TRAITEMENT
Lorsque la maladie est parvenueé a un certain degré , le traitement a employer ne présente rien de satisfaisant au médecin ; les ressources les plus puissantes deson art lu: échappent : il est témoin des angoisses de son malade sans espérer même lui procurer de soulagement.
On ne peut obtenir quelque avantage des secours de l’art que dans les premiers Stages de la Maladie. I n'existe Pas, que je sache, de moyen le guérir les dégénérescences de tissus lors-
TO
qu’elles sont formées. Quand elles ont leur siége ailleurs que dans les organes de la nutrition, les plus grandes désorganisations peuvent étre absorbées par les propriétés du corps; c'est ce que Von ne saurait attendre de celle-ci, puisque la voie par laquelle doivent passer les agens de la guérison se trouve être le siége même de la ma- ladie. Les faits détaillés dans le premier chapitre expliquent suflisamment la disposition des parties affectées, dont les résultats sont développés ailleurs. | |
J'ai fait un libre usage des saignées générales et locales, des vésicatoires, et le soulagement que j'en obtins fut tres-passager. [l en fut de même dans les cas où un accès inflammatoire s’annonca dans le cours de la maladie. On a dû remarquer que l'affection ne dépendait point du système sanguifere, et que par conséquent les remèdes qui n’agissent que sur ce système ne sauraient ayoir de succes.
Sans la liberté du ventre, les souffrances deviennent insupportables ; mais lorsqu'on administre trop souvent les purgatifs, le malade en devient le plus fréquemment incommodé, à cause des nausées, des vomissemens qu ils excitent, et auxquels la maladie elle-mème ne dispose que trop. |
Lorsque les vomissemens sont devenus fré-
quens, ils sont, en général, précédés et accompagnés de chaleur brilante dans l’estomac. Ce symptôme est le plus douloureux et le plus difficile à calmer. J'ai quelquefois obtenu quelques soulagemens d’une solution de soude et de potasse; d’autres fois j'ai cru avoir retiré quelque avantage des acides minéraux, et je pense aussi avoir soulagé la gastrodynie au moyen de l’oxide de bismuth.
C'est par les observations particulières que l’on peut reconnaitre le purgatif le plus convenable à l’état du malade. Les préparations mercurielles employées de temps à autre peuvent être utiles; mais je ne pense pas qu’elles agissent autrement que comme évacuant. Ainsi qu'on a pu le voir, nous avons employé le mercure assez de temps pour qu’il ait pu produire son plein et entier effet; cependant il n'en résulta aucun mieux : au contraire, la maladie augmenta d'intensité. Ailleurs, on verra que, dans un certain cas d'affection des membranes, le remède en question augmenta les symptômes très-promptement et d’une manière frappante; ce qui prouve combien il faut apporter de précaution dans l’administra~ tion de ce médicament.
Guidé par Popinion émise sur les propriétés pénétrantes et désobstruantes des bains d'acide
nitro-muriatique, jen essayai dans un cas, mais sans aucun avantage : le malade en avait éprouvé les effets , puisqu'il comparait la sensation qu'il en avait ressentie dans la bouche à celle qu’occasionne l’extrication du fluide galvanique. Les acides furent également employés à l’intérieur sans aucun bien manifeste. —
J'ai employé les anodins sous toutes les formes et sans presque aucun résultat avantageux : ils ne calmaient ni les nausées, ni les vomissemens, ni les souffrances qu’occasionnaient les efforts pour vomir; souvent même ils ajoutaient à l’inertie des intestins.
Dans un cas de physconie ( ou obstruction) qui paraissait compliqué d’une affection de l'ovaire, la tuméfaction a cédé à une solution d’élatérium , qui donna lieu a de longues et continuelles nausées , accompagnées de vomissemens. Dans un autre cas, je crus remarquer un mieux décidé de l’usage du muriate de chaux.
Nous ferons bientôt mention de plusieurs cas de dégénérescences morbides, qui disparurent sous l'influence des nausées, causées soit par des médicamens, soit par d’autres moyens.
Il est mutile d’insister davantage sur les moyens de soulagement que chaque cas particulier peut suggérer ; les faits rapportés dans le premier chapitre en présentent des détails
qui sufliront. pour ce moment-ci. Nous. nous bornerons à ajouter quelques réflexions , qui naissent tout naturellement de la doctrine dont il est question dans les pages précédentes.
Les maladies qui dépendent du système nutritif sont celles auxquélles tout être Organisé est Sujet par la nature même de sa constitution.
Les individus peuvent échapper et échap— pent, en effet, quelquefois aux maladies algues ; mais leur marche vers la dissolution n'en est pas moins inévitable, soit par degrés successifs ou par les maladies du genre de celle que nous examinons. Les maladies aiguës doivent donc étre considérées plutôt comme des accidens que comme une conséquence néces— saire de la vie; et c’est dans cette partie de la constitution, de laquelle dépendent l’accroissement et l’entretien du corps, qu'il faut chercher l'explication de tous ces changemens plus ou moins lents, plus ou moins obscurs, qui si souvent se terminent par d’affreuses et incurables désorganisations.
Cette manière de considérer le sujet, qui nest que le résultat des faits que nous avons exposés , servira d'introduction à quelques observations qui nous restent à rapporter. Pour en rendre l'application pratique plus sensible, jetons un coup-d’œil rapide sur quelques-uns
des symptômes précurseurs les plus marqués des maladies chroniques. Que remarquons-nous à cette époque? Ce n’est point une affection caractérisée , seulement l’individu n’est pas parfaitement bien ; on le voit aller et venir, cherchant à se dissimuler à lui-même et aux autres l’état de malaise qu'il éprouve; if continue de se livrer à ses occupations ordinaires; il s’imagine, en faisant des efforts, pouvoir exécuter ce qu'auparavant il faisait avec facilité. Mais en cela il se trompe : le plus léger exercice le fatigue, sa circulation est plus active, sa respiration plus précipitée ; il est affecté par des circonstances qui auparavant ne le touchaient point; son sommeil est troublé, son appétit mauvais ou irrégulier ; il a de loppression ou des étourdissemens ; il se sent pressé par la faim; ses intestins sont irréguliers dans leurs actions; son urine est tres-souvent épaisse et trouble.
La plupart de tous les symptômes précédens se font le plus souvent remarquer chez de jeunes sujets avant que la maladie ait pris un caractère “plus grave; à moins qu'il ne survienne quelques nouvelles causes accidentelles, ces symptômes indiquent une grande disposition à de sérieuses maladies, et qui bien certainement se déve-
lopperont si on ne s'y oppose par quelques
moyens. Les affections du système nutritif se reconnaissent à tous les symptômes que nous avons indiqués. On remarque un manque de vigueur dans la constitution, uni défaut d’équilibre dans ses différentes parties; et c’est alors que surviennent le plus souvent’ ces changemens morbides qui engendrent les tubercules dans les poumons et ailleurs, et deviennent la source de la plupart des maladies cachectiques les plus ficheuses. Quelquefois d’autres symptomes annoñcent cette funeste disposition ; la peau est sèche et squammeuse, quelquefois couverte par une éruption de diverses espèces ; les paupières sont rouges, les lèvres plus épaisses que dans l’état naturel, spécialement la lèvresupérieure ; le nez et la bouche sont entourés de: pustules’ ou de’ croûtes ; le’ ventre est tuméfié. On rémarque généralement un développement plus considérable des glandes du cou où des autres pa¥ties : signes extérieurs et visibles d'une nutrition imparfaite , que l’on rencontre tous les’ jours chez les enfans mal nourris des pauvres, et souvent aussi’ chez les enfans des riches’, dans lesquels existe une disposition scrophuleuse. Chez lespremiers il peut y avoir défaut total de nutrition; chez les autres, affection des‘organes de là nutrition et de l'assimilation, et’ quelquefois obstruction otalé de ces or=
ganes, ou un engorgement qui ne permet pas au chyle d’arriver à sa destination. Ainsi le défaut ou la surabondance de sucs nutritifs peut. déterminer le même genre de maladie.
Laissons un instant de côté la question, pour examiner ce qui se passe dans les végétaux.
Considérons cet arbre frêle , qui croit avec lan gueur, dont l'écorce rugueuse est couverte de plantes et d'animaux parasites ; qui ne produit que des fleurs imparfaites , des fruits avortés : quelle en est la cause? La nature du sol, qui ne convient point à l’arbuste, les organes de sa nutrition et de son accroissement, qui exécutent mal leur fonction. Que fait dans ce cas un habile jardinier ? Il émonde les racines de l'arbuste ; il marne la terre où il est planté ; il débarrasse l’épiderme des plantes et des insectes qui s’y étaient attachés , et alors, si lamaladie n'était pas trop avancée, il a le plaisir de voir croitre un arbre sain et vigoureu®
Cette analogie , qui existe entre les animaux et les végétaux ainsi que dans les maladies qui les affectent, est aussi complete qu’elle peut l'être sous le rapport du système qui leur est commun. Quelques-uns trouveront peut-être que cette comparaison est choquite , qu’elle n'est nullement applicable à la pathologie com plexe de l’homm@ ni à celle des grands ani-
maux ; mais ce préjugé disparaitra si l’on fait attention ace qui se passe dans nos étables.
Examinez le cheval hors de service ; voyez comme sa peau est sèche, écailleuse , accollée sur ses chairs affaissées ; comme ses talons sont crevasses ; remarquez son excessive maigreur, comme il est faible, comme sa respiration est precipitée ; voyez avec quelle facilité il sue, et combien de temps il lui faut pour se’ sécher ; comme ses alimens passent vite et sans etre digérés, et Jugez maintenant d’où vient son incapacité pour le travail. Revenez voir le même animal lorsque les extrémités capillaires ont été désobs- truées et ramenées à l’état sain au moyen des purgatifs administrés à l’intérieur , et des soins extérieurs donnés par un palefrenier bien entendu : remarquez comme la digestion et l’assimilation sont promptement rétablies ; comme la peau est devenue lisse et souple ; comme les muscles de animal ont repris de l’epaisseur, de la force, de l'énergie, et une vigueur plus grande peut-être que dans sqm, état naturel; comme toutes les traces de maladie ont disparu ; comme l'animal jouit maintenant de cette ardeur étonnante , objet constant de notre admiration dans le cheval chasse et dans celui de race. ‘ Ce que nous, avons remarqué chez les ani-
maux, nous pouvons le voir encore chez ces
hommes que l’on élève pour la gymnastique ou pour quelque autre exercice qui exige de la force, de énergie et de l’agilité dans les membres. Les moyens mis en usage dans cette espece d'éducation répondent, la plupart, à ceux dont nous avons fait mention, et peuvent servir de base au traitement que nous avons l’intention de proposer. Éliminer toutes les Impuretés, débarrasser les viscères et leurs émonctoires au moyen des atténuans , des laxatifs et . des sudorifiques ; puis ensuite, par un choix judicieux d’alimens nutritifs , par l'exercice , les frictions, ramener le corps à un état. qui le rende susceptible d’endurer les fatigues les plus extraordinaires.. | De semblables faits ne sont point à dédai- -gner : les principes qui en dirigeaient la pratique. chez les. anciens ont pu être. négligés ; mais. ils. sont. si bien: d'accord avec les) vues les plus. saines sur l’'éconggie animale, que- l’on ne: saurait mieux faine que d'en: profiter. Un médecin, qui d’un pâuvre malade émacié, menacé de l'affection la plus grave , en ferait, par ses soins , un NX et vigoureux, ne saurait manquer d’augnsenter sa réputation lors même
qu'il n'aurait d'autre guide dans l'application
de ces moyens que l’analogie que J'ai essayé d'établir.
Entretenir le canal alimentaire à Fétat sain; désobstruer les orifices des vaisseaux chyliferes; approprier la qualité et la quantité des alimens aux besoins et à l’état du système; appliquer les moyens convenables pour détruire les affections locales qui auraient pu exister , ou qu? se seraient développées dans le cours de la maladie; veiller avec attention à l’état de la peau, favoriser les fonctions des vaisseaux capillaires par l'usage des bains de diverses espèces, les frictions , les exercices réglés et pris à propos : telle est la marche à suivre et de laquelle on obtiendra les résultats les plus satisfaisans dans les cas de maladie qui nous occupent, et l’on n’aura pas la douleur d’être témoin de ces fatales désorganisations, qui ne manqueraient pas de se développer, si des vues moins rationnelles et moins étendues nous dirigeaientdanstapratique.
Mais avec toute l'attention, toute la vigilance, toute l’habileté dont on puisse être doué dans l’état de nos connaissances actuelles, combien il reste encore de choses à apprendre!
combien nos ressources sont insuflisantes ! combien notre ignorance est déplorable! Mais si jusqu'ici je n’ai rien dit qui puisse étendre matériellement nos connaissances sur cette mala-
die, je n’ai rien fait non plus qui puisse jeter dans l’erreur. Le sujet dans lequel je suis entré est des plus intéressans et des plus étendus. Il pourra se présenter quelques nouvelles occasions d’en étendre et d’en développer encore quelques parties; mais si j'étais trompé dans mon attente, qu'il me soit, au moins, permis d'espérer que de tels faits, aussi fidèlement rapportés, pourront favoriser les recherches d’observateurs plus heureux que moi.
J'ai déjà fait mention des effets que produi- sent sur les vaisseaux lymphatiques et sur les dégénérescences morbides les nausées long-temps prolongées. On peut se rappeler aussi ce que j’ai dit sur l’origine de ces sortes de maladies: jereviens à cette partie de mon sujet, pour l’ap- * puyer d’une nouvelle preuve par l’observation suivante, qui m'a été communiquée par le docteur Jenner. |
Un homme dont le système lymphatique avait éprouvé un grand dérangement, et qui était affecté de tumeurs squirrheuses, partit pour les climats chauds, d’après l'espoir qu'on lui avait donné (espoir qui n’était que feint) qu’il obtiendrait sa guérison par ce changement de température. Le vaisseau sur lequelil était monté ayant essuyé plusieurs tempêtes, mit plus de trois mois pour arriver à sa destination. Pen-
dant tout ce temps, le malade avait éprouvé le mal de mer : il sortit du vaisseau extrêmement faible et émacié. Mais lorsqu'on voulut examiner la maladie pour laquelle il avait entrepris ce voyage, on ne la trouva plus, elle était guErie ; les corps squirrheux avaient été absorbés.
Une dame de Cheltenham , d'environ quarante ans, d’une constitution lymphatique, recut dans le sein un coup de téte de la part d’un enfant qu’elle faisait Jouer. Elle éprouva dans la partie une sensation douloureuse ; mais pas assez forte pour fixer son attention. Cependant, quelque temps apres, elle découvrit une petite tumeur dure à la région supérieure de la mamelle; plusieurs autres se montrerent successivement , de sorte que la presque totalité de la partie présenta bientôt tous les ca= ° racteres'd’un véritable squirrhe : c’est alors que je vis la malade. Comme la tumeur avait résisté à tous les moyens que l’on avait mis en usage , je n'hésitai pas de dire à cette dame que le seul moyen à employer était l’ablation de la partie affectée. Ne voulant pas se soumettre à l’opération, elle alla consulter, à Londres , un médecin qui avait résidé long-temps à Bath, et qui Sy était acquis de la réputation.
luiconseilla d'essayer d’un remède qui pourrait remplacer l'opération qu’elle redoutait, il la
prévint qu il fallait du courage, parce que ce remède occasionneraitde constans maux de cœur ; elle se soumit volontiers à ce genre de traitement. Elle prit le tartre stibié, à très-petites doses, plusieurs fois par jour; elle en fut affectée d’une manière sensible, même fatigante, par les nausées qu’il lui occasionnait ; cependant il était rarement suivi de vomissement. Elle maigrit et s’affaiblit beaucoup ; mais un changement manifeste se faisait remar-. quer du côté de la mamelle.
La malade mit de la persévérance à suivre ce traitement, et, à ma grande surprise, je vis que la tumeur avait été entièrement absorbée. On cessa peu-à-peu l'usage du tartre stibié. Je la vis plusieurs années après, jouissant d'une très-bonne santé; la mamelle s'était conservée très-saine. Je ne puis me rappeler d’une manière exacte le temps qu'a duré le traitement; mais il est certain qu'il ne fut pas d’une très-longue durée.
Miss F., âgée d'environ vingt-deux ans, jouissant d’une bonne santé , quitta sa province pour venir à Londres se placer femme-de-chambre. Ses nouvelles occupations et la vie sédentaire qu’elles occasionnaient la privaient de ses exercices habituels ; elle fut prise d’une toux qui fit des progrès si rapides, dans le cours de
quelques mois , qu’elle fut obligée de retourner à Cheltenham, son pays natal. Je vis la malade à son arrivée ; elle présentait tous les signes de la phthisie pulmonaire dans ses dernières périodes : mais d’après le récit des premiers symp- tomes, de leur naissance et de leurs progrès, je considérai ce cas comme une affection tuberculeuse , et non comme le résultat d’une inflammation de la membrane séreuse. Elle se rétablit par l'emploi des émétiques, dont elle supporta l'effet avec beaucoup de résolution. On fit usage de la teinture de squille et de celle de digitale , trois parties de la première , et deux de la dernière. On commenca par vingt gouttes, généralement répétées trois fois en vingt-quatre heures; mais l'estomac devint si irritable par la suite, qu'on fut obligé de réduire la dose à cinq gouttes : c'était tout ce que la malade pouvait Supporter. Six mois après que je quittai Cheltenham (en 1815), elle s'était replacée femmede-chambre, et j'ai appris depuis qu’elle était mariée.
Des siècles se sont passés dans l'ignorance totale des moyens propres à guérir les tubercules des organes intérieurs : ne peut-on pas es- Pérer que cette faible lueur que nous laissent apercevoir ces deux faits nous conduise à la
découverte de quelque chose d’utile à Vhumanité ?
Sans torturer cette théorie , ne pourrait-on pas supposer que l'estomac et les intestins, ainsi troublésdans leurs fonctions ordinaires, ne fournissent que peu de fluides propres & Vabsorption; que le chyle étant plus rare, plus détérioré, les vaisseaux absorbans n’en deviennent que plus aptes a s’emparer des corps tout-à-fait étrangers, même de ceux qui sont a-peu-près tels, comme les tubercules ?
Si nous jetons un coup-d’ceil sur la plupart des remèdes populaires jusqu'ici employés dans ces affreuses maladies, nous verrons que presque tous ont la propriété d’exciter l'estomac, soit par le contact immédiat, ou en agissant d’une manière indirecte sur le cerveau. On pourrait en citer un grand nombre : la digitale , la squille, le nitrate de potasse, le sulfate de zinc : le sulfate de cuivre, le conium maculatum “Ja navigation, la natation, etc. Tous ces remèdes ont joui tour-à-tour de la plus grande réputation, puis sont tombés dans Voubli. Ils ont cependant produit quelques bons effets en retardant les progrès de la maladie par leur propriété nauséeuse ; mais si l’on en juge d’après les faits précédens , l'administration de ce re! mède était trop bornée ; les nausées étaient ex-
citées à de trop longs intervalles. Dans le cas du malade qui voyagea sur mer, et qui fut dans un état constant de nausées pendant si long-temps, par l'agitation des flots , les momens de repos devaient être très-courts; c’est aussi ce qui arriva chez les demoiselles B. et F. Quoiqu'il semble, dans ces cas , que le trouble excité dans les ete des organes digestifs ait occasionné l'absorption de ces corps, cependant il paraitrait, d’après les expériences faites sur des quadrupedes, qu’un changement contraire dans la constitution produit les mêmes résultats, c’esta-dire en portant la constitution de l’état de débilité au plus haut degré de vigueur. Vous devez vous rappeler que des lapins bien portans, soumis à l’usage d’une mauvaise nourriture, tombaient malades aussitôt, et qu’à la surface du. foie se développaient des hydatides, même des tubercules à un degré très-avancé; que ces hydatides et ces tubercules disparaissaient entierement lorsque le même animal avait une nourriture plus abondante et mieux appropriée à sa nature. Je crois me souvenir de vous avoir fait part de ces observations, en vous parlant de Vorigine des tubercules. Mais permettez -moi de vous faire remarquer qu’il existe une différence très grande dans les fonctions des lymphatiques, à l’égard de ces deux cas. Dans les
lapins mal nourris, Vabsorption des tubercules proprement dits n’a point lieu ; ils sont délogés de la cavité qui les renferme, après qu'ils ont acquis le volume d’un petit pois ou d’un haricot: ce déplacement s'opère par la formation d’une nouvelle portion de la membrane péritonéale, qui s'étend au-dessous du tubercule , et détruit graduellement les adhérences qui existaient entre lui et la surface du foie, jusqu’à ce qu’il en soit détaché : alors il tombe dans la cavité abdominale. J’ai vu quelquefois ce phénomène à moitié opéré, d’autres fois presque entiérement achevé, le petit tubercule ne tenant — plus que par un seul filament.
SB IDOG 99 0D0GID 9G 9DIDCGIVS 6.90G 9S 0915 7G1S 7S 0S ISIS 0D IS 9G 09G19S9SV]5E