‹ Recherches philologiques romanesChapitre 47 sur 69 · LXI. — Fr. havet ; afr. haver, hef · texte numérisé non relu

LXI. — Fr. havet ; afr. haver, hef

Etymologies à rejeter.

(i) Aha. haben ' avoir ' : Diez 613.

Le Dictionnaire général pose pour havet le radical hah, haf qui se trouve dans haben ' avoir ' et heben ' soulever '. Selon Kluge, haben n'a aucun rapport étymologique avec heben.

(2) Germ. *hoc ' crochet ' : Fôrster, Z. V, 97 ; Kôrting 4595.

(3) Germ. *hatiiua ' hache ' : Mackel 124.

M, Meyer-Lubke (4084) doute de toutes ces étymologies.

Etymologie proposée.

L'afr. haver remonte au lat. vulg. *habare, pour habere ' avoir ' ; cf. fr. motiver et mouvoir. L'ancien substantif hef (bas-lat. havus), que représente aujourd'hui le àim'muûf havet, est post-verbal.

C'est dans le sens propre de * tenir, avoir dans les mains ' que le verbe habere a passé à *habare. Ce sens se retrouve dans le substantif latin habena ' rêne ', proprement * ce qui sert à tenir ' ; puis, dans l'afr. hot ( <C habitum) ' mesure de liquide, de grain ', proprement ' ce qui est tenu ' (v. § LIX). Il est impossible de séparer ce substantif /;o/ des mots afr. havot ' mesure de grain ', havotée ' mesure de terre ', bas-lat. havotus 'mesure de liquide, de grain, de terre', hava ou havus ' mesure de grain ', wall. héve ' mesure usitée dans les houillères ', bas-lat. haveia ' mensuras genus ; candelarum fasciculus, qui pugillo apprehendi potest ', afr. havée, bas-lat. havata ' poignée, morceau de qqch, poignée de main '. La filiation de sens que fait supposer le verbe haver est la suivante : ' tenir, avoir dans les mains * > ' saisir (une chose) pour la posséder, pour en tirer profit ; tirer à soi (cf.

RECHERCHES ÉTYMOLOG1Q.UES I45

avoir, qui prend quelquefois le sens de ' obtenir, se procurer la possession de qqch ') >> ' tirer, extraire (de la houille d'une houillère, de la pierre d'une carrière) '. Ici il faut comparer l'angl. get qui ne signifie pas seulement ' se procurer, saisir, s'emparer de, tirer, obtenir ' mais encore ' extraire ' en parlant de la houille et des minerais ; puis l'angl. win qui signifie ordinairement ' gagner ' mais qui prend le sens de ' tirer, extraire ' dans les expressions to win coal, to win stone, etc. Ce qui confirme l'étymologie que je propose, c'est le fait qu'elle explique non seulement tous les substantifs que j'ai cités plus haut, mais aussi, et non moins naturellement, le norm. hâve?- ' tirer avec effort ', le wall. haver ' séparer la veine de la roche au moyen du pic ou d'un instrument du même genre \.rihaver on beur * élargir une bure dans tous les sens ' et l'afr. haver ' creuser ' en parlant des houillères et des carrières, proprement ' extraire (de la houille, de la pierre) '. Je tire de Godefroy cet exemple intéressant du verbe haver ' saper dans une houillère avec un pic ' (Bonnard et Salmon : ' creuser avec un pic, piocher ') :

Que nuls qui soit dédit mestiers ne doit prendre ovrage ne ovreir devant altruv heraine por potier ne haveir aultruy heraine, sauf l'hiretier qui puet faire de son hiretaige son profit de luy mesmes et ovreir son hiretaige tant seulement. (J. de Stavelot, Chron., p. 2î2, Borgnet.)

Ici haver est expressément synonyme de potier ' tenir dans les maiiis ' et signifie à peu près ' exploiter '. L'ancien substantif hef présente le même développement de sens que les mots agrafe, grappin, crampon : ' ce qui sert à tenir ' > ' boucle, crochet ' ; cf. le lat. tenaculum et l'angl. clasp. Il importe de remarquer que le sens du mot havet, qui signifie proprement ' ce qui sert à haver ', variait autrefois suivant la signification du verbe. Signalons parmi les anciens sens du substantif les suivants : * boucle, agrafe, grappin, pic, pioche, pelle, hache, crochet garnissant le dos des guisarmes et qui servait à désarçonner les cavaliers, gaffe, crochet à long manche dont les bouchers se servaient pour décrocher les pièces de viande suspendues '. Le mot havet désigne aujourd'hui, entre autres choses, un instrument dont les cultivateurs du littoral de la Manche se servent pour recueillir la tangue ou vase dont ils amendent les terres, un outil à crochet dont l'ardoisier se sert pour saisir les blocs et les maintenir, une sorte de crochet employé par les imprimeurs sur étoffes pour maintenir le tissu imprimé tendu, et, comme terme de marine, une fourche ou fourchette avec laquelle le maître coq prend les rations dans la chaudière. L'étymologie que je propose rend parfaitement compte de tous ces sens. Si, au contraire.

le mot havet avait commencé par signifier ' crochet ', il n'est guère vraisemblable qu'il eût désigné plus tard un pic, une pioche, une pelle, une hache et une fourche.

LXII. — Fr. trotter (> pr., esp., port, trotar ; it. trottare ; angl. trot).

Etymologies à rejeter.

(i) Lat. vulg. *tôlûtare (du lat. ire tôlûtini) >> *tlûtare^ *trotare : Diez 331, Scheler (s. v. trotter).

Même avec la substitution de r à /, *tlûtare n'aurait pu donner en français que truer.

(2) Germ. *trottôn (mha. trotten ' trotter, courir ') : Kluge (s. v. Trott), Mackel 35, Kôrting 9769, Meyer-Lûbke 8939.

Tout en se trouvant obligé de voir dans le substantif allemand Trott une importation romane, Kluge est disposé à identifier trotten avec l'aha. trottôn, intensif de treîen, signifiant ' marcher sur '. Schade voit dans trotten un emprunt roman. Il faut donner raison à Schade ; l'ail. trotten n'est enregistré que vers la fin de la période moyenne, tandis que le verbe français trotter et le substantif français trot se trouvent mentionnés dès le xn'^ siècle.

Etymologie proposée.

Le moyen haut-allemand nous présente encore traben {draben, draven) ' trotter, courir ' et 'faire trotter'. Kluge cite comme formes germaniques répondant à traben le hoU. draven, l'aha. *thra$ôjan que suppose le participe thrabondi ' trotteur', et l'ags. prafian ' pousser à, stimuler à ' qui, d'après Kluge, montre la signification primitive de traben. Schade ne rattache traben à aucun autre mot ; Bosworth et Tôlier rapprochent prafuin du goih. ^rafstjan 'encourager', non pas de l'ail, traben. Je crois qu'il faut identifier traben avec les verbes romans qui représentent le lat. vulg. *trabare{dQ trabs 'poutre') : esp. trabar, pr., port, travar, fr. traver (dans entraver et afr. destraver). Tous ces verbes romans signifient' ' mettre des entraves (à un cheval)'. Les entraves sont aujourd'hui des liens fixés aux jambes d'un cheval soit pour gêner sa marche, soit pour l'habituer à prendre le pas relevé ; cf. traba, dans Du Gange. Il est plus que probable que l'expression romane *trabare uno caballo a signifié primitivement ' habituer un cheval à prendre le pas relevé en le faisant marcher en travers d'une série de

poutres parallèles'. Ce moyen d'habituer un cheval à prendre le pas relevé est très souvent employé encore aujourd'hui ; on fixe les poutres à des intervalles d'un pas de cheval et à une hauteur d'environ le tiers d'un mètre au-dessus du sol. Non seulement on ne pourrait attribuer à l'expression *trabare uno caballo un sens qui convienne mieux à Tétymologie de *trabare, mais on ne pourrait, à ce qu'il me semble, imaginer pour ce verbe un sens qui rende mieux compte des expressions modernes : esp. trabar un cavallo, fr. entraver un cheval ' mettre des entraves à un cheval' ; esp. trahas * courroies qu'on attache aux jambes d'un jeune cheval et qui, en gênant sa marche, l'habituent à prendre le pas relevé '. Il est à peine besoin d'ajouter que l'expression *trabare uno caballo * faire marcher un cheval d'un pas relevé ' rend tout aussi bien compte du m ha. ein pfert traben ' faire trotter un cheval ', car le sens propre du lat. ire tolutim ' trotter ' est justement ' marcher d'un pas relevé ', tolutim étant dérivé de tollere ' lever, relever '.

Le verbe trotter vient confirmer cette explication des mots romans entraver, trabar, travar et de l'ail, traben, car il a son origine dans *trabitare, fréquentatif de *trabare ; cf. le lat. vulg. *movitare >- afr, motter * remuer ' (§ XIV). Dans le domaine français, *trabitat passe régulièrement par les formes *trabtat >- *trautat > trote ; cf. l'afr. hôte <C habita (§LX) txfoler <C fabulare (§ XII). Les autres langues romanes ont emprunté ce mot ; Ve du substantif espagnol et portugais trote prouve incontestablement l'importation gallo-romane ; cf. l'esp., port, niote <C fr. mot (§ XV) et l'esp., port. :iote < fr. sot (§ LXVU).

LXIII. — Fr. saurer, sorer ; saur, sor ( >» angl. sorreT) ; pr. saur ; it. sauro, soro, sorra ; esp. soro.

Etymologies à rejeter.

(i) Germ. *saur (mha. sôr, holl. soor, :(oor, angl. sear ' brûlé, desséché, fané ') : Diez 282, Mackel 119, Kôrting839i, Meyer-Liibke 7626^ Skeat (s. v. sorreï).

. Le Dictionnaire général distingue entre (i) saur, sor, dans hareng saur, qu'il fait venir du holl. :(por et dont l'orthographe par au serait due à une confusion avec le mot suivant ; et (ii) saur, sor, ' jaune brun ', qu'il tire du lat. vulg. saurum, d'origine incertaine, devenu sor, écrit plus récemment saur par réaction étymologique.

(2) Basque ^uria, churia ' blanc' : Mahn, Etyni. Unters., 16.

148 RECHERCHES ÉTYMOLOGIQ.UES

(3) Goth. Sauria ' Syrie ' (cf. syricum pigmentum dans Isidore) : Diefenbach, Z. fur Fergl. Spr., XII, 79.

(4) Lat. saurex, sorex ' souris' : Littré,

Etymologie proposée.

Le fr. saurer, sorer, vient du lat. siibaurare dont l'existence paraît assurée par subauratus (Pétrone, 32, 3) ; cf. deaurare >> fr. dorer, pr. daurar, it. dorare, cat., esp. dorar, port, dourar. Le latin vulgaire remplace sub >» sob par la forme ^o employée devant une consonne ; puis so se réduit à s comme de dzns deaurare k d ; cf. l'ait, sorrecchiare ' dar d'orecchio, orecchiare ' <C *subauriculare et le fr. sot <C *subhahitus (§ LXVII). L'adjectif j^Mr est post- verbal. Il se peut que le pr. saur, l'it. saura, soro, sorra et l'esp. soro soient des importations françaises.

C'est avec un regret manifeste que Diez se trouve obligé de rejeter le primitif ex-auro qui aurait donné en italien sciauro ; il cite d'abord les anciens glossaires : « pr. saurs ' color auretis ' », et « saura ' grisea ' » c'est-à-dire ' chrysea ' ; et ensuite le fr. sors comme fin ors. {Nouv. fabliaux et contes, Méon, I, 348.) Sor se trouve rapproché de or dans plus d'un exemple cité par Godefroy ; cf. l'afr. sorel ' l'or '.

L'it. soro signifie ' niais ' (cf. le bas-lat. sauratus ' stultus, taediosus ' dans Du Gange) et l'on se contente d'y voir un sens dérivé de celui de ' sec, sans sève ' (v. Diez et Kôrting). Mais l'it. sofo se dit d'abord, comme le fr. saur, d'un oiseau « qui a son premier plumage, d'un jaune roux » {Dict. gén.) et c'est manifestement de là qu'on a passé au sens de ' niais '. On lit dans le Di:(ionano Minerva : « Sorro. Aggiunto d'uccel di rapina, avanti ch' egli abbia mutato... Per metaf. aggiunto ad uomo, vale Semplice, Inesperto. » On peut comparer l'angl. greenhorn et green ' vert ; niais ' ; le fr. bec-jaune et encore niais, proprement ' petit oiseau au nid '.

On n'a pas besoin de voir, avec les auteurs du Dictionnaire général, dans oiseau saur et hareng saur deux adjectifs saur d'origine diverse. Le hareng qui est salé et séché à la fumée de feuilles ou de tan devient, comme le dit Godefroy, d'un jaune brillant à la suite de cette opération, et hareng saur se traduit en anglais par red herring. Oiseau saur signifie proprement ' petit oiseau couvert de duvet couleur d'or '. Le verbe saurer, que le Dictionnaire général fait dériver de saur dan? hareng saur et dont il ne cite que des exemples remontant au xvii^ siècle, s'employait anciennement en parlant non seulement du hareng séché mais aussi des cheveux qui tiraient sur le roux :

Caveus ot blons, auques soroient.

{Athis, Richel. 375 ; G.)

RECHERCHES ÉTYMOLOGiaUËS I49

Les auteurs du Dictionnaire général y voient sans doute un autre mot, mais même dans le premier exemple que cite le Dictionnaire général, saurir a manifestement rapport à la couleur : « 1 606. Faire saurir et roussir le hareng, Nicot. » Si roussir (de russus ' rouge ') signifie aujourd'hui 'rendre roux en brûlant légèrement', ^û^MnV peut bien signifier 'rendre jaune en séchant à la fumée', et si roussir 2. pu prendre le sens de ' brûler légèrement ' (cf. sentir le roussi), saurir a bien pu prendre celui de ' sécher à la fumée '. Puis, l'adjectif sauret, qui ne se dit plus que du hareng saur et qui d'après le Dictionnaire général signifierait proprement ' un peu desséché ', était anciennement synonyme de ' roux ' et s'employait couramment en parlant des cheveux.

On trouve dans Du Cange cet exemple du bas-lat. saura : Marsiliensis, audito eo, navem unam magnam qua?n prœparaverant cum duabus galeis in cursum mittere, et qux jam erat ad Pamagum ad Marsiliam, extra buccam timoré nostrarum duxerunt, et ibi cum iota saura et vianda inter torttim Archerium et Turretam naufragium passa fuit. (Annal. Genuens. Ogerii Panis.) Du Cange veut donner à saura le sens de staurum : * quidquid ad vitae necessaria conducit ', mais satira signifie en réalité 'viande saurée, poisson sauré'; en ancien français sauret s'employait substantivement dans le sens collectif de ' hareng saur' et saurion signifiait ' viande saurée ' ; cf. l'afr. sauree ' salaison '. On retrouve le baslat. saura dans l'it. sorra ' salume fatto délia pancia del pesce tonno ' ; le redoublement de r que présente sorra et sorrecchiare <C *subauriculare est dû probablement au raccourcissement de la voyelle.

Je laisse aux germanistes le soin de décider s'il faut voir des emprunts dans les mots anc. holl. sore, hoU. T^oor ; bas-ail, soor, aha. {ar)sôrên ' emarcescere ', unsaorêntlih ' inmarcessibilis '.Bien que Skeat se trompe en disant : « The F. harem saur, explained by Cotgrave as a red herring, meant originally a JnV^ herring », il est certain que le fr. saurer avait déjà. pris le sens de * faire sécher', que rien n'empêche d'attribuer ce sens dérivé au gallo-rom. *saurare, que même si *saurare n'avait pas encore pris ce sens secondaire en gallo-roman, il aurait pu le prendre très naturellement en passant dans les langues germaniques, et que les formes gallo-romanes *saurare, *sauro rendraient parfaitement compte de toutes les formes germaniques.

• LXIV. — Esp. :(urrar ; port, surrûr ; esp., port, ^orro, ^orra ;

esp. :(jurra, :^orita.

Etymologks à rejeter.

(i) Lat. * surradar e (pour surradëre) 'racler en dessous ' > port. surrar, esp. ^urrar ' corroyer les peaux ' : Diez 500. Zorro ' renard * serait un dérivé post- verbal signifiant ' peau pelée ', appliqué au renard parce qu'il perd son poil en été. Kôrting (9189) paraît approuver cette étymologie.

(2) Lat. psôra ' psore, gale ' > ^orra ' renard ' d'où T^urrar etc. : Rdnschj Z. I, 420.

(3) Basque :(Mrm, ^uhurra * prudent ' >> ^orro ' rusé ' :' Gerland, Grôbers GrundrisT^j I, 567.

Etymologie proposée.

L'esp. :(urrar, port, surrar est le même mot que le fr. saurer <C subaurare (§ LXIII). LV se redouble comme dans l'it. sorra et Vs devient X comme dans l'esp. ^ahondar, :(ahullir, :çurdo, :(ote, etc. Il est probable que le groupe de voyelles inaccentuées oau du lat. vulg. *soaurare (v. § LXIII) devient régulièrement u en hispano-portugais, mais faute d'exemples de oau, il m'est impossible de prouver ce développement.

Il n'y a den de plus naturel que le passage d'idée entre ' donner une couleur saure (jaune brun) ' et ' corroyer les peaux ' ; cf. le fr. tanner. Les sens de ' châtier à coups de fouet, de bâton etc. ' et de *^ user la;.superficie de qqch, la rendre raboteuse ' sont dérivés de celui de * corroyer, préparer (le cuir) en le battant, en l'étirant, en le foulant ' ; cf. l'angl. curry ( << fr. œurroyer, corroyer) ' étriller, rosser ' et tan ( <; fr. tanner) dans l'expression très familière to tan a mans hide ' le rosser d'importance '. Du verbe ^urrar l'espagnol a tiré :(urra 'correction physique, longue séance de discussion, etc. '. On n'a qu'à rappeler l'afr. sor ' cheval alezan, roux ' et l'angl. sorrel, sorell ' jeune daim ' (Palsgrave) pour rendre compte du sens des substantifs espagnols :(orro ' renard mâle ' d'où ' homme rusé ', :(orra ' renard femelle ' d'où ' prostituée ', portugais ^orra ' renard ' et de l'adjectif portugais Xprro 'rusé '. L'adjectif féminin espagnol ^orita ' sauvage' en parlant de la colombe, du pigeon ramier et l'adjectif ;(wro 'ramier ' se sont dits d'abord sans aucun doute par rapport à la couleur de l'oiseau ; cf. le

RECHERCHES ÉTYMOLOGiaUES I5I

fr. faucon saur. L'adjectif portugais :(orro a aussi le sens secondaire mais important de 'qui fait le niais pour se dispenser de travailler'. Ce sens, qui n'a aucun rapport avec celui de l'it. soro : * niais ' mais qui dérive exclusivement du sens de 'rusé', est surtout important parce qu'il rend compte des sens du port, ^orreiro, esp. ^orrero ' lambin, paresseux, lent ; qui demeure en arrière, qui a peine à suivre les autres ' et, en parlant d'un navire, ' lent dans sa marche, peu docile au gouvernail ' et du port. :(orra * éfourceau '. Avec ^orreiro ' mauvais voilier ' et ^orra ' éfourceau ' nous sommes loin du point de départ : ' couleur tirant sur celle de l'or ', mais nous ne nous sommes pas égarés et nous avons pu observer une marche intéressante de l'esprit hispano-portugais.

Page 1