L. — Fr. attifer, afr. atifer, tifer ( >- angl. tijf
Etymologie à rejeter.
Aha *tipfôn, \ipfôn (holl. tippen ' couper les pointes des cheveux') : Diez 688.
Mackel (loo, i8i), Kôrting (9558), les auteurs du Dictionnaire général et Diez lui-même regardent cette etymologie comme incertaine ou impossible. Skeat déclare que tiff est emprunté de l'afr. tifer et que ce dernier a une origine bas-allemande. •
Etymologie proposée.
De même que le fr. tirer a son origine dans atirer, formé sur atir <C aatir <C ahatir <C *afactire (§ XLIX), de même l'afr. tifer a la sienne dans atifer, formé sur *atif <C *aatif < *ahatif <C *afactiviis. J'ai dit à l'article précédent que l'afr. ahatir a eu anciennement les deux groupes de sens qui appartiennent au lat. afficere et qui expriment (i) des affections et des passions de l'âme, et (2) l'accord d'une chose avec une autre, et qu'il a cédé le second groupe à atir >> atirer. Si cela est juste, ahatif aura cédé en même temps à atif ceux d'entre ses sens qui étaient dérivés du second groupe. Godefroy ne cite qu'un seul exemple de ahatif qui par le sens de * empressé ' se rattache bien à a{h)atir ; k forme atif n'est pas signalée du tout, mais c'est la forme régulière à laquelle *afactivtis a certainement abouti dès la période prélittéraire, de même que *af adiré et *afacere ont abouti à a//r (§ XLVII) et à a/V^ (§ XLII). Le mot *^^//' aurait signifié 'gracieux, élégant', comme cela peut se voir par l'afr. faitif ( < *factiviis ou *afactivus) ' bien façonné ' et afaitement ( << *afactivamente) ' avec grâce '. Aussi atifer et tifer sontils synonymes des anciens verbes afaitier, atirer et tirer ' parer '. Cette etymologie trouve un appui dans l'ancien substantif ativelle, dont la forme a été refaite par analogie avec les substantifs en -ivel (cf. baliveau et manivelle) et qui signifie ' instrument, outil ; attirail de toilette, babioles ' ; Cotgrave fait bien ressortir le rapport de atifer avec atirer
€n traduisant ativeUes par « trinkets, tyres, or attyresr). Ajoutez à cela ■que langl. tire avait autrefois précisément le sens technique de l'afr. tifete : ' arcelet soutenant les cheveux sur la tête des femmes '. Enfin, s'il est impossible de prouver cette étymologie, il faut bien admettre (i) que *afactiviis a existé, (2) qu''il a signifié ' élégant ', (3) qu'il aurait abouti régulièrement à *atif ' élégant ', (4) que atifer ' parer ' serait formé régulièrement sur *atif, et (5) que cette étymologie est bien plus vraisemblable, pour le sens et pour la forme, que le primitif hypothétique du holl. tippen ' couper les pointes des cheveux'.
LI. — Fr. revêche, it. rivescio, rovescio ; afr. reveschier, it. rivesciare,
rovesciare.
Etymologies à rejeter,
(i) Lat. reversus >> it. rivescio ( >> fr. revêche) : Diez 272, Meyer- Lùbke 7277.
Brachet et Carolina Michaëlis ayant révoqué en doute l'origine italienne de revêche, Scheler (Diez 742) pose en 1887 la question: « Ne serait-il pas permis de penser que le mot italien est emprunté du fran- ■çais ? » Il ajoute que *reversicus conviendrait à revêche mais qu'on ne peut guère supposer une telle formation. C'est pourquoi en 1888, dans la troisième édition de son Dictionnaire étymologique, Scheler rejette *reversicus et se met en devoir de confirmer l'étymologie de Diez ; il écrit : « Cette étymologie, quelque étrange qu'elle paraisse au premier abord, s'appuie de ce fait que revêche reproduit exactement Fit. rivescio (ropescio\ auquel, à raison de sa signification de revers, renversé, on ne saurait contester une provenance de reversus. Ce dernier, par la syncope régulière de la liquide (cf. *dosum p. dorsum, L. hœsi p. hxrsi), a pu donner rivescio, comme vesica a fait vescica. La même syncope de r se présente dans le port, et esp. rêves 'revers', port, revessa 'contrecourant'. L'anc. langue offre d'ailleurs à la fois reverse, reverche et revesche. » Revêche ne reproduit pas exactement rivescio ni rovescio, et vesica est devenu *vescica en latin vulgaire, probablement sous l'influence de vescus ' mince, faible ' .
(2) Lat. vulg. *robestico, *riihestico (de robustus 'fort') ^afr. ruvesche > fr. revêche : Fôrster, Z. XVI, 248, Kôrting 8120.
Fôrster se propose pour but dans son article, non pas d'établir avec certitude la dérivation du fr. revêche (il admet que cela lui est peut-être
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impossible), mais bien de révoquer en doute l'identité du fr. revêche et de l'it. rivescio, rovescio, et même d'en prouver « l'impossibilité absolue ». A l'hypothèse que le mot français soit emprunté de l'italien, ou inversement, Fôrster oppose « ce fait certain que revêche n'a jamais eu le sens de l'it. rivescio ^y. Il est impossible que Fôrster veuille affirmer que ces deux mots n'ont été synonymes à aucune époque, pas même dans la période prélittéraire ; il faudrait être fort mal appris pour lui imputer une pétition de principe si absurde, si risible. Donc Fôrster veut dire: « ce fait certain ^ue pendant la période littéraire r^t^erk n'a jamais eu le sens de V h. rivescio y>. Mais «ce fait certain» est-il véritablement un fait ? Dans le Di^ionario Minerva, qui traduit rivescio par rovescio, on lit : <t Rovescio diciamo anche a specie di panno lano che ha il pelo lungo da rovescio » ; dans le Dictionnaire général : v. Revêche : ancienne étoffe de laine, frisée et à long poil ». Le fr. rei'êche n'a-t-il pas ici nettement un sens technique de l'it. rovescio ? Mettons cependant que le « fait certain » allégué par Fôrster soit un fait véritable ; il n'appuie aucunement la thèse de ce philologue si les sens connus de revêche et de rivescio peuvent être dérivés d'une même idée primitive. Or il est facile de montrer que ces deux mots n'expriment que divers aspects d'une idée commune. Fôrster ne conteste pas à rivescio une provenance de rever- Sîis et il admet expressément que reversas est devenu en portugais revesso ; mais le port, revesso a précisément le sens du fr. rei'êche ; il est traduit par revêche dans le Dictionnaire portugais-français de Roquete.
Fôrster allègue ensuite que le caractère populaire de l'afr. revesche et la forme du mot empêchent de le tirer de rivescio. Je ne le conteste pas, seulement cela n'interdit nullement de faire dériver ces deux mots de rêver sus.
Après cela plus un mot sur l'it. rivescio. Tout le reste de l'article est destiné à prouver que revêche vient de *robestico. Fôrster émet les propositions suivantes : (i) la terminaison -esche peut avoir pour base soit -esca, soit -esticum ; (2) comme revêche est un' adjectif uniforme, il doit nécessairement remonter à -esticum ; (3) l'afr. riiheste et l'it. rohesto sont empruntés de *robestum, pour rohustuin ; (4) riiheste est un mot d'origine savante ; (5) rubesche, dont on ne trouve qu'un seul exemple, représente *robesticum ; (6) ruvesche, qui lui aussi n'est employé qu'une seule fois, marque une étape dans l'évolution populaire de rubesche ; (7) revesche est « le même mot que ruvesche mais sous une forme phonétique strictement régulière». Les adjectifs uniformes louche, lâche, large et courbe prouvent que les deux premières assertions de Fôrster sont tout à fait gratuites. Je ne conteste pas l'origine ni le caractère savant de rubeste. Ce qu'il y a de drôle dans l'explication de rubesche.
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c'est qu'elle attribue au corps du mot, c'est-à-dire à la partie la plus ancienne, une formation savante, à la terminaison inséparable une formation populaire ; cela montre que Fôrster n'a pas bien expliqué rubesche. Dans sa sixième proposition, Fôrster nous apprend que le corps de rubesche a fini par suivre sa queue, en se conformant aux lois phonétiques. Mais b ne se change pas en v dans la période littéraire et si rubesche devient r.uvesche par une évolution populaire, pourquoi rubeste se maintient-il toujours intact, pourquoi ne devient-il pas en même temps ruveste, pour ne pas dire ruvest ? La persistance de rubeste prouve que rubesche n'est point devenu ruvesche. Si l'on ne trouve qu'un seul exemple de ces formes rubesche et ruvesche, c'est qu'elles n'étaient pas usitées, qu'elles sont corrompues. En effet, il faut y voir des altérations de revesche ; cf. buvant <C bevant, jumeau <C gemellum. Voici l'exemple de ruvesche (Godefroy a rubesche') :
Trop a geté ce feu grant flamme Et trop ruvesche.
(Mir. N. D., Th. fr. au Moy. âge, p. 3 54.)
Revesche a précisément le même sens de ' violent ', en parlant d'une flamme, dans cet exemple :
Lors est si fiers et si revesches
Li grant brasier et la grant flamme.
(G. de Goinci, Mir. N. D., 248 ; G.)
Rubesche a un sens analogue :
Li rois de France si a grant ost rubesche.
(Mon. GuilL, Richel. 368 ; G.)
Enfin le port, reve^o, de rét;^^ ' revers ', signifie 'violent' en parlant de la mer, et Horace (Epod., 10,5) dit dans le même sens inverso mari. — Dans sa dernière proposition, Fôrster nous dit encore qu'il «• n'hésite pas à voir dans revesche le même mot que ruvesche mais sous une forme phonétique strictement régulière ». La phonétique nous défend d'être de son avis si ruvesche vient de *robesticum, car elle veut que l'ode cette forme devienne ou. Ainsi Fôrster termine son article non seulement sans avoir prouvé « l'impossibilité absolue » de l'identité de revéche et de rivescio, mais aussi sans avoir énoncé le moindre fait qui rende cette identité invraiserfiblable.
Le Dictionnaire général déclare l'origine de revéche inconnue.
Etymologie proposée.
Le fr. revéche est, comme lâche, post-verbal ; il a son origine dans l'afr. reveschier, qui représente le lat. vulg. * reversicare, formé sur rêver-
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SUS ; cf. masticare > afr. maschier, laxicare > afr. laschier. Les formes intermédiaires sont *reverscare >> *revescare. On n'a jamais, à ma connaissance, formulé une loi pour expliquer la chute de r devante. Sche- 1er parle de « la syncope régulière de la liquide », mais je n'ai pas besoin de prouver que cela n'est pas exact. M. Meyer-Lûbke (Gram. des lang. rom., II, § 474, trad. fr.) écrit : «Le latin distingue deux espèces de groupes rs : l'un est formé par versus et les différents composés de ce participe v. g. prorsus, rursus, sursiis, dorstim et présente déjà en latin vulgaire l'assimilation de rs en ss, tandis que l'autre qui apparaît v. g. dans cursus, ursus, excarsus et aussi dans versare sous l'influence de ver^ tere persiste tout d'abord sans changement. En hispano-portugais et dans une partie du domaine provençal, le second rs s'est aussi assimilé en ss. Mais ailleurs, les combinaisons avec r persistent, excepté en sarde où /? a remplacé r, en andalou où l'on trouve i au lieu de r et enfin dans le français de l'Est où r est devenue gutturale puis h et, ou bien s'est assourdie, ou bien a palatalisé la consonne suivante». Il est manifeste que cela ne rend pas compte de la chute de r dans le fr. pèche <C.pesche <C persica et nous autorise à tirer de *reversicare soit reverchier, soit reveschier. Nyrop- (I, 362) nous dit seulement que « r disparaît dans beaucoup de mots» et que «devant s, l'amuïssement remonte au gallo-roman». Dans la Grammaire de l'ancien français de Schwan-Behrens, on lit ( § 24, trad. fr.) : « rs devient assez fréquemment ss, s, » puis ( § 168) : « tirs Çorsu\ versÇversu) montrent peut-être une influence du latin littéraire». De même dans le Dictionnaire général (Traité de la formation de la lang. fr., 492) : « Le groupe rs s'était réduit déjà, en latin vulgaire, à s dans dorsmn, *dossum, dos ; sursum, susum, sus ; il a subi plus tard le même traitement dans *persica Çchss. persicuni), devenu persche, pesche, pécher». Tout cela est très peu satisfaisant; par exemple, M. Meyer-Lûbke et le Dictionnaire général nous disent que dorsum est devenu *dossum en latin vulgaire ; s'il en est ainsi, comment se fait-il que l'espagnol et le portugais aient la forme dorso et que le provençal et l'ancien français aient dorsar, dorser à côté de dos ? Je crois qu'il s'agit d'une loi qu'on pourrait formuler ainsi : r tombe en latin vulgaire, et même plus tard, dans le groupe rs quand l's vient à se trouver dans la même syllabe que l'r. Les exceptions telles que le fr. vers, ours, cours, échars sont dues à l'analogie d'autres mots de la même famille où l'r persiste régulièrement : verser, ourse, course, escharsier, etc. Le latin littéraire présente à côté de dorsum le dérivé dossuàrlus ; cette forme, employée par Terentius Varro mort en l'an 26 avant J.-C, confirme la loi en question car, u devenant, comme on le sait, w devant une voyelle dans le parler de tous les jours
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avant l'époque de Varro, dorsûànus a dû se prononcer constamment dors-warius avant de passer à dossûârlus. Le synonyme dorsualis a été formé plus récemment sur dorsum- ; il n'est signalé que vers l'an 8a après J.-C. ; l'it. dosso serait dû soit à l'influence de formes régulières telles que le roum. dos, lad. dos, frioul. diLcs, fr., pr., cat. dos, soit à la généralisation locale de ss dans cette famille de mots. Les formes latines prosus, rusus, susum ont leur origine dans les anciens proparoxytons *provorsos, *revorsos, *subsvorsom (v. Walde) ; ici le groupe vrs, qui résulte de la chute de la voyelle péimltième, a passé par vs pour aboutir à os, us ; p. ex., *provorsos >• *provrsos > *provsos > prosus. Les variantes prorsus, rursus, sursum sont dues à l'analogie du mot simple vorsos, vorsus. Ajoutons que dans le fr. fors, r s'est maintenue d'abord sous l'influence àt foras , forem, etc. et plus tard sous celle de toute une série de composés à préfixe/or <i forts. La loi que je viens de formuler rend .exactement compte du sort de r dans persica >> roum. pierseca, it. pesca, fr. pêche, pr. pcrsega, presega. C'est pourquoi je conclus que rsc devient régulièrement sch dans l'afr. reveschier.
A côté de reveschier, on trouve dans l'ancienne langue reverchier, qui partage avec reverser le sens de 'fouiller, examiner'. Cette variante a une origine analogue à celle de l'it. imherciare ( § LIV) et de l'afr. ètnberchier, à côté de beschier -< *embeschier ( § LU) ; c'est-à-dire qu'au lieu de passer toujours régulièrement à *revescare, le lat. vulg. *revers- ^care, dans les sens qui rappelaient reversare, a gardé, par l'analogie de ce dernier, Yr de rsc et qu'il est devenu, par là, inévitablement, *revercare >> reverchier. Ce doublet paraît avoir exercé une influence sur reveschier, car on rencontre dans le sens de l'adjectif revesche la forme reverche.
L'it. rivesciare représente régulièrement *reversiare. En Italie, le latin vulgaire remplace assez souvent la terminaison -are par -iare ; rivesciare est au fr. reverser ce que lasciare ( <C *laxiare), strosciare ( *struxiare, V. § VII) et imherciare ( < *inversiare, v. § LIV) sont aux formes françaises laisser ( < laxare), trousser ( <C *struxare, v. § VI) et berser ( < *inversare, v. § LIV). C'est pourquoi l'afr. reverser a presque tous les sens de l'it. rivesciare. Ajoutons que la variante riverciare témoigne de l'influence de riversare et que le substantif rivescio, rovescio, est post-verbal.
Il me semble que c'est là la seule façon de rendre compte d'une manière aussi naturelle que régulière de tous les faits que présente la famille de revéche et que ce serait fermer les yeux à la vérité évidente que de se refuser à croire à l'existence antérieure du verbe reveschier
par la seule raison qu'il ne se trouve pas employé au commencement de la période littéraire. Revecher est enregistré au xvr siècle dans le sens de 'résister'.
Le sens technique de ' étoffe de laine, frisée et à longs poils ' qui est commun à Tit. rovescio et au fr. revêche établit l'étymologie de ces deux mots, parce que ce sens, comme les autres sens du fr. revêche, a une origine des plus naturelles dans le sens général de reversus que garde toujours l'it. rovescio ; cf. l'afr. revers 'ébouriffé'. Il n'est jamais, que je sache, venu à l'idée de personne de mettre en doute l'identité de rovescio 'étoffe de laine à longs poils' et de rovescio ' pars aversa' ; et le Dictionnaire général dit expressément que revêche ' étoffe de laine ' est tiré de l'adjectif revêche. Ce sens commun ne nous oblige pas à voir dans rovescio une importation française ; le fr. revêche est également synonyme du port, revesso (v. plus bas). On ne saurait mieux définir le sens fondamental de revêche que dans les paroles de Littré : ' qui est comme à rebours' '. Le sens primitif de rebours est 'qui est à contrepoil' {Dict. gén.), c'est-à-dire 'reversus', et rebours a suivi la même marche que revêche ; si l'on dit marbre revêche 'difficile à manier ', on dit aussi bois rebours ' difficile à travailler ' et si rebours a le sens figuré de 'qui prend le contre-pied des choses', il en est de même pour revêche comme cela peut se voir par cet exemple que je tire du Dictionnaire général (s. v. rebours^ : Une femme revêche, rebourse. J'ai déjà fait remarquer que le port, revesso <C reversus a. précisément le sens.de revêcJje dans femme revêche ; il a aussi le sens de rebours dans bois rebours.
Postscriptiim. — J'ai trouvé un moyen d'établir l'existence ancienne dereveschier, c'est de faire observer que entrevescJner, dont Godefroy cite neuf exemples, suppose nécessairement veschier. Le verbe réfléchi s'entreveschier ' se confondre ' exprime au figuré la signification essentielle de l'afr. s'entreverser ' se renverser mutuellement'. Godefroy se trompe en traduisant entreversé par ' controversé ' dans cet exemple :
La matière est grande, sutille et entreversee.
(Coût, de France, 252, éd. 1517.)
I . Fôrster écrit : « Die Ableitung von it. rivescio hat Littré sogar so weit getùhrt, dasz er dieser Etymologie zu liebe eine falsche Grundbedeutung an die Spitze stellte : ' i» Qui est comme à rebours ', was kein Wôrterbuch vor ihm gemacht har und was ihm hoffentlich keines nachmachen wird. » Il est vrai que revêche ne vient pas de rivescio, mais je me fais un plaisir de montrer que Littré enregistre pour revêche, comme pour tant d'autres mots, la vraie signification primitive qui avait échappé à ses prédécesseurs.
128 RECHERCHES ÉTYMOLOGiaUES
Entreversé a ici le sens de ' compliqué, embrouillé ' et entreveschier ■signifie lui aussi 'embrouiller' :
Apres avoir plusieurs fois entreveschè sa matière, tantost de son drap, tantost de ses moutons...
(Pasq., Rech., I, viii, ch. 59.)