DIE
» Sous la coupe de la tumeur on reconnut le poumon gauche; sa substance était tellement compacte, à cause des tissus étrangers dont il était entouré, que depuis long-temps il devait ètre tout-à-fait inutile pour la respiration.
» Cette disposition indiquait bien que la maladie s’était développée à la surface et non dans le tissu propre du poumon : cette opinion était fondée sur l’état que présentait le poumon droit : de ce côté un grand nombre de tumeurs de même nature étaient répandues à la surface de la plèvre. En se développant, elles avaient occasionné l'absorption de cette membrane; et si l'enfant eût vécu plus long-temps, ce côté de la poitrine serait devenu le siége d’une dégénérescence morbide semblable à celle de l’autre région. |
» Quelques-unes des tumeurs de la surface extérieure des poumons étaient du volume d’une muscade ; on en remarquait encore un grand nombre d’autres d’un volume progressif, depuis la grosseur d’un grain de/poivre jusqu'à celle d’une noix ; elles faisaient une saillie considerable à la périphérie de l'organe ; elles étaient blanches, et très-légèrement vasculeuses à l'extérieur, d’une forme ronde , sans aucune dépression à leur centre; chacune d’elles était pourvue d’un kyste. Leur disposition imtérieure
So 3 présentait un composé de matière semi-cartilagineuse , pulpeuse et de sang coagulé ; mais les plus petites étaient exactement semblables x la substance médullaire. Je n’en vis aucune de divisée par des cloisons celluleuses , ni par de la lymphe coagulée. »
L'observation suivante est un cas de fongus hématode des parties externes du corps et des poumons.
« La tumeur, dit M. Pott, se présentait sous un aspect fort singulier : son tissu extérieur paraissait fibreux ; à l’intérieur, elle se composait de masses de sang coagulé, de matiere gélatineuse et médullaire , et de plusieurs tumeurs blanches distinctes, d’une densité semi-cartilagmeuse; toutes semblaient avoir pris naissance dans la membrane adipeuse.
» Tous les viscères abdominaux étaient sains; mais les poumons étaient remplis de tumeurs, la plupart du volume d’une petite pomme. Les unes contenaient une matière à-peu-près sem-— blable à du blanc-manger; d’autres une substance encéphaloide ; quelques-unes étaient fermes et élastiques; quelques autres ressemblaient aux tumeurs semi-cartilagineuses de Vexterieur; les capsules étaient plus épaisses ; les
veines étaient remplies de matière pulpeuse. »
Ce que l’auteur rapporte sur les cas de carcinome des mamelles mérite une attention particuliere.
«Aucune des tumeurs de la surface extérieure du corps ne surpassait en volume une bille de marbre, si ce n’est celles de. l’aisselle et des aines , qui étaient de la grosseur d’une noix : quoique la peau qui les recouvrait fut d’une couleur bleuatre, cependant on n’y remarquait aucun signe d’ulcération commencante.
La coupe de ces tumeurs présentait un tissu — brunatre, tres-compacte ; en en raclant la surface avec le scalpel, on ett dit d’un morceau de foie délayé ou de sang coagulé. Les mamelles semblaient étre formées par une agrégation de ces tumeurs, passées à l’état de squirrhosité ; mais on n’y découvrait point de ces couches ligamenteuses , ni la moindre portion du tissu naturel.
» On trouva sur le foie, l’épiploon et le mésentère, et en divers endroits du péritoine, un erand nombre de tumeurs de différent volume et semblables à celles de la surface ‘extérieure du corps.
» l'utérus était sain; mais les deux ovaires squirrheux présentaient une substance analogue à celle des mamelles. La plupart des glandes absorbantes des aines, du bassin et de l’abdo-
men étaient augmentées de volume et d’un.
tissu semblable a celui déja décrit ; les glandes thoraciques, celles du cou étaient affectées de la même manière ; il y avait un grand nombre de tumeurs dans les poumons, en général plus volumineuses que celles des autres parties; quelques-unes étaient de la consistance du cerveau.
Je termine ces extraits par les détails du même auteur sur un sarcome tuberculeux.
« Les tumeurs extérieures présentaient différens stages du développement morbide ; les plus petites masses étaient presque aussi dures que l'espèce carcinomateuse, mais en les comprimänt il en sortait une matière pultacée ; dans quelques-unes, elle était mêlée de sang et ressemblait à du cerveau de fœtus; d’autres contenaient ces diverses substances réunies à une espèce de pigment noiratre.
» Le foie était petit, hérissé d’un grand nombre de tumeurs depuis le volume d’une petite cerise jusqu à celui d’une grosse pêche ; la plupart étaient pres de la surface de ce viscère et projetaient à un degré considérable, n'étant recouvertes que par le péritoine, qui était trèsinjecté en divers endroits. Quelques-unes de ces tumeurs étaient déprimées à leur centre; le péritoine, qui les recouvrait, était comme car-
tilagineux et d'un blanc rosé; les plus proéminentes étaient élastiques et pulpeuses, les autres beaucoup plus denses ; leur consistance était la même que celle des tumeurs extérieures.
» L’épiploon, presque totalement dépourvu de graisse , offrait a sa surface un grand nombre de tumeurs de la même espèce, les plus grosses n’excédaient pas le volume d’un pois.
» Les petitsintestins, particulièrement le jéjunum , étaient affectés de cette maladie ; les * tubercules étaient ‘situés entre la membrane musculaire et la muqueuse ; on en remarquait également dans les reins et dans les capsules surrénales.
» Le pancréas, rarement affecté d'aucune espèce de maladie, était ici le siége de plusieurs de ces tumeurs.
» On ne remarquait aucune adhérence dans la poitrine; mais les poumons étaient remplis de petits tubercules, la plupart extrêmement durs, quelques-uns plus mous, mais tous contenant un fluide noiratre, semblable a celui que Von remarque le plus souvent dans les glandes bronchiales. | ;
» Les mêmes corps étaient disséminés a la face interne du péricarde ; on en remarquait un grand nombre de plus petits dans le tissu des
ventricules du cœur, sur ses oreillettes et sur quelques points de sa cavité; on en voyait aussi quelques-uns sur le bord des valvules de la veine coronaire, et même à la face interne de cette veine. |
» La rate était le seul viscère qui ne fat point affecte. » |
Jai longuement cité Langstaff, par les raisons que j'ai deja données, c’est que les faits qu'il rapporte sont exacts et bien détaillés.Qu’on les compare maintenant avec l’histoire quia rapport aux hydatides ; que l'on se rappelle aussi ce que nous avons dit relativement à l’origine de ces corps, et plus spécialement de leur manière d’étre dans les différens stages de leur transmutation; que l’on se rappelle encore comment nous avons expliqué la formation des tumeurs , qui s’opere au moyen de la réumion de ces COrps , et l’on aura un enchainement de faits propres a conduire de la manière la plus directe aux conclusions que nous voulons établir.
On a rarement l’occasion de voir sur le sujet humain les premiers pas des phénoménes que nous avons essayé de retracer, parce que, généralement , les tubercules sont déjà formés, que d'ordinaire le caractère hydatique est effacé à un degré considérable, avant que la mort
228 ‘ présente a nos recherches la structure morbide.
Mais les petits animaux nous offrent les moyens d’éviter les ambiguités que ces causes occasionnent. Chez eux, on peut voir très-distinctement les changemens qui s’opèrent dans ces corps; c'est a cette source que nous avons puisé les connaissances que nous avons acquises sur l’état du tubercule naissant : la meilleure preuve que nous puissions donner de l'exactitude de nos observations, c’est leur accord parfait avec tous les caractères morbides que divers observateurs ont désignés sous le nom de tumeurs et de tubercules.
Nous avons d’abord suivi la trace de ces désorganisations depuis leur état de simple hydatide jusqu’à leur plus haut degré de densité et de consolidation. L'observation en sens inverse a été tout aussi complète : nous avons vu la confusion totale des tubercules; nous les avons vus représentant partiellement le caractere qui leur est propre, puis enfin leur caractère primitif, et tout cela dans la même masse morbide ; enfin nous avons vu les tubercules de divers degrés de consistance, de divers caractères jusqu’à l’état parfait d’hydatide.
Nous avons négligé, au commencement de ce volume, de faire mention de J. Hunter, parce
qu'il s’est beaucoup plus occupé de l’histoire naturelle des hydatides que de leur changement morbide : c’est probablement pourquoi il n’a pas donné à ce sujet toute l’étendue dont il était susceptible. Quelques passages extraits de son Æssai nous fourniront de nouveaux témoignages en faveur de l’opinion que nous avons embrassée.
Nous avons déjà fait remarquer, quant à ses opinions, que la question relative à l’origine des hydatides est bien moins importante à connaitre que les variétés de structure morbide qui sont les résultats de leur transformation. Je rappelle cette remarque, pour que les théories qui ont divisé les opinions sur ce point ne viennent pas faire oublier les faits que nous avons démontrés sur l’objet qui nous occupe spécialement.
Dans le premier volume des Transactions médicales et chirurgicales, Hunter dit « que les hydatides, dans leur marche d'accroissement et de décroissement, paraissent passer par divers stages ; qu’on les trouve d’abord flottantes dans le fluide quiremplit l’hydatide ; qu’on les trouve ensuite attachées à ses parois; que l’hydatide , ainsi pleine de petits ( pregnant with young ), si l’on peut s'exprimer ainsi, adhère aux parties voisines, augmente de volume, et devient elle-
meme un sac contenant une quantite innom-—
brable de petites hydatides; qu'après un certain temps ces corps décroissent; que le sac s’affaisse, se resserre, se durcit, et présente l’aspect du talc. IL est probable qu’elles éprouvent d’autres changemens : on a trouvé adhérens au col de la vessie deux petits corps du volume d’un haricot, couverts d’une membrane, et qui contenaient une substance caseuse. Ne seraient-ce pas des débris d'hydatides? C'est ce que des observations ultérieures peuvent, seules, déterminer. »
Dans le Supplément à cet Essai, il est fait mention de quelques autres changemens, qui s'accordent d’une manière parfaite avec ceux dont j'ai fait l’énumération. « Le sac devient plus épais , plus fort, en même temps qu'il diminue de volume ; il comprime la membrane de l’hydatide, et la transforme en une substance semblable au talc. Dans le dernier stage, cette substance prend l’aspect d'un mélange de chaux et d’eau, et les parois du sac paraissent en quelque sorte pétrifiées; car la dureté approche plutôt de celle de la pierre que de celle de Vos.»
La description suivante, du même auteur, est si frappante de vérité, que je ne puis m’empécher de la rapporter. |
Le ventre était tres-tumefié par Le développement excessif de la vessie, dont le fond s'élevait à huit pouces au-dessus des pubis, à deux pou-
ces de l'arc du colon. Apres Vavoir vidée de cing ou six pintes de fluide qu’elle contenait, on remarqua une tumeur entre -le col de la vessie et le rectum, qui remplissait complétement le bassin, et soulevait la vessie du côté de l'abdomen. En incisant la tumeur , il en sortit beaucoup d’eau, et en même temps une certaine quantité d’hydatides de différente grosseur. La plus volumineuse avait environ un pouce et demi de diamètre, et la plus petite était du volume d’une épingle. La tumeur était entièrement remplie d’hydatides ; il y en avait environ une pinte et demie, en y comprenant l’eau dont elles étaient environnées. On remarquait encore deux ou trois autres tumeurs pres du col de la vessie, qui contenaient aussi des hydatides. Deux autres corps, du volume d'un haricot, adhérens à la vessie, étaient remplis d’une substance molle comme celle du fromage.
« Entre l'estomac et la rate, à l'extrémité du pancréas, il existait une large tumeur, qui adherait aux trois organes désignés, à l'estomac et au pancréas par une légère membrane celluleuse, et à la rate d’une manière assez intime pour faire partie de la tumeur. En y comprenant la rate, cette tumeur, qui avait près de dix pouces de diamètre , était d’une forme irréguliere , et
composée de plusieurs autres tumeurs; on rer
marquait une grande variété de tissu dans lépaisseur de ces différens corps : dans l’un , se trouvaient des hydatides de différens volumes, comme celles mentionnées plus haut; dans un autre, une substance semblable .au talc, et s’amollissant dans l’eau; dans un troisième ; une grande quantité de fluide transparent, dans lequel se trouvaient des particules graniformes, légèrement adhérentes à ses parois; dans une quatrième tumeur , se trouvaient des hydatides , quelques-unes pleines, les autres vides; leur membrane, au toucher, semblait de la substance talcaire. Les tumeursou sacs avaient, toutes, des parois épaisses, jouissant d’un haut degré de contractilité, au moyen de laquelle elles expulsaient la substance qu'elles contenaient par l’ouverture qu’on y avait pratiquée. Elles étaient pourvuesde deux membranes : l’une, extérieure, très-forte, très-épaisse; l’autre, intérieure, plus fine, plus délicate, et d’un tissu pulpeux. »
Il est étonnant qu'avec la connaissance de ces faits lingénieux auteur ne les ait pas portés jusqu'à l'évidence; qu’il n’ait pas exploré d’une manière plus hardie ce vaste champ pathologique dans lequel nous venons de faire quelques excursions.
Je reviens a un autre auteur distingué, dont 1 al déjà fait mention. Quoique son opinion. SOLE
tout-à-fait différente de la mienne , les résultats de mes observations me forcent de croire que les faits exactement rapportés par le savant Everard Home ne peuvent qu'être utiles a la doctrine que j'établis, en supposant toutefois que le lecteur accorde plus de confiance à son témoignage qu’au mien.
Dans son ouvrage sur le cancer, sir Éverard Home consacre un chapitre aux cas d’hydatides des mamelles, dontles symptômessont, à peu de chose pres , semblables à ceux des tumeurs qui deviennent cancéreuses. Il en rapporte deux observations. Dans l’une et l’autre , la maladie était occasionnée par une hydatide : la première contenait un fluide séro-sanguinolent, dont l’enveloppe , membrane fine, était confondue dans la glande de la mamelle (1); dans l’autre, l’hydatide était plus volumineuse > et son kyste n’était pas plus épais que la plus fine mousseline : telles sont les réflexions de l’auteur à ce sujet.
« Ces deux cas d’hydatides simples, qui ne présentaient aucune autre altération de tissu, m'ont déterminé’a examiner avec attention ces hydatides qui se rencontrent quelquefois dans
eee
<-> (1) Nous avons vu un cas semblable , opéré par le pro-
fesseur Dugors sur une femme de Saint-Quentin. ( Note du traducteur.)
ae
les mamelles lorsque la glande affecte la marche cancéreuse : je serais porté a croire que ces hydatides ne font point partie du virus cancéreux ; qu’elles ne sont que des maladies accidentelles qui viennent compliquer celle qui existait déjà; et si desehydatides peuvent se développer dans l’état sain de la glande, à plus forte raison lorsoF la glande est affectée.
, Dans le Muséum huntérien, on voit plusieurs préparations de mamelles squirrheuses, remplies d’un nombre infini de petits kystes de cette espèce. Au nombre de ces tumeurs, 1l en est une du volume d’un œuf de poule, à la surface de laquelle on remarque une excroissance fongueuse, dont la surface est tout-a-fait lisse. Il est donc probable que la tumeur fait des progrès vers le point ou elle éprouve le moins de résistance, et qu ’elle est étr angere a la formation des hydatides.
» Jusqu’alors j'avais cru que ces kystes contenaient une sécrétion cancéreuse, fournie par les différens points de la tumeur avec laquelle ils étaient adhérens, et que la-formation de ces kystes était non - seulement subséquente à la tumeur, mais qu'elle était encore une preuve incontestable de sa virulence et de la période avancée de la maladie. »
C’est avec peine que je diffère d'une autorité
aussi imposante; mais comme la question ne doit être décidée que par les faits, j'espère échapper au reproche de présomption, en établissant mon opinion sur les faits même que ces auteurs me présentent. Si mes raisonnemens sont justes, ceux de sir Éverard Home sont insoutenables. Les changemens intérieurs des hydatides conservées dans le Muséum huntérien me conduisent naturellement à une conséquence toute opposée à celle de l’auteur; elle fournit, selon moi, une excellente preuve des rapports qui existent entre les hydatides et le cancer. Les pieces du proces sont devant le lecteur, c’est a lui de décider.
Il me reste des faits à rapporter du même auteur, qui me paraissent se rapprocher encore davantage de la question : ils indiquent de quelle manière cette affection se propage, et semblent nous ramener, par une série de preuves, ausysteme lymphatique, comme à la source prolifique de la plupart des désorganisations les plus formidables.
« Une violence extérieure détermine un sarcocèle, le malade meurt; l’état des parties était tel que l’on ne put hasarder l'opération lorsque Hunter fut appelé.
» Examinées après la mort, les parties malades étaient entièrement détruites, ainsi que le cor-
don spermatique du côté gauche; 1! existait, du côté droit, une petite tumeur qui s'élevait des os pubis.
» Les glandes lymphatiques des pubis et des aines formaient, de chaque côté de cette région, deux larges tumeurs.
» Les glandes de l’abdomen, depuis celles des pubis jusqu’aux muscles psoas; celles des résions latérales supérieures partageaient la même affection; les unes étaient purulentes et les autres n’étaient pas encore parvenues a ce point.
-» Du côté droit de la colonne épinière, toutes lesglandes étaientmalades, jusqu’ au réservoir du chyle; mais aucune d'elles n’était de beaucoup augmentée de volume. Du côté gauche, existait une large tumeur au-dessous du pancréas, adhérente à l’épiploon et au duodénum. Elle paraissait être formée par une glande lymphatique passée à l’état morbide.
» Sous l’incision, ces glandes présentaient une substance analogue au fromage délayé ; d’autres formaient des kystes contenant une matière blanchâtre teinte de sang ; celles qui étaient le plus près des pubis avaient la couleur et la consistance de la crême. »
Dans un autre cas de cancer de la tunica vaginalis testis, on trouve des faits encore plus convaincans : l’opération fut faite par Hunter.
« Après l'opération, la cicatrisation des par- ‘ties marcha rapidement ; mais, au bout de quelques mois , il survint de la tuméfaction dans la région inférieure gauche de I’ abdomen : on RAR les bains de mer, qui ne furent d'aucune utilité; l'enflure augmenta, le malade s’aflaiblit, la fièvre étique survint et la mort.
» À l'ouverture du cadavre, on trouva de larges masses semblables à du lait coagulé, mêlé de sérum. Ces masses s’étendaient tout le long du côté gauche, depuis les lombes jusqu'au diaphragme; l’épiploon contenait une grosse tumeur qui adhérait au colon, à l'estomac et aux autres viscères. |
» Le foie était parsemé de petits corps blancs du volume d’un haricot et de même tissu; le cordon spermatique était épaissi par une matière de même nature. » :
On s’est servi des observations de Hunter sur le moded’adhérence dansles cas d’inflammation, pour expliquer les changemens de tissu et les générations morbides : cette manière d’envisager les choses n’était certainement pas celle de l’auteur. Ses idées sur la propriété dont jouit la lymphe coagulable, de se transformer en tissu vasculaire lorsqu’elle se trouve mêlée avec du sang, ont été développées d’une maniere admirable par les belles expériences de sir Éverard
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Home : c’est à l’action quis’opere dans ce phenomène que les auteurs ont eu recours pour expliquer l’origine et les particularités qui se font remarquer dans le développement et dans le tissu des tumeurs. J’ai déja combattu cette opinion ; j’ajouterai ici l'autorité de Hunter luimême, qui s’est tres-clairement expliqué à ce sujet. On a oublié les limites dans lesquelles 1l s’est renfermé, et c’est fort mal-à-propos que Von a étendu ce phénomène aux choses qu’il savait bien n’étre point susceptibles d’en recevoir l'application. Quelques extraits de ce grand ouvrage sufliront pour dissiper tous les doutes à cet égard (1).
Il remarque « qu’il n’y a point de suppuration qui ne soit précédée d’inflammation ; que, quoique l’on rencontre des collections de matières étrangères semblables au pus en différentes parties du corps, cette matière étrangère n’est pas du pus; que la plupart des tumeurs indolentes, la tuméfaction des glandes lymphatiques, Venflure de diverses parties du corps, sont des épaississemens morbides sans inflammation visible; que le contenu de diverses tumeurs enkystées , la matière de la plupart des suppurations scrophuleuses, telles
(1) Voyez Trans. philos., 1818.
que celles des glandes lymphatiques ; les suppurations de la plupart des articulations du pied , de la main, du genou, appelées tumeurs blanches; celles de la cuisse, de la hanche, des lombes, que l’on désigne sous le nom d’abces lombaires ; Vexcrétion puriforme des tubercules du poumon , ainsi que celle des tubercules des autres parties du corps, sont par-tout des matières formées sans aucune inflammation sensible antécédente, etne sont, sous aucun rapport, semblables à aucune autre. Ces tumeurs, dit:l,sedéveloppent d’unemanière insensible : le premier symptôme qu’elles présentent se borne à la tuméfaction, résultat de l’épaississement. Il n’en est pas de même dans les cas de tumeurs inflammatoires, dont le premier signe est la sensibilité (1). »
Ce n’est pas tant pour faire connaître lopinion de Hunter sur les désorganisations que nous l’avons cité, que pour prouver qu'il avait très-bien observé que ces affections ne sont le résultat d'aucune inflammation ; car il dit d’une manière très-claire et très-positive que toutes ces formations de tumeurs morbides ne sont point précédées d’inflammation ; qu’elles n’en peuvent être la conséquence ; qu'elles se res-