PAT PES
« Les résultats montrent que le sang a la propriété de faire disparaître, en présence d'oxygène, une partie des graisses qu'il contient ou des graisses du chyle surajouté. Ce phénomène s'appelle hpolyse.
« L'action d'une plus où moins grande quantité d’ox ygène sur la hipolyse a été mise en évidence, car si l’on suspend le passage de l'air, on voit qu'il n'y a pas disparition des graisses. »
« Nous avons, continuent ces auteurs, cherché à résoudre cette question : à quels éléments du sang est dû le pouvoir lipolytique. Des recherches ont été faites avec le sérum obtenu par le repos du sang de chien.
« Elles ont montré que la transformation des gralsses est due non pas au plasma mais aux globules.
« On peut se demander si cette propriété est particulière aux globules vivants ou si elle a lieu après la mort de ceux-ci.
« Des recherches avec du sang laqué artficiellement (dans l’expérience par adjonction d’eau) ont montré que le pouvoir lipolytique du sang existe encore après la destruction des globules. »
De plus, pour éviter l’objection qu'on pourrait leur faire que leurs chiffres d'expérience pourraient être faussés par l’évaporation du liquide, surtout en présence du courant d'air, Cohnsteinet Michaelis prennent désormais la précaution de donner la teneur en graisse du sang par rapport à l'extrait sec. Les résultats obtenus confirment leurs conclusions précédentes.
Enfin, ces auteurs, pour plus de précision, ont dosé séparément la graisse dans le sang et dans le chyle
to pour voir la part qui revient à chacun de ces liquides.
« Nous concluons, disent-ils, que dans les globules rouges se trouve une substance qui a la propriété, en présence de l'oxygène, de transformer les graisses du chyle en corps insolubles dans l’éther.
Il y a donc dans le sang une fonction lipolytique qu'il faut rapprocher de l’action hipolytique du pancréas ‘ et de certaines semences ? de plantes. »
Continuant leurs investigations sur le mécanisme de celte fonction lipolytique, Cohnstein et Michaelis ajoutent : « À l’intérieur de l'organisme cette disparition des graisses dans le sang semble avoir lieu très rapidement. Nos recherches, dans lesquelles nous avons vu disparaître très vite les graisses du chyle introduites artificiellement dans le système vasculaire et aussi légalisation de la teneur en graisse du sang de chien à jeun et du sang de chien nourri abondamment de graisse en sont une preuve. »
Mais cette fonction lipolytique est-elle générale et a-t-elle lieu sur les graisses autres que celle du chyle ?
La réponse de Cohnstein et Michaelis est négative, car ils ont vu que le sang n'agit pas sur les graisses du lait ou d’une émulsion d'huile de foie de morue.
« Nous ne pouvons expliquer pourquoi la lipolyse n'a lieu qu'avec les graisses du chyle, disent-ils. Cela tient probablement à la finesse de l’émulsion de la graisse dans le chyle*. »
{Nencki, Arch. f. experim. Pathol. und Pharmakol., Bd.XX,
2 Sitzungsbher d. K. K. Academie der Wissensch. Mathem. Naturwiss., Juli 1890 et 1891.
8 Munk und Rosenstein, Virchovs Archiv., Bd. CXXIII, p. 230.
Cohnstein et Michaelis abordent alors la question très intéressante des produits dans lesquels les graisses disparues se transforment.
Ils ont d’abord pensé que l'action oxydante de l’oxyhémoglobine brûle les graisses et les transforme en CO? et H*0O. Cependant, cette idée serait en contradiction avec les expériences de Magnus et Lévy! qui ont vu que, au plus fort de la digestion des graisses, on n'observe pas un accroissement considérable du dégagement de CO?.
Puis, ils se sont en outre rendu compte que cette oxydation complète n’a pas lieu et que le produit de l’action lipolytique n’est pas un corps gazeux, mais un corps solide. Car ils ont observé que si la graisse du mélange {sang et chyle) diminue, le poids de l'extrait sec diminue à peine et point d’une manière correspondante.
De plus, les auteurs calculant la quantité d’acide carbonique que produirait toute la graisse disparue dans l'expérience, si elle élait complètement oxydée, ont vu qu'elle est tout à fait hors de proportion avec celle qu'ils ont mesurée, en faisant passer dans le ballon un courant d'air bien privé de CO? et en dosant la quantité de CO? que contient le gaz à la sortie.
« Si donc il y a oxydation de la graisse, disent-ils, elle ne va pas jusqu’à la formation de CO? et d'H?0. »
Cohnstein et Michaëlis se demandent ensuite s’il n'y aurait pas là une saponificalion. Pour s’en rendre
! Pflägers archiv. Bd. LV, p. 39.