‹ Recherches physiologiques et anatomiques sur les CuscutacéesChapitre 27 sur 57 · ES · texte numérisé non relu

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FiG. 19. — C. Japonica. Principaux niveaux du détachement des stèles axillaires et de l’écaille. T, tige-mère ; 1, 2, 2, trace foliaire ; À, stèle du rameau À; B, stèle du rameau 2. La ligne en hachures représente

l'endoderme ; la partie blanche située entre cette dernière ligne et 1

pointillée représente le péricycle. Gr. 20.

a ligne

SUR LES GUSCUTACÉES. 201

portion basiliaire concrescente à l’écaille, el qui appartient sucessivement aux deux premiers rameaux principaux. Pour une telle étude, il est nécessaire de faire un examen attentif et répété de nombreuses coupes transversales en série, et de quelques coupes

serrée, K PLU kan sc mepo

Fic. 20. — Suite de la figure précédente. Gr. 20.

longitudinales. I1 me suffira de représenter ici les niveaux principaux du détachement des stèles de ramificalion (fig. 19 et 20).

202 MARCEI, MIRANDE.

À une certaine distance au-dessous du nœud, on commence déjà à discerner les faisceaux destinés à l’écaille, c’est-à-dire la /race foliaire (a). Cette trace foliaire est composée de trois faisceaux complets, abstraction faite, pour le moment, des faisceaux uniquement libériens qu’elle possède aussi en nombre très variable; elle occupe une petite anse dans la ligne circulaire de démarcation du cylindre central. Ces trois faisceaux complets cheminent dans le cylindre central, avec les faisceaux qui se ramifient sur eux en sympode, destinés à les remplacer dans la tige après leur départ dans la feuille et qu'on nomme faisceaux réparateurs. On voit bientôt, près du nœud, sagrandir l’anse qui contient la trace foliaire et se former la stèle du rameau A (b, c); les trois faisceaux réparateurs restent dans la stèle de la tige mère, el les trois faisceaux foliaires cheminent dans la stèle destinée au rameau A et pénétrent avec elle dans le rameau A. Arrivés au niveau où commence la stèle B (4), les trois faisceaux foliaires laissent à la stèle À trois nouveaux faisceaux réparaleurs, cheminent dans la stèle destinée au ramean B et entrent avec elle dans le rameau B. Un peu au-dessous du niveau où la stèle B va se détacher de la stèle À, les deux faisceaux latéraux de la trace foliaire, traversant le parenchyme cortlical, pénêtrent dans l’écaille après avoir laissé à la stèle B, en compensation, deux faisceaux réparateurs (e). Il ne reste plus dans B, de la trace foliaire primitive, que le faisceau foliaire médian, ce faisceau médian s’incurve de plus en plus {f), et pénètre à son tour dans l’écaille (g), à un niveau situé un peu au-dessus de celui où se sont échappés les deux faisceaux latéraux, et au point que nous connaissons, où le limbe de l’écaille concrescente devient complétement libre. Le faisceau médian, avant d'entrer dans l’écaille laisse au rameau B un faisceau réparateur (h).

En résumé, les trois faisceaux foliaires pénètrent dans l’écaille, après avoir successivement appartenu aux rameaux À ct B dans leur partie concrescente à l’écaille. En passant d’un rameau à un autre, ils abandonnent au dernier, chacun un faisceau réparateur.

Dans la succession de la tige principale et des rameaux A et B, les faisceaux d’une branche-fille se réunissent en deux tronçons principaux et chacun de ces tronçons vient se souder aux deux faisceaux caulinaires de la branche-mère, à droite et à gauche du vide laissé par la trace foliaire. Les deux tronçons principaux de la

la branche A, viennent s'unir aux deux faisceaux caulinaires de la tige mêre qui bordent la trace des trois faisceaux foliaires. Cette soudure se fait au-dessous du nœud, à une distance assez sensible : de plus, les soudures, à droite et à gauche, ne se font pas généralement au même niveau, mais à des niveaux un peu différents.

Examinons maintenant d’un peu plus près l’entrée des faisceaux dans l’écaille, dont je viens de décrire le mode théorique. D’après ce mode théorique, nous avons vu les deux faisceaux latéraux entrer dans l’écaille un peu au-dessous du niveau de détachement de la branche B. Mais, en réalité, ces deux faisceaux n’entrent pas dans l’écaille d’une manière complète avec bois et liber. Seuls pénètrent dans l'écaille les faisceaux libériens; les faisceaux vasculaires, après un court parcours vers l’écaille, avortent avant d’y arriver. Quelquefois, les faisceaux vasculaires arrivent très près de l’écaille; les deux ou trois vaisseaux spiralés qui les composent se terminent en cul-de-sac, à leur entrée même dans cet organe. D'autre fois, le trajet de ces faisceaux vasculaires est moins appréciable; souvent ces faisceaux ne font même pas ce léger parcours vers l’écaille, et ils semblent continuer tout droit leur course, comme s'ils appartenaient à la stèle du rameau B. Théoriquement, dans ce cas, on peut les nommer réparaleurs, dès que les faisceaux libériens correspondants ont pénétré dans l’écaille : on peut considérer, en effet, que l'avortement de ces deux faisceaux vasculaires foliaires a été très rapide, et qu'ils n’ont fourni qu’un parcours insensible vers l’écaille ; de sorte que les deux faisceaux réparaleurs qui naissent sur eux, semblent être simplement leur continuallon.

L'entrée dans l’écaille des deux faisceaux latéraux ne se fait pas exactement au même niveau.

À une très pelile distance au-dessous du niveau où la branche B va être complélement détachée, le faisceau médian, ainsi que nous l'avons vu, s’incurve et pénètre dans la feuille rudimentaire. A ce même point, l’écaille détache complètement son limbe. Le faisceau médian pénètre dans l’écaille à l'état complet, c’est-à-dire avec son bois et son liber. Mais le trajet dans lécaille, du faisceau vasculaire, est de bien courte durée; au bout d’un millimétre environ il s'éteint et le faisceau libérien, seul, continue sa course, ainsi que nous l’avons vu, en se ramifiant et s’anastomosant, pour venir s'épanouir dans la partie charnue de l’écaille.

Nous venons de suivre la marche des trois faisceaux foliaires qui dans la tige mère sont complets, c’est-à-dire qui possèdent bois et liber. Mais ce n’est pas tout. Nous savons que l'écaille sessile se détache progressivement du rameau axillaire par ses bords qui forment des ailes de plus en plus larges. Nous savons, d'autre part, que la tige possède un certain nombre de faisceaux uniquement Hbériens entremêlés aux faisceaux complets. Devant la {race foliaire vasculaire composée de trois faisceaux ligneux, se trouve, de lasorte, une race foliaire libérienne formée d'un plus ou moins grand nombre de faisceaux libériens isolés. Or, à mesure que les ailes de l’écaille se détachent, on voit pénêtrer dans cet organe des faisceaux libériens libres ; c’est ainsi que se constituent les faisceaux libériens qui sont à droite et à gauche du groupe médian des trois faisceaux principaux dont nous avons étudié plus haut le trajet, et qui donnent à la structure de l’écaille l’aspect décrit dans le chapitre précédent (fig. 2, 5, PI. X; fig. 3.PI. XI).

Nous voyons donc, en résumé, qu'il entre dans l’écaille un certain nombre de faisceaux; l'entrée se fait progressivement, à partir des faisceaux latéraux extrêmes, jusqu’au faisceau médian qui pénètre le dernier. Seul, ce faisceau médian est complet à son entrée ; les deux faisceaux latéraux principaux, perdent leur bois à leur arrivée dans l’écaille, tous les autres faisceaux latéraux sont, dès la tige, exclusivement libériens.

Tel est ce qui se passe dans les deux Monostylées, le C. Japonica et le C. evallala, qui se placent ainsi à la tête de toutes les Cuscutes. A partir de ces deux espêces, une réduction brusque se fait sentir ; dans les autres Monostylées, il ne pénètre dans l’écaille que le faisceau médian ; les deux premiers faisceaux latéraux avortent en entier, sans même s’incurver d’une manière sensible vers l’écaille. Dans ces espéces, on reconnait toujours cependant la trace foliaire, composée de trois faisceaux complets. Dans les Distylées, la réduction est plus sensible encore; le faisceau médian lui-même avorte dans son bois, et ne laisse passer dans la feuille rudimentaire que sa partie libérienne.

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