IL.2) 46 gr. 20 de sang ont donné 33 centigrammes
de graisses plus cholestérine, soit 714 milligrammes pour 100.
b) 45 gr. 65 de sang ont donné 32 centigrammes de graisses plus cholestérine, soit 701 milligrammes pour 100.
Comme on le voit, les erreurs d'expérience ne sont que de 6 ou de 13 milligrammes pour 100, ce qui est évidemment négligeable.
Les perfectionnements de la méthode de dosage ont surtout consisté à éviter les fautes de la prise de sang et à épuiser plus parfaitement le caillot.
Fr
Rühmann et Mühsam! s’occupant du dosage de l'extrait sec et de la graisse du sang ont décrit les précautions à prendre pour faire la saignée. Nous retiendrons leurs conclusions : 1° IL faut. s'arranger pour que le sang s'écoule rapidement lors de la saignée afin d’éviter les concentrations qui peuvent se faire quand le sang coule goutte à goutte ; 2° Il est nécessaire de tenir compte des variations produites dans le sang par la saignée. En effet, ces auteurs ont vu par exemple que l'extrait sec du sang de la carotide d’un chien qui élait de 20 gr.o2 pour 100 est devenu 19gr.67 pour 100 vingt minutes après une saignée de 200 centimètres cubes. De même, l'extrait sec du sang de la caroüde d'un chien qui était de 22 gr. 03 est devenu 21 gr. 16 trente minutes après une saignée de 280 grammes ; 3° si l’on veut faire des études comparatives de la teneur en graisse des différents territoires sanguins, 1l est nécessaire de prendre le sang simultanément aux différents vaisseaux. On évitera aimsi les
causes d’erreur produites par la dilution du sang con-
sécutive à la première saignée et ensuite celles pro. duites par ies variations spontanées de la teneur en graisse du sang. Ces dernières variations que nous étudierons plus loin avec détails ont été signalées d’abord par Rôhrig (loc. cif.), quia vu que la teneur en graisse du sang d’un chien varie spontanément de près de moitié en l’espace de trois heures.
Voici, en outre, la méthode de dosage suivie par
1! Archiv für Physiologie von Pflüger, t. XLVI, 1890, p. 383 et suiv.
Rôhmann et Mühsam {loc. eit.). Cette méthode est également celle suivie par Bornstein {et par Frank*.
Dans un flacon taré contenant 500 centimètres cubes d'alcool à 96 pour 100, on laisse couler jusqu'à un trait marqué en agitant environ 5o centimètres cubes de sang : on pèse alors rigoureusement la quantité de sang introduite et on laisse le sang reposer jusqu’au jour suivant. (Ici, nous faisons observer que c'est une faute de laisser ainsi le sang un temps indéterminé.) Le sang est alors filtré sur du coton de ver. Le coagulum est lavé par 200 centimètres cubes d’éther et cet éther, ainsi que l'alcool filtré, sont évaporés dans une capsule au bain-marie. Le résidu est repris par l’éther qui ne dissout pas les sels et les sucres, et on évapore à nouveau dans une capsule. Entre temps, on sèche le coagulum au bain-marie, puis on le pulvérise et on le place avec de l’éther dans un appareil à extraction de Soxhlet. La solution éthérée ainsi obtenue est réunie avec la première solution et desséchée dans le vide sur SO‘HX, puis reprise par de l’éther distillé sur le sodium, et enfin séchée au bain-marie et pendant demi-heure à 100 degrés. Après refroidissement, l'extrait éthéré est pesé. Rôühmann et Mühsam ne s'occupent pas de l'analyse de cet extrait éthéré et le qualifient « Fett », ce qui est une approximation un peu trop facile.
Voici, par exemple, une table qu'ils donnent montrant la rigueur de leur procédé.
! Einiges über die Zusammenselzüng des Blutes in Verschiedenen Gëfässprovinzen (Inaug. Diss. Breslau, 1887).
? Du Bois Raymonds, Archiv., 1894, p. 297.
22e 15 RE Teneur en graisse (nous devons lire extrait éthéré) pour 100 de sang de carotide de chien :
5° expérience... 0,914 0,902 0,965, 0,926 6° — +. 0747 0,740 0,710 »
8° ee 1000700 0;710 » »
11° — nl m0: 20,702 » »
Comme on le voit, la méthode suivie donne au moins des résultats fort comparables entre eux et qui pourront servir dans les expériences comparatives de Rôhmann et Mühsam que nous rapporterons dans le chapitre suivant.
Plus récemment, Cohnstein et Michaelis' ont publié à la suite d’un travail sur le sort des graisses du chyle dans le sang une étude sur les procédés de dosage de la graisse dans le sang.
Ils suivent la méthode du professeur Munk?. Ils placent le sang dans un vase d'Hofmeister et, après une pesée rapide ils le dessèchent complètement au bainmarie puis au bain d’air. Ils pèsent alors le vase pour avoir l'extrait sec, puis ils broient son contenu dans un mortier avec du sable de mer. La poudre fine est alors placée pendant quarante-huit heures dans un appareil à extraction de Soxhlet. La solution éthérée est alors distillée et son résidu est laissé vingt quatreheures dans l’exsiccateur, puis repris par l’éther absolu, filtré avec
1 Ueber die Veränderung der Chylusfette im Blute (Arch. für Physioloqie von Pfluger, t. LXV, 1897, p. 473), ? Virchovs. Arch., Bd. CXXIIL, p. 230.
un filtre sans graisse et enfin desséché et pesé. Le résidu total est appelé par eux « Fett », bien qu'il contienne, outre les graisses neutres des acides gras, de la cholestérine, des lécithines, d’autres substances telles que la jecorine (Jacobsen, Centralbl. f. Physiol., 1892, n° 13), et des éthers d’acides gras de la cholestérine (Hürtle, Zeitschr. f. physiol. Chem., Bd. XXI, p:591)
Cette méthode simple n’a pas échappé aux critiques, car des travaux effectués dans le laboratoire de Pfluger* ont montré que dans l'extraction par l'appareil de Soxhlet des substances pulvérisées des quantités importantes de graisses peuvent rester sur le filtre. De plus, lorsqu'on emploie cette méthode, on trouve en extrait éthéré des chiffres moindres que ceux que l’on trouve en se servant de la méthode déjà indiquée d'Hoppe Seyler. Il semblerait que le traitement préalable du sang frais ou sec par l'alcool rende solubles dans l’éther des substances qui n'y sont pas solubles sans ce traitement. Cohnstein et Michaelis {loc. cit.) donnent un tableau où l’on voit la différence des chiffres obtenus avec l’une ou l’autre des deux méthodes. On voit qu'avec le sang épuisé par l'alcool on obtient des chiffres plus-élevés.
: Traitement à l’alcool Epuisement à l'éther seul avant l'épuisement à l'éther ue CS Poids d'extrait Extrait o/o Poids d'extrait Extrait 0/0
13gr.21 de sang 0,0145 0,110 0,034 0,297 10,22 0,013 0,127 0,0425 0,415 15,63 0,019 0,122 0,033 0,221 14.035 0,0445 0,317 0,090 0,061
$ Dormeyer (Arch, v, Pfl., CXXIIL, p. 341) et Steil (Arch. v. Pfl. 61, p. 343).
ST
EXPÉRIENCES PERSONNELLES
La méthode de dosage des graisses que nous avons, M. Doyon et moi, employée, se rapproche beaucoup de celle indiquée par Hoppe Seyler. Nous faisons l’extrait alcoolique du sang etnous y dosons, l'extrait éthéré, les savons, les acides libres, la glycérine, ete. Les raisons qui nous ont fait choisir cette méthode sont les suivantes :
1° D'abord, il semble découler des expériences de Cohnstein et Michaelis déjà citées et des nôtres propres que l'extrait éthéré obtenu par cette méthode est plus riche que celui obtenu directement par l’épuisement éthéré seul ;
° Nous avions besoin, pour les résultats que nous cherchions, d'extraire du sang les savons et la glycérine pouvant s’y trouver : l'épuisement éthéré tel que le pratique Munk, ne nous les aurait pas donnés.
C'est pourquoi nous avons suivi la méthode que je vais décrire :
1° Saignée : On récolte du sang pris à une artère ou à une veine par une canule em verre ou en métal, d’un calibre assez fort pour permettre au sang de couler rapidement. Dans les cas où l’on a pour but de faire des expériences comparatives sur la teneur en sang de deux territoires sanguins, on effectue les saignées simultanément. Le sang est recueilli dans des ballons de 1 hitre renfermant 500 centimètres cubes d'alcool absolu pur, c'est-à-dire sans résidu et l’on pèse la quantité de sang qui varie de 40 à 80 grammes ;
90 Epuisement du sang: On fait alors bouillir l'alcool au réfrigérant ascendant pendant six heures ; on filtre à la trompe sur un filtre lavé à l'alcool et à l’éther pourle . priver de graisse et on lave le résidu par 500 centimètres cubes d'alcool bouillant. Le coagulum est mis à part ;
3° Extrait alcoolique : On évapore l’alcool en le distillant dans le vide, le résidu séché est appelé extrait alcoolique. On y dose :
1° L’extrait éthéré ;
>° Les acides libres solubles dans l’éther ;
3° Les acides combinés à l’état d’éthers ;
4° Les savons ;
5° La glycérine.
I. — Extrail éthéré : On épuise l'extrait alcoolique par l’éther distüllé sur Na, absolu et neutre, en faisant bouillir cet extrait avec l’éther au réfrigérant ascendant.
On filtre sur des filtres lavés à l’éther et on épuise par des lavages à l’éther le résidu.
On ajoute à cet extrait éthéré la solution éthérée obtenue en traitant le coagulum du traitement alcoolique par l’éther dans un appareil à épuisement, après l’avoir finement broyé avec du sable lavé et grillé. (Les travaux de Cohnstein et Michaelis ont montré qu'il ya dans le sang des substances qui ne sont solubles dans l’éther qu'après le traitement par l'alcool.) On obtient ainsi une solution dans l’éther absolu, que l’on concentre par distillation dans le vide, puisque l’on évapore dans une capsule tarée. Le résidu séché vingt-quatre heures dans le vide sur SO 4H? est l'extrait éthéré,
nr
IT. — Dans cet extrait éthéré il est important de connaître quel est le poids d'acides organiques libres : ces acides étant probablement en grande partie des acides gras. Pour le connaître, on agite l'extrait éthéré pendant vingt-quatre heures avec une solution aqueuse froide de CO 3 Na? de manière à faire dissoudre les aeides à l'état de sels et on sépare par filtration et lavage toute la solution aqueuse. Dans celle-ci on met les acides en liberté par SO‘H? étendu et on les fait passer dans l’éther absolu.
IT. — Pour doser les acides organiques combinés à l’état d’éthers (corps gras, éthers de la cholestérine, lécithines), on saponifie l'extrait éthéré par ébullition avec la potasse alcoolique en suivant ici les indications données par Züntz!.
Les savons formés sont dissous dans l’eau, puis, sous l’action de SO *H?, ils se décomposent laissant insolubles les acides organiques qu'on isole par l’éther absolu.
IV. — Dosage des savons. Là où la méthode d'Hoppe Seyler nous a semblé préférable, c'est quand nous avons eu à nous occuper des savons existant dans le sang. Les savons sont en effet solubles dans l'alcool, insolubles dans l’éther et solubles dans l’eau. En reprenant la partie de l'extrait alcoolique insoluble dans l'éther par l’eau, on y fait passer avec les savons des sels d’acides organiques et minéraux et la glycérine.
On dose alors en traitant par SO“ H? étendu et par l’éther absolu non pas les savons seuls, mais tous les
1 Trailé d'analyse des beurres.
acides organiques combinés à l’état de sels. Les savons constituent la majeure partie de ces sels.
Cette méthode échappe aux critiques que: Noël Paton‘ a faites du dosage des savons par le procédé de Munk.
Munk et Rosenstein?, après avoir épuisé les substances par l’éther pour y doser l'extrait éthéré, reprennent la masse par de l'alcool chargé d'HCI et chauffent dans un appareil de Soxhlet. Noël Paton a montré par de longues recherches que cette chauffe avec HCI, qui doit mettre enlibertéles acides gras combinés à l’état de savons peut décomposer certaines substances autres que les savons et en tirer des acides organiques. Noël Paton cite en particulier des expériences d’où 1l conclut que la méthode de Munk peut décomposer les lécithines-albumines de Liebermann* et décomposer également les nucléines de Hammersten“ et de Kossel°.
V. — Dans certains cas, notamment dans nos recherches sur la lipase, nous avons eu à nous occuper du dosage de la glycérine dans le sang.
Nous considérons comme glycérine tout ce qui, dans l'extrait alcoolique du sang, est insoluble dans l’éther absolu, soluble dans l’eau et soluble dans un mélange d'alcool et d’éther à parties égales. Ce sont là les caractères de la glycérine donnés par Pasteur®.
? Journal of Physiolog., t. XIX, 1895, p, 169.
? Virchovs archiv., CXXIIT, pp. 230 et 484.
8 Pflügers Archiv., t. L et LIV.
4Zeitsch. f. phy. Chem., t. XIX, p. 19, 1894.
Arch. f. Analsu."Phy,, 1893; p397- $ Analyse des Vins. La Bière. «