PARCS
(x) Je crois que cette expression doit être prise dans le sens de son étymologie (vessie contenant de Peau ), et'non dans le sens de son animalité : c’est ce que l’auteur donne à entendre en divers endroits de son ouvrage. (Note du traducteur.)
de ces horribles désorganisations auxquelles est sujet le corps humain ;
Qu’en considérant les transformations qu’éprouvent ces corps, on doit penser que l’état dans lequel on les trouve a été modifié par le temps qui s’est écoulé entre l’époque de leur naissance et le moment ou ils se présensentent à l'examen;
6°. Qu'il est rare que l’on ait occasion de voir les premiers linéamens de ces phénomènes morbides chez le sujet humain, parce que, généralement, ils sont déjà formés, et que le plus souvent ils ont perdu leur caractère élémentaire lors de la mort de l'individu, seule circonstance qui permette de faire des recherches sur les altenahione morbides ; | °. Que des tumeurs se forment par l’agreue de plusieurs tubercules ; que le caractère physique de ces corps est matériellement influencé par la position relative et parle contenu des parties élémentaires dont ils ont été formés; c'est-à-dire que la variété dans la disposition des parties élémentaires de la tumeur morbide donne lieu aux variétés correspon- A qu’elles présentent a l'examen;
°. Qw’ainsi la variété dans le caractere pese que <= tubercule, outumeur tuberculeuse, n’implique pas diversité d’origme, puisqu'il a été
démontré que des substances et des tissus de propriétés différentes se Sont rencontrés dans le même kyste; ce qui dénote simplement différentes gradations dans les changemens dont ces corps sont susceptibles.
9°. Que ces sortes de désorganisations ne sont point le produit d'aucune espèce d’inflammation; que, quoique linflammation puisse accompagner leur développement et modifier les symptômes qu’elles occasionnent, elle diffère cependant beaucoup, par son origine et par ses résultats, de celle qui attaque une partie same; que, dans le premier cas, l’inflammation doit être considérée comme l'effet, et dans le dernier cas comme la cause de l’altération de tissu.
Quel que soit le sentiment qu’aient fait naître les propositions précédentes, elles sont, je pense, exposées d’une manière assez claire pour faire comprendre mes idées sur le sujet en question. Quoique j'aie dès-à-présent des preuves suffisantes pour en démontrer l'exactitude générale, je remets à un autre moment à les mettre en évidence. Je n’ai placé ici ces propositions que comme une espèce de carte, qui présente au lecteur le chemin que nous avons à parcourir, afin qu'il m'avertisse si par hasard je m'eloignais de la bonne route. Je ne lui demanderai son assentiment que lorsque nous aurons
parcouru ensemble les différens stages de notre voyage, et qu il aura pu juger par lui-même si le terrain a été exploré avec soin. Il ne me reste plus qu’a lui demander une disposition d’esprit dégagée de toute prévention, de tout préjugé ; de ne point rejeter, avec trop de précipitation et sans examen, tout ce qui ne sera pas d’accord avec ses opinions préconçues. Nous allons maintenant examiner la marche des tubercules des poumons.
On classe ordinairement ces affections sous des titres distincts, afin de pouvoir les décrire dans leurs différentes périodes : s’il peut résulter quelque avantage de cette méthode, ellea été cause aussi de beaucoup de confusion, la plupart des écrivains ne s’accordant ni sur les caracteres, ni sur le nombre des différentes espèces, | ni sur les diverses périodes, ni sur la marche de ce genre de maladie.
Si la doctrine que je présente dans les propositions que j'ai rapportées était accueillie, on verrait disparaître ces contradictions, ces ambiguités ; elles seraient remplacées par une série de phénomènes en rapport les uns avec les autres, et avec la structure et les fonctions des parties dans lesquelles naissent les tubercules.
Il est utile, en beaucoup d’occasions, d’indiquer les diverses périodes de la formation des
ke
tubercules, et de désigner leurs différens caracteres par differens noms ; mais je m'abstiendrai, autant que possible, de le faire avant d’avoir établi, d’une manière claire et positive, la marche de ces désorganisations. Cette tache remplie, alors nous pourrons éviter les maux : que ex fœdere verborum et nominum se insinuaverant in intellectum (Bacon ).
Avant d’entrer dans les détails sur les tuber- | ‘cules du poumon, nous avons encore une remarque à faire. Lorsque cet organe ne contient qu'un petit nombre de tubercules, les symp- +tômes et les caractères morbides sont tres-différens de ceux qui accompagnent un grand nombre de ces corps. Dans le premier cas, les tubercules acquièrent un plus gros volume que dans l'autre, et c’est alors qu’il peut se rencontrér une vomique ou une tumeur, et quelquefois Pune et l’autre en même temps. Dans le dernier cas , qui est de beaucoup plus commun, le volume auquel peut atteindre le tubercule est nécessairement subordonné au nombre et à la position de ceux dont il est environné. S'ils se développent simultanément, lun ne saurait surpasser l’autre en grosseur : c’est pourquoi, dans des circonstances semblables, on rencontre généralement un certain nombre detubercules peu différens les uns des autres par leur volume;
ils se trouvent tres-rapprochés, même en contact; ils ont des caractères physiques différens, selon la nature et la période de leur marche, C'est cette marche de-la phthisie tuberculeuse commune que nous allons essayer de décrire.
Les tubercules du poumon, dans le premier stage, ne sont point reconnaissables au toucher, à cause de la délicatesse et de l’élasticité de leur tissu; mais en les examinant de pres, on reconnait que ce sont de petits corps transparens, vésiculaires, dont la surface luisante les fait distinguer du tissu qui les entoure. Ceux qui prennent naissance à la surface des membranes ressemblent, pour le volume et le caractère général, à ces incrustations globulaires qui garnissent les tiges et les feuilles de laigla— ciale (ice plant) : rarement on a Voccasion de les rencontrer a leur état primitif chez le sujet humain : c’est pourquoi, dans la plupart des descriptions qu’on en a faites, on les représente a une époque beaucoup plus avancée;maisalors les vésicules ont perdu leur mollesse, leur délicatesse ; leur transparence est altérée, elles ont augmenté de volume. Si lon passe les doigts légèrement sur la surface des poumons, on y éprouve distinctement une sensation granulaire. Les progrès de cette époque sont marqués par une augmentation de volume, une texture plus
ferme, et la perte totale de la transparence. On y remarque un corps Jaune, opaque : quelquefois, l’ulcération s’opère à cette époque et devient mortelle. Mais avant que ce funeste EVE nement ait lieu, il arrive que la plupart de ces vésicules font de plus grands progrès; qu’elles se montrent sous un aspect différent , elles continuent d'augmenter de volume , excepté cependant les cas où elles sont en contact les unes avec les autres. L’enveloppe de quelques-unes s’€paissit, se durcit et devient presque cartilagineuse ; en même temps que la substance qu'elle renferme varie en couleur et en consistance. D’autres procèdent d’une maniere différente : le fluide se condense en corps solide, d’une texture uniforme; l'enveloppe et la matière qu'elle contient se font à peine distinguer l’une de l’autre. Dans cet état, les poumons présentent, après la mort, les phénomènes suivans : quelques-uns des tubercules sont fermes, solides sous le scalpel; d’autres ont une enveloppe dense, contenant une substance caseuse, puriforme; d’autres, en partie détruits par les progres de Pulcération , présentent les débris de leur kyste ouvert au milieu des portions malades qui les environnent. C’est lorsqu'un grand nombre de ces tubercules étaient contigus avant que lulcération s’en fut emparée, qu'il se forme à
leur place ces fissures étendues, irrégulières , ces excavations profondes.
Pendant la marche de l'affection tuberculeuse, il se fait remarquer dans le tissu des poumons des changemens qu'il est important de noter. Dans le premier stage des tubercules soit dans le poumon ou ailleurs, les tissus environnans n’éprouvent que peu ou point d’altération. Le poumon conserve la vivacité de sa couleur, sa molle élasticité : rien n'indique que la circulation du sang, celle de l'air y aient été interceptées. 4
Mais à mesure que les tubercules augmentent de volume et de densité, qu’ils se rapprochent les uns des autres, le trouble des fonctions se manifeste; le sang est géné dans sa marche ; la respiration , d’ordinaire, en devient plus précipitée et plus laborieuse, sur-tout dans les cas d’ulcérations légères. Les conséquences en sont évidentes : le poumon acquiert plus de compacité , sa couleur est plus foncée; enfin il présente cette disposition que quelquesuns ont considérée comme l’indicede la maladie désignée sous le nom d’ hepatisation. Ce n’est pas ict le lieu d’examiner si cette affection est idiopathique ou non; mais, dans les cas que nous avons décrits, elle était manifestement occasionnée par la présence de corps étrangers qui
s'étaient développés dans le poumon. Sa couleur foncée et son induration augmentent en proportion de l'obstacle qui gêne l’exercice de ses fonctions.
Le tissu du poumon qui entoure les tubercules, plus dur, d’une couleur plus foncée, peut se trouver tout-à-fait oblitéré dans la circonstance actuelle : c'est ce qui a lieu toutes les fois que les tubercules ont augmenté de volume et se sont coalisés. Alorsils’est formé un nouveau tissu dense, solide, offrant ca et la des traces originaires de son caractère tuberculeux, jusqu'à l'exclusion totale de toute espèce de texture pulmonaire. On peut voir la marche de ce phénomène dans les planches Il et IV.
Dans la planche n°. V, sé trouve représentée la disposition de tissu désignée par les auteurs français sous le nom de melanosis , considérée par eux, ainsi que l'hépatisation, comme une variété distincte de l'affection du poumon. Je ne déciderai pas, quant à présent, sur ce point ; mais bien certainement elle coexiste avec les tubercules, et beaucoup plus souvent encore les tubercules existent sans hépatisation. Je pense donc qu'il ne faut considérer la mélanose que comme une déviation accidentelle des cas ordinaires et non comme une espèce distincte.
Les changemens de structure décrits plus
haut sont indiqués par des symptômes correspondans. Les tubercules, dans leur état primitif, existent souvent sans produire un trouble notable dans le système ; il se peut même, s'ils ne sont pas tres-nombreux, qu’ils passent à l’etat d’endurcissement sans presque donner de signes de leur existence. Cette assertion est fondée sur dés circonstances inattendues, où nous avons trouve de semblables tubercules ou tumeurs, solides , qui, pendant la vie, n’avaient donné lieu à aucun symptôme de la maladie. [lest à présumer que les tubercules totale ment durs ne sont pas susceptibles de passer à l’état de suppuration ; que ce dernier phénomène ne se fait remarquer que dans les tubercules qui n’étaient pas de nature à devenir solides. |
L’état de compacité pourrait étre, en quelque sorte, considéré comme une terminaison favorable des tubercules , autant toutefois que la vie peut être compatible avec leur existence. Il faut en excepter cependant les cas où ils occuperaient une grande portion des poumons, et ceux où ils occasionneraient l’adhérence des membranes : c’est à cette période de la marche des tubercules, entre l’époque de leur apparition et l’état que nous venons de mentionner , que se présentent tous les symptômes caracté-
ristiques de la phthisie tuberculeuse; c’est ce que nous tacherons de rendre sensible en con-tinuant d'exposer la marche de la maladie.
Le phthisique tuberculeux est pris d’une toux sans expectoration. Il éprouve, de temps à autre, de l’oppression vers la poitrine; un peu plus d’exercice qu’à l’ordinaire accélere la respiration; cet état peut exister pendant plusieurs mois, même plus long-temps, sans aucun autre signe apparent de la maladie. Ce que l’on appelle communément un rhume peut augmenter ces symptômes et les rendre permanens ; mais alors, chez le malade qui n’avait jamais expectoré, il survient des crachats de masses globulaires, jaunatres ou blanchatres, mélées de sang ; AE des gorgées de sang pur precèdent cette espèce d’expectoration. J’ai vu ce dernier symptôme se répéter plusieurs fois d’une manière alarmante; c'était dans un cas de destruction considérable du tissu pulmonaire par l'effet de l’endurcissement des tubercules. Quoique ce cas se soit terminé par la mort, jamais il n’y avait eu auparavant d’expectoration de matière tuberculeuse : c’est d’après ce cas et d’autres semblables que j'ai pensé que les tubercules , une fois devenus solides, ne s’ulcerent ni ne suppurent ultérieurement. ;
La nature de l’expectoration dont je viens de
parler est indice le plus certain de Vexistence des tubercules. Si l’un d’eux s’est ouvert, il doit faire présumer qu'il en existe d’autres dans le méme état, qui pomeront étre également expectorés. Les progres de la maladie sont en raison du nombre de ces corps et de la rapidité de leur rupture.
Quelquefois il se passe un temps assez considérable entre la rupture de chaque tubercule; même, après plusieurs accidens de cette espece, le malade peut encore se rétablir. L'induction que l’on doit tirer de ces sortes de cas, c’est que les tubercules étaient peu nombreux ; qu'ils n'étaient point de nature à tourner à suppuration, soit à cause de quelques circonstances favorables, soit que, par suite d’un traitement judicieux, les tubercules aient étéamenés à l’état indolent (quiescent), et se soïent endurcis.
Il serait tres -heureux, pour la plupart des individus affectés dercette maladie, que nous pussions lui donner une terminaison aussi favorable; mais le plus souvent, quand une fois la destruction s’est emparée des tubercules , elle marche avec rapidité par tous les Ue as al ” successifs qui V ie pene jusqu'à son terme fatal. | Le caractère et la quantité de matière expectorée varient beaucoup à différentes périodes de
la méme maladie. La matiere expectorée provenant d’un tubercule ( proprement dit ) ‘est différente de celle que sécrete la surface muqueuse malade, dont l’excitation est l’effet del’affection tuberculeuse. Le caractére purulent des crachats n’indique pas nécessairement, comme on le croit, la présence des tubercules; car la substance qu erenferment ces corps est trèssouvent loin d’être purulente. Ilest évident que ce signe, que l’on a établicomme une preuve de l'existence d’une affection tuberculeuse, est un signe trompeur. Le lecteur voudra bien se rappeler que je ne parle ici que de la matière contenue dans le tubercule lui-même , et non de celle que fournit la surface des tubercules ulcérés et qui se sont vidés, ni de la matière qui provient de l’état morbide des parties environnantes...
J'ai deja dit que la couleur brunatre , l’état d’induration du poumon, étaient probablement une affection plutôt symptomatique qu’idiopa- : thique. Cet état n’accompagne pas les tubercules à leur naissance, quoiqu’on l’observe plus ou moins bien caractérisé à mesure que les tubercules se développent. Quand Vinduration existe à une grande étendue autour des tubercules qui marchent vers leur décomposition , la couleur noire et le poumon affecté lui-même
semblent également pres de tomber en dissolution. L'aspect des tubercules dans un tel medium a été pris par quelques-uns pour un caractère spécifique de la maladie, tandis qu'il n’est réellement quaccidentel et accessoire.
Quand cet état existe à un degré considérable, la difficulté de respirer est généralement plus grande que quand il n’existe pas ; le plus souvent la face est livide, et particulierement le tour de la bouche; ce que l’on ne remarque pas dans les autres Cas.
La nature, le degré d’intensité de la douleur présentent beaucoup de variété dans la marche des maladies tuberculeuses : cette affection parcourt quelquefois toutes ses phases sans jamais occasionner, ou au moins tres-peu, de douleurs; d’autres fois, la rupture successive de chaque tubercule cause des douleurs profondes aiguës et déchirantes. Il n’est guère possible de prouver que ces douleurs soient occasionnées par la déchirure des tubercules; mais je pense qu'il en est ainsi, parce que les malades chez lesquels on n’a point trouve de ces lacérations ne s’étaient pas plaints de douleurs. Toujours est-il vrai que la douleur maccompagne jamais la marche des tubercules à l’état d’induration.
Quand les tubercules attaquent les membranes qui tapissent l'intérieur du thorax, et qu'ils ne
s'étendent pas en grand nombre sur les poumons, il en résulte, comme je l’ai fait voir dans le volume précédent, une variété de maladie dont l'issue est funeste, mais qui ne présente pas tous les symptômes caractéristiques des tubercules du poumon. Dans l’un et l'autre cas, la maladie est la même, quoique la partie affectée soit différente. La complication de ces deux maladies produit quelques symptômes particuliers qu'il est bon de faire connaître. |
Les tubercules de la plevre occasionnent quelquefois un épanchement dans la cavité A mais plus fréquemment des adhérences (accrétions) : ce dernier cas est accompagné de toux , dedyspnée, dela fréquence du pouls; maisil ne se fait point d’expectoration. Quand il existe en même temps des tubercules ulcères dans les poumons, c’est alors que l’expectoration de matière tuberculeuse , la fièvre hectique, etc., viennent ajouter à la série des symptômes précédemment énumérés.
Le mode de respirer est différent dans les cas où il existe des adhérences de la plevre : les épaules sont portées en avant; le mouvement des côtes ne se fait pas comme dans l’état naturel; toute la poitrine se meut à-la-fois ; la plupart des muscles du tronc sont mis en jeu en même temps; la percussion de la poitrine
‘produit des sons semblables a ceux d’un corps solide; les sons qu’elle rend sont toujours différens de ceux d’une poitrine saine; il se fait également remarquer une différence très-sensible lorsque les poumons sont affectés et qu’il n’y a point d’adhérences des membranes (1).
Les poumons se présentent sous un autre aspect chez les malades qui succombent a la consomption pulmonaire. Je me suis borné à ne -dire sur ce point que ce qui était absolument nécessaire, n’ayant d'autre intention que de représenter d’une maniere exacte et fidèle la marche des tubercules dégagée, autant que possible, de tout ce qui pourrait en embarrasser la description. |
Lorsqu'un individu affecté de tubercules succombe à une autre maladie avant que la premiere soit parvenue à son cours ordinaire, il arrive quelquefois que les poumons présentent des tubercules de caractères différens, ayant subi les divers changemens que j'ai décrits. Ra- -rement on trouve de ces exemples sur le sujet humain ; j’en ai cependant observé plusieurs de cette espèce. Je soumets l’observation suivante à l'examen attentif du lecteur. |
(1) Ce mode d’investigationremonte, au moins, autem ps
d’Hippocrate.
J'ai donné des soins à un garcon de treize ans attaqué de symptômes pulmonaires : quoi.
que menacans, je ne les croyais pas de nature à ‘compromettre la vie du malade. Tel était son état : maigreur; teint pale; respiration précipitée; pouls très-facilement accéléré par un léger exercice; toux fréquente; peu d’expectoration. Dans cet état, le jeune malade fut saisi tout-à-coup de symptômes d’aflection cérébrale ; il s'agitait beaucoup sans avoir le sentiment de ce qu’il faisait ni de ce qui se passait autour de lui; aussitôt apres, il tombait dans un état comateux. Malgré l'emploi de moyens très-actifs pour le sauver, il mourut en quelques jours. Cependant ayant repris sa connaissance quelques instans avant d’expirer, il avait parle aux personnes qui Pentouraient ( décembre 1819.) 3
Le corps ayant été examiné le jour suivant , je dirigeait mon attention d’abord vers l’état du “thorax; j'y rencontrai un ‘exemple frappant dont j'avais déja donné la description. IL exis- “tait des adhérences dans la presque totalité de la poitrine, mais moins fortes qu’elles ne le sont d'ordinaire à une époque plus avancée du stage tuberculeux. En examinantla plevre, jevisqu elle était parsemée, spécialement dans sa portion supérieure, d’une quantité innombrable de petits
corps, dont la plupart n’étaient pas si gros que la téte d’une épingle. Ils étaient parfaitement transparens et brillaient à la surface de la mémbrane. Sur une autre portion de la plevre pulmonaire je trouvai un tubercule pédiculé (pendulous), duvolumed’un pois, dont lékyste épais contenait une matière caseuse. Ce corps est représenté, planche n°. IE. |
Ces vésicules transparentes étaient également en grand nombre dans la substance du poumon; ‘mais elles n’existaient pas toutes dans leur forme primitive ou élémentaire: elles se faisaientremarquer dans les différentes phases de leur marche progressive. Daris les endroits où on les rencontrait à leur état originaire, n1 la substance du poumon ni celle de ses membranes n'en ‘étaient sensiblément altérées ; mais la texture du poumon était changée par-tout où les tubercules étaient parvenus à des degrés plus avancés. Quelques-uns, qui avaient perdu leur transparence, étaient du volume d’un grain de millet; d’autres, beaucoup plus gros et d’une consistance solide et uniforme ; d’autres offraient moins d@’uniformité dans leur coloration et dans leur texture : quelques-uns, qui s’étaient vides, ne présentaient plus que leur enveloppe, des kystes vides; d’autres, qui s'étaient durcis , coalisés, offraient un tissu dense, jaunatre,
tout-à-fait étranger à celui du tissu originaire du poumon.
De tout l'organe il ne restait qu’une portion saine; mais dans les endroits où les tubercules étaient le plus nombreux, le tissu, d’une couleur pourprée,*€tait plus compacte; et enfin, sur les points où les tubercules étaient très-rapprochés les uns des autres, on ne rencontrait plus la texture du poumon. Les planches n°. If et I, où sont représentées ces différences de tissu, en rendront la description plus claire et plus intelligible.
A l'ouverture du crane, on trouva de l’eau dans les ventricules ; les veines dela pie-mere étaient très-développées, et la dure - mère paraissait un peu plus épaisse sur l'hémisphère droit.
Le cas précédent nous présente un exemple de maladie tuberculeuse interrompue dans sa marche par une affection du cerveau. C’est à cette circonstance inattendue que nous devons l’occasion qui s’est présentée, d'examiner la maladie dont il avait été fait mention, dans ses formes les plus favorables, pour éclaircir et confirmer la description que nous avons donnée, dans le premier volume, du développement et de la marche des tubercules.
Il est impossible de décrire minutieusement toutes les variétés de formes et d’aspects sous
lesquels peuvent se présenter les tubercules, surtout la structure et la disposition de ces masses morbides; cependantil en est une qui se présente si communément, qu’elle mérite d’être notée.
Quand les tubercules, originairement mous et circulaires, croissent, augmentent de volume, se pressent mutuellement les uns contre les autres , 1ls perdent, par ce contact, leur caractere globulaire ; les lignes qui les divisent entre eux , autant qu'elles peuvent être tracées, sont angulaires : de sorte qu'au lieu de cercles on trouve des carrés ou des figures de différentes espèces. Cette disposition est représentée planche V. Le même phénomène sera plus amplement détaillé dans Vobservation suivante. — Les maladies tuberculeuses font a priori des progrès beaucoup plus grands qu’on ne pense.
La quatrieme planche offre un exemple de ce que je veux exprimer. La dame qui a fourni le sujet de ce cas n'avait jamais eu aucun signe caractéristique de maladie du poumon. Les symptomes étaient plutôt ceux d’une affection del’estomac et d’un resserrement de lcesophage : ce dernier symptôme avait exigé l'introduction assez fréquente d’une bougie dans Porifice de ce canal. Quelques semaines avant la mort, il survint des symptômes de pneumonie. Les saignées fréquentes et copieuses produisirent peu
d'effet; Vexpectoration était facile ; mais la dyspnée devint extrémement fatigante, et la malade mourut malgré tous les soins qu'on lui avait prodigués. A l'examen des poumons, je trouvai des marques évidentes, mais non prévues, d’une maladie qui existait depuis longtemps. Presque toute la portion postérieure du poumon était changée en une substance dure et comme cartilagineuse.
Dans l'endroit le plus compacte, le caractère tuberculeux était effacé; mais il reparaissait eraduellement, à mesure que l’on s’éloignait de ce point , jusqu à ce qu’enfin la figure et la circonscription des tubercules devinssent parfaitement distinctes. Ces différentes nuances tuberculeuses ont été exactement représentées sur la planche n°. IV. Quelques-uns de ceux qui avaient conservé leur forme étaient durs, d’autres n'étaient pas complétement solides, et d’autres, pendant Pacces inflammatoire, s'étant ouverts , leur enveloppe épaisse se présentait, sous forme d’excavations, en divers points de la partie malade. Dans d’autres endroits , on remarquait des corps d'un rouge foncé , et d’autres presque noirs. Mais comme il n’y avait pas le moindre rétrécissement du côté de Foœsophage, je fus alors convaincu que la difficulté de la déglutition était occasionnée par la com-
| 307 pression qu'exercait la masse de tubercules solides, plus haut décrite, sur le point même ou elle était contigue a l’cesophage.
Le rein droit était augmenté de volume, et présentait une surface ondulée. Divisé en deux, sur sa longueur on remarquait le changement total dans l’organisation de son tissu originaire en une masse de kystes remplis d’une substance blanche, onctueuse , molle , ressemblant beaucoup à la pâte de terre de pipe.
Le cas précédent répand un nouveau jour sur la marche progressive des tubercules, et fortifie encore la proposition que j'ai avancée, et que je désire imprimer dans Vesprit du lecteur : c'est que les tubercules peuvent avoir déjà fait beaucoup de progrès sans avoir donné aucun signe de leur existence. Ordinairement, lorsqu'une grande portion des cellules du poumon se trouve oblitérée par des tubercules solides, la mort doit en étre tot ou tard la conséquence ; mais cet événement n’a point lieu de la même manière que dans la consomption pulmonaire ; il n'y a ni expectoration, ni fièvre hectique , ni aucun des autres signes qui accompagnent Pulceration des tubercules.
Si j'en excepte ce quia rapport aux premières phases du développement des tubereules , je suis fortement appuyé, dans tout ce que yar dit, par
les observateurs les plus exacts eu pathologie.
i] est vrai que les inductions que j'ai tirées de mes remarques ne s'accordent point avec les opinions généralement reçues ; cependant j'espère que cette différence ne sera pas un motif suffisant pour faire rejeter mes principes. L’observateur impartial, examinant les faits , ne se laisse point entrainer par l'autorité des noms, avant d’avoir vérifié avec attention les preuves qu'on lui soumet. Si lon suit cette marche, c’est tout ce que je puis demander et désirer ; car la vérité ne peut manquer d’être le résultat d’une impartiale investigation. |
Jene doute pas que ceux qui n’ont vu la maladie que dans ses derniers stages, qui ne l'ont jamais remarquée telle que je lai vue lors de son invasion, et telle que je lai décrite, ne soient disposés à croire qu'elle n’a jamais existe. Cependant cette conclusion serait des plus injustes ; elle serait en opposition avec les faits, et contraire a toute espece d’analogie.
Pourquoi voudrait-on rejeter un principe admis sans difficulté dans toutes les opérations du règne végétal et animal, lorsqu'on l’applique aux maladies de l’homme ? La plupart des doctrines pathologiques du jour tendent à faire croire que presque toutes les désorganisations sont formées spontanément ou déposées dans
l'état ou nous les voyons apres la mort, parce que Von n’a aucune notion de leur condition première , ni de leur marche subséquente. Les écrivains qui ne sont pas tombés dans la même erreur en ontembrassénneautre, quin’est, sans doute, pas moins défavorable aux progrès de la science. Ils renversent l’ordre de la nature, en plaçant au premier rang ce qui devrait être au dernier, et au dernier ce qui devrait être au premier. [ls ont cherché à expliquer la formation des kystes par une opération absolument impossible. Ils ont supposé que ces corps étaient formés par le concours d’un épanchement de matière coagulable et par l’action particulière des vaisseaux de la partie où ils prennent naissance.
Une telle erreur n’a pu prendre sa source, d’une part, que dans des hypothèses conçues et adoptées avec précipitation , et de l’autre dans l'immense différence que présentent les désorganisations, comparées à leur état primitif. fl est encore une autre erreur qui a retardé, même arrêté la marche de la médecine dans les cas de maladies dont nous parlons. C’est que l’on crow généralement que la partie où réside le changement morbide modifie et détermine sa nature.
Ainsi on nous dit qu'il y a un tubercule pour le poumon, un autre pour le foie, un autre pour
les membranes, etc. Cette opinion, quoiqueayant un air de vérité, est extrémement fallacieuse.
Les symptomes et le cours de la maladie tuberculeuse sont, il est vrai, matériellement influencés par la partie où elle se développe; mais Vorigine du tubercule lui-même est déterminée par les lois générales inhérentes aux propriétés essentielles et fondamentales des êtres animés.
‘I serait d’une grande conséquence pour moi si je parvenais à donner au lecteur une idée précise sur cepoint important. Signaler une erreur est déjà un pas de fait vers la vérité. Si les preuves que j'ai recueillies n'étaient pas suflisantes pour justifier l’opinion que je soutiens, elles serviraient au moins à établir cette conviction, qu’elle n’a point été adoptée témérairement, nia lalégere.
J'ajouterai aux observations que j'ai deja rapportées à une autre époque les deux faits suivans. Dans le premier , nous verrons la marche des tubercules dans le foie; dans le second cas, lamarche de la même maladie dans le mésentere et sur les membranes séreuses. Le sujet de la première observation étant mort accidentellement, l’occasion pour éclaircir la question était plus favorable que s'il ett succombé au cours ordinaire de la maladie.
A l’ouverture de l'abdomen , on trouva une
quantite considérable de sérum. L’ épiploon était très-épais et rempli de tubercules ; le foie présentait des inégalités à sa surface, occasionnées par la présence d’un grand nombre de ces corps. Coupée par tranches, la substance du foie offrait des variétés très-remarquables dans son tissu. Quelques-uns des tubercules étaient extrèmement petits, on ne pouvait les voir distinctement qu'au moyen d'une loupe. D’autres variaient en grosseur , depuis le plus petit pois jusqu'au volume d’un marron; quelques-uns étaient solides, d’un jaune clair ; d'autres contenaient une matière brundtre, d’autres une matière pulpeuse comme du cerveau broyé; d’autres, enfin, avaient conservé les traces très-décidées du caractere hydatique. Une autre portion de l'organe malade présentait une disposition que j'ai deja décrite, et qui se rencontre quelquefois dans les poumons par suite d'un arrangement particulier des tubercules dans cet organe. Dans le foie, les tubercules, réunis, formaient une substance approchant, pour la densité, de celle du squirrhe ; en quelques points , il était impossible d'en de-
terminer les limites; mais dans d'autres , au lieu
de présenter leur forme circulaire primitive, leur contour ne dessinait plus que des angles et
des lignes droites.
La planche n°. V représente cette disposition
de la manière la plus exacte. On y voit une hyda~ tide volumineuse récemment ouverte; le kyste, épais, d’un blanc luisant, contenait une matière consistante d’une couleur brune ; autour et dessus ce kyste se remarquaient des tubercules renfermant des substances de diverses natures ; plus loin, s’effacait graduellement le caractère tuberculeux; plus loin encore, les traces du caractere primitif des tubercules se faisaient LU marquer par des divisions rectilignes. Dans la coupe d'une autre portion du foie, les tubercules, dans un état moins avancé, étaient en grand nombre, très-distincis, mais non solides ; ils contenaient un fluide d’un jaune clair, purulent, + qui exsudait des surfaces coupées, et en tout analogue a celui quise fait remarquer sur la coupe’ des poumons affectés de la même maladie.
Deuxième observation. W.M., agé de huit ans, commença a se plaindre de douleurs et de gonflement de l’abdomen , environ huit mois après avoir eu la rougeole. Lorsque je vis le malade, le ventre avait déjà acquis un volume considérable, mais sans être très-dur. Les tégumens qui entourent l’ombilic étaient mous, fluctuans et d'un rouge brun comme chez Henri Hyggins (premier volume). Je m'attendais, comme dans ce dernier cas, que les tégumens s’ouvriraient pour livrer passage au fluide qu'ils retenaient.
Je ne doutais point, d’après le caractère de la maladie, de l’existence de tubercules et d’adherences dans la cavité abdominale, excepté dans l'endroit tuméfié. Cependant il ne se fit pas d'ouverture extérieure ; mais il avait du s’éta— * blir une communication entre la cavité abdominale et quelque portion du canal alimentaire ; car une grande quantité de matiere jaune puriforme s’était frayé un chemin par l'anus, et ces déjections furent suivies d’une diminution manifeste dans le volume du ventre. Il n'y a pas le moindre doute que c’est à ces évacuations que * le malade dut quelque soulagement, n'ayant pas éprouvé la plupart des symptômes affligeans qui accompagnent d'ordinaire de semblables désorganisations , lorsque ces sortes d’évacua-
tions n’ont pas lieu.
Il continua de mener une vie languissante jusqu'à complète émaciation ; quelques jours avant la mort, le devant de la poitrine et de l'abdomen se couvrait de pétéchies. L’examen cadavérique et les dissections furent soigneusement exécutés en présence de M. John Fosbroke. A ouverture de l'abdomen, on trouva le péritoine qui tapisse cette cavité totalement épaissi et hérissé de tubercules jaunatres, de différentes grosseurs. Sous l’ombilic, un peu du côté de la région hypogastrique, existait une
poche formée par Vadhérence des intestins avec la face péritonéale des parois abdominales; les deux surfaces en contact étaient couvertes de tubercules, dont la plupart étaient passés à l’état d'ulcération. La matière qui s'était accumulée, dans cette cavité malade avait détruit, par son séjour, la texture d’une portion del’intestin , elle s était frayé un chemin dans l’intérieur de ce canal, et de là par l'anus. En continuant d’examiner le reste de l'abdomen, on trouva des tubercules à différens stages, de différens volumes, et en différentes combinaisons à l'égard des uns et des autres ; les uns étaient à la surface, les autres enfoncés dans le tissu des visceres.
Je prendrai une portion du mésocolon pour expliquer la disposition dont je veux parler : jy trouvai plusieurs tubercules dans un état de semi-transparence, peu avancés au-delà de leur caractère vésiculaire primitif. Hs paraissaient étreadhérens avec les lymphatiques, dont la plupart étaient fort augmentés de volume. On en trouva un certain nombre en contact avec ceux qui étaient complétement transformés en corps solides , tandis que d’autres contenatent encore une matière épaisse de la consistance du fromage, d'où l’on pouvait facilement lexprimer. Dans ceux où l’endurcissement était parfait, la forme du kyste était moms évidente; la
contusion des substances tant contenues que contenantes était complete. Une autre variété était occasionnée par le développement simultané des tubercules; une masse jaune , oblongue , irresulière, était adhérente à la précédente : cette disposition a donné lieu à l’espèce d'affection dont la plupart des écrivains attribuent Porigine au dépôt de matière scrophaleuse ou tuberculeuse.
J'ai vu souvent de grosses masses de cette matiere sur les intestins et sur le péritoine ; et je n’hésite pas de dire que l’origine qu’on ui attribue est fausse. J’eus l’occasion , le meme jour, d’éclaircir complétement ce point, et je me sens fortement autorisé à reproduire ma première assertion à ce sujet : c’est-à-dire que ces phénomenes ne sont nullement produits par ce que l’on appelle dépôt ou matière déposée, mais bien par l'agrégation, la coalition destubercules ; ceuxci s'étant accrus, développés les uns près des autres , ‘ayant augmenté simultanément de volume , avaient fini par s’unir ensemble d’une manière si intime , qu’ils semblaient, à un examen superficiel , avoir perdu leur caractere et leur propriété originaire.
Je m'étais précédemment appuyé de lobservation de ces faits, pour expliquer l’accroissement et le caractère physique de ces tumeurs :
c’est ainsi que j'avais établi en principe ce qui est parfaitement d'accord avec le phénomène.
La masse irrégulière que nous trouvames devait la disposition de son tissu à celle des tubercules ; ceux-ci, en augmentant de volume , se trouvant plus rapprochés, plus pressés les uns contre les autres, perdent leur forme circulaire , primitivement bien déterminée ; les cercles qui d’abord les séparaient les uns des autres disparaissent aussi avec le temps, et quand on examine ces sortes de dégénérations , toutes les traces de leur origine tuberculeuse se trouvent effacées.
De là ces substances squirrheuses ou cartilagineuses, entrecoupées de septums de diverses consistances , que l’on peut considérer comme les seuls vestiges restans du caractère élémentaire de la maladie.
On pourrait croire , au premier apercu , que les phénomènes que nous venons de décrire ne sont que le produit de imagination: heureusement que les faits qui en justifient l’exactitude ne se bornent pas à ceux que nous venons d’exposer ; nous les avons rencontrés dans de semblables désorganisations du foie. Un grand nombre de tubercules circulaires, parfaitement distincts, faisaient saillie à la surface de cet organe; quelques-uns n’étaient pas plus gros que la tête
d’une épingle , d’autres du volume d’un pois ; le kyste de quelques-uns était mou; d’autres entièrement consolidés. Au milieu de cette masse tuberculeuse, on remarquait une tumeur d'une forme irrégulière , au centre de laquelle se trouvait un corps ovoide, qui, lui-même, était entouré d’autres plus petits, d’une densité cartilagineuse, présentant des divisions rectilignes.
À quelque distance de cette désorganisation complexe, d’autres corpsisolés conservaient leur caractère tuberculeux primitif de la manière la plus parfaite. Parmi ceux-ci, se remarquaient les débris d’un Kyste appartenant à une hydatide accidentellement ouverte par l’incision des parties.
La face externe de la rate était parsemée d’un grand nombre de petites hydatides, à-peu-près du volume d’un grain de millet, brillantes et d’une couleur jaunatre. Les vaisseaux lymphatiques de la rate étaient tellement augmentés de volume, qu’on les distinguait facilement à l'œil nu. C'est particulièrement sur les bifurcations de ces lacis de vaisseaux que se faisaient remarquer ces corps vésiculaires transparens.
Ce qui est assez rare dans les cas de cette espèce, c'est que la maladie n’avait attaqué la cavité thoracique qu’a un tres-léger degré. On trouva quelques tubercules du yolume d’un
grain ce millet dans le lobe droit du poumon. Sur le lobe moyen du côté gauche, au point où il s'étend sur le péricarde, se trouvait un tubercule solide, d’une forme oblongue, du volume d’un grain d’orge ; aux autres portions de membranes étaient fixés de semblables tubercules, dont plusieurs étaient du volume d’une noisette. Il n'existait point d’épanchement dans la cavite du thorax , ni aucun signe inflammatoire , soit près des tubercules , ni ailleurs.
Les cas et les observations précédemment rapportés ont pour objet de donner une idée exacte de la marche des tubercules. Les phenomenes de leur développement et les accidens qui accompagnent leur existence deviendront plus manifestes encore d’apres l'exposé des faits que nous allons rapporter.
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