‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mortChapitre 36 sur 92 · DE L HABITUDE · texte numérisé non relu

DE L HABITUDE

percevoir autre chose. Mais l'habitude affaiblit ce premier sentiment; bientôt il s'efface : alors Todeur particulière de chaque plante se distingue, et je puis porter un jugement qui était primitivement impossible.

Ces deux modes opposés d'influence, que l'habitude exerce sur le sentiment et le jugement, tendent donc, comme on le voit, à un but commun ; et ce but est la perfection de chaque acte de la vie animale.

g lY. De rhabilude dans la y\e organique.

Rapprochons maintenant de ces phénomènes ceux de la vie organique; nous les verrons constamment soustraits à l'empire de l'habitude. La circulation, la respiration, l'exhalation, l'absorption , la nutrition , les sécrétions ne sont jamais modifiées par elle. Mille causes menaceraient chaque jour l'existence si ces fonctions essentielles pouvaient en recevoir l'influence.

Cependant l'excrétion des urines, des matières fécales, peut quelquefois se suspendre, s'accélérer, revenir selon des lois qu'elle a déterminées ; l'action de l'estomac dans la faim, dans le contact de. diverses espèces d'aliments, y paraît aussi subordonnée. Mais remarquons que ces divers phénomènes tiennent presque le milieu entre ceux des deux vies, se trouvent placés sur les limites de l'une et de l'autre, et participent presque autant h l'animale qu'à l'organique. Tous, en effet, se passent sur les membranes muqueuses, espèces d'organes qui , toujours en rapport avec des corps étrangers à notre propre substance, sont le siège d'un tact interne, analogue en tout au tact extérieur de la peau sur les corps qui nous entourent. Ce tact devait donc être assujetti aux mêmes modifications : doit-on s'étonner, d'après cela, de l'influence que l'habitude exerce sur lui ?

Remarquons d'ailleurs que la plupart de ces phénomènes, relatifs au premier ou au dernier séjour des aliments

dans nos parties* qu'ils doivent réparer; phénomènes qui commencent, pour ainsi dire, et terminent la vie organique, entraînent après eux divers mouvemenla essentiellement volontaires, et par conséquent du domaine de la vie animale.

Je ne parle point ici d'une foule d'autres modifications dans les forces, les goûts, les désirs, etc., modifications qui tirent leur source de l'habitude. Je renvoie aux ouvrages nombreux qui en ont considéré l'influence sous des points de vue différents de celui que je viens de présenter [H]

Page 1