DE LA FIN NATURELLE DES DEUX VIES
Nous venons de voir les deux vies de l’animal commençant à des époques assez éloignées l’une de l’autre, se développant suivant des lois qui sont absolument inverses. Je vais les montrer maintenant se terminant aussi d’une manière différente, cessant leurs fonctions dans des temps très-distincts, et présentant, lorsqu’elles finissent, des caractères aussi séparés que pendant toute la durée de leur activité. Je n’aurai égard ici qu’à la mort naturelle ; toutes celles qui tiennent à des causes accidentelles seront l’objet de la seconde partie de cet ouvrage.
§ I. Ls Tie animala cesse la ptemière dans la mort naturelle.
La mort naturelle est remarquable, parce qu’elle termine presque entièrement la vie animale, Longtemps avant que l’organique ne finisse.
Voyez l’homme qui s’éteint à la fin d’une longue vieillesse : il meurt en détail ; ses fonctions extérieures finissent les unes après les autres; tousses sens se ferment successivement; les causes ordinaires des sensations passent sur eux sans les affecter.
La vue s’obscurcit, se trouble, et cesse enfin de transmettre l’image des objets : c’est la cécité sénile. Les sons frappent d’abord confusément l’oreille, bientôt elle y devient entièrement insensible ; l’enveloppe cutanée, racornie, endurcie, privée en partie des vaisseaux qui se sont oblitérés, n’est plus le siège que d’un tact obscur et peu distinct. D’ailleurs l’habitude de sentir y a émoussé le sentiment. Tous les organes dépendants de la peau s’affaiblissent et meurent; les cheveux, la barbe, blanchis-