DE LÀ CAUSE PREMIÈRE
Nous l'avons déjà dit : si l'on prouve qu'il est impossible d'une impossibilité physique et morale^ que l'homme^ tel qu' est constitué; ait pu de lui-même , et par les seules forces i son esprit , inventer l'art de parler y on aura rigoureuseroei démontré l'existence d'une cause intelligente supérieure l'homme et antérieure au genre humain. 11 y a même lieu c s*étonner que les différentes académies de l'Europe n'aient p appelé l'attention des savants sur cette question plutôt que si une foule de sujets inutiles à éclaircir^ ou même dangereux traiter. On ne peut pas croire qu'elles en aient été détourné par la considération de tout ce qui a été écrit en faveur c l'opinion contraire^ ou de l'invention du langage. Rien de pli romanesque, de moins philosophique ^ de plus faible, en t mot , de principes y d'observations et de raisonnements qi tout ce que les idéologues modernes ont publié sur la possib lité du langage inventé par l'homme, et les moyens qu'il a d employer pour y panxnir. J.-J. Rousseau , dans quelqui pages, a soufflé sur ces rêves de l'imagination, et sans doute I sentiment de cet homme célèbre aurait été d'un plus grai poids aux yeux de ses contemporains, si les plus clairvoyau n'en eussent redouté les conséquences pour des croyances qt J.-J. Rousseau a toujours défendues et qu'on ne lui a jama pardonnées. Mais il était dit que ce malheureux écrivain sera persécuté pour la vérité, et ferait autorité par ses erreur Il est vrai que, sur les questions du langage inventé ou révéla
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semble ne proposer que des doutes^ et ne conclure pas )rroeUement. Cependant, si Ton fait attention aux difficultés isurmoDtables qu'il élève contre l'invention du langage, et à i profession de foi par laquelle il les termine, on demeurera xivaiacu que de tous les doutes que ce philosophe a acculolés dans ses nombreux écrits pour ou contre Li vérité, il n'y ) a pas de plus décisifs et qui ressemblent davantage à un Dtiment.
Au reste, on ne doit pas s'attendre à trouver ici les difféoies preuves que l'on peut donner de l'existence de la cause ■emière, pas même celle qui découle de la nécessité de la vélation première de la parole. — Les bornes de cet écrit ne irmettent pas de traiter ce vaste sujet, et l'objet principal que lus nous sommes proposé ne le demande pas : d'ailleurs, on ! dit plus formellement que Dieu n'existe pas. Un reste égard pour des croyances universellement reçues commande jourd'hui quelque ménagement dans l'expression. On se ntente de soutenir que la cause première est pour toujours robée à notre investigation (1); en sorte qu'en avançant, au épris de la raison humaine, que nous ne connaissons pas la use première de l'univers, on affirme, sans respect pour le gme de la perfectibilité indéfinie de nos esprits, que nous ne uvons pas même la connaître.
<î'est uniquement à cette dernière proposition que nous nous "étons. Je ne crains pas d'avancer, comme une proposition nnemment philosophique , que , si la cause première que us appelons Dieu existe, elle est connue, et que si elle est Qnue, elle existe , ou autrement que Dieu ne peut exister ïs être connu, ni être connu sans qu'il existe. Comment supposer en effet qu'il existe un être tout-puissant souverainement intelligent, créateur de F uni vers, premier >teiur du monde physique^ législateur suprême du monde >ral, et que les intelligences subordonnées, ^our qui il est le d'user de tout dans le monde physique et nécessaire de it connaître dans le monde moral, n'en aient aucune idée; e cette première et la plus fondamentale de toutes les 'ités, V alpha et Voméga de tout, parce qu'elle est le principe toutes les lois morales, et doit être la fin de toutes les
1) Difloonrs préUminaire des Rapports du physique et du moral ds
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léchovehM physiques , Mitt pour toujpun déioliée à IMnvesti gation de rhomme, fait pour la vérité et pour toutes k vérités, pomme usufruitier du monde matériel, et premit agent dans le monde moral ou la société? En vain les sophIsUîi tantôt exagèrent la force, l'étendue, les progrès indéfinis d Pesprit humain dont la connaissance des effets ou des chosi sensibles, tantôt le rabaissent, l'anéantissent lorsqu^il vei s'élever à l'idée de la cause première de tout ce qui existe 1-homme, on peut le dire avec un poète, lie mérite « ni ci n^ excès d 'honneur, ni cette indignité : p son esprit n'est pas ii fini, mais il ne saurait en assigner les bornes ; il connaît h êtres, quoiqu^il ne puisse en embrasser tous les rapports. Ha de tou$ les ètre^, celui qu^il cbnnatt le mieux est sans dotii eelui que, pour l'intérêt de la société, il lui est plus nécessaii de oonnattre; ft s'il n'est pas fait uniquement comme les an maux, pour satisfaire des appétits et des besoins, si la socié lui impose d*autres devoirs, et s^il se sent lui-même appelé de pl|is hautes destinées. Dieu, je ne crains pas de le dire, li est connu avec autant de certitude que lui-même et que matière; on peut même dire qu'il jouit de la matière sans connaître, comme il connaît Dieu sans en iouir, parce qu communique avec la matière par les sens, et avec Dieu p sa raison , et que c'est la raison qui connaît et les sens q jouissent.
Si Diçu existe, il est donc connu des hommes; il n^est p même possible qu'il n'en soit pas connu, et qu'il ne Tait p toujours été. Hais il est connu des hommes, puisquil en e nommé, selop ce mot si juste de Fontenelle : « Une vérité coi nue est une vérité nommée; » et nommer Dieu, c'est le proi ver, eoiT^me l'aimer, c>st le connaître. En effet, on peut défi< tous les grammairiens ensemble de nommer un objet qi n'existe pas et qui ne puisse pas exister, et d'être, en parlan entendus^ d'eux-mêmes et des autres. En vain ils imagineroi le monstre le plus bizarrement organisé, et lui donneront u nom, ce monstre ne sera jamais qu*un composé de partie réellement existantes dans plusieurs individus, et que Kimag nation aura réunies par un rapport idéal , qu^on appelle w fiction,'^ mais cet être fictif existera d'une existence possibI< puisque j'en aurai l'image, et que je pourrai le figurer a deibors par le des^n, Pieu, pac cela seul qu'il e^t nommé, < que les hommes s'entendent eux-mêmes et s'entendent enti