‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mort (volume 2)Chapitre 39 sur 63 · DE LA VIE ORGANIQUE · texte numérisé non relu

DE LA VIE ORGANIQUE

cette prédominance ou cette infériorité sont immédiatement liées il la texture des organes, et jamais à leur éducation.

Voilà pourquoi le tempérament physique et le caractère moral ne sont point susceptibles de changer par l’éducation qui modifie si prodigieusement les actes de la vie animale; car, comme nous l’avons vu, tous deux appartiennent à la vie organique.

Le caractère est, si je puis m’exprimer ainsi, la physionomie des passions ; le tempérament est celle des fonctions internes : or, les unes et les autres étant toujours les mêmes, ayant une direction que l’habitude et l'exercice ne dérangent jamais, il est manifeste que le tempérament et le caractère doivent être aussi soustraits à l’empire de l’éducation. Elle peut modérer l’influence du second, perfectionner assez le jugement et la réflexion, pour rendre leur empire supérieur aù sien, fortifier la vie animale, afin qu’elle résiste aux impulsions de l’organique. Mais vouloir par elle dénaturer le caractère, adoucir ou exalter les passions dont il est l’expression habituelle, agrandir ou resserrer leur sphère, c’est une entreprise analogue à celle d’un médecin qui essayerait d’élever ou d’abaisser de quelques degrés, et pour toute la vie, la force de contraction ordinaire au cœur dans l’état de santé, de précipiter ou de ralentir habituellement le mouvement naturel aux artères, et qui est nécessaire à leur action, etc.

Nous observerions à ce médecin que la circulation, la respiration, etc., ne sont point sous le domaine de la volonté, qu’elles ne peuvent être modifiées par l’homme, sans passer à l’état maladif, etc. Faisons la même observation à ceux qui -croient qu’on change le caractère et par là même les passions, puisque celles-ci sont un produit de l’action de tous les organes Internes, ou qu’elles y ont au moins spécialement leur siège. [R]

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