TEMPLE DE PHILÆ. C
Ptolémée eu tété chassé d’Alexandrie, resta dans cette ville, où elle suscita des ennemis à son frère pour l'empêcher de remonter sur le trône ; après de grands efforts, elle se vit obligée de se retirer auprès de Démétrius, roi de Syrie, époux de sa fille ; enfin Ptolémée, ayant recouvré sa couronne dans la vingtième année de son règne <0, cent vingt-sept ans avant J.-C., crut de son intérêt de se réconcilier avec Cléopâtre, qui avait conservé beaucoup de partisans; cette princesse revint alors auprès de son frère. C’est après cette époque que le nom de Cléopâtre dut être consigné dans les actes publics , qu’elle y dut paraître comme reine et dut y être nommée avant la princesse régnante, sa fille von pourrait même soupçonner que cet honneur fut une des conditions du raccommodement.
A partir de cette époque, Ptolémée Évergètc, délivré de ses ennemis au-dedans et au-dehors, put se livrer aux soins qu’exigeait le gouvernement. Ce prince , rentré enfin dans ses états , devait être disposé à réprimer des abus qui s’étaient introduits pendant son absence, et à témoigner pour la religion égyptienne le respect que ses prédécesseurs, et entre autres son frère , n’avaient cessé d’avoir pour le culte national. Nous verrons plus bas une preuve éclatante de sa sollicitude pour les prêtres d’Isis à Philæ ; mais il paraît , d’après l’inscription du petit temple, qu’il ne borna pas les marques de sa
w ChampoUion-Figeac , ouvrage cité, II, 176.
protection à défendre le college des prêtres d’Isis contre les exactions de ses officiers tl) , et qu’à l’imitation de son frère Philoraétor, qui avait fait terminer le grand temple d’Antæopolis , il voulut faire élever par des artistes égyptiens une chapelle à la sœur d’Isis, Nephthjs , que les Grecs assimilaient à leur Vénus, divinité également adorée à Tentyris, et que les auteurs de l’inscription du grand temple de cette ville ont aussi nommée Aphrodite.
Les réflexions que j’ai faites sur les inscriptions précédentes sont applicables à celle-ci ; et il est tout aussi difficile de n’y voir qu’une consécration nouvelle d’une chapelle qui aurait existé depuis long-temps. L’idée que Ptolémée Évergète il aurait enlevé cette chapelle au culte égyptien, pour la consacrer à une divinité grecque, est tellement contraire à tout ce que nous apprennent les autres monumens du même genre, qu’il est inutile de nous y arrêter; et cependant c’est l’hypothèse qu’il faudrait admettre, si l’on voulait que cette petite chapelle n’eût pas été faite en tout ou en grande partie à l’époque marquée dans l’inscription.
ll> Infra t IIe Partie , chap. a, § 6.
TEMPLE d’aVOLLONOPOLIS-PARVA.