II. — ROLE DE SOUTIEN DES LATICIFÉRES PÉRICYCLIQUES
Dans les Monostylées, les membranes des laticifères péricycliques sont le plus fréquemment lignifiées, dans les régions hausloriales adulles et à l'approche de ces régions, et dans les vieilles tiges ; dans les régions des liges à enroulementlàche, on observe les alternatives d'épaississements divers décrits plus haut. Cette struciure du laticifère a certainement pour but la consolidation de l'organe dans les parties du parasite qui s’enroulent en spires serrées autour de la plante nourricière, mais semble aussi destinée au renforcement de la tige volubile de la Cuscute.
Lorsqu'une région haustoriale a formé ses spires autour d’une branche de l'hôte, la lignification des lalicifères péricycliques qui survient renforce l’enroulement et lutte contre une action mécanique mverse, possible. Aux régions hausloriales à spires serrées succèdent des régions à spires làches qui atteignent parfois une assez grande longueur; les alternatives. d’épaississements qui se produisent! dans les tubes laticifères, établissent de loin en loin sur ces spires des zones de renforcement qui permettent d'agir sur une action quelconque de déroulement, ou sur un affaissement possible de la tige volubile provoqué par son propre poids ou celui des fleurs et des fruits. Souvent, le cercle complet des lalicifères porte des membranes lignitiées, comme on le voit sur le fragment de coupe représenté par la fig. 2, PI vi, Zp. Ces ouvertures à parois lignifiées, voisines souvent des fibres péricycliques, peuvent parfois être confondues avec ces dernières. En général, la distinction est permise par le diamètre plus considérable des laticiféres et par leur contenu souvent épais el coloré. Mais lorsque ces ouvertures sont vides, que les fibres péricycliques sont assez grosses el que l’on est tenté de confondre entre eux les laticifères et les fibres, il suffit, ordinairement, de les trailer avec l'acide chlorhydrique et la
phloroglucine : les fibres se colorent en rose, les laticifères, en rouge. En outre, les fibres généralement groupées en petits faisceaux, se font remarquer par leur disposition en face des faisceaux libériens. Dans certaines régions de tige, les laticifères ne sont pas lignifiés sur tout le pourtour de la coupe; dans ce cas, c’est le long de la surface interne de la spire que les laticifères sont ainsi renforcés.
Dans les Homostylées, les membranes des laticifères péricycliques restent le plus souvent cellulosiques, mais s'épaississent d’une manière très notable dans les mêmes régions de tiges que les Monostylées ; nous avons vu que dans certaines espèces, comme dans le C. Europæa, ces membranes se lignifient même légèrement. Le but physiologique de ces renforcements divers de la membrane est le même que précédemment et montre que les laticifères, outre leur fonction sécrétrice, remplissent aussi une fonction importante de soutien. À
Cette fonction de soutien se présente, sous un autre aspect, dans les espèces Hétérostylées qui sont munies de laticifères à membranes cartilagineuses. Dans ces espèces, l’épaississement normal à lieu dans les mêmes régions indiquées plus haut, et surtout dans les spires haustoriales. Mais la facullé que possèdent ces laticifères, dans leurs régions à membranes minces, de modifier leur rigidilé par la plus ou moins grande hydratation de ces membranes qui gonflent au contact de l’eau, semble indiquer que ces organes, dans leur rôle d'appareil de soutien, peuvent se plier à diverses exigences physiologiques ; la plante parasite dans les phases volubiles de son développement — nous avons vu qu’elle est, à la fois, volubile et grimpante — peut, suivant ses besoins, au moyen de l’eau contenue dans ses cellules, modifier la force de son appareil laticifère de soutien.