CHAPITRE VIII
CARACTERE DU MINISTËRE DE LA SOGDÎTÉ PUBUQUE.
Le pouvoir domestique agit pour la production et la oonser* vation de ses tujeis, qui sont ses enfants^ par le moyen ou le ministère de la mère (expression absolument identique, sauf toutefois que moyen peut se dire de tous les êtres, même des êtres physiques, au lieu que ministère ne peut se dire que des êtres intelligents ).
Ainsi le pouvoir public agit pour la production et la conservation de ses sujets par le moyen ou le ministère de ses agents, noblesse, magistrats, guerriers, fonctionnaires, etc., qui maintiennent Tordre dans TÉtat, le défendent contre Tétranger^ protègent les familles, jugent et apaisent leurs dtfierends, et contribuent ainsi à accroître et à conserver la population.
Qu'on ne s'étonne pas de ce rapprochement entre la société donsestique et la société publique; car, de même que sans le père et la mère il n'y aurait pas de famille et de sujets dans la société domestique, ainsi nous avons vu que, sans pouvoir public et sans ministres, il n'y aurait pas de société, par conséquent pas de sujets; mais une foule sans conseil et sans direction qui ne pourrait que se détruire elle-même, si elle n'était pas détruite par des causes étrangères.
Le ministère, que, considéré en corps ou en ordre, on appelait dans l'Europe chrétienne la noblesse, a suivi en France toutes les phases du pouvoir; viager tant que le pouvoir luimême a été viager et que la succession héréditaire n'a pas été ^glée, et de là vient qu'on n'aperçoit pas de noblesse proprement dite sous les premières races de nos rois; plus fixe à mesure que la succession héréditaire au pouvoir a été plus régulière et mieux affermie ; héréditaire enfin quand le pouvoir est devenu définitivement héréditaire, parce que, ainsi que nous l'avons dit, le ministère doit être partout homogène au pouvoir.
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c Dans les gouvernements grossiers des sociétés primitires,! dit M. de Condorcet^ dont la philosophie ne rejettera pas Taotorité^ a on trouve presque générale Thérédité des chefs et des » rois^ ainsi que la prérogative usurpée par d'autres chefs infé- » rieurs de partager aeub Tautorité politique, d'exercer les 9 fonctions du gouvernement et de la magistrature. »
C'est là l'origine de la noblesse ; et ce que Gondorcet appelle usurpaiùm était un besoin ou plutdl une nécessité de la société où les rois ou chefs ne pouvaient tout seuls gouverner, c'est-àdire yti^^ eiconAattre. L'origine de la féodalité n'a pas été particulière à nos climats; mais elle se trouve presque sur tout le globe aux mêmes époques , partout la propriété ou Tusufniît de la propriété donné à oonditioB da défendra l'État et 801X8 l'obligation du service militaire*
Le pouvoir, avons^ous dit, doit être un, paiee que la vokmU est simple et ne peut être divisée; mais, comme son actioa peut être appliquée à un grand nombre d'objets^ ses agents oo ministres sont plusieurs, et les sujets, tous.
Le oàinistre doit être indépendant du sujet; mab dépandint du pouvoir, et mteae plus dépendant qne le sujet, puisqu'il eit s^'ei luiHuéme, et de plua mibaltemt et soumis à des devoin spéciaux; et c'est avec raîaon que TemMiop a dit, a que Is a subordination était plus marquée dans les premiers nmsi 9 que dans les deroieia. a
Le ministre doit donc être, comme le pouvoir, propriétaire dans le sol; car sans pro(«iété terrilûrtale il n'y a paa d'kidé* pendance politique.
Le pouvoir, avons jsoua dit, doitrétre ééfimitif eu ehsoiii, st il l'est même toujours et periout, et plus absolu s'il est colleo> tif. Son action exercée par ses mioistieB doit doue être définitive; et les arrêts des cours de justice lendus de pw le pouvoir de l'État, et les commandements des chefs mUitsim donnés en son nom, et revêtus de sou autorité, doiveot élre
Le pouvoir est essentieHeoEkent actif, les ministes seront à h fois actifs et passifs; passifs à l'égard du pouvoir dont ils présent les ordres, actifi à l'égard des sujets auxcpiefe ils ks transmettent : ils ne soui paa pomûir, ils sont mstorité; ils reçoivent du pouvoir pour transmettra au oijet, ils sont intermédiaires, moyen, médius entre l'un et l'autre, et ils doivait être homogènes ou de même nature que le pouvmr et le sujet, pour que le pouvoir puisse agir sur eux et qu'da puisssat
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agir sur Iç sujet : ils participent donc du pouvoir et du sujet, et c'est de cette participation réelle au pouvoir royal qu'est venu l'usage des couronnes que la noblesse portût dans ses armoiries.
Les fonctions essentielles du pouvoir sont, avons-nous dit^ de juger et de conAattre. Les fonctions subordonnées des ministres ou agents répondent à ces deux fonctions du pouvoir. Au ministre appartient le conml pour éclairer le jugement du pouvoir, et le service pour seconder son action : ces deux fonctions^ conseil et service^ ont été longtemps remplies en France par les mêmes personnes; depuis, et à cause de la multiplicité des affaires, elles ont été divisées ; le conseil ou la ramontiance appartenait à la nobleoe sénatoriale ou à la magisteÉure; le service, à la noblesse militaire; et cependant rindenne paârîe, siégeant dans la oonr souveraine et rempli»» sant de hauts emplois militaires, représentait TaDcien temps, et viski reteon ces deux fonctions*
ie répéterai ici, comme une vérité du premier ordre et comme la preuve cpie Umt ce qui existait dans nos sociétés de soUe obéissance et de véritable liberté nous venait de la relifoii chrétienne, que les mots servir et service, employés pour déligner les plus hautes fonctions, celles qui ont commande* aeni, ont passé de FÉvangîle dans toutes les langues des psafdes chrétiens ; le divin législateur dît à ses disciples, qui se difptttaieai les premiÊres pkèes : « Que le plus grand d'entre > veas ne sôii que leserviteiir des autres, o Et c'est pour obéir i cette noble d touchante leçon, que le premier pouvoir de la obétienté s'isiitule siRTiiBea ns SBunuas MDnr, et cTesl sonplwbeMititxe*