à Obulco.

Si toutes ces variétés du ty|>e du cavalier indiquaient généralement sur le grand bronze on moyen bronze y approchant, la valeur de Vas, le cheval libre , empreint sur des pièces de moindre module, marquait toujours les divisions de l'zu, ou comme qui dirait la petite monnaie, sur les médailles celtibériennes. Accompagné du croissant, signe du semis, il valait la moitié de l’«j, comme on voit aux PI. XI, n“ 6 et 7 , — XVI, n» i a, où l’on voit en même temps, à la face principale, l'autre marque du semis h ; — XVII, n“ 7; — XXI , n° 4 ; — XXV, n» ia; — XXVII, n» 7; —XXXII, n" 9; — XXXV, n» 5; — XLIV, n' 1 * 8 et 9 ; — LU, n° 1 , et n° 2, où la lettre r\ est placée au droit de la médaille; — LX 1 , n° 8. Souvent le cheval libre, représenté sur le petit bronze, réunit les quatre globules du l riens , comme aux PI. XXIII, n" 4 ; —XXIV, n» 3 ; — XXXIV, n" 8; — XXXV, n“ 1 et 10, où le cheval épouvanté recule devant une tête de bœuf, etc. I,es trois globules n'annoncent, comme il est bien connu, que la valeur du quadrans , ou trois onces. On les retrouve, avec le type du cheval libre, aux PI. XI, n” 8; — XIV, n“ 12; — XXX, n° 5 ; — XXXIX, n" 16. Les .. du sextans ne manquent pas non plus sur les médailles du même type. On les trouvera aux PI. XIV, n“ fi et 1 3 ; — XXV, n" 8. Il faut ajouter ici que, par exception, le cheval libre apparaît aussi au revers de la médaille de Saeili du grand module : PI. LX, n" 5 .

Parmi les plus petites médailles frappées à Obulco, l’on peut citer aussi le type d'on buste de cheval, accompagné des marques du sextans .. , PI. LVD , 11“ 9.

Le Pégase est très-fréquent sur le monnayage des Grecs et des Romains à Empoki.e, avec la tète de Cérès ou d'Aréthuse au droit. Les drachmes ont été déjà parfaitement expliquées. les deniers romains, au contraire, ont donné lieu à beaucoup de méprises , qui m’obligeront forcément à des recherches un peu détaillées, lorsqu’il s’agira de la classification des médailles celtibériennes d’Emporiæ. En ce mo-

RECHERCHES NUMISMAT1QUES 143

deux épis paraissent aussi à la PI. LXXVI , n" a , sur une variante inédite des médailles portant les légendes OZTVR (avec l'S celtiliérienj = OSTVR ou OST *VR (i), et qui ont été indûment appliquées jusqu'ici à une prétendue ville d'Espagne nommée OsTtia , mais qui, d’après la découverte aussi ingénieuse qu'indubitable du savant antiquaire de l’Académie d'histoire, M. Delgado, appartiennent au |K>rt d'OSTium VRü ou OStium VRù , ce que j'expliquerai plus au long à l'occasion de la classification générale.

L’Epi et la Charrue réunis forment le type le plus fréquent îles médailles d'Obuho. Quelquefois on y a joint encore la représentation d'un Joco, comme aux PI. LIV, n" i ; — LV1I, n° G. Mais c'est surtout la pièce d'argent de la famille Eppia (a) , dont on n’a publié jusqu'à présent qu’une seule variété , mais dont j'en possède deux , qui rend ces types réunis de l’épi et de la charrue si intéressants, l>arce qu'ils prouvent que la monnaie en question est sortie des ateliers d'Obulco. I -i tète de femme, coiffée de celle d'un éléphant, est le symbole reconnu de l'Afrique, où commandait alors Scipion , ou plutôt Qointus Métellus. En combinant tout cela avec le type d'Hercule au revers , qui peut faire allusion au passage d’Afrique en Espagne, par le détroit si fameux des Colonnes d' Hercule, et avec les légendes des deux faces, on obtient, dans ce petit espace, l'énonciation officielle et authentique de tous les faits suivants : Quintus ME- TELlus , SCIPIO IMPerator, envoya d’Afrique à Obulco son légat EPPIUS, pour y frapper de la monnaie d’argent ( LEGutus Facien~ dwn Curavit ) ! ! Aussi l'on y trouve quelques réminiscences des caractères celtibériens, tels que P, pour P (3).

(1) Clorez, Medallis, etc., tab. XXXVII, flg. 8 et 9 ; LXV, flg. 6 et 7.

(2) Thrsaur. Morellianus, familles ( æaiia, et Eppia indistinctement.

(3) Tout ce qui précède est conforme à l’explication du classique Kckhel . excepte l'attribution à Obulco , que possédaient alors les fils de Pompée, faisant cause commune avec ce Métellus.

144 RECHERCHES N L M ISM A TIQU ES.

Le Poisson forme également aux revers l’un de ces types favoris des monétaires du midi de l’Espagne. A la PI. XIII, n° 7, on le trouve pour la première fois avec la tète d’Hercule à la face principale. I^es deux rares variantes frappées à Caura (1) le montrent aussi; mais il faut prendre garde aux falsifications. Quant au petit bronze de cette ville, cité an n° 127 du supplément de Mionnet, tome I er , page 22, d'après le Musée hédervarien, avec la description suivante :

« Ituste d’Hercule lamé et barbu, à gauche, avec une massue sur l’épaule.

« R*. CAVRA. Homme marchant à gauche, portant un poisson sur l’épaule gauche. »

cette médaille, qu’il estime de la huitième rareté, ne paraît pas inspirer des soupçons quant à son authenticité , et doit être considérée dès lors comme unique , valant bien le prix de trente francs, qui lui a été assigné par M. Mionnet.

lin ou deux poissons, suivant les différents modules, sont très-fréquents sur les revers sortis des ateliers d ' Abdera et de Cndix , PI. XLII, n“ 1-4, dont le troisième présente en même temps un dauphin, PI. L tout entière. Deux poissons croisés, accompagnés d une tète de loup et des •• du sextans, se font remarquer à la PI. LH, n M 5. le poisson qui distingue le bronze de plusieurs grandeurs frappé ;« Ilipa, a été combiné avec l'épi, déjà mentionné. De même à Myrtilis, un poisson au droit, un épi au revers, PI. LUI, n° 10. Deux poissons avec la tête d’IIercule à la face principale caractérisent aussi la médaille de Sex ou Sexli/irmum Juliurn , tant controversée, PI. LXV. n° L Ces mêmes types, également répartis sur les deux faces, reviennent au n° 1 1 de la PI. LWVI ; pièce intéressante, dont j’espère fixer la classification à l'hôtel des monnaies établi à Cadix.

(I) Florez, Medallas, rtc., t. XVIII, fig. I et 2.

RECHERCHES NUMISMATIQCES.

Le Paon, que l’on voit sur la grande pièce en plomb, PL VIII, n° 6, est l'attribut ordinaire de Junon ( Juno Mo ne ta).

T#e Sanglier n’est pas moins commun sur les monnaies romaines à caractères ordinaires. Ici l’on rencontre ce type à la PL X , n° i ; — PL LVII, avec les •» du sextans; — PL LX, n° 6; — * PL LXX, n" io; et PL LXXI , n° 3. Un sanglier attaqué par un serpent, PL X, n° 3, ne laisse pas de former un type très-curieux et parfaitement exécuté aussi.

Le Dauphin occupe très-fréquemment les revers des médailles cei libériennes , qu’il serait trop long d’énumérer. Les plus intéressantes sont celles qui contiennent en même temps les marques de la division de Vas romain. La plus grande valeur attribuée au type du dauphine st celle du semis — -S — , qu’on trouvera aux n‘“ i et 2 de la PL XLIIÎ, de même que sur plusieurs autres médailles frappées à Carteia , qui ont été publiées par le P. Flores; ainsi qu'une pièce inédite, PL LXXV I, n u 4 , avec la légende CAESAREA. Mais, sur le monnayage celtibérien proprement dit , ce type indique toujours une valeur inférieure au semis. Sur le petit bronze de Sagunte, PL LXIV, les marques et • y semblent indiquer lestriens; et V ou •*, lesquadrans; les deux globules parallèles •• du n n i5 ne diffèrent eu rien de la marque ordinaire du sextans, ni le ■ isolé du n° i de celle de l’once. \jc dauphin paraît encore accompagné de la marque .. du sextans , à la PL XXXIV, n° 1 1 ; PL XXXV, n° f>, au droit; PL XLIII, n° 3, des deux côtés. Un dauphin et un poisson se trouvent réunis en sens inverse sur le n° 4 de la PL X, avec les deux globules du sextans , dont le module, approchant du grand bronze, témoigne d’une haute antiquité, quoique inférieure aux sextans primitifs, qui ont été fondus longtemps avant l'invasion des Romains en Espagne. Maintenant , que l’on compare les nombreux exemples du type du dauphin avec les globules du triens, du quadrans et du sextans, sur toutes les classes de « YÆs grave del Museo kircheriano. » Enfin il faudrait mentionner ici les dauphins qui entourent souvent les tètes de la face princij>ale ;

L'Aigle , symbole de la domination romaine aussi bien que de Jupiter, est visible à la PI. XXIX, n" 3 , et sur plusieurs moyens bronzes d'Obulco, PI. LVIII, n™ 7-12.

Europe sur un taureau, PI. XLH , n° 7, est le type connu de quelques deniers des familles Valeria et Volteia. Frappée par un membre de cette dernière famille, comme 011 verra plus tard, cette médaille a été rangée à tort parmi celles des colonies, et appliquée à Calagurris.

Quant au type des médailles de Carbula, PI. XLH, n“ 8 et 9, - LXXVII, n 0 * i et 2, qu'on a considéré comme une espèce de lyre, j'en ai déjà expliqué le véritable sens dans la seconde partie du chapitre V, article Carbula. En revanche, on retrouvera la lyre indubitable sur la médaille de Salpesa (1) et sur le petit bronze d'Obulco, PI. LIX, n” i,avec la tète d’Apollon au droit. Cette dernière pièce, inédite, est surtout remarquable pour son extrême ressemblance avec une médaille iVs/hesà Sicilue, PI. LXXVII, n" 6. II n’y a guère d’autre différence entre les deux médailles, abstraction faite des indications locales, sinon que la pièce d’Alirsa porte, dans le champ, xzlll = O fficina TERTIA , tandis que celle d’Obulco est marquée vallll , c’està-dire Officina QVARTA. J'aurai encore à revenir sur ces médailles d'Alæsa, si favorables à la théorie du monnayage celtibérien , que je propose, lorsqu'il s’agira des a sigilla solitaria s d’Eckhel , dont j’ai déjà parlé ; mais, en attendant, je ne puis m’cmpècher, dès à présent, de citer la médaille d'Alæsa, PI. LXXVII, n° 7, avec les types ordinaires des Romains, la tète de Jupiter et l’aigle, où la légende EDSI = EOSI s'explique si naturellement' par QVINTA Officina Sici/âr, A cette époque la Sicile ne formait qu’une seule province. Lé type de la lyre se rencontre aussi sur « l’aes grave del' Museo kirchrriano. »

La Louve, type émiuemment romain, et caractérisant habituelle-

(1) Florez, Mrdallw, rtc., tab. XLU, fig. 7,

meut les revers qui portent la légende en signes ordinaires latins t\’ f farda, parait aussi sur des médailles celtibériennes, PI. LI , 11“ 7, 8 et 9; d'où l’on a conclu que celles-ci proviennent aussi de celte ville. Je ne m’y opposerai en aucune façon , pourvu qu'on ne s'obstine pas à y découvrir ce nom d’Ilcrda. Quoi qu’en ait dit le professeur Olaus Tychscn (1), il n’existe aucune possibilité d’y trouver même cette leçon estropiée d'Il.TRA pour II.ERDA. Sur les petites pièces de la planche suivante 1 . 11 , n“ a et 5 , avec la même légende P’AYOX, on s’est borné à la représentation d’une tète de loup.

La Rocs, plus ou moins massive, parait à la PI. LXXVII 1 , n“ a; imitant une rose vue par-dessous, sur les nombreuses variétés attribuées à llhoda Tarraconcnsis. La roue sur les médailles dJpturi a tantôt huit rayons et tantôt six, alternant avec les lettres de la légende peltilxTienne, PI. LUI , 11“ 6, 7 et 8. De la même manière est groupée la jretite médaille d'argent de Sagunte , au type de la roue à six rayons, PI. LII, n“ 10. Rien n’est plus fréquent, dans le Musée kirchérien, que la roue dont il est question. D'abord celle moins massive , mais parfaitement analogue à la forme dessinée sur la planche précitée LXXVTII, n" a ; ensuite les roues à trois, à quatre, à cinq, à six, à sept et à huit rayons.

L'on trouve aussi, dans cet excellent recueil, et à plusieurs reprises, le type du Pétoncle, qui a été employé si souvent pour la petite, monnaie frappée à Sagunte, PI. LXIV, n'“ 1 - i l et 16. Celle de l'Italie porte invariablement les deux globules dH sextans ; mais, à Sagunte, Je pétoncle formait la face principale, et le dauphin du revers était généralement accompagné des signes de la valeur, jusqu’au triens, ....

De tous les types empreints sur les revers du bronze romain, l’un des plus fréquents est sans doute celui de la Proue de vaisseau. J'en

(l) Tcntamen de munis. . . vetmirn Hispanoruin, pag. 24, dans le t. VIII des Mémoires de l'Académie suédoise dre sciences.

RECHERCHES N U MISMATIQU ES . 147

ai compté, parmi le» premières planches de MM. Marchi etTessieri, soixante-trois variétés, avec les marques des as et de leurs divisions ou multiplications, \, III, II, I, S, ..., .. et . . Sur nos médailles frappées à Cartéia, la proue est accompagnée de la marque du semis, S, comme on peut le voir sur celles que j’ai fait graver, PI. XLIII, n“ a et 5, et sur différentes variétés publiées par le P. Elorez et d’autres auteurs, en ayant soin de ne pas confondre la monnaie romaine de Cartéia avec celle de la ville meme. A Sagunte, la proue de vaisseau était d’un usage aussi constant sur le grand bronze équivalant à Vas, que le type du dauphin avec ses globules, sur les pières du petit module. Voir les PI. I.XII, n“* i3et i4; — LXIII, n“ 3-lo, et LX1V, ll° iG. I s' n“ 17 de la meme planche n’est qu’un moyeu bronze, avec la marque du semis. La proue de vaisseau se fait aussi remarquer sur une médaille inédite, PI. IJX, n° ô, qui fait jaulie du monnayage exécuté à Olont. Quant à la pièce du grand module avec la proue de vaisseau , rangée parmi celles de V alentia Tarraconensix sur la table de Florez, XLV1II, Fig. iv, elle n’appartient pas à l’Espagne, mais à la ville de Vienna Câline, comme l’a bien prouvé Eckhel (1).

la Qiwquébème, ou galère à cinq rangs de rames, qu’on voit à ta PI. LXV , h™ 4 et 5, si j'ai bien compris ce type, est propre à deux médailles assez ressemblantes , uniques l’une et l’autre , qui ont été rangées parmi les incertaines d'Espagne jusqu'à présent, mais dont j’espère bien de pouvoir fixer la classification, en temps et lieu, à l’atelier établi par les Romains à Jamno, hodie Ciudadela, dans file de Minorque, la plus petite des Haléares.

La T riquetha, symbole ordinaire de Vile de Sicile, paraît aussi aux PI. LXVII , 11“ 1 et 2 , et LXXVI , n" u. la première de ce» pièces, véritable médaillon par son poids, et inédite, fait un des ornements

(I; Doetiina numorunt, vol. I, j>ag. 00 et 71 .

de mon cabinet , et détermine, par son inscription en caractères ordinaires, la réduction de cette série à la ville de Pollentia, h. Pollenza, dans l'ile de Majorque , la plus grande des Baléares. Les trois premières lettres de la légende sont réellement rétrogrades , terme qu’il faut réserver, comme je l’ai déjà indiqué, aux fautes commises par les graveurs, et moins applicable aux textes qui partent de la droite vers la gauche. La médaille d’Ii.DintRüENSE, PI. LIII, n“ i, présente un autre exemple de ces espèces de transpositions. D’autres variétés de ce groupe avec la triquetra et la légende celtibcrienne se trouvent chez Sestini, Tab. II, Fig. xv et xvi, et chez M. Akerman, Tab. IV, Fig. ix, d’après une médaille du Musée britannique. la triquetra n'était donc pas un symbole exclusif de la Sicile, mais aussi d’autres îles, comme dans le ras présent de celle de Majorque. Puis, nous apprenons par Eckhel (t) qu’on voyait ce type à « Velia Lucania', Suessa Campanile , Metapontum Lucaniæ , Aspendum Pamphyliæ , Selge Pisidiæ, principum Olbensitim Cilieiæ, aliarumque ejus tractus urhium. » Et comme ces villes n’étaient pas situées sur des îles, il faut recourir, pour l'explication de la triquetra , dans ces occasions, au fait , que les anciens donnaient aussi la dénomination (Viles aux terrains ou péninsules formés par la jonction de deux rivières qui se jetaient dans'la mer, et formaient ainsi une presqu’île. C’est pourquoi l’on voit la triquetra sur une médaille de Metapontum, comme il résulte de l’une des excellentes cartes numismaliques de Mionnet.

I<e Sphixx est le type exclusif du grand bronze, qui a été frappé en immense quantité dans les ateliers de la ville d’Urso. Ce nom se trouve exprimé en caractères ordinaires sur plusieurs médailles qu'on peut voir sur les planches du P. Florez , avec le type du sphinx (a), |>ortant de l’autre côté la même légende, à peu près, que celles pnre-

(1) Doclritia miniorum, vol. I, p. 184.

(2) Modal las, tab. XLIX, fig. 6 et 7; tab. L, fig. 1-5; tab. LXVI, fig. 7 et 8.

ment celtibériennes que j’ai fait graver aux PI. LXVII, n'“ 7, 8 et 9 ; — LXVIII, n“ 1 et a; — IAVIIII tout entière; — LXX, n“ i- 4 , et LXXI, n“ 8 et 9. Parmi les deniers frappés en Espagne par Titus Girisius, ceux qui portent ce type du sphinx doivent être rangés à l'officine d’Ursone (1). Tout ce qu’il y a de véritablement antique parmi les pièces attribuées à une prétendue ville d'Amba, dont aucun auteur ancien n’a parlé, revient de droit à l'Ossuna actuelle (Ursone). Il en est de même d'une médaille d’Asta falsifiée (a); de celles appliquées à Castulo , à Iliberris, à Monda, à l’Osca Ilæticæ, toujours, s’entend, avec le type du sphinx, comme on le verra plus tard lors de la grande question des classifications. La petite monnaie d’Urso porte les types ordinaires du bœuf et du sanglier.

Au revers de la série de grand bronze, frappée à Clia, PI. LXVI tout entière, il y a, suivant la description de Mionnet, a un parallclipipède formé par deux branches de laurier entrelacées ; » mais c'est évidemment une représentation faisant allusion au nom de la localité, de I’Ulbx, ulicis, arbrisseau ressemblant au romarin, qui, réduit en cendres, formait une des richesses de l’Espagne, suivant Pline. Comme il arrive souvent, une explication aussi simple est échappée à tout le monde. Au lieu des « branches de laurier » de Mionnet, Florez, comme Eckliel, en voit « d'olivier avec des olives de différentes formes ; » Sestini y voit « des grappes de raisin d’un genre inaccoutumé. » M. Akcrman , plus circonspect , parle seulement du eom- « partiinent entre deux branches. »

L'Astre à grand renfort de rayons , entouré d’une couronne de myrte, qu'on voit à la PI. XXXII , n° 7, compose le revers d’une variété, inédite par sa face principale, de la série incertaine aux légendes douteuses, que les auteurs espagnols, et surtout le P. Florez,

(I) Thésaurus Morelliauus, fam, Cariai), tab. J, litt. V et D.

(2' Florez, mcdaltas, tab. LX, fig. 2.

150 RECHERCHES NlfMfSMATIQUES.

ont cru pouvoir attribuer à Luciferæ faniim, hodie San Liicar de Bar-

ranieda (i). .

Lu ASTjuc à six rayons, au milieu d'une grappe de raisin et d'un epi , constitue les types des médailles figurées aux PI. XXXII, n" 8 , et LXWI, n° 7 . 1res astres à six rayons, à huit et bien plus encore, sont fréquents sur « Pses grave du Musée kirchérien. »

la* Caducée de la PI. X I -III , n° R, avec les trois globules du quadraus, se trouve aussi dans ladite collection. ( /ncerte, Tab. III, Fig. vin , etc.)

Le Chien de la petite pièce en argent de Sagunte, PI. LKII , n° 9 , v manque encore moins.

Le («Land de la PI. LXVI, n° 2, non plus; il parait au contraire à plusieurs reprises sur les planches de MM. Marchi et Tcssieri. la? gland appartient, comme une marque distinctive, à ces médailles espagnoles en caractères ordinaires , qui portent invariablement pour légende : OST\ R, OST VR, et, sur la variante inédite de ma planche précitée, OS«VR. Elles ont été attribuées à tort à une ville imaginaire du nom à'Ostur, mais appartiennent réellement à OST iutn VR/Ï, probablement Mogucr, comme l'a très-bien prouvé M. Delgado. antiquaire de l’Académie de l’histoire, dans un mémoire manuscrit dont, avec son autorisation, je donnerai plus loin un extrait, accompagné de Ja carte des lieux.

(I) Sestini a également adopté cette opiuion; mais M. Akennan et plusieurs savants allemand* les reportent à Malaga, considérant le» légende* comme rédigées en langue phénicienne ou puuique : idiomes bien obscurs encore, malgré tant de recherches. A moi, qui ne suis pas initié à ces mystères, mais qui ai vu les travaux de MM. Bellcrmann, tiésênius et autres auteurs d’une érudition infiniment supérieure à la mienne, il me semble que les caractères de* légendes en question, souvent confus sur les nombreuses variétés qui ont été attribuées à San Lucar de Barrameda, ressemblent plus, en général, à l'alphabet celtibérien qu’aux signes phéniciens, dont la valeur réelle a été récemment établie d'une manière indubitable, j'ajouterai simplement que la règle des procenanceii n'est pas favorable à Malaga.

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RECHERCHES NIJMISMATJQUES. 151

I.a 1*0 Mme i>k ns forme le revers de la médaille eeltibériemic, PI. XXXII , n° 5. Elle revient aussi sur celles qui ont été frappées à Olunt en caractères ordinaires; et le type caractéristique qu'on employait à Irippo représente également une femme assise, tenant dans la main droite une pomme de pin, comme on peut le voir à la PI. XXX , n" i a, quoique cette médaille fruste n’ait été gravée ici qu'à cause de l’important monogramme en contremarque , dont la face principale a été surfrappée. Or, Gnsseme (i) cite une médaille du légat et proconsul Senipronius , avec le type de la pomme de pin ou Strobilus.

Parmi tant de tyjtes empreints sur les médailles celtibériennes, j’en aurai peut-être omis ou oublié deux ou trois. Qu'est-ce en comparaison de cette masse de types qu’elles ont en commun avec le monnayage de Rome , et comment les attribuer dès lors aux habitants aborigènes du pays? L'on ne peut pas supposer non plus, comme lont lait quelques auteurs, mieux avisés pourtant, qu’après la conquête de l'Espagne, les indigènes auraient imité les types romains, car jamais cette imitation n’eût pu atteindre ce degré d'identité. D'ailleurs, une fois maîtres de l'Espagne, les Romains bornèrent le droit de frapper une monnaie locale aux ntunicipes et colonies , qui ont leurs types particuliers à eux. Tout le reste appartient aux autorités romaines : car, naturellement, il n'est pas question ici des médailles antérieures, frappées en Espagne par les Grecs et les Phéniciens.

. (I) Diccionario numisinatico, t. VI, pag, 1 1?, art. Sempronia Jî. Plusieurs attires médailles de eeTi.SEMPttos. Giucuh s ont ôté traisentitlabk-tnetit frappées en Espagne.

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