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I . Voici le contexte de ces deux exemples

Et indicavit Jonathas David, dicens : Quserit Saul pater meus occidere te : quapropter observa te, quaeso, mane, et manebis clam, et absconderis. Ego autem egrediens stabo juxta patrem meum et ego loquar de te ad patrem meum : et quodcumque videro, nunciabo tibi. (Sam., I, xix, 2 et 3.)

Dixit servis suis : Scitis agrum Joab jtixta agrum meum, habentem messem hordei : ite igitur, et succendite eum igni. (Sam,, II, xiv, 30.)*

Le révérend D"- Andrew Harper me fait remarquer que Raschi, dans son Commentaire sur la Bible rabbinique, explique ainsi l'expression hébraïque qu'il glose dans l'exemple 3° : « près de mon domaine, dans un lieu où il m'est possible de faire du dommage. » Ma manière de voir se trouve ainsi confirmée par Raschi lui-même.

I08 RECHERCHES ÉTYMOLOGiaUES

Ideo Dei gratiae tribuit non peccandi possibilitatem, quia ejus natur^e Deus auctor ■est, cui possibilitatem non peccandi inseparabiliter insitam dicit. Cum vult ergofacit, quia non vult non facit. Ubi enim est inseparabilis possibilitas, ei accidere non potest voluntatis infirmitas, vel potius voluntatis adjacenlia et perfectionis indigentia. Si ergo ita est, undp venit, Velle adjacet, perficere autem bonum non adjacet ?... Si autem vult et non potest, hiest voluntas, sed amissa est possibilitas.

Les auteurs du Thésaurus n'ont trouvé que ce seul exemple du substantif féminin adiacentia^ dont ils ne définissent pas le sens. Mais l'expression : voluntatis adjacentia et perfectionis indigentia a manifestement pour base les paroles de saint Paul que saint Augustin traduit : Velle adjacet, perficere autem bonum non adjacet (Vulgate : Felle adjacet mihi : perficere autem bonum non invenio^. L'idée de saint Augustin est celle-ci : on ne peut croire que celui auquel il est toujours possible de ne pas pécher ait la volonté de faire ce qui est bon et ne trouve pas le moyen de l'accomplir. On ne saurait donner au verbe adjacere le sens de ' être bien disposé ' ; donc adjacentia ne signifie pas ' bonne disposition '. Le mot indigentia, qui répond à non adjacet, est mis pour le contraire de adjacentia, employé ici, comme Tîapaxstpisva dans le Philêbe de Platon (19 D), pour marquer le fait d'exister dans l'âme. Il ■est donc évident que si nous employons le mot présence dans ce sens, la phrase de saint Augustin se traduit littéralement ainsi : ' la présence de la volonté et l'absence de l'exécution '. Décidément, cet emploi du mot adjacentia n'appuie pas l'étymologie proposée par M. Thomas. Du reste, si les sens de ' commodité ' et de ' bonne disposition, bonne santé ' ne répugnent pas à l'étymologie adiacens, ils viennent, comme je l'ai fait voir plus haut, appuyer positivement l'étymologie *afacere. .Ajoutons ici que l'ancien verbe haitier, qui n'est pas loin d'être un doublet' du verbe aisier, possède le sens de ' mettre en bonne santé, guérir ', que le substantif ahait signifie ' bonne disposition, bonne santé', et que l'antonyme deshait se définit ' malaise physique et moral' (v. § XLV).

M. Thomas fait remarquer que le mot aise garde au xn^ siècle le sens de ' proximité ' qu'il a dans Raschi. Mais le substantif français ne prend ce sens que dans les locutions a aise, en aise, enaise, où le sens de * proximité ' dérive très naturellement de celui de ' commodité, convenance '.

M. Thomas met ensuite à contribution la forme aisence qui aurait son origine dans le participe pluriel adiacentia. Mais aisence est le représentant phonétique régulier du lat. vulg. *afacentia, auquel on peut comparer les mots hus-htms faisanda, fesancia, factio ' operarum praebitio, opus tributarium ad quod tenetur cliens erga dominum '.

De plus, le sens juridique du mot aisance nous permet de citer à l'appui de l'étymologie *afacentia le bas-lat. affacharia, forme qui représente affactaria, de même que ajjachator remplace affactator. Du Cange définit affacharia : '' concessio rei alicujus ad medietatem fructuum '. Le mot asencia prend ce sens dans un cartulaire de 1 1 3 3 où on lit : Concesserunt omnes asencias suas in nemoribiis ad colligendos fructiis, etc. (Du Cange, s. v. aisantia.^ Ce mot aisance nous fournit une autre preuve, encore plus intéressante ; il signifie ' situation ' dans cette phrase :

Pour la malvaise aisance du lieu qu'est troupt hault.

(1429, dans Godefroy.)

Ici aisance est synonyme de l'afr. aire ( <C afaire, v. § XLII), qui a nettement le sens de ' situation ' dans cet exemple :

Mes moult embelissoit l'afaire Li leus qui ère de tel aire Qu'il i avoit tous jours plenté De flors et yver et esté.

ÇRose, 1406.)

Rappelons que aise a un sens analogue dans le premier exemple de Raschi et que le sens de ' situation ' appartient aussi à l'afr. aaisement. Comparons aussi le mot covenant dans l'ancienne phrase : Comme vous est covenant ? ' Dans quel état sont vos affaires ? '

M. Thomas voit dans le substantif provençal ai:(er, employé trois fois dans le Livre de Sidrac, un « cas curieux de ce que les Allemands appellent umgekehrte Schreibitng pour ai:(e » ; et il faut avouer que M. Thomas parvient à donner à cette explication un air de vraisemblance. Mais il me semble qu'on peut trouver à cette forme ai:(er une origine encore plus probable. C'est M. Thomas lui-même qui nous dit un peu plus loin : « De a/:^^, le provençal a tiré un verbe, comme le français, mais de la conjugaison en ir, ai:;^ir. On ne peut en effet considérer comme foncièrement provençal un verbe ai^ar dont Raynouard. cite deux exemples tirés du Livre de Sidrac : ce sont des gallicismes. » Si, dans Sidrac, le verbe ai^ar est un gallicisme, il en est sans doute de même pour le substantif ai:(er. On trouvera dans Godefroy plusieurs exemples des verbes aisier et aaisier employés substantivement. On y trouvera également un exemple du verbe aisir. L'adverbe provençal ais est un emprunt relativement récent, car il représente, comme l'adverbe français aaise, aise, la locution a aise ; la forme provençale n'a pu subir une réduction parallèle.

Arrivons au verbe provençal ai:(ir :

Ce verbe ai^ir, dit M, Thomas, possède bien nettement le sens de ' mettre

IIO RECHERCHES ÉTYMOLOGIQUES

à proximité *. Comme ce sens est à peine indiqué dans Raynouard, il ne sera pas inutile d'en réunir quelques exemples dont la plupart n'ont pas besoin de commentaire :

Si (ma donna) no m'aqù lai on ill jai Si qu'ieu remir son bel cors gen.

(B. de Ventadour, Lonc temps, ms. A.)

E car plus près de vos nom puosc aiiir.

(A. de Mareuil, Si coin U peis, ms. A.)

E sil plagues que près de si m'ai^^is.

(P. Vidal, Per melhs sofrir, éd. Bartsch, p. 78.)

Jois nom pot esser guitz, Car ves celliei cui sopleja

E s'autreja • Mon cors non estai aiiit^.

(G. Faidit, Pel joi, ms. A.)

Dans ces exemples, le verbe ai:^ir marque toujours satisfaction, commodité, soulagement des peines de l'amour, ef s'il indique en même temps approche, c'est qu'approche et satisfaction sont ici des idées corrélatives.. Le premier vers du premier exemple se trouve traduit ainsi dans Raynouard : « Si elle ne m'accueille là où elle gît. » Cette traduction satisfait pleinement et le sens de ' accueillir ' est dérivé très naturellement de celui de ' accommoder' ; Godefroy traduit quelquefois Tafr. haitier par ' faire bon accueil à \ Dans les autres exemples relevés par M. Thomas, c'est surtout par les prépositions près de, ves, que l'idée d'approche se trouve exprimée. Cette idée est beaucoup plus marquée dans l'exemple suivant du pr. ai:(ivar :

, Si desotz son mantel vayre

Josta son bel cors m'ai^iu.

(Martin, Quan l'herba.)

On pourrait donner à ai:(ivar le sens de ' serrer ', mais Raynouard traduit justement cet exemple : « Si je m'accommode auprès de sa belle personne sous son manteau vair. »

J'apporte ici à l'étymologie *afacere encore une autre preuve ; le pr. s'ai^ir et l'afr. s'aairier ( < afaire, v. § XLII) sont précisément synonymes dans les exemples suivants :

N Ugo,. lo reis valentz e fis D'Aragon, en cui pretz s'aiiis.

(T. de Certan et d'Hugues, N Ugo ; Raynouard.)

Cuers en cui grans anui s'aaire..

(Lj Coiigiè Baudc Fastottl d'Arras, 469.)

Va t'en chanson, sans nul atendement, Droit au bon conte ou toute honor s'aaire.

(Eustache le Peintre, dans Godefroy.)

C'est au verbe s'aÎT^ir, synonyme de l'afr. s'aairier ' résider, demeurer ', que se rattache le substantif provençal ai:(i. Raynouard définit ai:(i par les mots '^ demeure, maison, asile '. M. Thomas n'accepte cette définition que sous bénéfice d'inventaire ; selon lui, « il faut entendre par a/:^/ ce qui entoure l'homme depuis l'enfance, le milieu dans lequel il est habitué à vivre, et jusqu'à un certain point son " chez soi " ». En note, il ajoute : « Le home des Anglais, le heim des Allemands. » Cela m'accommode parfaitement, car cela rappelle le mot aire ' nid ' et le sens de * famille, race, condition, extraction ' que partagent, dans l'ancienne langue, aire et afaire. Ce n'est pas tout : ai:^i ' milieu dans lequel on est habitué à vivre ' rappelle également le verbe portugais afa:(er-se ' s'habituer, s'accoutumer '.

Reste le pi^. ai^inar, auquel M. Thomas donne le sens de ' approcher ' dans cet exemple :

Cel qui vol bon aver, vers lui s'a:(ine.

(Girart de Roussillon, 1020.)

Voici un exemple analogue de l'ancien verbe français s'afaitier :

Emulf li mal(s) traître s'est vers lui afaitie:(^.

(Rou, 2^ p., 2374, Andresen.)

Ajoutons que le verbe provençal ai^^inar signifie plus souvent ' arranger, préparer ' et que, dans les quatre exemples cités par Raynouard, il équivaut aux anciens verbes français afaitier et atirer (de aatir < *afactire, v. § XLIX).

Pour terminer, je ferai remarquer que cette étymologie met en pleine lumière le rapport du participe adjectif aw^' avec son synonyme facile, que les anciens adverbes aisiblement et faisiblement sont de purs synonymes et que Godefroy corrobore, à son insu, l'étymologie du mot aisément quand il le définit : ' chose dont on use, objet dont on se sert, effets, affaires, ustensiles '.

XL VII, — Afr, ahatir, aatir, atir.

Etymologies à rejeter.

(i) Anor. etia (prétérit atta, participe att) ' inciter ' ou le substantif verbal at (etia, eta) : Diez 502. Mackel (46) et Kôrting (165) préfèrent le substantif at ; selon M. Meyer-Lûbke (2920), Ve de etia serait devenu a sous l'influence du prétérit atta, ou du préfixe a (ad), et le verbe français aurait passé en provençal sous la forme adaptir * attaquer '.

(2) Lat. (ad)aptus > afr. (a)ate ' bien disposé ' d'où aatir : Scheler (Diez 780). La filiation des sens aurait été (i) ' mettre dans une certaine disposition d'âme ' > ' exciter ' ; (ii) ' joindre, serrer ' > ' attaquer '. Cette étymologie trouve un appui, dit Scheler, dans aatir ' comparer '. Kôrting (777) tire aatir de aptus aussi bien que de l'anor. at.

Etymologie proposée»

L'afr. a(]i)atir vient du lat. vulg. *afactire, de *afactus, forme refaite du lat. class. affectas, substantif verbal de a^c^r^. Pour appuyer la forme ahatir, à côté de l'afr. ahaitier, dérivé de ahait <C *afactus (v. § XLV), je pourrais me contenter de citer le fr. catir <C *coactire, de coactus ; mais cette étymologie, bien que consignée dans tous les dictionnaires étymologiques, passe pour être irrégulière et même douteuse, et je tiens à établir l'étymoiogie de aatir sur une base phonétique à l'épreuve de toute critique. Toutes les grammaires historiques enseignent que le groupe et précédé d'une voyelle en latin vulgaire passe en français à it, sauf dans c/y qui se comporte comme ttj (v. Meyer-Liibke, Gram. des lang. rom., l, § 459, trad. fr. ; Nyrop II, 407, 2" éd. ; Dict. gén., I, 139; Schwan-Behrens, § 158, trad. fr.). Cela n'est pas tout à fait juste ; il faut formuler la loi, faisant toujours exception de ctj, comme il suit : Dans le groupe et précédé d'une voyelle en latin vulgaire, c passe à i s'il est frappé de l'accent tonique et disparaît dans les autres cas sans laisser de traces. Les exceptions sont dues au jeu de l'analogie. Par exemple (à supposer que Vf persiste sous l'influence des congénères à /initiale), *afactare devient régulièrement *afater, tandis que *afactat passe à afaytet >> afaite ; la voyelle du •radical tend ainsi à se scinder en a et en ai, mais l'une de ces deux formes se généralise, et, en vertu de la loi que j'ai •formulée au

§ VIII (cf. § XXI), c'est presque toujours ai. Donc, le c de *afaclire et de *coactire, n'étant jamais frappé de l'accent tonique, disparaît sans laisser de traces ; cf. lectrimim > afr. leîrin ' . La loi formulée au § XXXVIII veut que la forme *afactire devienne ahatir, puis aatir, et ce dernier se réduirait régulièrement à atir dans la période prélittéraire. C'est ce qui est arrivé en effet, seulement les sens de ce verbe étant si nombreux et si variés, on a senti le besoin de conserver la forme aatir pour exprimer ceux qui, bien que toujours nombreux, se groupaient autour de l'idée de affectus ' animi commotio ', tandis que atir a été affecté à l'autre groupe qui avait pour idée centrale afficere ' faciendo addere ' (v. l'afr. atirer, § XLIX). Cependant atir se trouve employé plus d'une fois dans des sens de aatir (v. Godefroy). Les formes ahatir, hastir ; ahatie, ahastie ; ahatine, hatine synonymes de aatir, aatie, aatine, témoignent de la lutte qui a eu lieu entre aatir et hatir ; cf. l'afr. (a)aitier et haitier (§ XLV). Comme lès formes avec s ne se rencontrent pas avant la seconde moitié du xn' siècle, il est certain que 1'^ ne s'est jamais prononcée et qu'elle s'est introduite d'abord dans astir, astie, astine pour marquer 'a long'. Au point de vue formel, l'étymologie que je propose est ainsi d'une régularité parfaite.

Godefrov donne à ce verbe important' les sens suivants : verbe transitif, intransitif et réfléchi (i) ' défier, provoquer, s'attaquer à ' ; verbe transitif et intransitif (2) ' désirer ' ; verbe transitif (3) * comparer ' ; (4) ' déclarer avec serment ' ; (5) * commencer, engager ' ; verbe mtransitif (6) 'rivaliser'; verbe refléchi (7) 's'irriter, s'indigner' ; (8) ' se vanter, se faire fort ' ; (9) ' tramer '. Le premier sens, qui est aussi l'un des plus fréquents, rappelle tout de suite l'afr. afiter ' défier, provoquer, insulter ', verbe d.érivé du substantif afit ' affectation ; insulte, injure ' <C lat. class. affectus, substantif verbal de afficere. Ce verbe latin, employé absolument, prend un sens défavorable : • piilmo afficitur ' le poumon est attaqué ', rébus affectis ' en mauvais état '. Il n'est donc rien de plus naturel que le passage d'idée entre afficere ' animum commovere ' et aatir ' défier, provoquer, insulter '. Le parallèle que présente afiter, dont l'étymologie est universellement admise, suflirait, à lui seul, pour établir l'origine de aatir. Mais il est facile de multiplier les preuves. Aatir ' désirer ' ^ est synonyme du

1. hes mots * pectorina >• afr. peitrine et pectorate ^ n{r. peitral ont subi l'analogie depectus ]> *pieils ^ pi^. On trouve parfois quaitir, caitir, formes dues à l'analogie de coactus > pr. qiiait.

2. Le Lexique de Bonnard et Salmon supprime ce sens qui n'est cependant pas douteux.

lat. affectare et du fr. affecter ' rechercher de préférence ' ; cf. l'afr. hait ' désir ' < *afactus (§ XLV). Quant aux définitions aatir ' comparer ', s aatir a * se comparer à ', ' être en opposition avec ', il faudrait y substituer presque partout aatir ' préférer ', s aatir a ' se préférer, être préféré à '. Exemples :

Mains homes y a qui aiment mieux richeces que granz cors. Ainsi s'ahatissent li don de fortune aus bontez des cors. •

(Mor. des phil., ms. Chart., 620.)

Granz fu li cuenz, par verte le vos di, Se Deus creust, je vos di sanz mentir Qu'a lou meillor le peust on astir Qui fut an France ne jusque a Montir.

(Aiiseis, Richel. 368.)

Il s'ensuit que Scheler s'est trompé en voulant appuyer son étymologie aptus sur aatir ' comparer ' ; il est vrai que aatir peut prendre ce sens, mais on y sent toujours l'idée de préférence :

Nul trésor n'i doit on aatir.

(Ane. poèt. fr.,lîl, 1133.)

C'est encore de aatir ' préférer ' que dérivent s'aatir (à, vers, contre qqiî) ' défier, provoquer ', et s'aatir ' se vanter, se faire fort ' ; et de ce dernier emploi on passe facilement à aatir ' déclarer avec serment, jurer ' comme cela peut se voir par cet exemple :

Se ne l'amende, Karles s'est aatis, S'il le puet panre, qu'il en sera honnis.

(Gaydon, 3156, A. P.) •

Aatir ' engager, commencer ' reproduit manifestement le lat. class. affectare ' aggredi, adoriri, temptare ' et afficere ' aggredi, incipere ' ; cf. l'afr. aatir bataille et le lat. beUiim afficere ; viam, iter, opus affectare. Il faut remonter de nouveau au lat. affectus ' animi commotio ' et ' propensa voluntas ' pour trouver la source de s'aatir (de qqch) ' s'irriter, s'indigner, (cf. affectus sunt motus animi improbabiles, subiti, et concitati, Sén., Ep., 75, 10) et de aatir ' être animé d'une grande ardeur, s'empresser ' (cf. affectare est pronum animiim ad faciendum habere, Festus, s. V. affectare^. Godefroy ne donne ce dernier sens qu'au participe passé ; mais c'est bien la signification du verbe dans ces exemples où il le traduit par ' rivaliser ' :

Lors veixies cescun de bien faire aatir.

(Roum. d'Alix., 24, Michelant.)

Moult sui liez quant je oi aatir les genz d'aorer ou temple de Dieu et de fouir les

ydres.

(Psaui., Maz. 258.)

Ici il faut comparer l'afr. haitier ' donner de l'ardeur à ', hait ' ardeur ' < *afactus (§ XL VI). C'est la même idée qui se retrouve dans saatir de trahison, où Godefroy le rend par * tramer '. Enfin affecté et aati ' possédé violemment (d'une passion^ d'un goût) ' sont précisément synonymes dans ces exemples :

De folle larguece asti Tout ciaus qui en sont afl/t.

(Phil. de Rémi, Poés., 302.)

Affecté, possédé... de cette sorte de folie.

(Mol., Pourc, I, 8.)

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