TRAITEMENT GÉNÉRAL
9. — L’eau froide dépouille la petite centaurée de tous ses principes sapides. Le volume considérable de la petite centaurée rend difficile un traitement par décoction ; j’ai reconnu que l’infusion et la macération avec l’eau distillée étaient bien préférables à la décoction.
Entière, ou simplement coupée en petits fragments à l’aide d’une hachette, je l’épuisais dans des fontaines d’étain, munies d’un robinet à la partie inférieure : l’eau augmentant le volume de la plante, la serrait suffisamment pour qu’après trois macérations successives, le liquide étant soutiré et renouvelé chaque fois, il n’y eût aucun besoin d’exprimer le marc.
En poudre, j’ai dû opérer toujours par macérations et par expressions successives (méthode de Cadet), et non par la méthode de déplacement; la masse, en triplant ou quadruplant de volume, rendrait bientôt tout écoulement impossible.
10. — J’expose les résultats de mes études et non mes recherches ellesmêmes ; aussi ne développerai-je point les nombreuses expériences qui m’ont conduit à retirer d’un seul échantillon de centaurée tous les principes que j’ai pu en extraire. Voici la méthode à suivre pour y parvenir :
La liqueur provenant du traitement à chaud ou à froid de la petite centaurée par l’eau distillée est jaune rougeâtre, riche en couleur, franchement amère, plus ou moins suivant le lieu où Ton a récolté la plante. Il faut la filtrer, quel que soit son volume, et l’évaporer, de préférence dans un alambic, pour condenser les vapeurs et obtenir une eau qui sera étudiée sous ce titre : Eau distillée ( 11).
Quand la liqueur extractive est concentrée au point de ne pe^er que les 2/3 du poids de la plante, il faut la filtrer pour en séparer un dépôt pulvérulent, en partie adhérent aux parois de l’alambic, et qui, bien lavé à l’eau et à l’alcool, sera étudié sous ce titre : Apothème (28).
Le liquide extractif sera concentré en consistance sirupeuse, et repris par l’alcool à 86° : on pourra employer avec avantage l’alcool qui aura déjà servi à priver l’apothème de tout principe soluble dans ce dissolvant. On
filtrera la liqueur alcoolique pour en séparer une nouvelle quantité de matière insoluble, et en l’évaporant au bain-marie, on trouvera au fond de celui-ci une matière molle, d’aspect résineux, soluble seulement dans l’alcool et qui sera étudiée sous ce titre : Matière amère (60). Ce corps n’est pas un produit pur, mais avec la centaurée récente, on peut l’obtenir avec des caractères de pureté très-voisins de ceux que donne la matière amère pure obtenue comme il sera dit (61).
L’extrait aqueux décanté et évaporé en consistance sirupeuse cédera à l’éther la Matière cristallisée ou Erythro-centaurine (21) et une certaine quantité d’un principe amer que je décrirai (69), et sera étudié lui-même sous ce titre : Extrait aqueux (72).
Enfin, la centaurée, après avoir cédé ces principes à l’eau, pourra céder à l’éther une quantité considérable d’une matière que j’étudierai longuement sous ce titre : Matière cèrôide (33).
De plus amples développements seront fournis sur l’extraction de ces différents principes au fur et à mesure que je les étudierai.