‹ Recherches physiologiques et anatomiques sur les CuscutacéesChapitre 23 sur 57 · STRUCTURE DE LA TIGE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DE LA TIGE

Parmi les premiers auteurs qui ont observé la structure des Cuscutes, LINK (1), qui a examiné quelques espèces indigènes communes, dit que ces plantes possèdent quelques faisceaux vasculaires isolés, disposés dans un ordre à peu près annulaire.

CHATIN (2) a étudié la tige de quelques espèces qui lui ont fourni les principales constatations suivantes :

Le Cuscuta Epithymum est pourvu d’une moelle peu développée, entourée par un système fibro-vasculaire formé d’un cercle de cinq groupes de faisceaux; les vaisseaux sont ponctués; les trachées, les rayons médullaires, les stomates n'existent pas. Le C. Europæa possède la même structure, mais les faisceaux vasculaires y sont composés d'éléments un peu plus nombreux. Dans ces deux espèces, le système libérien est peu développé, et même, à ne considérer que les figures qui accompagnent le texte, il n’existerait pas. Le système libérien acquiert un peu plus d'importance dans le C. reflexa et le C. monogyna, où les faisceaux vasculaires sont réunis, en outre, par un anneau ligneux. Dans le C. Europæa et le C. Americana, l'auteur croit que les faisceaux vasculaires sont réunis par un anneau de cellules légèrement épaissies; Kocx a montré plus tard que cet anneau n'existe pas. Dans une addition assez récente à son Anatomie comparée, CHATIN constate encore l'absence habituelle des stomates dans les Cuscutes et dit que l’ensemble des groupes libéro-ligneux est entouré d’un endoderme général.

Kocx (3), le premier, a étudié l’origine et la formation de la tige dans les Cuscutes. Il a examiné les sommets végélalifs du C. Epili-

a) Link. Grundilehren der Anatomie und Physiologie der Pflanzen. Güttingen

(2) A. CHaTIN. Anatomie comparée des végétaux. L. III, 1856. (2) A. Cnarin. G. À. Acad. des Se., 31 Août 1891, CXIIT. (3) Kocx. Untersüchungen über die Entw. der Cuscuteen, 1874, p. 51 et suiv. —

Die Klee und Flachsseide, p. 60, 73 et suiv., 1880.

num, et ses observations à ce sujet peuvent se résumer de la manière suivante : sous l’assise unique du dermatogène où épiderme primitif, se trouvent deux assises cellulaires du périblème ou écorce future. Bientôt les cellules de ces deux dernières assises se dédoublent et accroissentle tissu cortical. A l’intérieur de ces deux couches, se trouve le plérome ou cylindre central futur, dont les cellules initiales forment un amas irrégulier, rarement délimité d’une façon bien tranchante d'avec les cellules du périblême qui l'entoure. Dans le plérome, il ne se produit pas, comme dans les plantes ordinaires, plusieurs cordons procambiaux, mais un seul cordon procambial axile qui donne plus tard naissance au système vasculaire. Dans la tige du germe non fixé, on voit apparaître trois groupes de vaisseaux futurs ; lorsque la plante est fixée sur un hôte et qu’elle commence à vivre en parasite, on constate dans le tissu primitif de la pointe, les traces de cinq groupes de vaisseaux naissants. Lorsque les vaisseaux vasculaires sont différenciés, les cellules qui les limitent en dehors et un peu latéralement, s'allongent longitudinalement et donnent naissance à des formes cellulaires qui répondent plus ou moins aux éléments du liber. Les cellules centrales produisent un peu de tissu médullaire. Les formations cambiales n’existent pas, les formes mécaniques manquent également.

Cet auteur passe en revue la structure d’un certain nombre d'espèces : ©. Epithymum, Europæa, Arabica, Halophyta, Chilensis, Gronovii,rostrala, Kotschyana, brevistyla, Americana, Africana et monogyna. Il consacre quelques lignes à chacune d'elles, et remarque le peu de développement du liber, le manque des formations cambiales; dans les espèces américaines et africaines, il note une plus grande régularité dans la forme et la disposition des faisceaux que dans les espèces indigènes. Dans le C. monogyna, la seule grande espèce qu'il ait examinée, il constate une structure un peu plus compliquée; dans cette Cuscute il y à un assez grand nombre de faisceaux libéro-ligneux, le système libérien est plus développé que dans les espèces précédentes ; la moelle est assez considérable ; un anneau ligneux réunit les faisceaux vasculaires : des îlots de fibres lignifiées sont placés devant les faisceaux et une activité cambiale assez appréciable se fait sentir dans les faisceaux libéro-ligneux.

L'étude de ces quelques espèces amëne Kocx à comparer l’origine et la structure des plus simples à celles de quelques plantes aquati-

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ques, comme l’A/drovanda, Y'Hippuris, le Ceratophyllum, et à établir trois degrés différents dans la structure des Cuscutes. Dans le premier dégré, le plus simple, il place les C. Kotschyana et brevistyla ; dans le second degré présentant une organisation plus élevée, les C. Epilinum, Arabica, Europæa, Chilensis, Gronovii, rostrata, Africana et Americana ; enfin le C. monogyna est le type du troisième degré de développement.

Dans ces derniers temps, Max. Cornu (1) a publié un travail sur lie C. Lehmanianna qu’il étudie avec une précision de détails qu'aucune description de ces plantes parasites n’a eue jusque-là. J'aurai l’occasion de citer plusieurs fois cet intéressant mémoire.

Mais tous les auteurs précédents se sont contentés d'étudier l’état de la structure adulte de quelques espèces isolées. Il était nécessaire, pour comprendre la constitution de ces végétaux, d'étudier un plus grand nombre d'espèces prises dans chaque groupe et surtout de suivre les modifications des tissus à partir de leur origine.

L'étude qui va suivre montrera sous un jour tout nouveau, et sous une forme plus compiète, l’organisation de la tige des Cuscutes. Je décrirai d’abord la tige des grandes espèces qui forment le groupe des Monostylées, puis celles des autres espèces renfermées dans le groupe des Distylées.

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