DU MODE DE DEVELOPPEMENT DES TUBERCULES PULMONAIRES
Pour faciliter l'intelligence du sujet traité dans cette partie de l'ouvrage, jai cru devoir rappeler les propositions principales contenues dans le premier volume. Elles sont le résultat des comparaisons que j'ai eu Occasion de faire entre la marche de cette affection chez l’homme et celle qu’elle affecte chez les animaux. Ce moyen d'investigation est le seul convenable pour parvenir à la découverte de la vérité dans un sujet de cette nature : il est bien certain que
si l'anatomie comparée était plus généralement cultivée, on aurait sur les affections de tissus des
connaissances plus complètes. C'est à tort que l’'ons’imaginerait que cette espèce d’ étude serait sans application sur l'espèce humaine. L’identité est si grande dans tous les points essentiels de l’organisation, que l’on retrouve dansles maladies, même dans les dégénérescences qui attaquent les muscles, les membranes, les poumons, les osde la vache et du cheval, tous les caracteres que présentent les mêmes affections qui s emparent des organes semblables chez l'homme.
Ma conviction est si intime à cet égard, que ‘je me garderais bien de croire que les hôpitaux et les salles de dissections soient les lieux les plus convenables pour acquérir des connais sances positives sur la marche des transformations morbides. Quand on ne connaît la maladie que pour l'avoir examinée après que le malade a succombé à ses ravages, on est loin de se faire une idée des caractères presque imperceptibles qu’elle présente à sa naissance. Si l’on n’a point recours aux moyens propres à rectifier les notions fausses qui résultent de l'examen d’une affection qui change d’aspect et de forme dans les différentes périodes de sa marche, on est tout naturellement porté à considérer ses différens caractères comme autant d’affections distinctes, auxquelles on attribue une origine différente et à chacune desquelles on assigne
un nom différent. Telle est, j’en suis persuadé, la cause des nombreuses erreurs de nos auteurs et de ceux du Continent.
Comme la plupart des doctrines que je me propose d'examiner sont fondées sur les caracteres différens que présentent ces affections, caracteres tout-à-fait illusoires, j’ai pensé que ce sujet n'en devenait que plus important à traiter, et méritait plus d'attention que jamais.
J'ai embrassé cette tâche avec zèle non-seulement parce que j y suis personnellement intéressé, mais parce que l’on peut en obtenir les résultats les plus favorables sur l'origme de la plupart des désorganisations. Si le lecteur nest pas disposé à m'accorder l'attention que je lui demande, je perds tout espoir de le convaincre : c’est qu'il voudra se refuser aux meilleures preuves que le sujet soit susceptible de recevoir, et je ne vois pas d’autre moyen de dissiper ses erreurs.
Les propositions suivantes sont, en quelque sorte, le corollaire du volume précédent;; elles serviront à confirmer celles que je me propose d'ajouter dans ce volume, et en même temps à faire comprendre quelques détails, qui, autrement, seraient obscurs et peut-être imintelligibles :
Je soutiens que les tubercules existent
dans presque tous les tissus du corps; que leur origine et leur caractère essentiel sont probablement par-tout les mêmes, en quelque endroit qu’on les rencontre ;
2°. Que les tubercules, à leur origine, sont de petits corps vésiculaires, c'est-à-dire des hydatides contenant du fluide (1);
3°. Que ces corps éprouvent des transformations subséquentes, de la nature desquelles dépend leur caractère tuberculeux ; que ces transformations sont progressives et non uniformes ; que ce n’est que dans les corps les plus volumineux de cette espèce que l’on peut en distinguer les traces; qu’elles commencent par un point opaque, qui s’avance par différens degrés de solidité, et qu’à la fin la vésicule et la matière qu’elle renferme (le contenant et le contenu) se conyertissent en des substances très-différentes de ce qu’elles étaient dans leur origine ;
4°. Que c’est du volume , de la position relative et de la structure des tubercules amsi formés, que dépendent les caractères de la plupart