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même pour les tiges de la plante en pleine vie parasitaire. La tige adulte forme facilement des spires serrées autour d’une baguette de bois où de verre. Sur de tels supports, l’on voit aussi apparaître les petites proéminences indicatrices des suçoirs futurs. La formation du suçoir est aussi, comme celle des spires serrées, un phénomène d'induction ; mais pour que le suçoir arrive à son complet développement, il est nécessaire que la pression soit continue. De plus, le contact après avoir mis en jeu l’activité cellulaire ne peut suffire si une abondante nutrition n’est pas bientôt fournie au suçoir par l'hôte. Voilà pourquoi les suçoirs ne peuvent parvenir à leur complet développement sur des supports privés de vie, ou peu nutritifs. Les cellules pralongées en papilles de la proéminence primitive du suçoir, prennent déjà une part active à la nutrition de l'organe naissant encore enfermé dans les tissus générateurs. Ces cellules papilleuses épidermiques pénètrent légèrement dans l'écorce de la plante nourricière, et absorbent des matières nutrilives. Quoique très différentes du suçoir au point de vue morphologique, elles jouent cependant un certain rôle physiologique. Aussi PEIRCE a-t-il donné à ces proéminences le nom de pré-suçoirs que je leur conserve volontiers.
Les spires serrées ont pour but de favoriser: l'introduction du snçoir dans l'hôte, la pression indispensable au phénomène de l'irritabilité, le développemerit du plus grand nombre possible de suçoirs ; mais elles ne sont pas nécessaires à la formation des suçoirs. On peut provoquer, par irritation, la formation des suçoirs dans des tiges dont on entrave l’enroulement. A l'état naturel, du reste, on constate de tels suçoirs formés en dehors des spires serrées, aux endroits irritables des tiges qui, pour une raison ou pour une autre, n'ont pu s’enrouler.
Le suçoir fait son chemin dans les tissus nourriciers par la double aclion de l'effet mécanique et de l'effet chimique. Comme l’a expérimenté PEIRCE, un suçoir peut parfois traverser une feuille d’étain d'une épaisseur de 2/10 de millimétre. Les cellules papilleuses du pré-suçoir sécrèlent un ferment qui agit sur la matière amylacée, el possèdent aussi une action dissolvante sur la cellulose. Déjà, Mour avait émis l'opinion que ces proéminences abandonnent une sécrétion qu'il pensait être une substance mucilagineuse destinée à faire adhérer ces organes à l’épiderme de l'hôte. Les cellules du corps hauslorial s’épanouissent dans la ‘plante hospitalière en longs
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filaments qui traversent les tissus en les trouant sur leur passage sans laisser de résidu. C’est évidemment par digestion que s'accomplit ce cheminement, et au moyen de ferments appropriés.
Dans les suçoirs coniques des petites espèces, le corps haustorial d'origine endogène est formé d’un pelit vaisseau vasculaire de trachéides entouré de cellules minces et un peu allongées qui représentent le liber. Lorsque le suçoir est entré dans l'hôte toutes ces files libériennes et vasculaires s’isolent et, frayant chacune son chemin, viennent s'épanouir en un bouquet épais de filaments au sein des tissus nourriciers. Les files vasculaires viennent à leur extrémité se souder avec les vaisseaux de l’hôte, les files libériennes s'épanouissent au sein de son écorce et de son liber.
Les suçoirs des grandes espèces sont des organes beaucoup mieux développés. Pratiquons sur la face interne d’un fragment de spire serrée détaché de l'hôte (fig. 19, PI. 1), une coupe tangenlielle à travers un suçoir, et à peu près au niveau où le corps haustorial va sortir de la tige-mère pour entrer dans la plante hospitalière. La coupe du suçoir offre alors l’aspect d'une ellipse très allongée, placée obliquement sur un fond de parenchyme corlical (fig. 4, PI. xvi). Sur le grand axe de cette ellipse sont disposés un certain nombre de petits faisceaux; les plus gros, occupant la région médiane de l'axe, sont libéro-ligneux, les plus petits, vers les extrémités de cet axe sont uniquement libériens. Si l'on considère, à un plus fort grossissement (fig. 5, PI. xvi), un fragment de cette ellipse, c’est-à-dire du corps du suçoir, on voit, au centre, un certain nombre de paquets vasculaires formés, chacun, de plusieurs files de trachéides accolées généralement suivant l'axe de l’ellipse: Ces paquets vasculaires sont entourés de cellules très segmentées qui ne sont autre chose que des éléments libériens. Ces éléments sont, pour la plupart, des petites cellules criblées munies souvent de cellules compagnes. Le reste du tissu est le parenchyme cortical du suçoir, formé, vers la périphérie, de cellules à memhranes cellulosiques un peu épaisses, à grosses ponctuations, montrant sur la coupe transversale des renflements disposés en grains de chapelet. De la périphérie au centre de la coupe, les membranes des cellules de parenchyme vont en s’amincissant peu à peu. Lorsque ce corps haustorial a pénétré dans la plante hospitalière, ses divers tissus s’épanouissent en un volumineux bouquet de filaments; les éléments vasculaires et libériens de la plante
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parasite viennent s'unir aux mêmes éléments de l'hôte, les filaments corlicaux se répandent dans le tissu cortical nourricier. |
Les régions à suçoirs sont généralement formées de plusieurs tours de spires; de plus, la tige, en même temps qu’ellè s’enroule autour de la branche nourricière, subit une torsion dans le sens de l'enroulement. Il s’en suit que la tige parasite ne met pas en contact avec l'hôte une seule généralirice de sa surface, mais toutes ses généraltrices. De sorte que les points de contact de la tige parasite avec l’hôte et, par conséquent, les suçoirs qui naissent en ces points, intéressent {out le pourtour de la tige. Or, à travers chaque suçoir unifasciculé des petites espèces, un faisceau libéro-ligneux de la tige parasite envoie une ramificalion dans l'hôte. Par conséquent, pour peu qu'une région haustoriale soit formée de plusieurs tours de spires, tous les faisceaux libéro-ligneux de la plante parasite envoient par l’mtermédiaire des suçoirs et avec de petites différences de niveaux, des ramifications dans la plante nourricière; si le nombre des spires le permet, un même faisceau pourra détacher plusieurs ramifications haustoriales. Autrement dit, l'appareil conducteur tout entier de la Cuscute, dans chaque région haustoriale, se réunit aux tissus nourriciers, grâce à l’enroulement et à la torsion de la plante parasite.
Dans les grandes espèces, la réunion de l'appareil conducteur de la plante parasite avec la plante nourricière se fait encore avec plus d’ampleur. Sur la face de contact de la spire haustoriale, chaque suçoir, coïñnme nous venons de le voir, présente la forme d'une ellipse allongée et oblique. Les faisceaux hbéro-ligneux situés sur l'axe incliné de cette ellipse sont des ramifications, à des niveaux différents, d’un certain nombre de faisceaux libéro-ligneux de la tige. Par le fait de l’enroulement et de la torsion, tous les faisceaux de la tige parasite peuvent prendre part, el même plusieurs fois, à la formation des suçoirs.
Nous voyons par là qu'une seule région haustoriale constitue un puissant appareil de nutrition, car, dans l'intervalle de cette région, tous les faisceaux de la plante parasite peuvent se mettre en communicalion avec l'hôte. L'appareil conducteur tout entier de la plante parasite prend donc part au transport vers les régions siluées audessus des suçoirs, de la nourrilure puisée dans l'hôte.