‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mortChapitre 41 sur 92 · ARTICLE IX · texte numérisé non relu

ARTICLE IX

DE l'origine et DU DÉVELOPPEMENT DE LA VIE ORGANIQUE.

Nous venons de voir la vie animale, inactive dans le fœtus, ne se développer qu'à la naissance, et suivre dans son développement des lois toutes particulières : la vie organique, au contraire, est en action presque à l'instant où le fœtus est conçu ; c'est elle qui commence l'existence. Dès que l'organisation est apparente, le cœur pousse dans toutes les parties le sang qui y porte les matériaux de la nutrition et de l'accroissement ; il est le premier formé, le premier en action ; et comme tous les phénomènes organiques sont sous sa dépendance, de même que le cerveau a sous la sienne tous ceux de la vie animale, on conçoit comment les fonctions internes sont tout de suite mises en jeu.

g I. Du mode de la Tîe organique cbex k fœlus.

Cependant la vie organique du fœtus ïi'es\.^o\\\\.\^^^^^

que celle dont jouira l'adulte. Recherchons en quoi consiste la différence, considérée d'une manière* générale. Nous avons dit que cette vie résulte de deux grands ordres de fonction», dont les unes, la digestion, la circulation, la respiration, la nutrition, assimilent sans cesse à ranimai les substances qui le nourrissent ; les autres, Texhalatloo, les sécrétions, l'absorption, lui enlèvent les substances devenues hétérogènes : en sorte que cette vie est un cercle habituel de création et de destruction ; dans le fœtus, ce cercle se rétrécit singulièrement.

D'abord les fonctions qui assimilent sont beaucoup moins nombreuses. Les molécules ne se trouvent point soumises , avant d'arriver à l'organe qu'elles doivent réparer, à un aussi grand nombre d'actions : elles pénètrent dans le fœtus, déjà élaborées par la digestion, la circulation et la respiration de la mère. Au lieu de traverser l'appareil des organes digestifs, qui paraissent presque entièrement inactifs à cet âge, elles entrent tout de suite dans le système circulatoire; le chemin qu'elles y parcourent est moindre. Il ne faut point qu'elles aillent successivement se présenter à l'influence de la respiration ; et sous ce rapport, le fœtus des mammifères a, dans son organisation préliminaire, une assez grande analogie avec les reptiles adultes, chez lesquels une assez petite portion de sang passe en sortant du cœur dans les vaisseaux du poumon (1).

(I) Je suis persuadé que la théorie encore très-obscure du fœtus pourrait être éclairée par celle des animaux qui ont une organisation approchant un peu de la sienne. Par exemple, dans la grenouille, où peu de sang traverse le poumon, le cœur est un organe simple, à oreillette et ventricule uniques : il y a communication ou plutôt continuité entre les deux systèmes veineux et artériel ; tandis que dans les mammifères, les vaisseaux où circule le sang rouge ne conunu* niquent point avec ceux qui charrient le sang noir, si ce n'est peutêtre par les capillaires.

Dans le fœtus, le trou de Botal et le canal artériel rendent aussi trèsmani lestement continues les artères et les veines : chez lui le cœur

Page 1