‹ Recherches numismatiques, concernant principalement les medailles celtiberiennesChapitre 39 sur 83 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

SVMBOLES DES MEDAILLES CELTIBERIENNES.

Les petits symboles qu'on trouve isolés dans le champ des médailles celtibériennes, soit à la face principale, soit au revers, ont de l’analogie avec les sigilla solitaria d’EcKHKL (i) empreints sur les monnaies en caractères ordinaires des familles romaines, où ils se rapportent toujours aux surnoms individuels des monétaires. Ainsi , comme il dit, il y a :

« Malleus capite virtutis imminens, in Poblicio Mallcolo ;

« Malleus alterius formæ, dictus Ascisculus, in Valerio Acisculo;

« Flos, in Aquillio Floro ;

« P es humanus, in Furio Crassipedc ;

« Phaethontis aorores in lances mu ta ta 1 . in Accoleio Lariscolo ;

« Murex, ex quo purpura confit, in Furio Purpureune ;

« Septetn trio ries , in Luctfetio Trionc ;

« Saturnus, in Sentio Saturnino ;

« Musa s ta ns, in Pomponio Musa. »

Il avoue cependant qu’il en existe encore d'une signification in-

(!’: Doctrina >umorum, tome V, pages 90 et 91, chapitres XIII : De typis cum adlusiove ad nomen; et XIV : De nigillis solitariix.

RECHERCHES NUMISMATIQUE», connue, tels que l’oiseau sur les deniers de la famille Fabia, et le rat sur ceux de Tit. Quinctius. Partant l’on n’aura pas lieu de s’étonner si je ne parviens pas toujours à expliquer, d’une manière satisfaisante, les nombreux symboles des médailles celtibériennes, presque entièrement négligés jusqu’à présent.

I a grande différence entre les sigilla soUtaria et les symboles celtibérieiis consiste en ce que ces derniers , suivant ma conviction intime , font allusion aux villes et ateliers où les monnaies ont été frappées, et non aux noms des monétaires, comme ci-dessus.

Citons pour exemple, pris bots des types espagnols, les médailles d ' Ancona Piceni, où l'on figurait par un couile , appelé en grec ancon, le nom même de la ville.

I -es symboles sont par conséquent de la plus grande importance pour la classification géographique des médailles celtibériennes; classification qu’on a vainement cherchée jusqu'ici dans l’interprétation des légendes. Commençons par les symboles les plus apparents, sans égard à l'ordre alphabétique des villes.

I-e Caducée constitue le symbole distinctifdu grand bronze, frappé à Sagunte par les Romains. Voir la PI. EXIIl , n°* 3 -G, dont la face principale porte en caractères ordinaires la légende : SAGVNT — 1 NV = SAGVNTwk INVicfn, suivant le I’. Florez, mais où je voudrais lire : SAGVNTlNorwm Voie. la» nom de la ville, qui est neutre, ne saurait s'accommoder de l'adjectif du genre féminin, invicta. Tite-Live dit bien aussi Saguxtum au nominatif, et Saguntini ( i ). Aux n“ 7 et S de la même planche , nous avons la légende SAGV au revers, avec le caducée accoutumé, qui se reproduit également sur les n“ i et a, 9 et 10, mais sans la désignation de la ville en caractères ordinaires, [/identité des types et de la légende de l’exergue Mbp, jointe au symbole du caducée, ne laisse aucun doute que toutes ces

médailles ne proviennent aussi de l’hôtel des monnaies établi à Sagunte. Il en est de même dn u” i \ de la PI. LXJI , qui n'a été publié que dans le musée d’O-Crouley (l), page ata, accompagné de l'explication de don Candido Maria Trigueros, qui, dans cette occasion , n'a guère contribué à la gloire de ce livre, lorsqu’il applique la médaille en question à la ville de Scrpa Lusitanite, en lisant arbitrairement au droit : Serpbnse Mumciphim Propago Vettoni*, tandis que l’interprétation doit être bien certainement celle-ci : Marcus SEiM- PRonttw VETTOnitw/ et au revers : ÏMcius FAB ius I jiciits I’OS I’hmius. I.a localité n’est indiquée ici que par le caducée , attribut île Mercure, et emblème <1 u vaste commerce qui se faisait alors à Sagunte ; de même que le type du vaisseau se rapporte à sa navigation florissante et lointaine. C'est d'ailleurs le type ordinaire de l'as romain. I.a variante antérieure de la PI. I .XII , n" i3, entièrement inédite, se trouve dans le même cas , quoiqu'elle ne contienne que les noms de V ETTo/iüu et I jtcius POST umius. Ici l'on aurait pu tomber dans la tentation de penser à la famille Vettia, représentée sur un denier en caractères ordinaires (a), dont le symbole de 1 épi, si commun dans le midi de l’Espagne, accuse la provenance, et plus positivement encore le nom d'Obulco, qu'on verra plus tard sur les médailles de la PI. LV II, n“ G-8, avec le surnom de NIGer, appartenant à ladite famille f ’ettia ; mais le VETTO. .. du n° i4 défend de compléter ainsi la dénomination de ce personnage. Remarquez, en [tassant, le h celtibérien, qui s’est glissé dans le nom de SEMPRo/uW; nouvelle réfutation de la grande majorité de mes devanciers , qui ont vu le L dans le h ; mais les médailles qui fournissent la preuve du contraire leur étaient en grande partie inconnues.

Enfin nous retrouvons le symbole dn Caducée dans le groupe très-

(1) Cet ouvrage a été mentionné déjà dans mon premier chapitre, pag- H.

(2) Thcsauri Morelliani tomes I , fam. Veltia, I .

RECHERCHES NUMISMATIQUKS. 155

intéressant du monnayage des questeurs de l’Espagne extérieure ou du sénat romain, PI. XXXIV, n“ 7-11, et PI. XXXVII, n° G. Il se compose de Vas , n° 7, du semis , n® 9, du triens, n° 8, du quadrans , n° 10, et du scxtans, n° 11. Le quadrans de la PI. XXXVII est encore plus petit que l’autre, et diflere aussi par la légende (Vê, au lieu de

Maintenant il faut ajouter que le caducée apparaît également aux PL XVI , n« 5 ; — XVIII , n° 1 ; — XXIX , n" 3 ; — XXX , »• 9; - XLVII, n“ G et 7; médailles étrangères à la quinzième officine, établie d'assiette lise à Sagunte, et qui semblent confirmer l'hypothèse émise, il y a quelques années, dans je ne sais plus quel journal de Paris , suivant laquelle il y aurait eu des ateliers romains ambulants à l’usage des questeurs. Dans ce cas, il faudrait sup|>oser qu’on marquait, sur les coins gravés qu’on apportait d’avance, le symbole de chaque ville où l’on s’arrêtait, comme, par exemple, à Sagunte le caducée. C'est du moins une conjecture à proposer tout comme une autre.

Si l’on trouvait que , parmi tant de symboles à démêler , je me suis arrêté trop longtemps à un seul , c’était pour établir tout d’abord la théorie que j'ai adoptée à cet égard ; ce qui me permettra maintenant d'abréger considérablement les nombreuses études que j'ai recueillies pendant tant d’années sur cette matière ardue, et peu approfondie jusqu'à présent.

D’autres symboles du monnayage de Sagunte se lieront naturellement à ce qui précède.

la- PéroNCLB a été mentionné déjà comme type principal des monnaies de Sagunte en petit bronze, à la page i 4 G. Comme symbole, il se retrouve aussi au-dessus du taureau cornupète sur la pièce d’argent de la PI. LXII, n” a. Au n” i qui précède immédiatement, il faut

voir l’origine de ce type du pétoncle. 11 y a là une médaille inédite et unique, véritablement grecque, tant par sa belle fabrique et la simple désignation du nom de la ville par une seule lettre, sigma , comme cela se voit fréquemment sur les médailles de cette nation, que par le poids de l’argent, qui ne répond à aucune des subdivisions romaines de ce métal. A l’imitation d’autres médailles grecques , frappées en Espagne par les Grecs venus du dehors, et nommément à Emporiæ, les Romains, en établissant leurs ateliers monétaires dans les mêmes villes, ont conservé en même temps les types adoptés par leurs prédécesseurs numismatiqups. Florez, déjà, a fait remarquer l’allusion probable de l’utilité qu’on tirait à Sagunte du pétoncle, pour la teinture des plus précieuses étoffes.

Plusieurs autres symboles moins significatifs, et qui se retrouvent en d’autres endroits aussi bien qu’à Sagunte , seront expliqués plus tard, I/Oreim,r humaine , — en latin Auris , — qu’on voit sur les trois variantes de la PI. XIX, n°* 7, 8 et 9, appartient exclusivement, comme symbole , à ce groupe , parmi tant de médailles celtibériennes. Sestini (t) l’a mal observé en le décrivant : « Delphinus ut videtur. » A M. de Saulcy (2), au contraire, cette particularité de l’oreille humaine n’a pas échappé. Chez Erro ( 3 ) il n’y a pas d’apparence d’un symbole, et la tète est indûment tournée vers la gauche. Je crois y trouver l'indication de la ville d'AuRixcis ( 4 ) ou Orixgis, alternative de Vau et de Vo, qui se retrouve dans plusieurs noms anciens, et du reste identiques; ce qui ferait croire que les Romains prononçaient

(1) L. c., page 157.

(2) L. c., page 1 15, légende 98.

(3) L. c., page 200, PI. VIII, Fig. iv.

(4) Tite-Live dit : « Ad Auringen, inde urbem Poeni recessere. .• (Livre XXIV, chap. x lu ) . Mais aussi : « ... ad oppugnandam opulcntissimam in iis locis urbem, « Oriugin borbari appellabant, etc. » (Lib. XXVIII, cap. m). Chez Pline il y a Oningis, c’est-à-dire n au lieu de r.

de meme l'an et l'o, comme cela a lieu encore aujourd'hui dans la langue française. I /emplacement et le nom respectivement modernes de la ville d'Auringis ( 1 ) sont attribués à Jakw, qui, plus tard, en sa qualité de capitale du royaume de Jaen, et finalement de la province de ce nom, n’est pas déchue de son antique célébrité.

La Palme, comme symbole géographique, aussi bien que lorsqu’elle forme le type isolé d’une médaille, appartient à l’officine de Segobriga. Elle se présente , pour la première fois , à la PI. XXX , n° 5, parmi les autres produits du dix-huitième atelier. Puis on la trouve sur un petit bronze en caractères ordinaires ( 2 ). Vient ensuite le moyen bronze en caractères ordinaires, portant une tète nue, virile et imberbe, où le P. Florez (3) a trouvé avec raison la ressemblance exacte d’Auguste, quoique anépigraphe, accompagnée de la palme à gauche, et à la droite de deux dauphins. Mais , avant cette dernière médaille, j’aurais dù placer, dans l’ordre chronologique, celle qui, bien qu elle porte aussi la légende de SEGOBRIGA en caractères ordinaires (4), présente à la face principale la tète celtibérienne bien connue, entre la palme et un seul dauphin. Quant à l’origine de ce symbole, la voici :

Par un concours de circonstances favorables , il existait anciennement à Segobriga un bosquet de palmiers en plein air, qui devait d’autant plus frapper l'attention des Romains arrivant du nord, que.

(1) Voir les beaux et récents ou\ rages de ifüiano, Diccionario de Eapana, 1826; de Cean-Bermudez, Antiguedades romanas que hay en Esparni, 1832; et surtout le prélat érudit de Valence, don Miguel Corlès y Lopez, Diccionario de la Kspana antigua, 1836, au\ articles Amincis, Onincis et Oringi*.

(2) Florez , MedaUas, Tab. XUII, Fig. 11 .

v 3) Florez , MedaUas, Tab. XLIII, Fig. 1 .

(4) Florez y MedaUas, Tab. LV, Fig. ix. Après la première médaille d'Auguste, qui ue porte pas encore son nom , on ne voit pins le symbole de la palme, ni sur celle qui porte le titre d'AucusTus Divi F. (Florez, Tab. XL1I1, Fig. ni), ni sur les médailles de ses successeurs, Tiberius et Caligula.

dans celte latitude et par le site élevé du lieu , l'on ne pouvait pas encore s'attendre à rencontrer ce phénomène ; et la palme devint le symbole de l'hôtel des monnaies établi dans eette ville. Sans y avoir «té moi-même, j’ai appris par d'autres qu’il y avait encore sur les lieux des restes de ce bois de palmiers. L'éminent auteur que j’ai déjà cité, don Miguel Cortès (t), qui a consacré trente pages à déterminer définitivement la véritable situation de Segobriga sur 1 emplacement actuel de Segorbe, objet de tant de controverses érudites parmi les antiquaires espagnols (a), a bien remarqué cet hiéroglyphe, comme il dit , ou symbole de la palme qu'on employa à Segobriga sur les médailles ou monnaies , comme signifiant la cité haute et élevée, dans te sens de l’Écriture : « Sicut palmes exaltata sum (3). » Qu’on adopte cette explication ou la mienne , plus modeste et matérielle , du bois de palmier, il n'en demeure pas moins acquis qu'il y a là un précieux symbole géographique pour la classification des médailles celtibériennes, à 1 appui de ceux, pins sujets à caution peut-être, qui suivront |>arfois. Il faut encore ajouter que l’on aperçoit aussi cette branche de palmier, attribut exclusif de Segobriga, sur deux pièces en bronze tout à lait différentes, celles de ma PI. XL, n“ y et 8, qui sortent de la douzième officine, avec la légende — DVODF.CIMA

E Xterioris V novateur Officina fNCVS, — et au droit le même n" d'ordre douze. Mais si la grande quantité des pièces d'argent portant cette légende n’ont jamais le symbole de la palme, elles ont invariablement un croissant. Ceci s’expliquerait assez bien, en sup|x»ant que le douzième atelier du bronze s'est trouvé momentanément à Sego-

(1) Diccionario gcogràfico-historico de 1» Espoita antigua, tonie 111, page 342.

(2) Voir surtout la grande dissertation de Conifmr. dans le troisième volume des -Mémoires de l'Académie de l'histoire.

3 11 y a dans l'ouvrage de M. Cortès deux fautes, apparemment d'impression, car au lieu de siruf palmes, le texte sacré porte quasi palma . i Ecclesiastique, eh. 24, v. IS.)

REGI I KRCH ES N ÜM LSMATIQÜES.

briga, et y a marqué son monnayage du symbole de cette ville, qui ]>orte pour numéro VS= XVIII. II n’est donc pas étonnant que mes devanciers aient cru distinguer le nom de Segorbe dans cette légende.

Ce sont encore des palmes que , d’accord avec l’opinion de M. de Saulcy, il faut voir sur les médailles de la 1*1. I,X VII , n“ i-5. Ces palmes forment les armes parlantes de la capitale de l’île de Majorque, Raima, conservant intact son ancien nom , de même que Segovia. Le n" i porte en caractères ordinaires le nom de Polentia, nunc Pollenza, l'une des deux villes principales de Majorque dont parle Strabon (|) ; l'autre étant Palma. Les u°‘ suivants portant tous le même symliole de la palme et la même tète caractéristique de la face principale, on serait pleinement autorisé à les attribuer aussi à la ville de Polentia. (Cependant je préférerais d’assigner ces dernières à Palma, où l'hôtel des monnaies de l’île aurait été établi, et qui aurait fourni à Polentia la médaille unique de mon cabinet. Ainsi nous aurions deux villes nouvelles pour la géograpltie numismatique de l’Espagne : Palma et Polentia. r>a Victoire, représentée sur les n“ 3, 4 et 5 de la planche LXVII, peut aussi faire allusion au nom de Palma, puisque la |>a)me était le principal attribut de cette déesse. La tête du droit |>arait être celle de Mars. Jusqu’à présent les îles Haléares en manquaient absolument : car les médailles de Goltzius , avec le titre Balearicus , attribué à Ouintus Metellus, ne méritent aucune foi , quoiqu'elles aient été admises et gravées dans l’ouvrage, fort apprécié du reste, du docteur Kamisy Rainis (a), sur les antiquités de Minorque.

Au surplus, -je m’en rapporte à l’article Ipagro de la p. 97 et suis ., ainsi qu’à l’article Sphinx, p. i48-t4*)> où cependant j'avais omis, parmi les falsilications dont le sphinx des médailles d’Ossuna formait la base, celles qui avaient rapport à la légende NhAŸP 1 ^, légitime et

()) Lib. III, page 167.

(2) Inscriptiones romauas que existen en Menorca, etc. Malien, 1817, pages Mil et 194. Ces médaille» «ont aussi figurées chea Morell , parmi les .Vummi romularts.

indubitable sur les n** a — 5 de nia PI. LXVII ; fausse et méchamment introduite, au contraire, sur les n°* 7, 8 et 9 de la même planche; très-imparfaitement (Tailleurs, puisque sur l'une on a omis la sixième lettre : sur la suivante, 011 a mis lllèAP 1 ; et sur la dernière :

hA?rA. La tète du n° 8 est évidemment la même qu’on voit à la PI. IjXVIII, où la légende accoutumée du revers : *d$r*1A, petite et déliée, a été remplacée par ees grossières lettres précitées : HlbAH 1 . 1 .a tète rase du n° 7 est exactement la même qu'on voit sur la médaille de Florez à sa Tab. IA, Fig. 11; les revers aussi sont parfaitement semblables; mais, à la face principale, on a ajouté ASTA, qui ne paraît pas sur ma médaille. Ainsi donc, sur celle du P. Florez, double falsification. Les numéros 1 et 2 doivent être rangés dans la même classe des pièces retouchées, tels qu’ils sont représentés à la planche Lxvni.

I*a main et T avant-bras sont des symboles de l’atelier d’Urso (Osuna). On les verra aux PI. LXVIIII, n°* 6, 7 et 8; — ÎAX, n° 4 î — LXXI, n° 9, ainsi que sur la médaille d’Urso, figurée chez Florez à sa Tab. LIX, n° 5 , mais où il a lu à tort le nom d’une ville d’ Amba, au lieu de la désignation de T hôtel des monnaies en caractères ordinaires (après l’abandon «les signes celtihériens : Afh^Nè = PRIMA MOwcfre Qfficina P rovincitv Esterions) ; désignation parfaitement analogue; savoir : A = PRIMA, bien séparé des autres lettres; puis Moncfa BAetiœ. Au lieu de lu division en deux provinces, intérieure et extérieure, il y avait, à l*époque «le cette médaille, les trois qu institua Auguste. Pour peu qu’on jette un regard sur la Pi. LXIX, remplie de médailles d’Urso, I on verra que tout y est semblable à ce «pi’on voit sur la pièce appliquée à la prétendue ville d’Andia, la tête diadéinée, le sphinx, l’astre, le symbole de la main. I*a médaille mentionnée de Florez est donc si précieuse et si rare, qu’il faut mépriser les falsifications «lu monnayage d'Urso, dont il a été question dans l'article précédent.

RECHERCHES N UMISMATIQD ES. 161

l-c Cios, comme symbole, qu’on voit derrière la tête celtibériermr aux n'“ i des PI. XI et XIII, et qui appartient aussi à la PI. XII , il" 1 , où l’on n'a gravé que le revers, parce que la face principale y estabsolument égale àcelledudit n" i delà PL XI, figurée en premier lieu ; — ce lion désigne la ville d’Emporiie. Comme type, il est fréquent sur la petite monnaie de cette localité, comme on peut le voir sur ma PI. XL, n" 4 , 5 et(i, ainsi qu'une autre variante du P. Flores, Tab. XXV, Fig. vm. I.es légendes au symbole du lion portent les lettres MEfll^P = Mo/ietn QVINTA A cris IN teriorû SP aiute. Or, cette cinquième officine de l'intérieur, ou citérieure, ce qui revient aü même, s'annonce de mille façons, apparemment fort dissemblables, dans ses légendes, qui expriment cependant la même chose. Cela se conçoit par la richesse immense de quatre cent quatre signes celtibériens, qui se réduisent aux vingt et une lettres de l’alphabet romain. Du reste, le type du lion, si fréquent sur les médailles de Marseille , a dû être apporté à Emporiæ par les fondateurs de cette dernière ville, arrivés, comme on sait, de Marseille (i).

Iæ Timon ou Gouvernail, qui parait à la PI. XVI, n° 7, avec la légende l* , ALON#Kf / — IN A mbariim Provinciarum ( i/ficina N umuruni QVINTA Kurator N uniorum , se retrouve aussi à la PL XXXV I, n“ 10, 11 et 12. Il semble donc que ces médailles doivent être rangées ensemble; mais nous n’y gagnons rien pour la classification géographique. Comme on voit sur la PL XVI la tète de Marc-Antoine, j’ai pensé un moment que le timon du n“ 7, dont on ne peut à la vérité tirer la ressemblance parfaite de la tète du n“ 3 , pourrait aussi faire allusion à Marc-Antoine, comme tant d'autres indications uumismatiques de ses exploits maritimes. Mais cette idée doit être sans doute abandonnée. Voir, quant au portrait de Marc-Antoine , les

(I) Voir à ce sujet l'ouvrage instructif de M. Henri Tesxaux : Historié Keipublic* Masiliensiuin. liottingic, I8'2(i, pages 90, 90 et autres encore.

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pag. 6 et 1 28. Sur les pièces d’argent l’on trouve toujours deux elle vaux, un pour chaque province, ce qui justifie mon interprétation A'amharum provinciarum.

L'Etoile à cinq rayons, qu’on voit sur la charmante petite pièce d’argent de la Pi. XXXIV, n” 2 (1), désigne les cinq as du quinaire. Aussi l'on a omis cette marque sur le denier entier qui précède immédiatement sous le n° 1 , quoiqu'il y avait pourtant plus de place. Mais tous les symboles de l 'étoile n’ont pas le meme intérêt. A la PI. III, n™ 9-12, tout legrou|>c inscrit AP’bXŸP'XM = PRIMA Veauiitr Puldicœ DENARIORVM ( \fficina I îiterioris DENARIORVM Noiietarius , porte pour symbole un croissant avec l'étoile à cinq rayons; niais quel fruit en tirer pour la classification? Il en est de meme pour l’astre à huit rayons et le croissant de la PI. VIII, n" y. L’étoile à cinq rayons au droit du n" 9 de la PI. XVI pourrait se rapporter à la cinquième officine qu’annonce la légende du revers expliquée cidessus. IjC croissant, ou la lettres/ entre deux étoiles, l’une de six rayons et l’autre de sept , indiquerait-il la treizième officine? Alors elle appartiendrait à la province extérieure, puisque la ville d’Iliturgi était située dans la Rétique. Voir la PI. LUI, 11“ 1. Là aussi je vois une étoile au n" 9, dont je ne sais que faire. Il y a plus de probabilité pour l’explication des étoiles , toujours à sept rayons , qu'on trouve sur l'argent de Sagunte aux n°* 3 , 4 et 7 de la PI. LXII. leur poids répond assez exactement à celui des victoriats romains en caractères ordinaires, qui valaient les trois quarts du denier, c’est-àdire sept as et demi, ou trois sesterces. II n'y a donc que la fraction

(I) i'aur.iia désiré pouvoir montrer au lecteur l'original, afin de désabuser ceux qui se figurent eu bloc une fabrique barbare, inhérente aux médailles celübérieunes. 11 y en a plusieurs autres , tant en argent qu'en brome , qui plaisent par la beauté de l'exécution , et méritent même la qualification usitée par Mionnet (1T .¥ — Cependant les excellents dessins de M. Serai, gravés à Paris par M. Legris, suffiront pour faire connaître , jusqu’à un certain point , les médailles qui se distinguent par la beauté de la fabrique.

d’un demi-us ou d’un semis, qui manque sur ces étoiles, pour exprimer la valeur du victoriat, ce qui n’était pas facile. Ce n’est que par le type de la Victoire couronnant un trophée, et par le poids de trois sesterces, qu’on reconnaît, même sur les victoriats frappés à Rome, la valeur de cette monnaie. Mais ici, comme on'verra sur la même planche , les types sont très-variés. En outre , les trois globules , qu’on voit au n° 10 dans une position verticale : ; , pourraient fort bien indiquer les trois sesterces du victoriat, à la suite de la légende portant la désignation de l’officine PQSPJŒN = DECIMA QVINTA O fficina SE natus Spaniœ Citerions N umorum ... (trium sesterciol um). Cette explication des trois points : ; , me parait du moins parfaitement concluante. Les étoiles des médailles d’Urso, fréquentes sur différentes planches, ne me suggèrent aucune observation utile.

Le Pétoncle, cité comme type principal sur le droit du petit bronze de Sagunte, page i46, parait aussi, en qualité de symbole, au revers d’une pièce d’argent frappée dans la même ville, PI. LXII , n° a.

Le Serpent, qu’on voit devant la tête de la face principale des numéros i et a (PI. LXXVII), est à considérer comme le symbole du septième atelier de la province extérieure, où était située la ville de Carbula. Le numéro d’ordre a été expliqué déjà à la page 88, moyennant les monogrammes 4<>5 : 4!fc, et 4°6 : ▼, qui se présentent comme types du revers aux PI.- XLII, n“ 8 et g, et LXXVII, n“ i et a. Cette manière d’exprimer le n" 7 est confirmée par différents symboles analogues, marquant par les traits plus ou moins nombreux les divers numéros d’ordre. On les trouve sur des médailles incertaines des Gaules rapportées par Mionnet (1), et qu’il a fait graver sous le titre de symboles celtibériens (a). La ressemblance la plus frappante

- (I) Supplément . tome I , pages 164 et suivantes.

tî; Idem., id., PI. VI et VII.

I< >4 RECHERCHES NUMISMAT 1 QUES.

fst celle qui se fait remarquer entre son n“ — eg et le mien . 4 o 5 — -üfc ; le premier annonçant, par l’O et les cinq rayons, la cinquième officine; le second, par deux rayons de plus, la septième. Du reste, la seule différence consiste en ce que le premier signe est placé horizontalement, et le second dans la direction verticale. Mais sur le n* 44 , qui précède immédiatement chez Mionnet, le symbole US conserve la position horizontale, indiquant une quatrième officine. Pour la troisième, il a 11 à la PI. VI, n° a.j b.; et le croissant, dont la valeur équivaut aussi à l’O dans l'alphabet celtibérien , et qui renferme le chiffre II, contient aussi la dénotation d’une deuxième officine chez les Gaulois. (PI. VI de Mionnet déjà citée, n" 28 des symboles celtiques.)

T .a Grappe de raisin caractérise les médailles A' Orippo à la PI. IA, n"* 1 et a, qui, par la lettre R et par la situation bien avérée de cette ville dans la Bétique, appartiennent à la dix -septième officine de l'Espagne extérieure. C'est à tort que le P. Florez a vu sur le n” 1 une lyre au lieu de la grappe , commune à l’une et à l’autre. Cette erreur, dont la faute est au graveur, a été répétée , quoique dubitativement, pur Mionnet. Le symbole qu'on voit derrière la tête du n" 6, à la PI. XXXVIII , ressemble aussi à la grappe de raisin.

Le Croissant a plusieurs significations. Il se peut qu'il représente parfois, sur nos médailles, l’image de la lune, comme l'ont dit le P. Florez et d'autres auteurs. A la PI. IX, n"* fi, 7 et 8, il doit être le symbole de ce groupe, puisqu'il n'y manque jamais , et n’est remplacé, sur les premiers cinq numéros de cette planche, que par trois dauphins. La légende est toujours la même : *rt ! ^r*' i KN = SE cundfi Qfficina IN terioris Sparùie C \ mtor N umorum , sauf les variantes des 11“ 1 et 8, où l’on a omis les deux derniers caractères ou <f"\ qui signifient partout le « curator numorum. * = I A’ croissant , comme on sait, indique aussi le semis ; et c'est en ce sens qu’il faut l'interpréter sur le moyen et le petit bronze d’Urso, PI, LXX et LXXI. Cela

résulte positivement des n“ n et ude ladite PI. I,XX, où la marque S du semis est placée devant la tête de la face principale, et le croissant au-dessus du taureau du revers. Il est encore à remarquer que le croissant se montre précisément sur les pièces d’argent île Sagnnte, PI. LXII , n“ 5 , 6, 8 et ■ i , et jamais sur le bronze de cette localité.

(<e Tkident sur les médailles d'Ebusus n’est que l’attribut ordinaire de Neptune, PI. LXXVI 1 , n“ 7 et 8.

r.a M avsi; R accompagne la tète d’Hercule couverte de la peau du lion, aux PI. VIII , n“* a, 3 et 4 S — XIII , n“ 7 et 8; — L, n M 6-1 4 ; — LXV , n* 3 ; — LXVII , n“ 6; — LXXVI , n“ 1 1 ; mais, à la planche XXXVI , n g 1, la massue nous offre bien le symbole d’une officine ou localité, quoiqu'il soit difficile de deviner laquelle (1).

Iæ Tenaille , figurée à la PI. XXXII, n" 6, et sur tant d’autres variantes de ce groupe, attribuée anciennement à San-Lucar de Barranieda , appartient privativement à la tète de Vulcain , et ne servira guère par conséquent à la classification , jusqu’à la découverte d'autres médailles inédites, qui n’est pas impossible, où ces tenailles apparaîtraient d’une autre manière. Tontes ces pièces ont été attribuées récemment à Malaga , mais le doute subsiste encore.

l/e Vase a deux anses, derrière la tète du n ü 8, PI. XII, avec la légende au Rû = QVINTA Officina M oneltc E itérions, est

reproduit à la PI. XXXVII, n" 7, indiquant la meme officine.

Des Rameaux sc présentent également comme symboles, mais exigeraient quelques connaissances en botanique |>our être bien appré-

1 1 ) Eu ce moment je m'aperçois que j’avais oublié, parmi les symboles (le la massue, celle qu'on voit à la Fl. XII, n° 6, avec une tête bien différente de celle de l'Hercule, et la légende bPr*'PM<Kp= PecunùB Puè/ica; IJiwrioris QVlîiTA Monda C urator Numorum ; d oit il résulte que la susdite médaille du questeur, Fl. XXXVI, n” 1 , a été frappée dans une cinquième monnaie de la province intérieure. Or, il y en avait une à Emporta.

oies. A la PI. IV, n" i, il y a un rameau avec la légende de la première officine de la province intérieure. PI. XV, n° 10, autre rameau, et cinquième officine de l'intérieur. PI. XXII, n° 10, rameau courbé, avec l’indication de la treizième officine de l'intérieur. Planche XXX , n° 10 , rameau droit, légende qui porte l'annonce de la dix-huitième officine , de même que la médaille suivante, n" ■ i , avec le rameau identique, et l'une et l'autre appartenant à la province intérieure. PI. XXXVII, n° 10, même rameau, ainsi qu'aux n°* i, a 'et 3 de la PI. suivante, XXXVIII. PI. I.XI, n°* 6 et 7, avec l’inscription de la cinquième monnaie de l’intérieur : tout à fait

semblable à la légende n" 5 de la même planche , oit nous avons de plus, en caractères ordinaires, le nom de la ville deSætabi.

C’est là aussi, aux n“ a et 4 , qu’on voit un symbole décrit par Mionnet (1) comme un a sceptre terminé par un globe surmonté d’une pointe. » J’ai pensé qu’il pourrait y avoir plutôt la représentation d’une quenovili.e, par allusion aux toiles de Sietabi, si fameuses chez les anciens. En effet, 011 aperçoit, sur ma PI. CXI, 11° a, le fil qui paraît se détacher du bâton entouré de lin. Quoi qu’il en soit, l’on retrouvera encore ce symbole aux PI. XVIII , n° a, et XXXVI, n” 4 -

I ,a Charrue et le soc de cmarbcr ne sont pas des moins importants, . . ’

en même temps que ces symboles peuvent offrir les plus grands doutes. Comme types, ils sont bien connus sur les médailles d’Obulco. Comme symboles à côté de la tête tle la face principale, ils sont très-fréquents. Voir les PI. I, n™ 4 et 5 ; II, n° 1 ; III, n" 5 ;

VII, tout entière; XIÜ, n° a; XV, n" 7 et 8; XVII, n“ 6; XXI; n° 9; XXIV, n° 7; LXXIIII, n° 1. Je n’ai rien trouvé de positif à cet égard. Il semblerait qu’on désignait ainsi les ateliers, où l’on frappait la monnaie d’argent aussi bien que le bronze. J’ai quelquefois pensé, ou rêvé, si l’on veut, que la réunion habituelle de la charrue à l’épi,

(I) Supplément, tome I, page 97, n* 560.

sur les revers d’Obulco, pourrait sê rap[iorter à la circulation simultanée de cette monnaie dans les deux provinces, ayant cours par toute l'Espagne. Rien de plus commun, parmi les types de la Bétùpie, «pie les épis. La charrue indiquerait la province du nord. Cela expliquerait assez bien les quelques pièces, savoir aux PI. I . I V , n°* i et LV1I, n° 6, où l’on voit de plus un joug, faisant également allusion à l’agriculture de la Lusitanie, troisième province résultant «le la triple division opérée par Auguste.

IæsÉpis, comme symboles, apparaissent aussi assez souvent. D’abord, aux numéros 4 et 5 de la PI. XIII, à l'inscription — IN terioris Provincùe QVIXTA QJJicina CV« vstor Senatus CVV«tor N umorum. (Type du cavalier portant une palme sur l’épaule droite). I>e semis du même groupe, n“ 6, ne nous fournit pas cet emblème de 1 épi, sans doute à cause de l’exiguité de cette médaille. L’épi qu’on voit sur tontes les médailles A'Vlia, PI. entière numérotée LXVI, indique en général 1a province ultérieure, ou la Bétique, où ce type se rencontre à chaque pas ; peut-être, même précisément, l’atelier d’Obulco, à cause de celte tète identique de .tunon, qui le caractérise.

Le Poac et la TaoiF. ont également servi de symboles. Voir d’abord la PI. XII, n" y, dont la légende, F'Î'MH', indique la cinquième officine de la monnaie de l’extérieure. Puis les PI. XXV, n 0 ’ 5 et 6, et XXVI, n'" 4 et C; mais qui ne révèlent encore rien de positif sous le rapport géographique. Néanmoins il convient d’observer «pie le type des nombreuses méduilles de Clttnia (A. coruna dcl conde), frappées par les Quatorviri de cette colonie, et dont il existe diverses variétés inédites, outre celles qui ont été publiées par le père Florez, «st toujours le bœuf caractéristique de ces sortes de monnaies coloniales; mais qu'il existe deux autres pièces, très-différentes, de la même ville (l )» avec le type d’un sanglier au revers. Celles-ci, portant

(I) Flora, Medaltas, tables XX, n" 3, et fin, n* 15. FJIes sont d’une grande ra-

168 RECHERCHES NU.M1SMATIQCES.

l'une et l’antre la désignation d’un édite, appartiennent aux autorités romaines qui frappaient monnaie à Clunia, comme le firent d'autres édiles à Obuleo, à Acinipo, etc. — Tout cela fait suite aux médailles celtibériennes, quoique avec des caractères latins ordinaires, par opposition à la classe du monnayage des municipes et colonies. Las médailles phéniciennes et grecques de l'Espagne restent en dehors de cette grande division, comme on voudra bien se le rappeler. De même il s’ensuit que les conlre-marr/ues si fréquentes d'un sanglier ou d une tète de sanglier sur les médailles coloniales de la ville de Clunia, y ont été apposées |>ar ces édiles ou autres autorités supérieures de Rome, qui les adoptaient pour ainsi ilire, et leur donnaient cours au dehors. C'est au point que les médailles au type du boeuf colonial de Clunia, exemptes de contre-marques, sont très-sensiblement moins communes que celles qui en ont été marquées. C'est aussi d'une manière analogue qu’il faut interpréter une grande partie des contre-marques des médailles grecques, qui ont tant occupé les antiquaires. Une république ou ville indépendante adoptait pour son usage des monnaies venues d’un Etat étranger, en les signalant, par contre-marque, de ses types à elle. C'est ainsi qu'on peut expliquer facilement ces pièces grecques portant jusqu'à trois et même quatre contre-marques, représentant autant de villes différentes, (pii les avaient adoptées successivement (i).

Im Hache qu'on voit au n° i de la PI. bXI, parmi' d’autres médailles attribuées jusqu’ici à la ville de Saetahi (Xativa), nous rap|>elle involontairement le même symbole que présentent deux médailles at-

rcté, particulièrement celle des familles Lucretia et Colpurnia : - suummente tara é insigne, ■ comme dit le P. Flora, quoiqu'il n'en ait pas deviné toute la portée.

(I) De la même manière je vis en Angleterre, dans l'anuée 1813, beaucoup de piaatres espagnoles, où la tète de Charles IV avait été surfrappée en contre-marque de ta tète de George III, ce qui portait leur valeur à 5 schcllings. et donna lieu à ce. mauvais jeu de mots : ■ Two kings heads fiVe shillings worth. -

tribuées par Sestini à Rhoda Tarraconcnsis, plutôt qu’à Rhodanusia ( «allia'. Mais c’est bien à celle-ci , ou du moins à une ville quelconque des Gaules, qu’elles doivent être rapportées ; car la fabrique gauloise, et les airs de tête de tout ce groupe (i), ne sauraient être méconnus, ni ne ressemblent en rien au monnayage espagnol en général ; encore moins à la fabrique des médailles certaines de Rlioda Tarcaconensis et de son voisinage. D'ailleurs, on ne rencontre jamais en Espagne une seule de ces pièces. La ressemblance entre le mot latin A s cia et les noms d’Asido ou Acci est trop faible pour qu'on en puisse rien conclure ; ensuite la légende celtibérienne de ma médaille annonce la cinquième monnaie de la province intérieure , tandis que l une de ces villes, Asido, était située dans la Bétique. I«es symboles douteux des PI. III, n“ 6 et 7, et XXXVIII, n° 5, pourraient bien représenter aussi des haches; et ces médailles doivent être rangées également parmi celles de la province intérieure, quoique pour d’autres motifs.

La Couronne est le symbole aussi fréquent qu’exclusif" du vaste monnayage en bron/.e des autorités romaines, opéré à Emporia*, tant avec des légendes celtibériennes qu’en caractères ordinaires. l,cs médailles celtibériennes de ce genre sont figurées sur les PI. XX, \ I, n‘“ i- 6 ; XLVII, tout entière, mais où la couronne est plus apparente aux n" a-5; XLVIII, n"’ 4 et 9 ; XLlX, 11“ i-i5 et 17; LXXV1II, n“3-io. La médaille de la PI. XXXVII, n“ 9, [mitant la légende de <SP, que nous expliquons par C uaestor SE notas , doit donc être classée aussi à l’atelier d Emporia*, cinquième de la province intérieure; de sorte que, pour toutes ces quarante médailles, nous possédons la double classification, tant par rapport à l’ordre numérique et provincial de l’officine, que pour la détermination géographique de la localité. Si;

(I) Mcdaglie Ispaiu*... net museo Hedersariuuo. pages 170 -ihi, et Tab. VII,

par conséquent, on découvrait a l’avenir d’autres variétés espagnoles en bronze, portant le svmlïole identique de la couronne, il faudrait aussi de toute nécessité les classer à Emporiæ.

Lrft V lCTOÏRF. TENANT UNE COURONNE RT VOLANT AU-DESSUS DU Pec.ase , comme on la voit au revers d’une médaille d’Enqioriæ, PI. XLVIII, n” 1 , est également à considérer comme un symbole particulier à cet atelier monétaire.

Cette même V ictoire planant sur une phouf. de vaisseau paraît uniquement sur quelques grands bronzes de Sagunte, PI. LXII, n°* i3 et l4; liXIII, il 0 * 3,4, 5 et io : revers égaux à celui d’un os romain de la famille Calpurnia, avec la légende : L. Piso Frugi (i).

l ie Fer de lance qui semble constituer le symbole de cinq médailles, fort differentes entre elles du reste, aux PI. X, n° 4> XXV, n° y, et XXXVI, n°* 5, b et 7 , doit être comparé à la grande inscription lapidaire qui a été découverte, il n’y a pas longtemps, au sommet d'une montagne, oit se trouve un antique château ruiné et quelques autres objets d’une époque reculée, particulièrement en poterie, dans la banlieue de la ville de (.'retas, et à j»eu de distance de Monroyo, en Aragon. I je site exact de ces trouvailles s’appelle « la Fuente de la Roca » ou « Fobet de vidiella. » Aucun de ces quatre noms ne ressemble à ceux qu’on rencontre chez les auteurs anciens ; de sorte que, si d’ordinaire les recherches des antiquaires tendent à fixer la situation actuelle et les noms présents des localités antiques, ici il s'agirait de savoir quel a pu être le nom ancien de cette forteresse. Jusqu’à présent je ne m’en suis pas occupé encore. Quoi qu'il en soit, ce monument existe actuellement à Cretas, chez don Victoriano Camps, propriétaire du terrain où il a été trouvé, et qui l’estime trop, avec raison, pour vouloir s’en défaire (a). Cette inscription, d’un si grand intérêt

(I) Thésaurus MorellianuK, Fum. Calpurnia, Tab. I, VIII.

,'*2) J’avais offert de faire transporter, h mes frais, cette pierre à Madrid

pour 1rs études celtibériennes, u’a pas encore été publiée; mais on l’a dessinée pour moi sur les lieux avec l’exactitude la plus scrupuleuse, quoique dans la gravure, PI. LXXXI, elle ait été réduite à la moitié de sa grandeur naturelle, trois palmes de longueur. C’était l’enseigne extérieure du monétaire d'un cinquième atelier, qui appartenait à la province citérieure, d'après sa situation. On 11 e |>eut pas supposer qu’une pierre aussi pesante ait été transportée de bien loin.

I r monogramme complet du nom du monétaire, tracé à la PI. LXXIH, ligure IX, doit être résolu d’après la fig. X, qui suit immédiatement après; le tout, comme on voit, en caractères angulaires. E 11 commençant par les consonnes, on trouve d’abord M dans les traits ABCDE, puis un second M moyennant CDEFG, un troisième M par EFGHI, V par IKL1M, et S par LMNOP. Puis les voyelles : A par ABCQR, I par ST, A par GHI, V par KI.M; en tout : MAMMIAWS = MAMMIANVS. Il n'y a pas seulement double emploi, mais triple emploi de la ligne L-M. Quant à la désignation de l’atelier, qui suit le nom du monétaire, elle est des plus faciles à expliquer. Elle porte, comme à l'ordinaire, ces caractères isolés : fcAXO = EAXO — QVINTA A ssittm DENARIORVM OJjici/ia. Ce numéro 5 de l’atelier résulte en même temps, de la manière la plus évidente, des cinq fers de lance, comme les globules des parties de l'as indiquaient le nombre respectif des onces, pour ceux qui ne savaient pas lire. Il me semble que les faits seuls qui s’ensuivent de cette inscription doivent suffire pour faire adopter ma théorie des médailles celtibériennes, quelque opposée qu'elle paraisse aux idées précédemment reçues.

Du reste, le nom du fonctionnaire romain, Mammianus, existe encore aujourd'hui à Rome dans la noble famille des comtes de Maïumiani.

(61 lieues d'Espagne' , pour l'Academie royale de l'Histoire, dont j'ai l'Iiooneur dé lie membre. «

I ,ii Lance (en latin laneia et lancca), qu’on voit au droit du 11 ° 3, PI. LXI, parait indiquer l’une des trois villes du nom de lamcia qui existaient anciennement en Espagne, avec les surnoms distinctifs d' Asturum, Oppidana et Trnnscudana. La préférence serait due à la première, laineia Asturum, hodie Maneilla ; la plus célèbre dans l’histoire, et « maxima Asturum urbs, » suivant Dion Cassius. (Voir, en ce qui touche ces localités, les articles respectifs du Diccionario geographico-lustorico du savant don Miguel Cortès, tome III, pages 1 aa-ia3).

Deux javeiots ou decx lances forment le symbole d'une pièce appartenant au monnayage du sénat romain par la légende ihV et le type du cavalier portant une palme : PI. XXXVI, n“ 3. On voit ces mêmes javelots sur des médailles impériales, tant en or qu’en argent, et qui portent des caractères ordinaires, faisant allusion à l’Espagne. Je ne puis m’empêcher de donner ici une traduction littérale de l’article Tela de l’illustre auteur que je viens de citer ( 1 ). « TKI,A. Sous ce nom latin, qui est le pluriel de Telum, nous trouvons dans l’Itinéraire romain une cité où les troupes faisaient relâche, sur la chaussée de Mérida à Saragosse. le mot Tria est le nom véritable et correct, et signifie les dards et toutes sortes d'armes qui se lancent au loin; et c’est ainsi qu'ils s’appellent dans le texte grec de Strabon par le mot synonyme A'Acontià, pluriel d’ d continu , bien que les copistes éerisirent Acontiam. Ptolémée, qui sans doute avait sous les yeux ledit Itinéraire, prit le nom latin au lieu du nom grec, et nous offrit, parmi les villes Vaccées, celle de Tela; mais ici, comme en mille endroits, les écrivains confondirent le T latin avec le G majuscule des Grecs, et copièrent ainsi Gela pour Tela : ainsi que Setorcia pour Segoncia, et Lasta pour Laxga.

« Aux mots Acontia et Tela répond en hébreu, l’idiome primitif

(1} tlorlés, Diccionario, etc., tome III, page il 1.

des Espagnols, le mot nSu? > Silach, Missile ; de là le nom de la ville de Tor-de-Silach, ou forteresse des javelots : et aujourd'hui elle s’appelle Tordesillas. Strahon annonce aussi que non-seulement le Duern baignait ses murailles, mais qu’il y avait là un pont, lequel subsiste encore aujourd’hui. les milles marqués dans l’Itinéraire d’Intereatia à Tela, ou de yilla-Cartia à Tor-de-Silach, sont précis et exacts, etc., etc. •

Tauhfju; bondissant, dont le symbole ne parait qu’à la PI. XVIII, n° 10, est d’autant plus difficile à expliquer sous le rappoit géographique, que la légende du revers est très-douteuse elle-même, comme la plupart de celles où il entre un H, cette lettre problématique qui plane comme un sombre nuage sur toutes les légendes dont elle fait partie, dès qu’elle ne s'annonce pas clairement comme lettre numérale ; car dans ce cas, ainsi que je l’ai déjà dit, il équivaut au numéro 8. Il y a plus ; et la seconde letire de Cette légende, qui n'en contient en tout que trois, cet 4 , pourrait indiquer le monogramme CI, aussi bien que la voyelle abrégée 4 = 0 . Dans ce cas, on lirait donc ad libitum dans cette légende celtibérienne : H4t= = Octava Officina E%terioris, et Hispaniæ Citerions Quinta (sc. Officina).

I e Renard — car tel me parait être le quadrupède qu'on voit à la face principale de la PI. XXVI, n“ 7 — est accompagné de la même légende FTKAO.T, qu'on voit au n° 6 de la même PI. , mais où le symbole est figuré comme un porc. Cependant, il convient d'observer que ce dernier symbole était en grande partie effacé sur la médaille d’après laquelle il a été dessiné, et qu'il représentait, dans son état bien conservé, le même quadrupède qu’on voit au n° 7 : renard, ou loup. Aussi la légende des deux pièces précitées ci-dessus, annonçant la phrase suivante : Décima quinta OmctNA Cdrator Assit » Dknariorum OscENSii'M. Comme la ville d'Osca était située an nord, elle appartenait évidemment à la province intérieure, comme semble aussi l'indiquer le cavalier portant une palme, sur l’nj n° 6. le clic-

val libre du n 8 7 représente un semis, frappé dans le même atelier.

Au contraire, le quadrupède douteux, quel qu’il soit, qui constitue le symbole du n 8 4 de la même PI. XXVI, appartient probablement à la province extérieure.

1 ,a Corne d’ abondance constitue le symbole de deux médailles figurées aux PI. XXXIV, n° 4 , et XXXVIII, n 8 4 ; la première avec la légende la seconde avec <SP, qui signifie la même chose. Ces deux pièces doivent donc être classées ensemble. L’on pourrait même penser à la ville de Valence, dont le type est constamment formé d'une corne d’abondance, combinée, il est vrai, avec la foudre de Jupiter.

Cette Poudre, isolée, se voit aussi à la PI. XXXIV, n 88 5 et G, immédiatement après Vas à la corne d'abondance. Ce groupe, avec la même légende : 4 SI?, est également composé d’un as et d’un semis, sortant indubitablement du même endroit.

Le Casque de la PI. XXXVI, n” a, est d’une belle exécution, et rappelle une observation que j’ai lue quelque part, peut-être chez Eckhel, sur le soin particulier que les graveurs romains mettaient à ces petites figures, sur les médailles des familles.

La Proue de vaisseau de la même PI., n°* 8 et <j, indique également un groupe distinct du monnayage du sénat, composé d'un as et d’un semis.

Ise Gouvernail de cette même PI., n“ 10, 1 1 et la, donne lieu à la même observation. I a* n° 1 a ne diffère du n° précédent qu’en ce que la tête du droit est pourvue d’une draperie, qui manque au n° 1 1. Nous avons déjà vu, à la page 161, ce qu'on peut inférer de ce symbole du timon ou gouvernail, qui paraît aussi à la PI. XVI, u 8 7.

IæsTètks de loup qu’on voitàlaPI. LII, n 8 *# et 5 , sont particulièrement instructives. Dirigée vers la droite aun 8 a, cette tête suit la direction de la légende r*'A’fOX=INAEOX=IN AErâ Ofjicina V ICI-SI M A PRIMA. Au-dessous, le croissant, marque de semis, indiqué égale-

RRCHRRC.HES NÜMISMATIQÜES. I7.>

ment par le cheval du revers, qui marche à droite dans sa liberté. Au n* f> au contraire, oit il n’y avait place que pour trois lettres, qui sont à la vérité immuables, la direction de la tète de loup et des poissons nous conduit cej>endant à lire de droite à gauche OXA — Oflîeiua Vicesima Prima Aeris, conformément à la substance de la légende antérieure. Toute cette classe est donc applicable à Jlerda, h (lérida), à cause de ce type caractéristique du loup qu’on trouve sur des médailles en caractères ordinaires de cette ville, portant IIekda ; non parce qu’on s'est imaginé de rencontrer ce nom dans la légende celtibérienne.

Un objet douteux parait à la PI. XIA II, n” i. Peut-être n’cst-ce que la marque de l’or.

D’autres symboles, appartenant à des médailles frappées hors de l’Kspagne,* viendront plus tard.

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