‹ Recherches pour servir à l'histoire chimique et pharmaceutique de la Petite CentauréeChapitre 7 sur 10 · Quelques autres remarques peuvent trouver place ici · texte numérisé non relu

Quelques autres remarques peuvent trouver place ici

1° La solution éthérée de ce corps, filtrée et abandonnée à l’évaporation spontanée dans une capsule de porcelaine, retient fortement les dernières portions d’éther, lors même qu’on l’étend en couche très-mince sur les parois de la capsule. La matière reste molle, plus colorée, parce qu’elle est plus transparente, môme après plusieurs mois d’exposition à l’air. L’éther semble avoir modifié le corps soumis à son action dissolvante : M. Chevreul a observé des faits de ce genre dans l’analyse des corps gras.

2° Le produit entièrement soluble dans l’éther peut se combiner entièrement à la soude caustique ; si on le sépare de sa combinaison alcaline au moyen de l’acide azotique ou de l’acide acétique, le précipité ne se redissout plus d’une façon complète dans l’éther. On dirait que l’alcali exerce aussi .une action spéciale sur ce corps, car le produit que l’acide en a séparé n’a plus la couleur jaune citron du produit primitif; il est devenu plus foncé, jaunâtre.

3° Si l’on triture à froid de la cire azotique brute avec de l’eau distillée, et qu’on lave la poudre avec de l’eau distillée sur un filtre, de manière à ne laisser aucune trace d’acide interposé, on remarque que cette poudre conserve son odeur propre sans mélange d’odeur nitreuse. En dissolvant ce produit dans l’alcool et maintenant le flacon fermé à une température de 80°, il se développe une odeur de fruits des plus suaves et des plus prononcées. L’odeur de fruits est bien plus intense et plus rapide à se former quand la cire azotique n’a pas été aussi soigneusement privée d’acide azotique, parce que, dans ce cas, il se forme un peu d’éther nitreux. Il est vrai que, quelque bien lavée que soit la cire azotique, même par trituration à froid et lavages prolongés, on ne peut la conserver longtemps, même à l’abri de l’air et de la lumière, sans qu’elle prenne une odeur nitreuse bien sensible à l’odorat, et accusée par le bouchon de liège qui ferme le flacon.

48. — La soude, la potasse, l’ammoniaque caustiques et leurs carbonates

dissolvent, la cire azotique en laissant un petit résidu insoluble. La liqueur sodique est rougeâtre si elle est très-étendue, presque noire en masse si elle est concentrée; évaporée en consistance de sirop épais, elle ne se dessèche pas spontanément, même après quinze mois, et ne cristallise jamais. Cette liqueur sodique est insoluble dans l’éther; elle réduit le réactif de Fehling; desséchée, elle offre une masse brunâtre comme un extrait. La saturation est parfaite ; l’acide carbonique ne sépare pas la cire azotique de sa combinaison sodique, et la plus petite gouttelette d’acide acétique donne un précipité que l’on ne peut redissoudre qu’avec une quantité correspondante d’alcali.

49. — La combinaison sodique, ainsi que les autres combinaisons alcalines, peut donner des sels par double décomposition : ces sels sont insolubles toutes les fois que les carbonates le sont; je n’ai rien trouvé de remarquable dans l’étude très-superficielle que j’en ai faite ; tous ces sels sont amorphes, d’une couleur extrêmement foncée, et brunissent encore par la dessiccation. J’ai préparé, et je pourrai les montrer encore, les sels de chaux, de manganèse, de fer, de zinc, de cuivre, de plomb, d’argent.

50. —J’ai cherché à obtenir ces sels au moyen de la cire azotique dis-, soute dans l’alcool ou dans l’éther, et des solutions alcooliques d’acétates métalliques : les combinaisons ainsi obtenues ont la couleur claire des sels ordinaires, au contraire des précédents, mais ils sont mal définis ; l’acide acétique qui devient libre tend à les décomposer. Mes premiers essais n’ayant pas été heureux, je n’ai pas cru devoir les poursuivre plus longtemps ; il me fallait préparer tous les réactifs dont j’avais besoin, et j’opérais sur un produit complexe, ainsi-que je le démontrerai plus loin.

Il résulte de l’examen des faits qui précèdent que les dissolvants neutres ou alcalins semblent modifier le produit que j’ai désigné sous le nom impropre de cire azotique ; c’est un produit complexe dont j’étudierai plus loin les éléments constitutifs.

81. Produits secondaires de l'action de l'acide azotique sur la matière céroïde. — 1° Quand on évapore l’acide azotique faible qui surnage la cire azotique, et que par une addition répétée d’eau distillée et une ébullition prolongée on en dégage les dernières vapeurs azotiques, on obtient des cristaux d’acide oxalique 1 à 2 p. 100 du poids de la cire brute employée.

Il m’a semblé que l’addition d’un peu d’acide chlorhydrique à l’acide azotique augmentait la quantité d’oxalique.

2° L’eau-mère qui baigne ces cristaux est jaune, encore acide, si on la réunit à leurs eaux de lavage, alors qu’elle ne peut plus donner d’acide oxalique, elle fournit une matière blanche qui contient de l’oxalate de chaux, si la matière céroïde n’était pas complètement soluble dans l’éther rectifié et parfaitement exempte de matière amère. Mais elle est formée pour la plus grande partie par une substance blanche, amorphe, complexe, formée d’acides gras en partie solubles dans l’eau : cette substance est complexe, elle ne s’est pas reproduite avec des caractères constants dans mes diverses expériences ; son poids est tantôt supérieur, tantôt inférieur à celui de l’acide oxalique déjà obtenu. Je n’ai pas cherché à l’étudier davantage, parce que j’en possède de trop faibles quantités.

3° Enfin, quand une ébullition prolongée avec de l’eau distillée a chassé toute trace d’acide azotique, on obtient par évaporation à sec une matière visqueuse, jaune, d’un poids généralement un peu inférieur à celui de l’acide oxalique obtenu, et qui présente des propriétés assez voisines de celles de la cire azotique elle-même.

Si l’on réunit le poids de ces trois substances à celui de la cire azotique obtenue, on a constamment un poids supérieur de ~ environ à celui de la cire brute employée.

Page 1