‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mortChapitre 44 sur 92 · DE LA FIN KATUMELLB · texte numérisé non relu

DE LA FIN KATUMELLB

tion qui finît presque toujours alors en même temps que b vie animale ; la seconde, plus lente dans ses phénomènes, nous montre le terme des autres fonctions organiques, amené d'une manière lente et graduée.

Les sucs digestifs dissolvent encore dans l'estomac les aliments qui s'y trouvent, et sur lesquels ses parois, asseï longtemps irritables, peuvent aussi agir. Les expériences des médecins anglais et italiens sur ral>sorption, expériences que j'ai toutes répétées, ont prouvé que cette fonction restait souvent en activité après la mort générale, sinon aussi longtemps que quelques-uns Tont assuré, au moins pendant un intervalle très- marqué. Qui ne sait que les excrétions de Turine, des matières fécales, effet de ^i^ ritabilité conservée dans la vessie et dans le rectum, se font plusieurs heures après les morts subites?

La nutrition est encore manifeste dans les cheveux et les ongles; elle le serait sans doute dans toutes les autres pa^ ties, ainsi que les sécrétions, si nous pouvions observer les mouvements insensibles dont ces deux fonctions résultent. Le cœur étant enlevé dans les grenouilles, on peut observer encore la circulation capillaire sous la seule influence des forces toniques. La chaleur animale se conserve dans la plupart des morts subites, dans les asphyxies en particulier, bien au delà du terme nécessaire à un corps non vivant pour perdre celle qui est développée à l'instant où cesse la vie générale.

Je pourrais ajouter à ces observations une foule d'autres faits qui établiraient, comme elles, que la vie organique finit dans les morts subites d'une manière lente et graduée ; que ces morts frappent d'abord l'harmonie des fonctions internes, qu'elles atteignent aussi tout à coup la circulation générale et la respiration, mais qu'elles ne portent sur les autres qu'une influence successive : c'est d'abord l'ensemble ; ce sont ensuite les détails de la vie organique qui se terminent dans ces genres de mort.

Au contraire, dans celle qu'amène la vieillesse, l'en-

semble des fonctions ne cesse que parce que chacune s'est successivement éteinte. Les forces abandonnent peu à peu chaque organe; la digestion languit ; les sécrétions et l'absorption finissent ; la circulation capillaire s'embarrasse : dépourvue des forces toniques qui y président habituellement, elle s'arrête. Enfin la mort vient aussi suspendre, dans les gros vaisseaux, la circulation générale. C'est le cœur qui finit le dernier ses contractions : il est, comme l'on dit, Vultimtmi moriens.

Voici donc la grande différence qui distingue là mort de vieillesse d'avec celle qui est l'effet d'un coup subit; c^est que dans l'une, la vie commence à s'éteindre dans toutes les parties, et cesse ensuite dans le cœur : la mort exerce son empire de la circonférence au centre. Dans l'autre, la vie s'éteint dans le cœur, et ensuite dans toutes les parties : c'est du centre à la circonférence que la mort enchaîne ses phénomènes. [T]

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