CHAPITRE V
PROGNOSIS.
Si l’on a suivi avec attention les détails de cette maladie; si lon a remarqué les caracteres morbides qu’elle présente, on doit être maintenant convaincu que la vie ne saurait long-temps se prolonger lorsque toutes les voies de la nutrition se trouvent obstruées. Il est impossible de dire jusqu’à quel degré le canal alimentaire peut être affecté; mais une des propriétés la plus facheuse et la plus remarquable de cette maladie , c’est celle d’envahir toute l'étendue de la surface séreuse , de sinsinuer dans tous les replis du péritoine,
Waltérer , puis d’annuler entièrement cette importante fonction, nécessaire à l'entretien du corps. Ainsi quand le médecin s’est assuré que la maladie existe, il se trouve pleinement autorisé à en donner le plus défavorable diagnostic ; il pourra même s'assurer la réputation d’observateur exact s’il prédit la succession des symptômes qui généralement se font remarquer dans la marche de la maladie jusqu’à son terme fatal. 3
Entreprendre de remédier à l’altération de tissu, en excitant les propriétés naturelles du système , est une chose difficile et souvent hasardeuse; elle l’est bien plus encore dans une maladie qui, par sa situation même, prive de lemploidesremèdes dont on pourrait faire usage si elle avait son siége par-tout ailleurs. La seule voie par laquelle on pourrait introduire les moyens de guérison étant malade , On se trouve arrêté dès le début du traitement par un obstacle insurmontable. Les moyens qui, en toute autre circonstance , seraient propres à procurer au moins quelque soulagement ne deviennent que trop souvent, dans la maladie qui nous occupe, une nouvelle source de souffrances.
Nous essaierons, dans le chapitre suivant, de donner quelques notions sur le mode de trai-
tement à employer dans ces sortes d’affections : peut-être parviendra-t-on à en arrêter les progrès dès son début ; mais lorsqu'elle est avancée au point où nous l’avons vue dans les Cas rapportés, on ne peut en rien espérer de positif, dans l’état actuel de nos connaissances sur ce point. Chez quelques malades, la vie se prolonge davantage que chez d’autres ; à moins de quelques circonstances extraordinaires > Sa durée paraît être déterminée par le temps que met à s'oblitérer en totalité, ou à peu de chose près, le canal intestinal. Après cette époque, le malade se soutient aussi long-temps que le SYS— teme peut s’alimenter de sa propre substance,
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