‹ Recherches philologiques romanesChapitre 30 sur 69 · XXXIV. — Fr. }nitîn, afr. hustiner · texte numérisé non relu

XXXIV. — Fr. }nitîn, afr. hustiner

Etymoîogie à rejeter.

Angl. hiistle 'bousculer' (<holl. hatseîen 'secouer') : Grandgagnage (I, 319), Scheler (s. v. hutin).

L'angl. hustle nz cours qu'à partir du xvii^ siècle, tandis que lafr. hustiner et ses dérivés sont très usités dès le xii" siècle. Puis le holL hutselen est dérivé du holl. hotsen, hiitsen, qui vient de Tafr. hochier ' secouer ' (v. § LX), comme le holl. hwetsen de Tafr. qtiachier(y. § LXVII), Diez, Kôrting et M. Meyer-Lûbke paraissent avoir négligé hustiner et hutin.

Etymoîogie proposée.

L'afr. hustiner 'faire du tapage, se quereller, se chamailler, chercher querelle à ', wall. hustiner ' brusquer, maltraiter, rudoyer ', vient du lat. vulg. *fastlnare, de fûstis ' bâton, gourdin '. L'h s'explique comme celle des mots ^«w^r (§ XXVI) et heurter (§ XXIV) ; on a dk, sans doute, primitivement *ahustiner ; cf. l'afr. ajuster et le wall. kihustiner ' éloigner par de mauvais traitements '. Quelle est l'origine de ce suffixe 4ner} M. Meyer-Lûbke (Gmm. des lang. rom., II, § 585, trad. fr.) paraît voir dans l'afr. pleuviner, qui répond à l'it. piovigginare et à l'esp. llovi:(mr, le suffixe du lat. chss.fardnare, scarpinare, etc. Mais Vi français ne peut avoir une origine populaire dans Vt latin et hustiner est manifestement de formation populaire. C'est pourquoi il faut croire que le suffixe verbal populaire -iner est dérivé du suffixe substantif -m, -ine <C lat. -înus, -tna. Ainsi l'esp. llovi^nar est formé sur llovi^na ' bruine ' ; et il y a tout lieu de croire que ritalien*et le français ont eu autrefois les substantifs *pioviggina et *plovine. Il n'est cependant pas nécessaire de supposer un substantif en -in ou -ine pour tous les verbes en -iner, car cette désinence verbale, formée en premier lieu sur le suffixe substantif, a pu se généraUser ensuite, avec un sens fréquentatif et diminutif, et être employée pour former des dérivés verbaux sans l'intermédiaire d'un substantif. Ainsi de Vdt.fuster ' battre de verges, fustiger^ ravager.

piller, fouiller', formé sur /m5/ 'arme de bois', on peut passer immédiatement à *fustiner >- husttner ' maltraiter etc. '. L'afr. hustiner se tattache manifestement aux verbes piém./zïi/m^ comasq./oj/tmâ, vénit. futinar, gén., (noul. futinâ, que M. Meyer-Lûbke (3617) fait dériver defusîigare par transformation de suffixe; le verbe biistiké ( <^fustigaré) du patois de Montferrat a précisément le sens de l'afr. hustiner. Les anciens substantifs français hustin, hustine 'bruit, tapage, querelle, combat' sont probablement post-verbaux. Mais l'adjectif ^z/j-/m 'querelleur ', qui a survécu dans le surnom d'un roi de France, Louis le Hutin, rappelle l'ancien adjectif /«i'/m que Godefroy traduit : 'qui vit 4ans les bois ' dans cet exemple :

Les elx 11 bendent come larron Justin

(Raimbert, Ogier, 688 î.)

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