L.. Kataapoç Ttëepîov, AS ùp KA
« Pour la conservation de Tibère César , nouvel « Auguste , fils du divin Auguste ,
» Publius Avillius Flaccus étant préfet ,
» étant épistratège , Sarapion Trycliambe t4) étant » stratège,
» les babitans de la métropole et du nome ont » élevé ce pronaos ,
» à Vénus, déesse très-grande et aux divinités » adorées dans le même temple j
» La ...année de César Tibère, du mois d’atliyr » le a i. »
W Infrh , chap. V.= w Ad OEdip. Tyr. , v. i5.= ® Foreellini, Lexic. hdc voce. = (4) On verra au chap. VI , § 3 , pourquoi je ne traduis pas fil* de Trychambe,
PIIONAOS 08 TENTTIUS.
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J U Sur le litre de nouvel Auguste donné à Til'ène. — Forme des lettres sur les médailles alexandrines.
La conduite d’Auguste à l’égard des Égyptiens avait été si bien calculée sur les besoins du pays et sur le caractère des habitans , qu’ils conservèrent toujours une vénération profonde pour sa mémoire, et un grand respect pour toutes ses institutions. Tibère ne pouvait donc recevoir un titre plus flatteur que celui de nouvel Auguste , titre qui fut également conféré à Néron, comme on le voit par une médaille de l’an V de son règne (,).
Ce titre se rapportait sans doute à la divinisation d’Auguste. On connaît l’usage où l’on était de donner aux empereurs le nom d’un dieu précédé du mot véoi. Ainsi Néron , sur des médailles alexandrines,. prend ou reçoit le titre de Neoc ArAeoAAiMaJN w;. Drusus et Germanicus, de neoi oeoi <haàaea<i>oi aaea<>oi; Caligula, de oeoi Ern<J>ANHZ neoî ; Caracalla et Ge'ta, de neoi haioi (3,j Antinous, de neoi iakxos(0 et de neos rireioz C5> ; Alexandre Sevère, de NEOZ aionyzos C6), de même que Caligula CT); Sabine,, femme d’Adrien, reçut le titre de nea ahmhthp (8),
4,5 Mionuet, Catalogue , Vî, p. 66, n. 181.= ® Id., p.64,. 65 , 66. = w Spanh., Prcest. Num. , II, p. 4?> , 4,a» 49°- —
** Eckhel. , Num. Anecd., p. i3a. = w Id. Doclr. Num., VI , p. 535. = w Spon, Mise. Erudit. , p. 36g. = w Cuper. , ap~ • pend, ad Hom. apoth. , p. 286.= Spon, Mise. Erudit., p.3a8, n. 1 8.
18a INSCRIPTIONS DF.S TEMPLES,
ainsi que Julia Augusta, femme de Sévère l,) j et cet usage me paraît être une imitation de celui qui s’établit chez les successeurs d’Alexandre en Égypte et en Asie (,).
Je pense que le titre vso; leëxçôi est analogue à ceux que je viens de citer. Auguste ayant été divinisé, on donnait probablement son nom à quelques-uns de ses successeurs, dans le même sens que l’on disait véo; Zeùç, véo; Ato'vvoo;, etc.
Outre ce titre , donné à Tibère et à Néron, ce dernier reçut encore celui de cûÎthp thc oikotm€NHC, qu’on trouve sur des médailles frappées à Alexandrie. Spanheim et d’autres habiles antiquaires les ont reconnues pour alexandrines : Eckhel oppose à celte opinion la forme des lettres e, c, ef , qui, dit-il , ne furent usitées en Egypte qu’après Néron (î>. L’objection est détruite par un grand nombre de monumens, qui prouvent l’usage antérieur de cette forme en Égypte ; outre les monumens en écriture cursive (4) , l’inscription de Pliilæ (5> ( ann. 76 à 58 avant J.-C.), et la médaille de Cléopâtre <c> , je citerai une inscription du temps de Tibère, copiée à Dakkch par MM. Ligbt (7) et Gau, et qui se termine ainsi : eaorc ia' kaicapoc tibgpiot ceBACTor iiaojni m itf ra) ;
Vandal. , Dissert. , p. 366. — Cuper. 1. 1.~ ® Suprà , p. 147. w Eckhel , Doclr. iïfum. , VII , p. 378. = w Suprà , p. ti.~ W Suprà , p. 147. = M Suprà, p. 147.= <7) Travels , etc., p. 270 , n. 5. = ^ Pour n*ïM ; résultat de l’identité de prononciation de l et de 01. Voyez A ce sujet une savante note de M. Poissonade. ( Notices des Manuscrits , X, p. 1 6!> ; 166.)= t') La copie de M. Light donne to qui doit être te ou 10.
PBOKàOS DE TENTTRIS.
tS.'ï
et une autre du temps de Claude trouvée dans l’Oasis par M. Cailliaud. Les médailles du même empereur offrent ces formes le plus souvent , et on les trouve sur plusieurs de celles de Néron lui-même {l);. ce qui n’empêche pas que d’autres inscriptions dm temps de Galba et de Trajan , recueillies dans l’Oa* sis, ne présentent les formes n et e. En examinant ' dans ce but , les médailles alcxandrines classées par Zoëga et M. Mionnct , on s’assure que les. formes 2 e n, c e g?, e et e, se trouvent presque; indifféremment sur les médailles, depuis Auguste; jusqu’à Trajan. Les premières formes sont les plus, communes, et les secondes très-rares jusqu’à Claude; sous le règne de ce prince, celles-ci sont pour le moins aussi fréquentes que les premières ; mais le sigma carré a été employé si rarement, que les. catalogues n’en offrent point d’exemple. Sous Néron, l’usage des premières redevint beaucoup plus général, et il se continua sous Galba, Otlion, Vitellius, Vespasien et Titus; aussi, parmi les médailles de ces princes , on trouve à peine quelques exemplaires où l’on aperçoit les autres formes ; les secondes et les troisièmes reparaissent sousDomilien, et presque aussi fréquemment que les premières ; enfin, les formes 2, E, n, disparaissent entièrement après la seconde année de Trajan , le n après la neuvième , pour faire place aux c, e, oS, les seules qui désormais se trouvent sur les médailles impé-
Suprà , ji. i64. j’en cite une du temps d'Auguste. = e) Mionnet, VI, p. 66.
riales : mais au revers, par une singularité assez remarquable, dans l’expression de la date v, xv, xxv, ou bien enatoy, enaekatot, etc., l’epsilon conserve la forme carrée, quoiqu’il affecte l’autre dans la légende de la médaille: peut-être est-ce par une suite de ces habitudes d’archaïsme, auxquelles on doit de voi r, sur les médailles d’Athènes, le nom delà ville écrit A6E, quoique les autres parties de la légende présentent Yéta (h) ; peut-être aussi , n’est-ce que le résultat naturel de l’usage simultané des formes différentes; car on les trouve employées à la fois , dans la même inscription , parmi celles que Burchardt a recueillies en Nubie ; je vois qu’un marbre d’Oxford porte les lettres c et e (1> , et si les copies de l’inscription du pronaos de Tentyris sont exactes, sous le rapport de la forme des lettres , ce monument présente la même particularité, puisque le sigma , Y epsilon et Y oméga y ont la figure ceûw. D’après ces observations , qui ne sont point indifférentes pour la suite de ces recherches, il est certain que c’est des Alexandrips que Néron a reçu le titre de Sauveur du monde, comme celui de nouvel Agathodémon ; et j’expliquerai plus bas une inscription où il est appelé Y Agathodémon de la terre.
Les titres de nouvel Auguste , nouvel Agathodémon, de Sauveur de la terre , donnés à Tibère et à Néron , furent-ils mérités par la bonne admi-
tl) Jlfurm. Oxpniens. , CLII ; ibi Reines. , p. 5ao ed. Jlfaitt.
w Siiftrà, p. i;5.
PRONAOS DE TESTYRIS. l85
nistration de l’Égypte sous leur règne? c’est ce que je n’affirmerai pas. Tibère prétendit d’abord marcher sur les traces d’Auguste, et s’attacha à réprimer les exactions que les officiers romains exerçaient dans les provinces : le jugement sévère qu’il fit prononcer dans le sénat contre Lucilius Capiton, procurateur de l’Asie (an a3 de J.-C. ), lui mérita la reconnaissance de toutes les villes de cette province (1), et l’on sait qu’un préfet d’Égypte, Émilius Rectus , lui ayant envoyé des contributions au-dessus du taux fixé, Tibère lui fit dire qu’il voulait bien qu'on tondît ses troupeaux , mais non pas qu'on les écorchât 0). On en peut dire autant de Néron, dont le règne fut très-heureux au commencement ; et tout porte à croire que l’Égypte se ressentit, comme le reste de l’empire, des heureux effets de son administration. Ainsi l’on ne saurait douter que ces empereurs n’aient mérité d’abord de la reconnaissance des Égyptiens les titres de nouvel A uguste , de nouvel AgaOiodémon : une fois ces titres accordés, qui aurait osé les leur refuser, après qu’ils s’en furent rendus indignes? Cependant j’ai lieu de penser que leurs excès ne se firent que faiblement sentir en Égypte. L’extrême douceur avec laquelle les Romains traitèrent ce pays, sous les premiers empereurs, permet de penser que les préfets, véritables vice-rois , continuèrent de se conformer aux principes d’Auguste j ce qui servirait du moins à le
*l> Tacit. Annal. , IV, i5. — p) Dio Cassius, i«VII, 10.
prouver , c’est que Philon donne de grands éloges à l’administratiou de Flaccus, à sa justice, à la douceur de son gouvernement, pendant les cinq deirtières années du règne de Tibère. Ainsi il est à présumer que l’Egypte fut tout aussi ménagée sous Tibère, Caligula, Néron, que sous les meilleurs^ princes ; et peut-être que le titre de Sauveur du monde donné à Néron sur une médaille d’Alexandrie déjà citéti, fut le résultat de quelque acte de justice ou de clémence fait en son nom par le préfet d’Égypte.
S IV. De la divinité à laquelle était consacré le grand temple de Tentjris, et preuves que l’ inscription ne peut s’entendre d’une simple dédicace.
On vient de voir que le pronaos du grand temple de Tentyris était consacré à Aphrodite et aux divinités adorées dans le même temple. On n’a pas manqué de voir dans cette Aphrodite une divinité grecque ou romaine Cl> , à laquelle les Romains auraient dédié le pronaos d’un temple égyptien, pour en prendre en quelque sorte possession w>.
Il faut d’abord prouver que cette Aphrodite n’est point une divinité grecque ; et cela n’est pas bien difficile. On sait que Strabon , dans sa Description de l’Égypte , remarque souvent quel était le culte particulier des différentes villes de ce pays ; ainsi les habitans de Sais adoraient Minerve (3> , ceux de
<0 Description de Dendérah , p. 58. = ® La même , au même endroit. =■ *** Strab. XVII, p. 803.
PRONAOS DE TENTYRIS. 187
Buto , Latone, qui y avait un oracle (0 ; ceux de Mondés, Pau tt)j les Momemphites adoraient Aphrodite les habitans d’Héliopolis, le soleil (1>, etc., et tous ces noms grecs désignent des divinités égyptiennes , honorées dans ces différens lieux. Le meme auteur, qui voyageait cinquante - deux à cinquante- sept ans avant l’époque de l’inscription du pronaos de Tentyris, nous apprend que les Tentyrites adoraient Vénus, npôxri iï A<ppo5iTijv !s) : et comme personne ne s’imaginera sans doute que les Tentyrites adoraient une divinité grecque ou romaine, pas plus que ceux de Sais, de Momemphis, d’Héliopolis, de Mendés etc., il faut bien reconnaître que ' Y Aphrodite dont parle Strabon est une déesse égyptienne , que les Grecs , dans leurs traductions approximatives des noms de divinités égyptiennes, ont assimilée à leur Aphrodite. U Aphrodite de l’inscription grecque est donc une divinité égyptienne, tout aussi bien qu’Isis, Sérapis, Aruéris, Antée, le Soleil, etc., mentionnées dans toutes les autres inscriptions des temples dont cet ouvrage contient l’explication.
Ce premier point établi , nous remarquerons que l’identité du nom de la divinité principale des Tentyrites, selon Strabon, et de celui qui est gravé sur la façade du temple principal de Tentyris, est à elle seule une preuve manifeste que ce grand temple était celui d’Aphrodite: c’est d’ailleurs ce qui résulte
t0 ld. ib. = « îd. i b. = « ld., P. So5. = w Id. , p. 8o5.=
« ld., p. 81 5.
iHSCRirnoss des temples.
évidemment du passage entier de Strabon : u Le» >» Tentyrites adorent Aphrodite ; derrière le naos » d’Aphrodite est un temple dTsis u>. » En effet , derrière le grand temple de Tentyris, à la distance de douze mètres, il existe un petit temple qui ne peut avoir été consacré qu’à Isis et à Horus , d’après les représentations qu’on y trouve (a>. Son entrée est dirigée au nord , comme celle du grand temple, en sorte qu’il est rigoureusement vrai de dire qu’il est placé derrière. 11 ne serait pas possible de transporter au grand temple le nom d’Isis ; car le petit, qui deviendrait celui de Vénus, aurait le temple • d’Isis devant lui , ce qui serait formellement contraire au texte précis de Strabon. « Peut-on s’em- » pêcher, disent MM. Jollois et Devilliers, de re- » connaître, dans ces indications, le grand temple » de Tentyris, et le petit temple d’Isis etd’Horus, » situé derrière cet édifice t3). »
A ces preuves convaincantes, nous en joindrons une autre qui ne le sera pas moins , puisqu’elle est prise dans les sculptures même dujjrand temple.
On sait que les chapiteaux du pronaos de Tentyris sont composés de quatre masques de femme
{1) Ttuùat <T hypoSirnV ôma 9ev Si toù viù tt.c Ày poSirr,; , îaiio{ içiv ispiv. ( Strab., p. 8i5. A. ) Ici le mot iipiv désigne non pas un hiiron , mais un petit édifice sacré, selon l’usage trèscommun chez les anciens, et qu’ou a voulu contester, mais & tort. Il suffit de lire avec quelque attention Strabon et Pausanias, pour en trouver une infinité d'exemples. = Description de Dcndérah , p. 49. = ® Lad. , p. 53.
PRONAOS DE TE.NTYRIS. I8g
coiffes , surmontés d’un dé ayant la forme d’un temple. Juste au milieu de l’architrave de ce pronaos, on voit cette tête colossale, surmontée de la même manière : elle se trouve encore à la partie postérieure de l’édifice, précisément au milieu, et dans une infinité d’endroits: ainsLil paraît certain que cette tête est celle de la divinité adorée principalement dans le temple de Tentyris. Les membres de la commission d’Égypte, ont partout pris cette figure pour celle à'Jsis , parce que, dans notre ignorance sur le sens des représentations symboliques de la religion égyptienne, nous sommes disposés à donner le nom d’Isis à toutes les figures de femme représentant une divinité. Néanmoins , si l’on est sûr de quelque chose , c’est que cette tête ne peut être celle d’Isis ; car sur plusieurs bas reliefs, on voit souvent qu’Isis, très-reconnaissable au trône qu’elle porte sur la tête, et qui est, comme on sait, son expression hiéroglyphique, est accompagnée d’une autre femme, portant sur la tête la figure d’un temple. Cela est surtout frappant dans deux bas-reliefs d’Edfou cu , où l’on voit plusieurs divinités égyptiennes, ayant devant-elles l’hiéroglyphe qui servait à les désigner ; Isis a la tête surmontée d’un trône, et ce même trône est figuré à côté d’elle ; l’autre femme porte un temple sur sa tête , et le temple, comme expression hiéroglyphique, est également reproduit à côté. Il est donc certain que celte femme est un personnage
<l> Descript. de l'Égjrpt. Anliq . I. Tl. 6g. 9. — 58, fig. a, C.
différent d’Isis. Le docteur Young <u y a le premier reconnu Nephthys , la sœur d’Isis et la femme de Typhon. On doit remarquer qu’au témoignage de Plutarque, Nephthys était appelée Aphrodite par les Grecs ta) ; et M. Pricliard , dans un ouvrage récent, a établi par des reprochemcns ingénieux et certains, que cette déesse était la divinité égyptienne à laquelle les Grecs ont donné le nom de V énus nocturne et de Vénus céleste ; il montre également qu’on lui consacrait une vache comme à sa sœur Isis (3).
Ainsi, l’on ne saurait guère douter que la divinité principale du grand temple de Tentyris, et dont l’image a été placée dans les cliapitaux et dans les endroits les plus appareus de l’édifice, ne fût Nephthys sœur d’Isis, c’est-à-dire, une divinité dont les Grecs ont rendu le nom par celui d’ Aphrodite ; que là c’est cette Aphrodite qui , au témoignage de Strabon, étaitla divinité particulière des Tentyrites, et qu’en conséquence le nom d 'Aphrodite , mentionné dans l’inscription du pronaos de Tentyris , désigne bien réellement la divinité même du temple. Ainsi se trouve établie l’identité du naos de Vénus dont parle Strabon , avec le grand temple actuel , identité qui résultait déjà si évidemment du texte de cet auteur, comparé à l’état actuel des lieux. Ce temple était donc consacré a l énus et aux divinités
U) E„cyclop. Brilanniq. Snpplem., Art. F.gypt .—Appendix to Brhoni’s Travels , p. 4oG. = ® De Iside et Osiride , p. 355. — O) An analysa oj Igyptian rnylhology, p. 146, 1 47*
Diqitized t
3gle
PRONAOS DK TENTYRIS. igi
adorées ensemble (kypo&vn xoù toi; ouvvaoi; $w>tî); Vénus était la déesse éponyme tl) , et les autres divinités étaient sans doute Isis, Osiris , Florns , etc. On peut même hasarder un rapprochement nouveau, et qui ji’est pas sans quelque intérêt. J’ai dit que, sur les basreliefs, Isis et Nephthys sont très-souvent placées à eôté l’une de l’autre ; de meme il paraît que les Égyptiens ont aussi disposé près l’un de l’autre , et dans une dépendance mutuelle , les temples de ces deux divinités. Ainsi à Tentyris , où la divinité principale était Nephthys , le grand temple lui était consacré; mais tout à côté on avait élevé un petit temple à sa sœur Isis. Au contraire à Plûlæ , où Isis et Osiris étaient honorés d’un culte spécial, le grand temple leur était dédié m ; mais, eu avant du pronaos , on avait élevé un petit temple, celui de l’ouest, à Nephthys leur sœur; c’est ce que prouvent les chapiteaux, déformé semblable à ceux de Tentyris, qui ornent toutes les colonnes de ce temple périptère <3). La relation de ces deux petits temples avec le grand, dans les deux lieux, mérite une attention particulière; elle nous montre qu’il existait de grands rapports entre le culte des deux sœurs , rapports indiqués déjà par ce fait , qu’une vache était consacrée à l’une comme à l’autre.
J’ai prouvé que X Aphrodite de notre inscription était une divinité égyptienne ; ainsi l’hypothèse
(1) Supra, p. 3a. = 0) Descripl. de l'Égypte, Antiq. I , pl. ao — ® End. ibid.
iga irscriptiors des tempi.es.
que les Romains ont voulu consacrer un pronaos égyptien à une de leurs divinités, est tout-à-fait inadmissible. Ce qui n’est pas moins démontré , c’est que les Romains ne sont réellement pour rien dans la rédaction de l’inscription grecque ; la formule vTtèp aÙToxparopoç existe dans toutes les inscriptions du même genre trouvées en d’autres pays; c’est une pure formule votive dont on faisait usage dans tous les pays soumis à l’empire romain. Les seuls auteurs de l’inscription et de l’ouvrage qu’elle rappelle, ce sont les gens du pays , oc àzô tôî pjTpo7:<j}.e«î xxi toû vopoù. Or, l’identité que je viens d’établir entre le grand temple et le naos, de Vénus, détruit toute possibilité d’admettre que l’inscription du pronaos indique la simple consécration de ce propaos sous le règne de Tibère. Il serait absurde d’imaginer que les Tentyrites, au temps de Tibère, ont dédié le pronaos seulement de leur temple à la divinité k laquelle tout le temple appartenait, comme si le pronaos eût été jusqu’alors excepté de la consécration. Cette inscription ne peut avoir de sens que dans le cas où le naos de \ énus , étant resté sans pronaos extérieur jusqu’à cette époque, les habitans ajoutèrent cette partie importante pour compléter l’édifice.
J’ai dit ailleurs ll) : «Le pronaos de Ton ty ris , » peut-être commencé sous la domination grecque, » ue fut achevé que sous les règnes d’Auguste et de » Tibère. » En effet, on peut appliquer ici les rétl> Journal des Savons , août 1 8a i , p. l\6 1 .
PROHAOS DE TESTYRIS. J<)3
flexions que j’ai faites à l’occasion du pronaos d’Antæopolis 10 ; il ne faudrait pas donner à l’inscription un sens plus rigoureux quecelui qu’elle aurait, quand on y lirait le verbe inrÂi)a<x.v-, or ce mot lui-méme n’emporterait pas nécessairement l’idée que rien n’existait de ce pronaos , et que rien n’était préparé pour sa construction ; on peut croire que les fondemens en étaient déjà jetés, et les matériaux préparés ou rassemblés ; il suffit, au sens de Êrrot'riaav, que les tuyaux qui restaient à faire fussent assez considéra bleWour que les gens du pays eussent le droit de dire qu’ils avaient fait le pronaos , à l’époque indiquée dans l’inscription. C’est la seule concession qu’il me paraisse possible de faire à l’opinion que je combats, et qui , d’après l’analyse détaillée contenue dans ce paragraphe, ne me semble pas devoir conserver beaucoup de partisans.
40 Supra , p. 66.