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de ces corps ail une structure différente , c’està-dire que l’une soit squirrheuse ou cartilagineuse, qu'une autre contienné une matière pulpeuse , une troisième une matière molle, semblable à de la crème, qu'une quatrième ait conserve son caractère primitif d’hydatide, et qu'il existe encore quelques autres combinaisons de substances ou de fluides, comme on en découvre dans les deux autres variétés ; supposons encore que ces tubercules, d’abord séparés les uns des autres, ont augmenté de volume, que leur distance mutuelle est diminuée, et qu’enfin, se touchant par leur surface, ils se sont réunis : quel sera le résultat de cette marche dans le développement de ces corps ? Une tumeur complexe, formée par la réunion de plusieurs tubercules contenant des substances de diverses consistances et d’aspects différens.
Mais supposons encore que les tubercules se soient développés simultanément , qu’il n’existait aucune différence dans leur structure primitive : dans ce cas, la tumeur résultant de leur réunion présentera la plus grande uniformité dans son tissu ; en quelques points, les divisions originaires se feront encore remarquer, ainsi que leur caractère tuberculeux (1) ; mais quel-
(1) Nous avons remarqué cette disposition sur le tissu
quefois aussi il règne une telle confusion dans la disposition des tubercules, qu’au lieu d’un tissu qui rappelle les caractères élémentaires de la masse morbide on ne trouve plus qu'une masse dense, solide, qui ne présente que peu ou point de variété dans sa texture.
C’est ainsi que se forment diverses tumeurs ; les faits que nous avons exposés pour en expliquer les différentes gradations semblent repandre quelques lumières sur le point le plus embarrassant et le plus obscur de la pathologie.
Mais en cherchant à découvrir l’origine des tubercules , à expliquer la formation des tumeurs, à prouver qu'un autre système que le système sanguifère exerce son influence sur ces transformations , que l’on ne s’imagine pas que j'aie perdu de vue la grande et constante influence des vaisseaux sanguins sur l’état de
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squirrheux du corps de la matrice, surune tumeur énorme du col de cet organe ; d’autres fois à la surface extérieure du col, dans son tissu , à sa face interne , dans plusieurs tumeurs qui s'étaient développées dans la cavité même de ce viscére. Dans le nombre des dessins qui accompagnaient notre mémoire sur Ja structure de lutérus, présenté a PAcadémie royale de médecine en 1821, /s’en trouve un qui représente des tumeurs hydatideuses énormes, tant à l’inte-
rieur qu’à l'extérieur de cet organe. (N. du traducteur.)
sante, et sur la plupart des phénomènes morbides : mon but a été de faire voir qu'il existe des désorganisations qui , dans le principe, se rattachent à une autre partie de nos tissus, quelle que soit d’ailleurs l'influence qu’exerce le système sanguifère dans les périodes subséquentes de ces affections : aussi je me garderai bien, dans la discussion présente, d’aller au-delà de ses véritables limites. Il est peut-être quelques maladies de ce genre auxquelles ma doctrine ne saurait s’appliquer; mais que l’on veuille bien se rappeler qu'il ne s’agit point ict de questions spéculatives, mais uniquement de dissiper jusqu’à l'apparence du doute sur l'origine des hydatides et sur leur conversion en tubercules. Mon intention est de prouver que les tubercules existent tels que je les ai décrits; qu'ils croissent, se développent et se réunissent de la manière dont je l’ai expliqué, et que ces preuves équivalent à une démonstration la plus complète que l’on puisse espérer trouver en médecine. | é
Je pourrais, avec anus confiance, m’en tenir aux preuves que ] ai données jusqu’à présent ; mais comme il n’est pas un seul auteur, quelle que soit d’ ailleurs son opinion, qui, dans la description die cette maladie, ne m'offre de nouveaux témoignages de l'exactitude de mes ob-
servations ; et comme de semblables autorités ne peuvent inspirer de défiance, je vais rapporter deux cas récens quise sont présentés dans notre hôpital, l’un dans la division du docteur Fletcher, l’autre dans celle de M. Cother.
«M. F., âgé d'environ trente ans, portait au cou une large tumeur qui occupait toute la place de la glande thyroïde, et s’étendait du côté droit jusque près de l’angle de la màchoire inférieure : son volume égalait celui d’une grosse orange ; elle comprimait la trachée , occasionnait de légères douleurs, et une grande gêne dans la respiration. À un pouce au-dessus de la clavicule droite, existait une autre tumeur du volume d’une grosse noix.
Une troisième tumeur beaucoup plus volumineuse occupait la face antérieure de la cuisse droite : celle-ci, solide, mobile, avait environ neuf pouces de longueur , plus de six pouces d'épaisseur, et sa largeur était plus considérable encore ; sa surface présentait diverses protubérances , les unes coniques , les autres rondes. Entre cette masse et l’épine antérieure et inférieure de la fosse iliaque était une autre tumeur tout-à-fait distincte du tissu malade contigu ; les glandes inguinales étaient
très-développées; enfin , ce cas présentait tous
les caractères de Vaffection désignée sous le nom de fongus hématode.
» L’incision, pratiquée sur toute la longueur de la tumeur, offrit une substance d’un blanc erisatre , d’une densité approchant de celle du cartilage , mais la texture n’en était point uniforme ; en différens endroits, on remarquait des espèces de cloisons, qui séparaient des masses jaunatres, semblables à du tissu graisseux : cette disposition se faisait remarquer au centre de la portion supérieure de cette masse. Il en était autrement dans sa portion inférieure: la tumeur était lobulée, on y remarquait des tubercules de divers degrés de transformations: les uns, conservant leur forme ronde ; les autres, perdant successivement ce caractère originaire, finissaient par se confondre totalement avec la grande masse que l’on vient de décrire. Le tubercule situé entre le tissu morbide et Pos iliaque était de la forme et du volume d’un œuf de poule ; on le sépara facilement du muscle dans lequel il se trouvait logé : il était enveloppé de sa propre capsule ; coupé par moitié, il présentait un tissu complétement uniforme ; il avait presque la densité du cartilage.
» D’apres notre définition , ce corps me pafut être un tubercule. Quoi qu'il en soit, il
y a toute apparence que, si cet homme ett vécu plus long-temps , les deux tumeurs de la cuisse , en angmenignt de volume , se seraient Me et réunies : alors le caractère tuberculeux se serait totalement perdu, comme dans les cas dont nous avons fait mention.
» Le tissu de la tumeur du cou était semblable à celui de la portion moyenne et supérieure de la tumeur de la cuisse; le tubercule de la clavicule était à-peu-près le même que celui de la crête de l'os iliaque.
» On trouva un tubercule, du volume d’un haricot, dans le lobe gauche du poumon, plusieurs autres dans la membrane péritonéale qui recouvre le muscle psoas. Ces tubercules étaient moins avancés que les autres; la substance qu'ils contenaient était plus molle, d’un jaune clair, et en tout semblable aux désorganisations que jai décrites dans la premiere partie de ce volume (x).
Dans ce cas, quelques-uns des tubercules qui s’étaient réunis avaient perdu leur caractere tuberculeux; tandis que d’autres étaient coalisés, mais non entièrement confondus. Il est très-certain qu'examinée à une époque moins avancée, on ett reconnu dans cette tu-
(1) Voyez les observations de Buttock , Haynes et
M. Surnapnetz, celles de Tanpy et ALpRIGE. =.
meur son Origine tuberculeuse dans une étendue plus considérable, mais non d’une manière plus évidente ; il est probable aussi que leur contenu aurait été différent de ce qu’il était à une époque plus avancée de la maladie. L’analogie est tout-à-fait en faveur de cette supposition; elle se trouve fortifiée encore par l’état ouse trouvaient les tubercules du poumon et du péritoine. Tous les auteurs qui ont traité ce genre d'affection fournissent des preuves à l’appui de cette opinion. Il est vrai qu'ils établissent autant de différences dans l’origine des tubercules que dans les différens noms qu’ils leur ont assignés ; mais cela ne fait rien à la discussion : car il est bien démontré , par les descriptions que l’on rencontre par-tout du cancer, du sarcome tuberculeux, du fongus hématode, et de beaucoup d’autres variétés d’affections morbides, qu’elles sont toutes formées comme nous l’avons dit précédemment.
Je doutai pendant quelque temps que les observations que j'avais faites pussent s'appliquer aux tumeurs graisseuses ; mais les faits que Jai récemment rencontrés m'ont convaincu qu’on pouvait les ranger dans la même classe ; je ne puis mieux le prouver qu'en rapportant le cas suivant, offert par la malade de M. Cother , dont nous avons parle.
» Cette femme, âgée de quarante-cing ans, portait sous l’aisselle. gauche, depuis à-peuprès une quinzaine d'années, une petite tumeur mobile du volume d’une cerise, qui, depuis cing mois, avait pris un accroissement rapide ; elle était alors du volume et avait presque la forme d’un œuf de dinde; elle était molle, quelquefois douloureuse , particulièrement après avoir été pressée entre les doigts ; sa portion supérieure était un peu enfoncée dans le tissu cellulaire del’aisselle ; on distinguait une espèce de chapelet de petites glandes qui semblaient étre d’un caractère tuberculeux, au moins n’étaientelles pas en contact avec la grande masse, ni réunies entre elles. La tumeur principale, trèsmobile, n’était point adhérente aux muscles environnans. |
» M. Cother fit l'extraction de ce corps : apres avoir fait une incision longitudinale sur les tégumens, il saisit la tumeur, la délogea du tissu cellulaire sans presque avoir recours à l'instrument, si ce n’est dans un point où elle était adhérente à la peau. Cette tumeur était lisse, luisante, mais légèrement inégale à l'extérieur ; elle offrait à sa surface des ondulations, qui indiquaient les limites des corps dont elle était composée, - et qui, chacun, étaient enveloppés d’un kyste extremement délicat.
» Coupée par tranches, la tumeur présentait un tissu graisseux, dont l’origine tuberculeuse était évidente. Les kystes étaient distincts ; de minces cloisons partageaient cette masse adipeuse : c'était en roulant les uns sur les autres pendant l'examen, que ces tubercules communiquaient aux doigts la sensation de cette inégalité de texture dont j’ai fait mention. »
Voila un fait qui mérite la plus grande attention dans l’examen des maladies de cette espece. On sait combien il y a eu de méprises, même de la part de gens très-habiles, sur la nature de certaines tumeurs, et spécialement dans celles d’une nature maligne. Les circonstances que nous venons de rapporter expliquent l’une des causes de ces méprises, et celle d’une erreur encore plus fréquente, occasionnée par la variété de substance qui se rencontre quelquefois dans le même corps morbide. De là sensation obscure de fluctuation dans une portion et sensation de corps solide dans une autre portion de la même tumeur.
C’est particulièrement dans le fongus hématode que se fait remarquer cette disposition , que le lecteur est à même de vérifier.
» Mais revenons à notre observation: les autres tumeurs de l’aisselle étaient, comme je l'ai dit, séparées de la masse principale : quelques-unes
étaient de la forme et du volume d’un peut pois, d’autres de figure oblongue; les unes étaient réunies, mais présentaient encore les traces premicres de leur individualité; les autres formaient une masse compacte. »
Comme dans un sujet de cette nature on ne saurait accumuler trop de preuves, je vais en rapporter quelques autres encore que j'ai tirées des écrits de différens auteurs.
La premiere observation de Langstaff a pour:
titre : Du fongus hématode affectant les parties externes du corps et la plupart des viscères thoraciques et abdominaux.
« La tumeur de la clavicule et celle de laisselle furent d’abord examinées : les tégumens qui les recouvraient n’étaient ni décolorés ni malades, du volume d’un œuf de poule ; chaque tumeur était entourée d’une capsule cellulaire, et paraissait s'être développée dans ce tissu.
» La tumeur morbide était formée d’une substance semi-cartilagineuse mêlée d’une petite quantité de sang coagulé ; les glandes des vaisseaux absorbans de l’aisselle et du cou étaient à l’état sain.
» L’estomac et les intestins étaient distendus par une grande quantité d’air ; ce premier vis-
Sa cere, ainsi que le foie, quoique situés plus bas que d’ordinaire, étaient dans l’état naturel.
» On remarquait sur la rate, ainsi que pres de l'iléon et sur le rein droit , trois petites tumeurs pulpeuses, du volume d’un pois.
» En enlevant le sternum, il s’échappa de la cavité de la poitrine, du côté gauche, une certaine quantité de sang fluide , mêlé de caillots délayes et d’une matière pulpeuse, tellement semblable à l’encéphale, que le plus habile ana- - tomiste aurait pu s’y tromper, si on lui eit présenté cette substance isolée.
» Cette masse pulpeuse s'était accumulée en si grande quantité sur la plèvre pulmonaire , que le cœur s’en trouvait déjeté à droite , assez loin de sa situation naturelle pour anticiper sur la cavité abdominale. Coupée sur sa lonsueur , cette masse paraissait formée de la réunion de plusieurs tumeurs de différent volume; quelques-unes étaient de la grosseur d’un petit citron; et toutes étaient pourvues d’une enveloppe extrêmement délicate , la plupart contenant une substance. semblable, pour la consistance , à celle du cerveau, mélée avec du sang coagulé; mais les plus volumineuses présentaient une substance analogue à celle des tumeurs de l’aisselle et de la clavicule.