La glycérine surajoutée ne disparaît pas dans le sang
L'expérience suivante le prouve.
Nous avons préparé une série de flacons de 1 litre stérilisés, bouchés avec du coton et munis de fragments de verre destinés à défibriner le sang. Nous avons fait tomber dans chaque flacon par une canule stérilisée 5o grammes de sang de chien, puis additionné chaque échantillon de 1 m. c. 05 de glycérine à 30 degrés stérilisée ; immédiatement après les prises de sang, chaque flacon était agité pour éviter la coagulation en masse. Nous avons dosé la glycérine dans un des flacons-témoins à l’origine, puis dans les autres flacons restés respectivement quatre, six et huit jours à l’étuve à 35 degrés.
Un examen direct et les essais de culture nous ont montré l’aseptie parfaite de nos échantillons ayant
séjourné à l’étuve.
gr" Poids de glycérine ajouté à chaque échantillon. . . 1 3230 Poids retrouvé dans l'échantillon témoin. . . . +. 1 3223 Poids retrouvé dans l'échantillon resté 4 jours à Létute sd + non dl alone nf del Blogue 11920D
Poids retrouvé dans l'échantillon resté 6 jours à
riétuve ns Mules aile Hart oneée umo ent out GS 14 Poids retrouvé dans l'échantillon resté 8 jours à
l'étuve et accidentellement infecté . . ,. . . . x 3180
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Coxczusion. — L'absence de glycérine dans le sang ayant séjourné à l’étuve est une preuve que l'extrait éthéré ne disparaît pas par saponification.
2° M. Hanriot prétend que le suc pancréatique n'est pas plus actif pour saponifier les graisses que ne l’est sa prétendue lipase. Pour cela, 1l cite une expérience de CI. Bernard et Berthelot, mais il ne la cite pas exactement.
En effet, l'expérience dont veut parler M. Hanriot est rapportée avec force détails par C. Bernard dans le Mémoire sur le pancréas (p.72) et dans les Leçons de physiologie expérimentale (p. 265).
Voici ce que nous lisons dans le Mémoire sur le pancréas : |
« 15 grammes environ de suc pancréatique frais recueilli sur un chien furent mélangés avec quelques grammes {et non 15 grammes comme dit Hanriot) de graisse de porc, récemment fondue et rigoureusement neutre; on sait que cette substance ne renferme pas d'acide gras volatil ; le tout fut maintenu à une douce chaleur, pendant vingt-quatre heures. On lui fit subir deux séries de traitement, ayant pour but de séparer l'acide gras de la glycérine :
« 1° Séparation de l’acide gras... (il y eut mise en liberté) de 0 gr. 055 environ d'acide gras fixe devenu libre... fusible à 61 degrés, qui a été mis en évidence, »
« 2° Séparation de la glycérine. Le liquide isolé de l’éther par décantation a été étendu d’eau, filtré pour en séparer la matière grasse qu'il retenait en grande quantité à l’état d'émulsion, puis il fut coagulé par la chaleur, filtré et évaporé à sec au bainmarie, en présence de l'oxyde de plomb.
« On reprit par l'alcool absolu froid, puis on traita par HS, qui colora fortement la liqueur ; on filtra et l’on évapora au bain-marie ; de cette façon, on obtint un résidu déliquescent
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d'un goût légèrement sucré, puis salin, Ces caractères, joints à l'origine du produit, ne laissent pas de doute sur la présence de la glycérine »
On voit qu'il y a loin de ces affirmations à la citation que fait M. Hanriot qui a négligé de dire où il avait lu cette expérience de CI. Bernard.
M. Hanriot prétend que les expériences que nous avons faites prouvent qu'il y a jusqu'à 53 pour 100 de la graisse du sang qui est saponifiée.
Pour arriver à ce résultat M. Hanriot suppose simplement que les acides organiques que nous avons dosés en bloc et que nous avons avec intention appelés acides organiques ef non acides gras'dérivent des corps gras disparus.
Or, nous croyons être conforme à l’état actuel des connaissances physiologiques, en disant que rien ne prouve que ces acides soient tous des acides gras et que, même si ce sont des acides gras, rien ne prouve qu'ils dérivent des corps gras.
1° Rien ne prouve que ce soient des acides gras. En effet, dans un milieu aussi complexe que le sang, lorsqu’on à pu isoler des acides dont les sels sont solubles dans l’eau et insolubles dans l’éther et qui, hibres, sont solubles dans l’éther, est-on autorisé à dire : ce sont des acides gras? Certes, ces acides ont certaines réactions des acides gras, mais on n’est pas fixé sur leur nature. Ils peuvent n’être qu’en partie des acides gras et être aussi d’autres substances.
2° En admettant que ces acides soient des acides gras, peut-on affirmer qu'ils viennent des graisses sapo-
7, ce mifiées, quand nous savons que les matières albuminoïdes dans leurs transformations peuvent donner, entre autres dérivés, des acides gras; quand nous voyons un animal nourri avec des aliments complètement privés de graisse fabriquer des corps gras de réserve ?
Nous ne prétendons pas ici qu'il n'y a pas de saponification dans le sang, nous disons seulement qu'il est impossible de la mettre en évidence d’une façon indiscutable. Les preuves que M. Hanriot en particulier avait cru donner de cette saponification ne sont pas admissibles.
Jusqu'à ce que l’on ait fourni une bonne preuve de cette saponification, nous continuerons à croire qu’on ne sait rien sur les produits de transformation des graisses du sang.