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ETUDE ET DOSAGE DE LA GRAISSE DU SANG

La première question dont nous ayons à nous occuper est celle de l’état sous lequel la graisse existe dans le sang. «

La graisse se trouve dans le plasma et dans les globules. En effet, voici ce que nous lisons dans Rôhrig!:

« Quand on nourrit un chien avec beaucoup de graisses et qu'on prend son sang quelques heures après le repas, on voit que le sérum obtenu par simple dépôt contient de la graisse. En effet, ce sérum est lactescent et, de plus, examiné au microscope, il présente une fine émulsion. Mais, toute la graisse du sang n’est sans doute pas dans le sérum, il y en a encore dansle coagulum, comme on peut facilement le mettre en évidence

1 Ber üb. die Verhandlungen der Gesellsch. Wis. zu Leipzig. Math. Phys. cl.,t. 20, 1874, p, 1 et suiv.

en purifiant le caillot de tout le sérum par plusieurs centrifugations et en dissolvant la graisse contenue dans les globules par un épuisement approprié. » Il serait fort intéressant de savoir quelle forme prend la graisse dans les globules. Malheureusement, nous manquons de renseignements précis à ce sujet. Les travaux d’Abderhalden et ceux de Hoppe Seyler nous apprennent seulement que les globules contiennent des lécithines.

Non moins intéressante serait la question de savoir la composition exacte des corps gras contenus dans le sang.

Mais ce qui rend cette étude fort difficile, c'est que pour un même animal la composition des corps gras du sang n’est pas constante : elle dépend de la nourriture.

C'est pourquoi l’on se contente aujourd’hui d'étudier l’ensemble des corps gras contenus dans le sang ou mieux des corps gras que certains dissolvants comme l'éther peuvent enlever au sang. |

Lorsque l’on a épuisé le sang par l'alcool bouillant et l’éther, on obtient, en évaporant ces dissolvants, un résidu huileux qui se sohdifie plus ou moins vite, qui est doué d’une odeur forte, spéciale à l’animal et qui contient, outre des graisses, de la cholestérine libre ou éthérifiée, des acides organiques libres et de la léeithine. On arrive à séparer ce qui, dans cet extrait éthéré, revient aux graisses et à montrer que celles-ci sont bien des triéther à acides gras de la glycérine; mais l'analyse immédiate n’en a pas été faite, car elle présente d'énormes difficultés.

Il importait, pour étudier le sort des graisses du sang, de posséder une méthode de dosage de ces substances, qui fñt sûre et précise. On a proposé plusieurs méthodes qui, évidemment, reviennent toutes à épuiser le sang par l’éther. Nous allons en citer quelques-unes qui pourront montrer quelles étapes a suivies le progrès en chimie biologique.

Tout d’abord est venue la méthode de Hoppe-Seyler!, méthode suivie par Rührig.

« On prend moins de 5o grammes de sang, qu’on précipite par trois ou quatre volumes d'alcool fort, on filtre et épuise le résidu avec de l'alcool froid, puis chaud, puis avec l’éther.

On réunit les liqueurs et on les évapore au bainmarie et on reprend le résidu par le mélange qu’on sépare dans le vide, puis on dissout dans l’éther, on filtre, on sèche et on pèse. On obtient ainsi la teneur en graisse du sang, plus la cholestérine et les lécithines. Pour séparer la cholestérine, on prend l'extrait éthéré et on saponifie par chauffe avec la potasse alcoolique, on dissout les savons et la glycérine dans l’eau, la partie insoluble dans l’eau contient la cholestérine seule. Pour doser les lécithines, on fait un dosage d'acide phosphorique en chauffant la solution aqueuse après saponification avec du salpêtre et en titrant l'acide phosphorique avec le nitromolybdate d'ammoniaque. De la teneur en acide phosphorique, on déduit la quantité de lécithines par le calcul. La différence entre le

! Handb. d. phys. u. pathol. chemishe Analyse, 3 Auflage, 1870, p. 319.

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