ARTICLE PREMIER
RestiMion , traduction du texte et détermination de la date.
L’inscription est gravée sur le listel de la corniche d’un magnifique propylon à Apollonopolis- Parva, à présent Kous : avant M. Haniilton tn qui
0> /Egyptiaca , p. 178.
g6 inscriptions des temples.
l’a relevée, elle avait été publiée par Paul Lucas et Pococke U) ; mais leurs copies étaient fort incomplètes. Aussi le président Bouhier, Hagenbuch (î> et Zoëga t3) n’ont-ils pu réussir à la restituer complètement dans les deux endroits principaux. La copie de M. Hamilton n’est pas non plus très exacte ; la voici :
BAZIAI££AKAEOnATPAKAIBA£IAEY2nTOAEMAIO20EOI iJ>1AO—
MHTOPES
E JÏEBEIXK AITEKN AA NAOI2 ©EOI2.
PEieEniMEnrrniK a itoiisyn-
Dans la première ligne, le mot metaaoi a été passé après eEoi. ,
Au commencement de la seconde , eviebeiï n’existe point sur la pierre; c’est une restitution. La lacune a.... pei n’est point exactement indiquée.
Une copie beaucoup meilleure a été fournie par MM. Jomard et Chabrol, qui en ont donné \efac simile, dans leur dessin du propylon d’Apollonopolis (4), et l’ont reproduite dans le texte de la description li). La voici telle qu’ils l’ont donnée :
BAZI AI22A K.AEOD ATPA KAI BAÏIAEÏ2 IITOAEMAIOZ 0EOJMErAAO!<MAOMUTOPE2
p . 2 KAITATEKNAHAIÛIOEftlMEnZTniKAITOIZ
2YNNAOI20EOI2.
U> Descript. o/lhe East , I , p. 576. = ® Epist. Inter Epist. epigraphicas , 99, 35a. = ls) De usuobelisc., p. 19, 7/1 , 545- = » Aht. vol. IV, pl. 1. = W p. 67
temple d’apollonopolis-parvà. 97 Des lettres p.ï k.ai ta tekna haiui, il ne reste plus que la partie supérieure; mais elles n’en sont pas moins certaines , et prouvent que jusque là on s’était trompé sur le nom de la divinité à laquelle est dédié le propylon. Pococke lisait hpuhbai , leçon ridicule à laquelle il donnait le sens bizarre de jeunes héros. Le président Bouhier a lu apûhpiai ; MM. Hamilton et W alpole ü) apûiipei ; mais aucune de ces conjectures n’est fondée , puisque le propylon était consacré au soleil (iiAmi), qui devait être en effet la divinité principale d ' Apollonopolis ou ville d’Apollon.
Le commencement de la seconde ligne a été emporté par une cassure du, listel de la corniche ; et , d’après le foc simile de l’inscription , il manquerait environ dix à onze lettres. On a essayé de remplir cette lacune de différentes manières. Pococke, Zoëga, MM. Hamilton et Walpole, ont lu etsebeiî; le président Bouhier propose eteebeiz, ErrrxEis ou Eni4«ANEi2. Ces restitutions sont également fautives; en ce qu’elles ne rendent aucun compte de la lettre p, dans la finale conservée P . 2, qui ne peut être que PE2.
Pour satisfaire à cette condition, M. Denon a lu [kai ■MAOiiATojpEï ; ce qui remplit exactement la lacune de dix à onze lettres ; et , d’après une note insérée dans la description d’Âpollonopolis m, on voit que M. Jomard se propose de défendre cette leçon.
Travels in various parts , etc., II, p. 5g4. = p.68.
Malgré la convenance de cette leçon , relativement à la longueur de l’intervalle, je la crois bien difficile à admettre.
Le président Bouhier pensait que la Cléopâtre mentionnée ici est la fille d’Antiochus-le-Grand , femme de Ptolémée v ou Épiphane , tutrice de Ptoiémée vi ou Philométor, et régente du royaume pendant la minorité de ce prince, depuis l’an 18 1 , jusqu’à l’an 174, époque de sa mort <0. Toutefois Bouhier sentait bien la difficulté de cette explication ; car il est évident que Ptolémée Philométor ne pouvait avoir d’enfans pendant sa minorité ; aussi ce savant critique écrivait-il à Hagenbuch 0) : « La » cinquième ligne a besoin d’un Œdipe tel que vous, » car le fils de Cléopâtre était encore trop jeune *> pour avoir des enfans ( ri rixvct ). » Mais il ne paraît pas que Hagenbuch ait trouvé le mot de l’énigme.
M. Champollion-Figeac, en rapportant également cette date au règne de Ptolémée Philométor , la croyait postérieure à la dix-septième année de son règne , dans laquelle ce prince épousa Cléopâtre u,j mais on ne peut expliquer de cette manière pourquoi le nom de la reine, contre l’usage constant, est placé le premier <4). Il s’agit évidemment d’un prince
w Champoll.-Fig. II, p. 129 , i3a. = ® I nier Eput. Eptgr., p.g9. = <5> Annales îles Lagides ,\V ,p. 1 5g. = B) M. Champollion- Figeac s'est rétracté ensuite. Ayant vu dans le Journal des Savans (Août 1 821, p. ^63, note 2.), que j’attribuais l’inscription d'Apollonopolis à Ptolémée Alexandre et à sa mère, il me montra un passage d’une Dissertation alors sous presse j où il exposait la même
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PARVA. 99
placé sous la tutelle de sa mère; et puisque ce n’est pas Ptolémée Philométor, on ne voit que deux princes, dans toute la dynastie des Lagides, auxquels cette circonstance puisse convenir ; ce sont les fils de Ptolémée Évergète n , qui régnèrent conjointement avec leur mère Cléopâtre. Nous verrons dans l’article suivant ü), qu’Évergète h, en mourant, laissa deux fils, Sôter et Alexandre; que Cléopâtre leur mère voulait partager la couronne avec le plus jeune, mais que les Alexandrins la forcèrentde choisir l’aîné; qu’il régna avec elle pendant dix ans ; qu’enfin elle trouva le moyen de le faire chasser du trône, et d’appeler son frère Alexandre avec lequel elle partagea la couronne jusqu’en l’année 89, où il la fit périr.
Dans le cours de ces deux règnes simultanés, Sôter 11 et Alexandre i«r se trouvèrent placés sous la tutelle de leur mère, qui exerça envers eux un pouvoir absolu. U est donc certain que cette princesse ambitieuse et jalouse de son autorité dut exiger qu’on inscrivît son nom le premier dans les actes publics, comme nous le trouvons dans l’inscription d’Apollonopolis.
opinion. Cette Dissertation a paru en novembre 1821, sous le titre de Eclaircissemens historiques sur le papyrus grec, connu sans le nom de Contrat de Ptolémaïs. L’auteur y présente des observations judicieuses sur plusieurs difficultés que contient la formule de ce Contrat, et que n’avaient point résolues les savans qui s’en étaient occupés avant loi.
Infra , p. 106.
Les mots ri t éxva, inexplicables dans l’hypothèse du président Bouhier, ne font de cette manière aucune difficulté. En montant sur le trône, Sôter 11 avait déjà des cnfans de sa sœur Cléopâtre, dont sa mère le força de se séparer. Nous en dirons autant d’Alexandre son frère, lorsqu’il fut appelé en 107, pour succéder à Sôter 11 : car le rapprochement des textes de Polybe, de Josèplie et d’Appien prouve qu’il avait alors plusieurs enfans : c’est ce qui sera établi plus bas.
On ne saurait douter en conséquence que les princes désignés ici ne soient Cléopâtre , veuve d’Évergète 11, et l’un de ses Gis, Sôter 11 ou Alexandre Ier.
Cette conjecture se trouve conGrmée par le protocole du Contrat grec, déchiffré si heureusement par M. Bôckh de Berlin ; il commence en ces termes: Baodevovtwv K-Xeorcarpai xat IlToXspatou uloû toù èmxaXoupévou AXï£av<îpou , Stüv ÿtXopoiTo'pwi/ . 2u npw M Sous le règne de Cléopâtre et de Ptolémée son » Gis, surnommé Alexandre , dieux Philométors , m sauveurs.,.. » On est certain ici qu’il s’agit de Cléopâtre et de son Gis Alexandre. Or, que voyons-nous dans cette formule? précisément les mêmes circonstances principales qui se retrouvent dans l’inscription d’Apollonopolis. 1° Le nom de Cléopâtre est placé le premier ; a» ces deux princes ont le surnom de Philomclor ; mais en outre ils portent celui de Sôter; et ce second titre nous avertit suffisamment de la manière dont il faut remplir la lacune. . . . p . 2 ■
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PARVA. IOI
il est clair qu’on doit lire kai snTHPEï. On pourrait objecter que les sept lettres kai hith n’occupent pas assez de place pour l’intervalle qui paraît exister; mais cette considération est bien faible, comparée à l’évidence historique de la restitution ; car rien ne prouve que la seconde ligne commençât précisément au niveau de la première. On trouvera , dans le cours 'de cet ouvrage, plus d’un exemple d’inscriptions où les deuxième et quatrième lignes commencent un peu en retraite des première et troisième.
Quaut à l’origine de ces deux surnoms «Dd.opîropeç xai , il ne me semble pas qu’on l’ait expli-
quée d’une manière satisfaisante (1>. On a pensé que le premier appartient principalement au Jils , et le second à la mère : c’est, je crois, le contraire qu’il faut admettre; car puisque Cléopâtre plaçait son nom avant celui de son fils , il n’est pas vraisemblable qu’on suivît un ordre différent pour les surnoms. Une remarque qui a échappé aux chronologistes, c’est qu’Évergète n , successeur de Philométor , prit le surnom de sonfrère en montant sur le trône; le fait semble prouvé par ce passage d’Eusèbe : nroXfpatos é xal Wt^aySpoi, uio; toû oeurépou Eùepyérou x ai (f. îoù x al ) <Pilopmopoç (1>. Ce double titre, il dut le faire partager à son épouse Cléopâtre; de là le nom de Philométor que portait cette princesse, qui occupa
0) Bdckh, Erklarung, etc., p. 9. — Saint-Martin , dans le Journal des Savons , 1 81 1 , p. 538 , 53g. = ® Euseb. Chrome. , p. 362 , Scalig
ensuite le trône avec son fils Alexandre. Cette princesse ne garda qu’un de ces deux titres; et le premier, celui à’Évergète , resta attribué à sa mère, première femme d’Évergète; aussi voyons-nous, dans la formule du Contrat <u , ce prince et sa première femme désignés par les mots Scoi Eùepyétai. Le titre de lurcrip, qui suit celui de Philométor , me paraît devoir être attribué en particulier à Alexandre ; son frère, expulsé d’Égypte, n’était plus roi ; et Alexandre, en prenant sa couronne, prit aussi le titre que ce prince portait sur le trône ; seulement il se fit. distinguer par le surnom d’ Alexandre. Ce prince et sa mère , régnant ensemble , confondirent les titres qui appartenaient à chacun d’eux ; d’où vient la formule Stoi t&tXopui-ropec *ai iwrÀpeç.
S’il en est ainsi, Ptolémée Sôter, lorsqu’il régnait, dut porter c e même les titres de Philométor et de Sôter, et les actes de son règne devaient offrir en conséquence la formule ârûv <t>(Xoporrdpuy 2wt rjpuv ; ce qui explique pourquoi dans les actes de celui d’Alexandre on ajoutait la désignation particulière zoû izocoXov/iévov AXe£av£pou. Il s’ensuit que quand cette addition n’existe pas après IIîoXïpuxjou, c’est qu’il s’agit de Sôter u et non pas d’Alexandre.
Cette considération, qui m’avait échappé d’abord, me persuade que l’inscription du propylon d’Apollonopolis-Parva appartient au règne simultané de Sôter ii et de sa mère , et conséquemment qu’il faut
w Ligne 3.
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PARVA. Io3
«*n renfermer la date entre les années 117 et 107 avant J.-C.
Cette inscription devra se traduire , d’après les principes adoptés jusqu’ici :
« La reine Cléopâtre et le roi Ptolémée , dieux » grands, Philométors Sôters, et les enfans [du roi » ont élevé ce propylon] au soleil , dieu très-grand , » et aux divinités adorées dans le même temple. » Elle offre une particularité qui la distingue de celle de Parcmbolé (1) , avec laquelle elle a d’ailleurs beaucoup d’analogie. En effet, celle-ci commence parla formule rriEP daîiaeox, etc., ce qui annonce que la construction du propylon a été exécutée sans la participation de Ptolémée Philométor et de sa femme; et nous avons dit qu’il faut très probablement entendre par- là qu’elle fut exécutée par les gens du pays. Ici les noms des princes sont au nominatif, baïiaiïsa KAEon atpa , etc., ils sont donc le sujet du verbe sous-entendu , comme au monument d’Antæopolis ; et cette tournure annonce que les princes eux-mêmes ont fait élever par les gens du pays le propylon qui devait contribuer à l’embellissement du temple égyptien consacré au soleil. Cette divinité, une des principales dans la religion égyptienne, et peut-être la plus anciennement adorée, l’était sous ce nom dans plusieurs villes de l’Égypte, notamment dans la fameuse IléhopoLs. Si le nom d 'Héliopolis n’avait pas été depuis longtemps employé par les Grecs pour désigner celle ville
(1> Suprk, p. 4o, 4i.
célèbre, ils s’en seraient servi, je pense, pour désigner les villes de la Haute-Égypte où le soleil était adoré j mais afin d’éviter d’employer un nom déjà consacré, ils donnèrent à ces lieux le nom A’ Apollonopolis , qui revenait précisément au même dans leur langue. Voilà ce qui explique, ce me semble, pourquoi le nom d ’ Héliopolis est unique dans la géographie de l’Égypte, tandis que nous trouvons trois Apollonopolis, trois Diospolis, trois Aphroditopolis , deux Hermopolis , etc. ; et l’on conçoit comment Apullonopolis reçut ce nom des Grecs, quoique la divinité qu’on y adorait fût le soleil, ainsi que le prouve l’inscription.
ARTICLE il.
Examen de quelques textes de Pausanias , de Justin , d'EUisèbc et de Porphyre, sur Ptolémèe Soter II, Alexandre I, Alexandre Il , et Aulète, rapprochés de l’Inscription tPApollonopolis , du Contrat dit de Ptolémaïs, et de deux Inscriptions trouvées à Philos.
Après avoir rapproché l’un de l’autre le Contrat de Ptolémaïs et l’inscription d’Apollonopoiis , et avoir montré que ces monumens se rapportent au règne de la même princesse et de ses deux fils , il me reste à examiner une circonstance qui leur est commune : c’est l’omission du nom de la reine , épouse du prince régnant. Un trait caractéristique aussi singulier aurait dû fixer l’attention, et du savant interprète du Contrat , et des critiques qui , après
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PARVA. Io5
M. Bôckli, se sont occupés de ce manuscrit curieux : c’est une preuve de la difficulté qu’il y a de voir, dans un monument antique , tout ce qu’il peut contenir d’important : chacun s’arrête à l’objet qui le frappe ; ce n’est qu’après les efforts successifs et réitérés de plusieurs hommes habiles, qu’on peut être sûr de la concevoir dans toutes ses parties.
L’omission du nom de la reine , femme du roi , ferait supposer que Sôter et Alexandre étaient déjà veufs à l’époque quelconque où fut gravée l’inscription d’Apollonopolis et rédigé le Contrat ; mais on a la certitude , du moins pour Sôter n , qu’il était marié lorsqu’il occupait le trône avec sa mère , en sorte que l’absence du nom de sa femme, dans les actes publics, doit avoir été un effet de la jalouse ambition de Cléopâtre : la même chose me parait facile à établir pour Ptole'mée Alexandre. Mais, pour faire ressortir avec évidence un fait dont l’histoire n’a point parlé, il est indispensable de reprendre et de soumettre à une nouvelle analyse plusieurs des textes relatifs au règne des successeurs d’Évergète jusqu’à la fameuse Cléopâtre , fille de Ptolémée Aulète. En m’appuyant sur les travaux des critiques qui ont contribué , dans ces derniers temps , à éclaircir l’histoire des Lagides, je crois pouvoir rectifier quelques faits, et en signaler d’autres qui leur sont échappés.
io6
§ I, Successeurs d’Êvergèle 11. — Intrigues de Cléopdtre. — Titres de Philadelphe et de Philomélor conférés à Sôter II.
Évergète n , en mourant, laissa deux fils en âge de régner, qui portèrent depuis les noms de Ptolémée Sôter n et d’Alexandre Ier ; la couronne était naturellement dévolue à l’aîné ; mais Cléopâtre désirait garder le pouvoir et régner encore sous le nom de ses fils. Elle devait donc chercher à faire monter sur le trône celui des deux qu’elle croyait le plus dévoué à ses volontés. C’était le plus jeune, Alexandre, pour lequel d’ailleurs elle avait beaucoup d’affection , tandis qu’elle détestait l’aîné. Justin dit seulement : Pronior in minorent Jilium eral l° ; mais Pausanias parle en termes très forts de la haine de celte princesse contre Sôter n w. Elle voulut donc faire nommer le plus jeune par les Égyptiens, xat Siù toOto , (c’est-à-dire, à cause de la soumission qu’elle espérait ) êXéoOou fiaoiXéix AXé^avSpcv citeiQiv AiyvTiTi’ov; ; mais ils s’y opposèrent (t'vocvtt&ufiévov Sé ci TthnQovç ) et elle fut contrainte par le peuple d’élire l’aîné , à populo cornpellitur majorent eligere , selon les paroles de Justin. Ces deux auteurs s’accordent donc de la manière la plus formelle pour établir que Cléopâtre fut contrainte par le peuple de consentir à l’élévation de son fils aîné qu’elle détestait.
Le texte actuel du curieux fragment de Porphyre
(,) XXXIX, 3. = m l’ausanias; 1. 9, p. 54-
TEMPLE d’aPOLLONOPOLJS-PARVA. IO7
sur l’histoire des Lapides semble opposé à ce fait si bien étabb ; mais il est certainement corrompu. M. Champollion-Figeac, citant Justin, parle de la préférence de Cléopâtre pour le plus jeune de ses fils , et de sa répugnance à voir l’aîné monter sur le trône H>. Cet exposé est exact ; mais l’auteur n’a pas fait sentir suffisamment que Pausanias confirme le témoignage de Justin; plus bas il cite le passage de Porphyre, et le traduit comme s’il en résultait le même ordre de faits n). M. Saint-Martin, après avoir reproché avec raison à ce savant de n’avoir pas bien entendu le passage de Porphyre (3) , parle en ces termes de la succession d’Évergète n : « Cléo- » pâtre sa veuve, pensant que V aîné serait plus » docile à ses volontés , le plaça avec elle sur le » trône »; ce qui n’est pas non plus le sens de Porphyre. Il serait en effet bien difficile de comprendre comment cet auteur pourrait être si évidemment en opposition avec Pausanias et Justin, dont le témoignage est formel. Que ce passage soit corrompu , c’est ce dont il est impossible de douter, dès le premier examen : n-roXepaiou Si toû Scinépov Eùepyérou , èx KXsoTOCTpaç yîvovzai uîoi Svo IlToXeptfMot xaXoùpEvoi* 2>v 6 (ùv npcoëvxepo; 2wtrjp èncxaktÏTO' 6 Si veuntpoç 6 icptaëvztpoi tmô tü; pnrpàç ccvaStiyBtiç Soxüv Si aiizp dvou nttBnvioç, «xpt p-iv tivo; «yaitâto H>. La difficulté commence ko Si veunepoç , suivi de 6 npeoGvupoç. M. Cham-
<l> Annales des Lagides, II, p. i8a. = 01 Les mêmes , p. 187. = u> Recherches sur la mort d’Alexandre, p. 96, note. = w> Porph. ap. Euseb. , p. aa5. Scalig.
pollion 0> voudrait remplacer ce mot par à AXé|«vipoç (il ne faudrait pas l’article^; sans doute ce nom doit être suppléé après vewrîpo;; mais si l’on retranchait 6 rpeaëinepoç , le reste n’aurait plus aucun sens ; d’un autre côté, M. Saint-Martin traduit ainsi la dernière phrase : « L’aîné fut élevé au trône par sa » mère, parce qu’elle croyait qu’il lui serait plus sou- » mis, et qu’il était alors aimé de sa mère m ». Mais f uypl tivoç signifie pendant quelque temps et non pas alors; et d’ailleurs, bien loin que l’amitié de sa mère fût une des causes de l’élévation de l’aîné, cette amitié prenait sa source dans l’espoir qu’il lui serait soumis; le sens est donc « mais comme il se montra » soumis à sa mère , il en fut aimé pendant queb- » que temps ; » ce qui montre assez qu’elle ne l’aimait pas auparavant; d’ailleurs le participe àvaàuyOeiç demande un autre verbe, puisque riya ncëxo dépend de SomIiv. Le texte arménien vient à notre
secours; la traduction du P. Aucher porte
quorum major Soter vocatus est , junior verô Alexander. Régnât ergo primum major a matre in regnum admolus : existimabat enim eum subjectiorem sibi fore, ad tempus ( itaque ) diligebatur a matre. Le P. Aucher, d’après ce texte, pense que le grec portait.... 6 vtwepoç [À/.é£av£pos* (iaatïevet oùv] 6 npeaëinspoii ce qui correspond à l’arménien; niais je crois que le 6k après Sov.ùv, annonce une opposition avec quelque chose qui se trouvait auparavant ,
(1> Ann. des Lngid., H, p. 187.= w Ouvrage cité, p. 96 , note 1.
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PARVA. IOQ
en sorteque la restitution ne suffit point pour rétablir la liaison des idées ; et tout annonce que la pensée de Porphyre est tronquée. Il n’est pas impossible que dès le cinquième siècle, époque à laquelle, dit-on, . la version arménienne fut rédigée, le texte d’Eusèbe eût déjà subi en cet endroit quelque altération ; toutefois cette idée serait peut-être difficilement admise , à raison du peu de temps qui s’était écoulé entre la composition de la chronique d’Eusèbe ( rédigée en 327 ) , et l’époque où elle fut traduite.
Il est bien plus naturel (l> de supposer que l’erreur vient d’Eusèbe lui -même, dont l’extrait, rédigé d’une manière fort inégale , tantôt n’offre qu’un abrégé sec et décharné, tantôt donne les détails les plus circonstanciés , selon que le sujet intéressait davantage l’abréviateur, ou lui paraissait moins connu; et dans ce cas, Eusèbe lui-même, par un retranchement maladroit, aurait déguisé à nos yeux la pensée de Porphyre ; mais elle nous est clairement révélée par la phrase oqymv de conservée par Eusèbe , et qui , ne se liant pas avec ce qui précède , nous annonce que l’auteur original avait expliqué que la mère voulait nommer le plus jeune , mais que le peuple s’jr étant opposé, ce fut l’aîné qu’elle nomma. Sans rien changer aux paroles d’Eusèbe ,• on pourrait essayer de retrouver le sens de Porphyre, en intercallant un seul membre de phrase omis par l’abréviateur : 6 <îè veûrepoç AléÇavdp 0; [01/17 prnr,p
C’est une observation que m'a communique'c mon savant confrère M. Saint-Martin.
D.éaOou c€où).£ZO' toû Si 7T^>j9ouç èvavTioufxévou ] èSaot- Xevae Ttpwrov i Tptcêûxépoi x.t.X. L’ordre et la liaison des idées ne laissent plus rien à désirer ; et l’auteur est concilié avec Pausanias et Justin. On traduira :
« L’aîné était surnommé Sôter, le second
» Alexandre , que sa mère voulait choisir pour roi ; »> mais le peuple s’y opposa , et ce fut l’aîné qui » régna le premier, sa mère ayant été obligée de » l’élire ; néanmoins, comme il se montra obéissant » et soumis , elle l’aima pendant quelque temps. » Mais la dixième année, etc. » La préférence accordée par Cléopâtre à son jeune fils Ptolémée Alexandre est donc un fait complètement établi, et sans lequel, il faut le dire, on ne pourrait comprendre qu’imparfaitement toute l’histoire du règne si remarquable de Cléopâtre et de ses fils.
Cléopâtre, forcée par le peuple de choisir Sôter n, envoya Alexandre dans l’île de Chypre, avec le titre de général H>, pour se rendre plus redoutable à Sôter et le tenir en respect, par la crainte de voir son frère , tout dévoué à Cléopâtre , venir à la tête d’une armée lui disputer la couronne. Elle trouva d’abord dans Sôter la soumission qu’elle désirait -, mais il paraît que plus tard il voulut résister à ses volontés. Alors faisant croire au peuple que ce prince avait tenté de l’assassiner, elle excita une révolte à la suite de laquelle il fut obligé de se retirer en Chypre , la dixième année de son règne, vers l’année 107. Cléo-
w Pausanias, I, g, p. 55.
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PARVA. I I I
pâtre fit revenir Alexandre , et le plaça sur le trône. Selon Pausanias , il fut rappelé de l’île de Chypre , ( A'Xt^avSpov üxovtx ex Kutt/jcü itoioüwxt fiaoû.éa’); et en effet, nous savons qu’il avait le titre de roi de Chypre , depuis le mariage de sa sœur Cléopâtre avec Antiochus de Cyzique. Selon Porphyre , c’est de Péluse qu’il fut rappelé ( ex II>?).ouoiou /manrefjufiafj-évr]). Cette contradiction, que les chronologistes n’ont point remarquée , nous révèle encore un retranchement fait par Eusèbe au texte de Porphyre j car cet auteur a dû nécessairement le faire arriver d’abord de Chypre àPéluse. Ainsi, de l’apparente contradiction des deux écrivains, nous tirons l'indication certaine d’un fait qu’aucun d’eux n’a fait connaître, c’est qu’ Alexandre ne vint pas directement de Chypre à Alexandrie. Cléopâtre , méditant le coup qui devait la délivrer de Sôter n et lui ramener son fils, sentit qu’il lui importait de l’avoir près d’elle, afin qu’il pût profiter sur-le-champ des dispositions favorables des Alexandrins : elle le fit donc venir de Chypre à Péluse pour y attendre l’effet de ses machinations, et se trouver prêt à l’événement. De ces deux circonstances , sans nul doute mentionnées par Porphyre, Eusèbe n’en a conservé qu’une ; mais Pausanias s’est attaché à l’autre, comme étant la principale : peut-être même trouve-t-on dans cet auteur l’indication de l’autre fait , car le participe jjxovta a le sens du passé, comme le présent xx w (,), et Hesychius l’interprète par iï.96mz m; le
tl> Thom. Magister, j>. 4>S. = ® Voce ÿxevrx.
sens serait donc « on nomma roi Alexandre, qui avait
» [ déjà] quitté Chypre. »
Alexandre régna conjointement avec sa mère , pendant dix-huit ans, de 107 à 90. La bonne intelligence entre les deux princes fut souvent troublée dans cet intervalle; et même la cruauté de Cléopâtre effraya tellement son fils qu’il l’abandonna, préférant, dit Justin, une vie tranquille et assurée à un pouvoir accompagné de tant de périls <4). Rappelé par sa mère, il ne tarda pas à s’apercevoir qu’elle en voulait à ses jours; il la prévint en la faisant assassiner. Irrités de ce meurtre atroce ,' les Alexandrins le chassèrent du trône, la dix -neuvième année de son règne ; et Sôter fut rappelé une seconde fois. Porphyre raconte le fait un peu diversement; sans parler du meurtre de Cléopâtre, il dit seulement : « Qu’irrité contre les troupes (toi; çpcrzvi- » pamv àpyia9ei( ), Alexandre sortit (d’Alexandrie), et » rassembla contre eux des forces en Égypte. Il fut » poursuivi et battu dans un combat naval par Tyr- » rhus, général et parent des rois, et obligé de fuir, » avec sa femme et sa fille, à Myra de Lycie. » Porphyre ne nous dit pas quelle était la cause de la colère d’Alexandre contre les troupes; mais on ne peut douter qu’elle ne fût excitée par le mécontentement qu’elles manifestèrent après le meurtre de la reine-mère. Ce mécontentement fut suivi sans doute d’une rébellion ouverte , sans quoi Alexandre n’aurait pas été forcé de quitter Alexandrie : ainsi il est w xxxix , 4.
TEMPLE n’APOLLONOPOLIS-PARVA. I 1 3
possible que, clans le texte même de Porphyre, où l’on trouve plus d’une lacune , le mot àiroç-àat précédât ç-paxevuaaiv (îotç ànoçàai çpaztûpMtjiv 6py loSu'z).
Sôter n, après l’expulsiorf de son frère, fut rappelé avec empressement par les Alexandrins, et c’est à cette occasion , selon moi , que ce prince dut recevoir le titre de Philadelphe dont les chronologistes n’ont point connu l’origine jusqu’à présent, ou dont ils ont nié l’authenticité.
Ce titre se trouve dans la liste des rois qu’on lit à la suite du fragment de Porphyre : IlroXefxacb; 6 <Pi}.afeX<poi xxTe).Ôùv àr.ii rnz yvyrji , è^woOiv to; toü ÂXe- Çàv'ïpov a>. L’auteur des Annales des Lagides a) veut lire 6 à(îsXpôi air: où , au lieu de ^iXoéîsXpos. La raison qu’il en donne , c’est que Nicéphorc et Épi— phane désignent Ptolémée Sôter par les mots 6 ®ÎeXçi; aù toû : cette raison n’est pas suflisante ; car Sôter n étant frère d’Alexandre, il est tout simple que ces auteurs l’aient qualifié ainsi; mais il ne s’ensuit pas qu’Eusèbe ou l’auteur quelconque de la liste des rois ait fait de mémo : on admettra d’autant moins la correction toute gratuite o àiïù. tpoç ait toû, que l’auteur de cette liste ne désigne les Ptolémées que par leurs surnoms; et l’on ne trouve les mots àoû.'pôç ai> toû, ni à l’article de Ptolémée Evergète ir, ni à celui de Ptolémée Alexandre. En outre, le texte arménien donne le même titre de Philadelphe à Sôter; ainsi nous n’avons nul droit de le retrancher. 11 n’y a pas plus de raison de douter de celui de
wl ,4/>. Euscli. , p. 316. = w II, p. \\ i , 4n.
Philométor , par lequel Pausanias désigne également Sôter u (,). L’auteur des Annales des Lagides prétend i/u’il faul corriger Pausanias , et lire Ptolémée Sôter second W) J il ine paraît n’avoir pas remarqué que, comme Pausanias explique lui-même la raison de ce surnom, on ne peut absolument changer son texte ; l’erreur , s’il y en a , appartient bien réellement à cet écrivain, et M. Saint- Martin a eu raison de défendre le témoienace de Pausanias (3) ; car nous avons vu que Sôter , dans l’inscription d’Apollonopolis , porte ce titre de Philométor , et il a été prouvé que ce prince et Alexandre son frère le devaient à leur mère Cléopâtre. J’observerai que parmi les titres des Ptolémées, il en était qu’ils prenaient en montant sur le trône, tels qu 'Kvergele , Philopator, Épiphane, Philométor, Sôter, etc., comme un moyen nécessaire pour distinguer leurs actes de ceux de leurs prédécesseurs , qui se nommaient également Ptolémée ; mais il en était d’autres qu’ils prenaient ou recevaient à diverses époques de leur règne , et qui se rattachaient à quelque événement remarquable, ou tenaient à quelque fantaisie du prince ; tel fut celui de HoSeivô; l4), le Désiré, que les Alexandins donnèrent à Sôter n, lorsqu’il remonta sur le trône ; tels sont encore ceux de nouveau Bacchus et de nouvelle Isis , dont se décorèrent Ptolémée Au-
Pausan., I, 9. = ® II, p. 18a. = Dans le Journal des Savons, 1 801 , p. 538 , note 1.= ® Annales des Lagides , Il , p. aa5 , note a.
TEMPLE d'APOLLONOPOI.IS-PARVA. Il5
lète et sa digue fille Cléopâtre. Le surnom de Plu iadelphe me paraît être du même genre. Il est à remarquer, en effet, que la liste des rois ne donne à Évergète le titre de Philadelphe , qu’à l’époque où il remonta sur le trône, après l’expulsion de son frère : IïtoXepato; 6 Qiïààelfoi xate).0 <ùv ont à ni; fvyrii, è|mo0evto? toü ÂXela'vÆpou ; auparavant l’auteur de la liste ne l’appelle que Sôter et Physcon. Cette circonstance n’est peut-être pas indifférente, puisqu’elle fait présumer que Sôter ne prit cè titre qu’à son retour. Ce prince , que les excès d’Alexandre et de sa mère avaient fait désirer aux Alexandrins de revoir, et auquel ils donnèrent le nom de Désiré, IToOeivô;, reçut alors le titre de Philadelphe , qui rappelait à la fois, et son amour pour les sœurs dont les violences de sa mère l’avaient forcé de se séparer, et son attachement pour Alexandre, contre lequel il ne voulut jamais rien entreprendre, non plus que contre sa mère j c’est là ce que Justin explique de la manière la plus claire en parlant du retour de Sôter n : Nam ubi primiim compertum est scelere Jilii matrem iriierfectarn , concursu populi in exilium agitur, revocatoque Ptolemœo regnum redditur qui , neque cum mat he dellvm gereve voluisset , neque a F hat he ahmis hepetehe, quod prior recepissel (,). Peut-on expliquer plus clairement le motif qui fit donner par les Alexandrins à Sôter le titre de Phi- Iadelphe, lorsqu’ils le rappelèrent à la couronne, voulant en quelque sorte consacrer par ce titre ho -
<l) Justin, XXXIX, 5.
I iG INSCRIPTIONS DES TEMPLES.
norable et mérité , le retour d’un prince désiré , qui devait fermer les blessures du royaume?
On peut remarquer aussi que Pausanias lui-même n’a pas su à quelle circonstance se rapportait le titre de Philométor. « Le huitième descendant de Pto- » léme'e Lagus , dit-il , fut Ptolémée Philométor. » C’est par ironie qu’il reçut ce surnom ; car je ne » connais aucun prince qui ait été plus détesté par » sa mère qu’il le fut par Cléopâtre » Cette raison est tout-à-fait étrange; ne semblerait-il pas que le mot Philométor signifie qui est aimé par sa mère ? Évidemment Pausanias a confondu le sens de «InXofxrjzup avec celui de MrjipoyiXoç ; il ne s’est pas souvenu que Philométor ne signifie ordinairement en grec que celui qui aime sa mère ; en conséquence , que la haine de Cléopâtre pour son fils ne pouvait avoir aucune relation avec le titre de Philométor. Cette inadvertance de Pausanias me paraît singulière.
J’ai la conviction que si l’on trouve quelque jour un monument qui se rapporte à Ptolémée Sôter après son retour, on y verra les titres de Philadelphe et de üoSeivè;, joints à ceux de Philométor et de Sôter.
5 II. Époque du mariage de Ptolémée Alexandre /, avec la file de son frère Sôter , Cléopâtre ou Bérénice. '
Cette interruption des règnes de Sôter n et d’Alexandre Ier, et la division du temps embrassé par ces deux règnes , ont été fixées avec exactitude par
(1> l’ausan. , loc. lalid.
TEMPLE d’aPOLLONOPOLIS-PaRVA. II7
Porphyre, et clairement exposées dans les Annales des Lagides t,). Ce qui n’est pas moins bien déterminé , c’est que Cléopâtre , en consentant à partager la couronne avec Sôter n, le força de répudier Cléopâtre sa sœur qu’il aimait, pour épouser une autre sœur , nommée Séléné. La première devint la femme d’Antiochus de Cyzique ; et la seconde, que Sôter n fut obligé de répudier ensuite , épousa Antiochus Grypus de Syrie. Cette double violence , exercée par la reine-mère, montre combien elle était jalouse de son autorité. Elle ne souffrait point de rivale; et quand elle vit la seconde femme de Sôter u prendre sur son esprit trop d’ascendant , elle le força de s’en séparer comme de la première. Une troisième fille d’Évergète n , Tryphène, avait épousé Antiochus Grypus , du vivant de son père. L’histoire ne fait mention que de ces trois filles de Ptolémée Évergète; mais tout prouve qu’il en eut une quatrième dont elle ne parle pas , et qui devint la femme d’Alexandre, comme cela résulte des inductions que je vais présenter.
Alexandre , selon l’auteur des Annales des Lagides, épousa Cléopâtre, fille aînée de Sôter n , laquelle périt avec ce prince C2) dans le combat naval où il fut vaincu par Chæréas : comme une Cléopâtre ( ou Bérénice'), fille de Sôter n, succéda à son père, et devint la femme d’Alexandre u, ce savant est obligé d’admettre l’existence de deux filles de Sôter 11 ,
U , p. l 'J 8 , 196. = tJ| Annules des Lagides, II, p. 2 06,
Il8 INSCRIPTIONS DES TEMPLES.
dont la première aurait péri en 89 avec Alexandre Ier,
son oncle et sou époux <u.
Cet arrangement me paraît en opposition formelle avec les textes de Pausanias et de Porphyre.
Le premier dit positivement que Sôter 11 n’eut qu’une seule fdle légitime, Bérénice (que tout le monde reconnaît pour être la Cléopâtre dePorphyre), qui succéda à son père; fi pôvn yvriGÎx oi twv iraéî,<uv w, la seule légitime entre ses ci fans ™ , et non pas le seul enfant légitime (fui lui restait alors , comme M. Chainpolüon-Figeac est obligé de traduire , d’après son système.
Porphyre assure d’une manière non moins formelle que Cléopâtre, celle qui succéda à Sôter 11 , et fut, pendant dix-neuf jours seulement, la femme d’Alexandre 11, était Jille «le Sôter 11, et femme d’Alexandre Ier, Suyaipi ftv tou npeeëvzépou , yvvatx i àk tcv veu-épou : d’où il résulte bien évidemment que la femme d’Alexandre icr, et celle qui succéda à Sôter 11 sont une seule et même personne ; il s’ensuit également qu’elle était belle-mère d’Alexandre 11 , fils d’Alexandre icr, à qui elle fut forcée par Sylla de donner la couronne et sa main ; et en effet, quelques lignes plus bas, Porphyre dit qu’Alexandre 11 était son beau-fils , trpoyovoç, que M. Champollion a eu tort de traduire par le mot parent l3>, ainsi qu’on l’a déjà remarqué <4>. Le texte actuel de Porphyre porte que cette princesse partagea volontiers la couronne
<0 Mime ouvrage, II, p. i5i. = U) Pausau., 1,9, p. Clavier. = m Ouvrage rite, II, p. =: Saint-Martin,