‹ Recherches pour servir a l'histoire de l'Égypte pendant la domination des grecs et des romains, tirées des inscriptions grecques et latines relatives a la chronologie, a l'état des arts, aux usages civils et religieux de ce paysChapitre 24 sur 84 · TEMPLE D OMBOS · texte numérisé non relu

TEMPLE D OMBOS

contamina Æthiopiœ, Thebais vocatur ; dividitur in prrtfecluras oppidorum , quas nomos vocant , duodecim a).

Quoiqu’il en soit de ces observations, il est clair que c’est dans le nome d’Ombos que devaient se trouver stationnes les corps de troupes chargés de garder cette partie de la frontière de l’Égypte, et dont il est parlé dans plusieurs inscriptions qui seront examinées ailleurs. Ce sont ces corps de troupes frontières que désignent les mots o 1 neÇoi xai imzeîi. C es deux mots comprennent tout, infanterie et cavalerie ; on ne voit donc pas trop ce que peuvent signifier xott ot a}lm, et les autres: car ce ne sont ni des fantassins ni des cavaliers. Comme le participe xxaaôpitvoi peut s’entendre aussi bien d’un poste civil que d’un poste militaire , je pense que oî allot pourrait bien désigner les autres personnes employées dans le nome xat ot xlloi nptzyp.xuxoi f ainsi que nous le voyons dans l’inscription de Pliilæ0’, xai ot a/J.oi rpaytxxrtxol TtaVreç ; d’où il résulterait que diverses branches de l’administration royale, dans le nome, ont pris part et ont contribué à l’opération dont l’inscription nous a conservé le souvenir.

§ 11. Objet de l' Inscription.

Quoiqu’il en soit, il faut chercher si l’opération a consisté, comme on l’a cru, dans la simple dédicace du sécos? Cette idée peut avoir une grande

Flin. X epistol. a5. = ® Expliquée dam la II' l'arlie , chap. 3.

apparence de raison eu supposantque la divinité mentionnée dans l'inscription serait une divinité grecque, parce qu’il est concevable à la rigueur que les Grecs eussent dédié à un de leurs dieux une chapelle dans un temple égyptien ; mais comme il est certain qvi’Aruéris était Une divinité égyptienne, cette explication ne peut plus se soutenir. Il faut en imaginer une autre; l’idée de simple dédicace ne peut alors être admissible que dans le cas où l’on dirait que les troupçs ci-dessus mentionnées, ayant reçu quelque preuve éclatante de la protection d’Aruéris, lui ont dédié le sécos dans le temple d’un autre dieu égyptien ; car on ne peut admettre qu’ils lui eussent dédié ce sécos dans le temple où tout lui était déjà consacré. La question se réduit donc à savoir maintenant si l’édifice d’Ombos était le temple d’une autre divinité qu ' Avuéns.

Cette analyse nous a fait découvrir, iu qu’Aruéris était une des deux divinités du temple d’Ombos; 2° que la partie droite du temple lui était consacrée. Or, comment concevoir à présent que les troupes stationnées dans le uouie aient cru laire un grand acte de piété envers A rué ris et les dieua: adorés dans le meme temple , en lui dédiant le sanctuaire d’un édifice qui lui était dédié , comme si ce sanctuaire eut été jusqu’alors excepté de la consécration.

Au lieu de cette invraisemblance palpable, prenons l’inscription dans le sens impérieusement commandé par la tournure de la phrase, comparée à

TKMPLE D OMBOS.

celle de l’inscription de Canope , nous ne pourrons y voir autre chose, sinon que les employés du roi oui fait le sécos dans le temple A' A rué ris- Apollon : et par les mots ont fait , je n’entends pas qu’ils ont construit les quatre murs du sécos ; je veux dire qu’ils l’ont décoré de sculptures peintes , et de tous les ornemens qui, d’une pièce insignifiante, ont fait un sanctuaire digne d’Aruéris.

Les particularités de la décoration de l’édifice ajoutent un poids considérable à cette explication. Ou remarque, dans tou tes les sculptures qui décorent le temple, des cartels hiéroglyphiques contenant le nom d’un roi, et presque partout c’est le meme; on le voit dans les bas-reliefs (lî, et autour des colonnes du pronaos w>. Or, MM. Saint-Martin et Champollkm jeune y reconnaissent distinctement le nom d’un Ptoléinée, sans qu’ils puissent assurer néanmoins, faute il'objet de comparaison, quel est le Plolémée que cet hiéroglyphe désigne; mais, comme je le retrouve également dans le sécos d’Aruéris l3), il est vraisemblable que ce cartel désigne Philométor. L’observation de ces savaus est une preuve manifeste que si la reconstruction elle-même du temple d’Oinbos ne date point du temps des Lagides , du moins sa décoration, c’est-à-dire, les sculptures dont il est couvert, appartiennent à celte époque; la coïncidence qui existe entre les indices qu’ils ont découverts et le sens que j’ai donné à l’inscription

<t> Desrripl. de l’Ègyple Antiq., I, pi. 43. s= 60 I.:i mèrw<pl. 44, fig. i. = La même pl. 44< %• 3.

grecque, avant de connaître leur opinion , me parait mériter d’être remarquée.

Au reste, la décoration faite sous les Lagides n’a jamais été complètement terminée : c’est ce que prouve l’ébauche du bas-relief dont j’ai parlé plus haut.

11 est à présumer que le sécos d’Aruéris avait également ses parois toutes nues , et que les troupes stationnées dans le nome d’Ombos , en reconnaissance de quelque acte particulier de la protection d’Aruéris, se seront cotisées pour lui" faire faire un beau sécos par les habitans du pays. Car la décoration d’un temple égyptien exigeait beaucoup de travaux successifs; tout ne se faisait pas à la fois; et avant que toutes les parties de l’édifice eussent reçu les ornemens d’usage, il pouvait s’écouler un temps assez long ; même il arrivait que dans ces temples , comme dans nos églises, certaines parties ne furent jamais terminées; c’est ce que prouvent plusieurs temples égyptiens terminés les uns à moitié, les autres aux trois quarts , d’autres n’ayant qu’une ou deux pièces décorées comme le reste devait l’être.

L’analyse détaillée de l’inscription d’Ombos me paraît donc établir d’une manière certaine que l’opération dont les troupes du nome ont voulu conserver le souvenir, n’a pu être une simple dédicace qui n’aurait exigé que la peine de graver deux lignes sur une pierre , opération d’ailleurs sans aucun objet dans uu temple consacré à Aruéris.

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