‹ Recherches, observations et expériences sur le développement naturel et artificiel des maladies turberculeusesChapitre 3 sur 34 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DES CONCRÉTIONS TUBERCULEUSES DU PÉRITOINE ; DES- CRIPTION DE CETTE MALADIE; OBSERVATIONS CLI- NIQUES ET CADAVERIQUES.

Pan leurs connexions ; leurs rapports avec les principaux viscéres, les membranes séreuses dans l’état de maladie produisent des effets aussi variés qu'importans à connaître. Les symptômes de l'affection aiguë de ces membranes se trouvent par-tout généralement bien décrits ; mais i] est un autre genre d’affection, déterminé par une altération de tissu d’un caractère particulier, dont les symptômes, jusqu’à présent, n’ont point été tracés d'une manière exacte. La première partie de cet ouvrage a

pour objet de remplir cette lacune en ce qui concerne le péritoine et la plevre. |

Les symptômes que je me propose de decrire sont des plus alarmans. Dans l’état actuel de nos connaissances, aucun remede, que je sache, n'a pu subjuguer cette maladie généralement mortelle.

Si l'on ajoute à cette triste vérité l’intime conviction qu'une prompte vigilance seule peut prévenir des maux contre lesquels échouent tous les secours de notre art, quelque bien dirigés qu'ils soient , on sentira combien il est important d’être à même d’en saisir les premiers symptômes pour les combattre avec plus de chance de succes.

J'ai rencontré un assez grand nombre de cas de cette maladie pour croire qu’elle n'est pas rare, Divers ouvrages font mention des caractères qui lui appartiennent ; mais la description des symptômes qui les accompagnent ne se trouve presque nulle part.

J'ai eu occasion d’observer ce genre d’affection chez des individus de tous les âges; je V’ai rencontré plus souvent chez les femmes que chez les hommes : sujettes à un plus erand nombre d’infirmités, peut-être que les femmes savent mieux souffrir et supporter la douleur sans se plaindre; car généralement, lorsqu elles

appellent du secours, la maladie a déjà fait les plus grands progrès. | |

Cette maladie s'annonce par la sensibilité et la distension de l'abdomen , accompagnées de nausées et de vomissemens. Quelquefois à cet état se joint la constipation, le plus souvent un état contraire. C’est à cette premiere période, les symptômes n'étant pas encore trés-violens, que la maladie est négligée ; mais si alors elle n'est pas reconnue et arrêtée dans son cours, plus tard il est probable que toute tentative deviendrait inutile.

Telle est la marche ordinaire de cette affection : irrégularité toujours croissante de l’action intestinale; sensibilité, tuméfaction de Pabdomen plus intenses; perte d’appétit; la fréquence du pouls augmente; la face se grippe, le teint palit, les lèvres se sèchent, se gercent; la langue est quelquefois d’un rouge vif comme dans le diabétès, d’autres fois elle est couverte d’un mucus épais , blanchâtre; les muscles s’affaiblissent, les forces décroissent rapidement. J'ai vu dans ces sortes de cas la maigreur portée à un degré plus considérable qu’en aucune autre espèce de maladie. La peau reste sèche, écailleuse, jusque vers la dernière période; l'urine est en petite quantité, quelquefois limpide, le plus souvent épaisse. Si la toux n’existe

pas depuis Pimvasion de la maladie, elle s’annonce à cette époque; mais ce symptôme ne saurait étre considéré comme diagnostic, parce que son existence , comme on le verra plus tard, ne dépend que de l'extension du mal, qui du péritoine s’est propagé jusqu’à la plèvre et aux poumons.

Vers la fin, il survient de l’enflure aux membres abdominaux; elle se borne quelquefois a un seul côté. L’exploration attentive de l’'abdomen communique au toucher la sensation d’une tumeur ; les parois abdominales ne glissent plus, comme dans létat sain, sur les viscères contenus dans cette cavité : mais dans quelques cas, lorsqu'un épanchement vient se joindré à l'affection originaire et principale, on y distingue de la fluctuation.

Souvent le malade se plaint d’une chaleur dévorante dans la région de lestomac, d’un embarras de mucosités épaisses dans la bouche, de nausées constantes et d’eflorts violens pour vomir. Dans deux cas, j'ai vu les matières stercorales rejetées par le vomissement quelques jours avant la mort.

Dans le cours de la maladie, l'appétit est genéralement mauvais et capricieux; les mets les plus désirés sont repoussés avec répugnance et dégoût ; les liquides sont pris avec une avidité

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