‹ Recherches philosophiques sue les premiers objects des connaissances morales: DémonstrationChapitre 59 sur 68 · DE LA SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE OU DU CHRISTUMSHE · texte numérisé non relu

DE LA SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE OU DU CHRISTUMSHE

Kous avons vu dans les premières familles une religion tont intérieure ou domestique comme la société.

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Le pouvoir n'y était adoré que dans Tenceinte des fbyefs domestiques^ le prêtre ou le ministre était le père de famille^ I es sujets on fidèles étaient les membres de la famille.

Nous avons vu une religion locale on nationale chez les Juifs. Tout y était extérieur et public, mais seulement pour cette nation, et le culte ne s'étendit ni à d'autres peuples ni à d'autres lieux. Dieu y eut un temple tout national, et qui n'était fréquenté que par les Juifs. Les ministres de cette religion furent un ordre particulier de pontifes et de prêtres, qui ne pouvaient être pris que dans la nation et dans une tribu, et les sujets ou fidèles furent la nation elle-même.

Mais le genre humain tout entier était appelé h la connaissance de la vérité, et le secret de l'unité de Dieu ne pouvait plus longtemps rester caché. La vérité est la vie des intelligences; et partout l'homme, même dans l'état le plus sauvage, a conservé le moyen de parvenir à la connaissance de la vérité, par le langage articulé, expression de son intelligence, attribut incommunicable de l'espèce humaine, qu'elle n'a pu recevofar que de son auteur, ni conserver que par la société. C'est avec la parole, et par la parole, qu'il a partout retenu quelque idée plus ou moins distincte et raisonnable de quelque être supérieur à l'homme, idée qui, toute confuse ou même bizarre qu'elle peut être, servira à la ramener à une connaissance plus distincte de la Divinité, vérité première et source de toutes les autres.

Il faut nier l'existence de Dieu, ou reconnaître que l'être souverainement parfait *n'a pu créer des intelligences, non égales, mais semblables à la sienne, que pour le connaître, et connaître toutes les vérités nécessaires à leur bonheur.

Et sans cette haute distinction, et si l'homme n'était ici-bas que pour satisfaire des goûts et des besoins matériels, quel avantage n'auraient pas sur lui les animaux, qui, sans étude, sans art et sans travail, logés, vêtus, armés, nourris par la nature, sont doués, pour satisfaire ces mêmes besoins, d'un instinct plus sûr et plus prompt que sa raison?

Dieu, intelligence suprême, est donc le pouvoir universel de toutes les intelligences; à ce pouvoir universel répondra donc, suivant l'analogie la plus exacte du langage, un sujet universel ou l'universalité des hommes; car il n'y a pas de pouvoh* sans sujet, comme il n'y a pas de cause sans effet.

Mais il n'y a pas de pouvoir et de sujet sans ministre, ou

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moyen intermédiaire entre l'un et Kautre; comme il n'y a pas de cause et d'effet sans ntoyen entre l'un et Tautre.

A ce pouvoir universel , à ce sujet universel, répondra donc aussi un ministre universel; et voilà la société universelle formée des trois personnes, pouvoir, ministre, sujet, qui embrassent l'universalité des êtres intelligents. Cette société est le christianisme ou la religion universelle ou catholique, suivant la force du mot grec.

Hais quel est ce ministre universel ?.Je le demande au raisonnement. La même expression nous représente les mêmes caractères et les mêmes fonctions; et ce ministre universel da pouvoir universel sur l'universalité des hommes sera donc, comme les autres ministres des autres sociétés, intermédiaire entre deux êtres, médita, c'est-à-dire médiateur entre Dieu et les hommes; mediator unius non est, dit saint Paul. 11 sera passif à l'égard du pouvoir, actif à l'égard des sujets; passif pour recevoir les volontés du pouvoir, actif pour les transmettre au sujet : et pour pouvoir remplir cette double fonction d'obéir au pouvoir et de commander au sujet, il devra être homogène, ou de même nature que l'un et l'autre.

A pi^ésent, que l'on veuille bien se rappeler tout ce que nous avons dit de cette homogénéité; et dans la société domestique, où la femme, c'est-à-dire le ministre, doit participer de la nature de l'homme et de celle de l'enfant; et dans la société politique ou publique , où le ministère héréditaire ou la noblesse participe de la nature du pouvoir royal et de celle du peuple, et exerce une sorte de sacerdoce royal, puisque les nobles, dans une monarchie héréditaire, sont les prêtres de la royauté ; et Ton sera conduit à cette conclusion naturelle, que le ministre universel entre Dieu et les hommes devra participer de la nature divine et de la nature humaine; mais un être ne peut participer de la nature divine sans être Dieu, ni de la nature humaine sans être homme. Ce ministre universel sera

donc Me sera-t-il permis de déduire une vérité si haute et

si surhumaine d'une discussion purement philosophique? J'hésite Mais, puisque notre siècle ne veut que de la philosophie, osons le dire : il sera Homhe-Dieu.

Qu'on prenne garde que nous avons été conduit à cette conclusion par le seul raisonnement et la similitude qui existe entre toutes les sociétés, toutes semblables dans leur constitution; et la philosophie n'a^ pour cette démonstration, rien demandé à l'enseignement théologique et religieux.

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