‹ Recherches pour servir a l'histoire de l'Égypte pendant la domination des grecs et des romains, tirées des inscriptions grecques et latines relatives a la chronologie, a l'état des arts, aux usages civils et religieux de ce paysChapitre 38 sur 84 · TEMPI-E DE PAN0P0L1S · texte numérisé non relu

TEMPI-E DE PAN0P0L1S

la cinquième ligne, annonce clairement qu’il s!agit ici d’une seule personne ; à la vérité , on lit à la ligne suivante, dans la copie deM. Hamilton, cynetcaecan , qui est un pluriel ; mais ici la copie de Pococke vient à notre secours , et confirme ce qu’on doit conclure du mot i?p|a-o ; car elle porte CYNere- Aecon: or, l’omicron ne peut ici provenir que d’un e; rien de plus commun en effet, dans les copies d’inscriptions, que la confusion des lettres de forme semblable e, o, c, e : je ne doute point que la copie de Pococke ne nous ait conservé la vraie leçon, qui est cYNETEAeceN , et non pas crNereAecAN. #

Cela posé, reprenons la ligne troisième. Les deux copies de Pococke et de M. Hamilton s’accordent à donner au commencement les lettres tibêpioc kaaysioc. k : vient ensuite une lacune de onze à douze lettres , dans la copie de Pococke , et seulement de sept à huit dans celle de M. Hamilton ; mais la première mérite à cet égard la préférence. En effet, aucun nom n’est mis en abrégé dans celte inscription : or, la lettre K est le commencement de kaayaioy , et il faut encore un nom, dont la finale a été conservée j car, après la lacune, ou trouve nocyioc; la copie de M. Hamilton donne snocyioc, ce qui ne peut provenir que de ïïnoc ; c’est la finale d’un nom romain qui pourrait être NEPtfNOC, makpoJnoc, KAniTofivoc, K.AinioJifoc, ckiiugJnoc ou autres de ce genre. J e me décide pour ce dernier nom , d’après une inscription trouvée en Égypte , dont les caractères annoncent un temps voisin de la date de celle

ao8 INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

de Panopolis j c’est Pococke qui nous l’a conservée Les deux premières lignes portent :

TIBKAATAION XIIIIOÎNA TOAI1ANTAAPICTON

ce qui doit se lire TtS. IGaôiîi&v 2xi7n'«v« tov jraVra âpirov : de même, dans une inscription de Spon .... tw «£io).oywT«Triv xat r. «via àplçrot (2) : on eût aussi bien dit tôv vàvz’ àcpt^ov. Ainsi Atbenee..1 ... ûjrè toü Tta'vT àpîç-ov UroXeaatou toü Oi).a£é).you <3).

L’identité des prénoms et de la finale rend trèsvraisemblable qu’il s’agit du même personnage , et je lis en conséquence k[aaï\moï cxini]&Jxoc ; ce qui remplit exactement la lacune.

Le mot kypin a est pour Kucptva, avec l’omission très-ordinaire en ce cas, dans les inscriptions, de Viola qui indique le datif et le cas répondant à l’ablatif latin. Tout le monde sait que ce mot ne peut signifier ici querfe latribuQuirina. Onle trouve écrit aussi KoriPeiNA <4) , mais l’orthographe la plus commune est K.YPINA (4> ; de même, Denys d’Halicarnasse, Appicn, Plutarque, etc. , écrivent toujours Kupîvo; ( Qmrinus ), Kupiiia ( Quiriha ), Kupêrat ( Quiritœ ), Kupvtoî z.dtpoç ( Quirinalis mons) : et quoique Dion Cassius écrive Kutpivo; et Kvïpîrai l6) , il dit aussi Kupfvo; <T). Cette variété d’orthographe provient de

(*) Desciipl. oftheEmtt , I, p.l-}6.= W Spon, Miscell. Erudit., p.335 , n. XLI. = (î) Alhen.i V, p. 196. A. = wGruter, DLXXXI.= ® Reines., VII , 36. — Joseph., Ant. Jud., XIV, 8, p. 698. = ® D10 Cassius , XLI , 14, Xl.IJ , 53 j LIV, 19* = <*> id. xi.m . 45.

TEMPLE bE PAKOPOLIS. aOf)

c« que les syllabes Kr et kti étaient toutes deux l’équivalent du qui des Latins, et que toutes les trois se prononçaient à peu près koui. On a commis plusieurs fautes dans la traduction des noms, pour n’avoir pas fait attention à cette identité. Ainsi tibepios kaatînios, dans une inscription de Rhodes, doit se traduire Tiberius Calvinius, etnon Tib. Caljnius , comme l’a fait M. de Hammcr <l). A propos du nom Mapxo; AxvXtoçdans Joseplie(î), Havercamp dit: « an pro AxoufXto; vel AxutXtoî , aliorum esto judi- » cium » j mais il n’y a nulle incertitude : Àx uXtoç , AxoutXio;, AxuO.ioî, sont un seul et même nom.

Le mot qui suit ktpina est AnoAAiNAPic qu’on trouve tout entier dans la copie de M. Hamilton. Ce nom appartient à Ti&'pio; KXav<hoj ; c’est l’ordre suivi en pareil cas : après le prénom et le nom, on met successivement le nom et le prénom du père , la tribu et le surnom du fils ; ainsi : Aeuxtoç Yldn-nio; Aevxiov KoXXtva Kazizuv <3) ; Tio-'pio; KXavtîto; Ttëepiov vio; Kvptva Iov).tav6; (l>; Têros $Xa'6io; Atovroç vîoç Kvpeivx Aivtia.; w) ; 1\ <l). Aéovro; Kvpeiva Apiço; <G) et non pas Aplçov , comme lit Chandler , faute d’avoir remarqué la construction ordinaire en ce cas.

Je ne sais si l’on a déjà fait l’observation que les

Topograf. Ansichlcn , p. i65. = m Anliq. Jud. , XIV, 10, 10 = * Joseph. I. I. = Reines. VII, 36. — Cf. Spon, Misccl.

Erud., p. 35i. — Chandler, Inscr. Ant. AppendM II. — Observ. Miscel. IV, p. 344» etc' = Chandler, part. I, n. LXX. Chandler traduit AmEior par Aenii, comme si le nominatif était AINEIOI ; il devait dire aeneae.= ® Id. ibid.

aïo

Grecs, en mettant le nom de la tribu romaine au cas répondant à l’ablatif latin, faisaient une faute contre le génie de leur langue , selon lequel ce nom devait être au génitif. Ils y étaient entraînés sans doute par l’intention de reproduire exactement la forme latine Quirinâ, Sergiâ, V sturiâ, etc. Ce n’est pas au reste la seule irrégularité de ce genre qu’ils se soient permise , quand ils ont voulu rendre une locution consacrée : telle est la formule consulaire , un tel étant consul ; ils auraient dû se servir du génitif, et cependant ils employaient souvent le cas répondant à l’ablatif latin; comme Kôcow Kopvïj).t'w AevrouXco /.ai Aeuxîw Ileis&m {matois (l) , au lieu de é~i Ko'ffirov x.ai Aeuxiov Ileiswvw; {maton/.

Avec le nom ahoamnapic, la ligne se trouve composée de soixante-trois lettres comme la première. On a tout lieu de croire qu’elle est finie. Après les noms d’un personnage, viennent toujours ses qualités; or celles-ci se trouvent complettement à la ligne suivante.

En effet, les deux copies s’accordent à laisser une lacune de trois lettres avant tû?n; et il n’y a nul doute que ces troislettres étaient Ano, préposition dont on se servait, soit pour indiquer qu’un personnage avait exercé une charge, soit pour marquer la classe à laquelle il appartenait; comme : ÜETpwvio; Basao; àr.o {maton/

W Pocock. , Inscr. Ant. , p. i3 , n. 5. — Spon , Mise. Erud., p. 35a. — Chandler , Insc. Ant. Append. XI. — Gruter , CCCXIV, a. — Decret, ap. Joseph., Ant. Jtttl. XIV, 10, 10; 19, etc.

TEMPLE DE PAXOPOLIS. 211

xcu ùr.o eitcépyuv npccnuptrùv ll> ; . . aam. KAI Ano Arrf- KoeeT6?N t2> ; Oaooij^o; y.ott àr.o xopéruv <3) : la préposition es e'taiten ce cas usitée indifféremment; ainsi : KaX- Ttoüpvioç üpôxXoç éx ffuyxXrjttxwv xai ùr.xpyu'j yCk(xpypiw. Le mot xexet).tapy»]xw; signifie ex-tribun militaire. Ainsi l’auteur de la dédicace est Tib. Cl. Apolli wara l5>, ex-tribun militaire.

Après xïxstXtapx/ixÔTMv, il existe une lacune de neuf i dix lettres. La copie de M. Hamilton porte ensuite très - distinctement iCTPismocKAinANOc- ©eîïN MencTXXN io. Les mots S,£d5v p-tyi? wv annoncent que les noms de deux divinités doivent se trouver auparavant; ce qui est prouvé également par kai iiakoc qui précède; d’où il résulte la preuve certaine que le nom d’une autre divinité est caché •dans les lettres jctpikiaoc: cet endroit de la pierre étant assez maltraité, on ne sait s’il faut s’en tenir bien scrupuleusement à ces caractères, et si ces lettres tpisïiaoc, figurées ainsi dans Pococke .

TPI..I...AOC ne seraient pas thciciaoc

et il me semble que le titre de Ires-grand donné à la divinité quelconque , dont le nom est si peu dis-

W Pocock. , Inscr.Ant. , p. 43 = W Wlieler , p. 4 17. Leake lopograf. of Athens, p. 102.= (s) Corsini, Fast. AU.', I, p. 38a. = M Gisb. Cuper. , ait Laclanl. de mort. Pcrsecutor. , p. 210. = w Un Claude Apollinaris commandait la flotte de Misène , 69 ans après C.-J. ( Tacit. Hisl. , III, 57 , 76, 77. ). Celui qui est mentionné dans notre inscription était peut-être de la même famille.

ai a INSCRIPTIONS DES temples.

tinct, pourrait servir à confirmer cette conjecture; on aurait tort d’objecter que l’article féminin tü; , placé avant io-iJo; , ne peut convenir à IIavè« qui est masculin: il suffirait, pour lever l’objection, de citer cet endroit de l’inscription de Rosette : 6 Îo-coî xoù Oaipioi viii <0.

Au reste , le nom de cette divinité , quel qu’il soit, nous intéresse médiocrement. Ce qui nous importe, c’est de savoir de quoi dépendent ces noms de divinité au génitif. Il ne s’agit plus ici de la dédicace ; le fait est bien certain ; car elle est exprimée plus haut par iuni eeaîi MenCTûJi, et il faudrait n'avoir aucune connaissance du style des inscriptions pour supposer qu’après ce datif, on aurait reproduit encore l’expression de la dédicace , en employant le génitif, contre toute espèce de syntaxe^

Tout démontre que ces noms au génitif dépendent d’un substantif qui exprimait une dignité quelconque, comme îepsù?, irpoyirm; , (lUfctois ou autres analogues. Si les verbes suivans n’étaient point au singulier, on supposerait que la lacune était remplie par les onze lettres KAionePeic; mais l’observation qui a été faite plus haut exclut cette conjecture.

Je remarque après xc^fiXiap^xôtwv, dans la copie de Granger , la lettre K , qui est le commencement de kai; ensuite , après la lacune, je trouve

^ Inscript. Ros, y lin . io.

TEMPLE DE PANOl’OLIS. T|3

dans la copie de Pococke, ne ; à l’aide de ces indices , je remplis la lacune de dix lettres , y compris le k , en lisant : KexeiAiAPXHKOTOÎNK. [Ain poctat]iic ou K[AiemcTA] ; d’où l’on voit que Yextribun militaire était prostate ou épistate des temples de et de Pan ; et en effet, on concevrait

difficilement qu’un ex-tribun militaire romain eût fait construire un propylon à Pan , sans un emploi quelconque dans le temple de cette divinité. Que le titre de cet emploi ait été irpoc’atr); ou irAçdxr,^,, c’est ce qui paraîtra bien probable d’après la grandeur de la lacune et la finale hc ; et surtout d’après les fonctions que ce terme exprime. Il ne serait pas extraordinaire sans doute qu’un ex-tribun militaire romain, établi à l’anopolis, eût exercé la prêtrise de Pan, soit à vie, soit temporairement j la prêtrise temporaire existait en Égypte , sous la domination romaine (1>j or, nous trouvons ailleurs qu’un tribun militaire fut prêtre de la divinité du lieu , et néocore d’Auguste W) , et qu’un cliili arque de la xv* légion fut prêtre de Leucothée (3). Mais le mot iePerc, serait trop court ; au lieu que [npocrATiic ou [eniCTAt]hc remplit toutes les conditions ; et ces deux mots sont également convenables pour exprimer l’idée d 'intendant j d’ administrateur ; npoç-drns, surtout, prend souvent cette signification, comme itpoçctvris oâûv M), zpoçxrriï epywv(6), xpoç-Jhm; Touou (G>. Selon Clé-

(l> Appcnd., n° XIX. = ® Peyssonuel , Voyage à Thyalira , p. a8o, etc.= t5) Gruter , CDLXIII, 1.= w Dio Cas*ius, LIV , 8. = 1 Paralipom. , XXIX, 6.= l6) InJ'ià, Appendice, n" XIX.

ment d’Alexandrie , les fonctions de grand-prêtre et d’iulcudant étaient réunies dans la même personne (,>; mais rien n’empêche de croire que cette disposition n’était point commune aux temples de tous les ordres. 11 pouvait en être quelquefois des temples de l’Égypte, comme de celui de Jérusalem, dont on confiait souvent l’administration à un homme qui n’était pas prêtre ; témoin un certain Simon, delà tribu de Benjamin, qui fut nommé intendant du temple, r.poçâxm toù Upoû m , quoiqu’il ne fût point de l’ordre sacerdotal ainsi nous ne pouvons être surpris de voir un ex-tribun romain administrer les finances d’un temple à Panopolis (0 j et cette circonstance nous explique de la manière la plus satisfaisante pourquoi un ex-tribun militaire se- trouve mentionné dans l’inscription , comme ayant élevé un propylon égyptien , dédié à la divinité du lieu ou a

O yio toi rpofrirr,; itapà toîç Alyuirrioif xai xiç oizvour,; tüv rrpouôJaiv «jrtçxTXC «fi. (Cleni. Alex. Stromal. , VI , p. y58 , 1. io.) = ® a Maccab. III , 4- = (5> lJora Calmct , note sur ce passage. = Je ne dois pas ndgligcr d’indiquer une autre restitution dont ce passage est susceptible ; on pourrait en effet supposer que la lacune était remplie par : K.[ATAK6A€lCtNT]Hc ; ou bien eKk6A6TCet!>cr]nc , etc., et le sens deviendrait : un tel ,

ex-tribun militaire , par f ordre de et de Pan , a construit

etc. Cette formule se trouve ailleurs ; ainsi : xaxot xiTiruertv 3toù ( Murat. XXI , 1 .) et «? «ïxeitvetwç toû Trarptov St o j , dans une inscription de Gaza, citée par Doni ( Class. III, 457-) et rdtabliu par Wesseling ( Ad Itiner. veter., p. 71g. ). J’aurais peut-être préféré cette restitution , si elle n’avait pas contenu quelques lettres de trop.

TEMPLE DE PANOPOLIS. 2l5

Chemmis , que les Grecs appelaient Pan’. On pourrait élever une difficulté sur ce que la dédicace ne fait mention que du dieu Pan , tandis qu’Àpollinavis est désigné comme étant le prostate de deux divinités. Mais il n’y aurait rien de surprenant à ce que le même fonctionnaire eût été intendant de deux temples à la fois : d’ailleurs , on sait très bien que les titres que prennent certains personnages dans les inscriptions , ou qu’on leur donne , doivent très souvent s’entendre de fonctions exercées successivement 10 ; c’est la tournure de l’inscription qui indique quelle est celle de ces fonctions que le personnage exerce actuellement. Ici , par exemple, le sens est clair; non seulement le nom de Pan est placé en dernier , mais en outre , le propylon étant dédié à Pan, il ne pouvait y avoir aucune amphibologie, et il était évident qu’Apoilinaris , ex-tribun militaire , ex-prostate de la divinité dont le nom est illisible , agissait en cette occasion comme prostate actuel du temple de Pan.

La partie de l’inscription qui contient le nom du fondateur , se trouve donc également restituée de manière à ne laisser de doute que sur le nom d’une des deux divinités , ce qui n’importe pas beaucoup au sens général de l’inscription ; nous avons donc : TiSipio; KXaûiîtoî TiSïpio'j KXauiîïou ZxiT.twoi uti? Kuptvx AnoXXtvapiç «ttôtwv xs^etXiap^JinÔTWv xai npoçoixri;.., xaù II avàî Sewv fieyîçuv.

w Infrà, p. î5i.

2l(î INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

L’ordre des idées et la comparaison avec les autres inscriptions du meme genre , notamment avec celles de ïentyris, d’Antæopolis et d’Ombos, nous annoncent clairement ce qui a dû suivre le nom de l’empereur, celui de la divinité, et du fondateur du propylon ; car des cinq parties principales qui composent les inscriptions de ce genre 10 , il n’en manque plus que deux : savoir, le nom de l’édifice élevé, et l’expression de la date. Poursuivons l’analyse; elle va nous conduire au but avec sûreté.

Le premier mot de la quatrième ligne, MeriCTofw , ne termine point cette ligne , quoiqu’elle renferme déjà soixante-quatre lettres. Il est üuivides lettres io, dans la copie de M. Hainilton , la seule qui nous donne exactement l’extrémité des lignes ; ce qui forme un total de soixante-six lettres ; il s’ensuit que, si la quatrième ligne ne se terminait pas là, du moins on ne peut supposer qu’elle en renfermât encore plus d’une ou de deux.

La ligne suivante est tronquée au commencement ; il y a une lacune de sept à huit lettres dans la copie de Pococke , et de six à sept dans celle de M. Hamilton. Ensuite on trouve, dans cette dernière, les lettres enm...ior, ce qui ne peut être que eninonAior ou nomAior.

Lp,s élémeqs de ces lettres se trouvent dans la

copie de Pococke cr lie

où l’on peut voir f.nino

(l> Supra , p. 1 58.

TEMPLE DE PANOPOL1S.

Après lor est une lacune de dix-sept à dix-huit lettres; puis on lit apxoï , qui est la fin de eiupxor. U ne autre lacune de sept à huit lettres, après eiupxor, doit être remplie par les mots Airrnror, selon l’usage constant que j’expliquerai plus bas 111 . Ainsi , en se bornant à suivre les traces certaines depuis em jusqu’à hpsato exclusivement , on doit lire sans nul

doute eri lion), tou éirajs^ou Atyvirtev : et il est

évident que la lacune de quatorze à seize lettres , à remplir , était occupée par les nom et surnom du préfet augustal, dont le prénom estPublius, et sous l’administration duquel fut exécutée la construction du propylon de Panopolis. Je laisse ce nom en blanc, n’ayant aucun moyen de remplir la lacune. On verra plus bas que la date de l’inscription est de l’an xii de Trajan, 109 de notre ère : or l’histoire ne nous a point fait connaître le nom du préfet qui gouvernait l’Égypte à cette époque. Une inscription du colosse de Memnon, rapportée par Pococke l3) , et d’après lui par les auteurs de la Description de Thèbes u>, fait mention d’un Q.^ibius Maxirnus, qui tut préfetl’an vu de Trajan, c’est-à-dire, cinq ans avant la date de l’inscription d’Achmin. Comme le prénom n’est pas le même , c’est d’un autre qu’il s’agit ici : ce n’est pas non plus Rutilius Lupus qui administrait l’Égypte dans les années 18 et 19 de Trajan, comme je le dirai plus bas t4> , car son prénom est

l,) Cbap. 6, de cette partie, S 1.=.°* Inscript, jint., p. 8i,n°3.

® P. 108.= w Infrà, p. î3l.

Marcus. Ainsi le préfet qui administrait l’Égypte en l’an xn et auparavant ( car l’érection du propylon a pu exiger une année), a suivi Q. V. Maximus et précédé M. R. Lupus. J’indiquerai ailleurs les motifs qui me font croire qu’il a dû être le successeur immédiat de l’un , et le prédécesseur immédiat de l’autre. Je me contente d’observer qu’il n’est question ici ni du stratège ni de Vépistratcge mentionné dans les deux inscriptions précédentes, après le nom du préfet augustal. La même omission se remarque dans l’inscription de Cysis, qui sera examinée au chapitre suivant.

Remarquons maintenant que les mots hpeatoçjton, ne pouvant en aucune manière se lier avec ce qui précède, commencent évidemment une autre phrase. Ainsi, le sens est suspendu après eiupxor, et, dans tout ce qui précède, il faut trouver une phrase complète.

Or, pour obtenir cette phrase, il ne faut plus, d’après la tournure connue des inscriptions de ce genre, que placer le% seul mot qui manque, et lui trouver la seule place qui lui convienne. Ce mot est le nom de l’édifice sur lequel l’inscription est gravée ; et ce nom y doit être régi , selon l’usage, par le verbe sous-entendu.

Nous avons donc la certitude qu’il manque encore to nponrAON, ou ton iivaaJna, l’édifice de Panopolis devant être désigné par l’un de ces deux noms

111 Suprà , p. 37, 38.

TEMPLE DE PANOPOLIS. 2lt)

La place que ce mot occupait ne peut laisser le moindre doute à quiconque examinera l’ensemble et tous les détails de l’inscription. Il est de toute évidence qu’on ne saurait le placer que dans la lacune de sept à huit lettres en tête de la seconde ligne; et cette lacune suffit aux huit lettres nPonrAON: il ne manque plus que l’article to qui est indispensable ; or , il existe après MenCTflfN , car on ne peut le méconnaître dans les lettres 10 qui terminent la ligne précédente. Cette coïncidence achève de démontrer la justesse de la restitution.

Nous pouvons donc être sûrs d’avoir rétabli la seconde partie , comme la première , avec la certitude désirable , à l’exception du nom d’une divinité qui ne nous est pas connue , et de celui du préfet augustal, que l'histoire ne nous fournit aucun moyen de connaître. Cette partie occupe les lignes trois et quatre, et les trois-quarts de là cinquième, de cette manière :

Ticipio; KXaôÆio; Ti&pîbv Klavoiou 2xitti'uvo$ uio? Ko upîva. AnoXkivapiç ,

<xt:ô zûv xeyeiluxpyriMZMV xoti it poçâxni nîos y.«t

Ilavoc Beüv p-tyiç wv , to

7rpôîtü).ov , étci Ilo7tXt'ou inoipyou Aiyurtrov.

C’est-à-dire :

« Tibère Claude Apollinaris, de la tribu Quirina, » fils de Tibère Claude Scipion, ex-tribun militaire, » intendant de ... . et de Pan, dieux très grands ,

» [ a fait çriger ] ce propylon , Publius étant

» préfet d’Egypte.

Oü peut dire qu’avec ces deux premières parties l’inscription est complète; la date a été exprimée vaguement parle nom du préfet sous l’administration duquel l’ouvrage a été exécuté , parce qu’on devait la déterminer ensuite d’une manière plus précise. Excepté donc cette date précise, qui se trouve apres, il ne manque absolument rien : nul doute que l’auteur de la dédicace ne se fût arrêté là , s’il n’eût pas désiré indiquer deux circonstances qui lui paraissaient trop importantes pour être négligées. Examinons en quoi elles peuvent consister.

§ I II . Circonstances de la construction.

En jetant les j eux sur nos deux copies, on voit que le reste de l’inscription est fort mutilé ; car après iiPSAToerrON il manque neuf ou dix lettres. La moitié de la seconde ligne ( environ trente-quatre à trente-cinq lettres) a tout à fait disparu ; et, après les treize lettres cyn etea ccgn AO , on trouve une lacune de vingt lettres environ. La dernière ligne est complète , comme on le verra bientôt.

Quelque insuffisans que puissent être ces indices , pour remplir les deux lacunes avec un degré suffisant de certitude , ils sont infiniment précieux , en ce qu’ils contiennent la preuve manifeste qu’il s’agit de la construction du propylon, et non pas seulement de la dédicace.

J’observerai, d’abord que le mot eProK ne peut dépendre de iipïato qui gouverne le génitif; il finit

TEMPLE DE PANOPOLIS. a al

que ce mot soil le complément d’un verbe qui est après : dans le cas contraire, on devrait lire de toute nécessite epresx ou epror ; la première correction serait peu sûre : j’ai remarqué que la forme particulière de Y oméga empêche qu’on le confonde avec toute autre lettre : epror serait plus vraisemblable ; tiptaro spyo'j pourrait être l’équivalent de ijpÇxxo ipyâ- Çuv , comme àp6pov ll>, itoï.étiov w) , ).6yov (i) &pyto9xt signifient xpé^tiv, Tto "keptîv, \éyuv &p-/s^Sxt. Mais nous n’avons aucune raison solide de changer la leçon de l’unique'copie que nous possédions; il faut l’expliquer telle qu’elle est.

A la ligne suivante, les lettres CYNCTfiAeceNAe (car on ne peut guère lire autrement que Ao ou Ae) , sont dans une évidente correspondance avec r.p^axo êpyov... et l’on pourrait désirer la particule Mex entre ces deux mots, si l’on ne savait que cette particule est souvent négligée dans les auteurs les plus purs <H , à plus forte raison dans les inscriptions où la concision est surtout recherchée.

Ainsi , quelle que soit la conjecture qu’on puisse proposer, pour remplir ces énormes lacunes, on aperçoit dans le peu qui nous reste , l’intention évidente d’exprimer le commencement et Y achèvement de l’édifice. Je viens maintenant aux diverses manières de reproduire dans leur entier les deux pro-

w Xcnoph. , Cyrop., III, 3, 61. Schneid. = Id. Helkn., III , 5,5. = w Id. ib. , IV, i , :3. = Van Ileusde. , Spécimen Critic. ,p.y5, seq. — Heindorf. ad Platon., T. Il , p. 5i , 4? i. — Ilerodot., IV, 38, 4-

222 inscriptions des temples.

positions dont ces deux verbes nous ont conservé les vestiges. Je n’en vois que trois entre lesquels le choix ne me paraît pas difficile.

On peut supposer, par exemple, que le rédacteur a voulu marquer les deux époques du commencement et de l’achèvement ; par exemple , qu’il a commencé l’ouvrage ( >ip;ato ëpyou ) à telle époque, et l’a fini ( avvez tktaiv) après tant de temps , la 20e année de Trajan. Dans cette hypothèse , la lacune qui suit rp&To ëpyov (ou ëpyov avec un verbe après) aurait été remplie par l’énoncé de la première date; et celle qui suit ubvzztkeaEv, par le mot servant à exprimer le temps quelconque employé à ce travail , tels que o'jvzrifoaev $è[év met... unui...] , comme s’exprime Harpocration : èv ëteai pèv kzvtû.ù; ifîroojS»! CI> ; ou J ulien : itoXiv te éjiwvup.ov ai/roü v.ardçtfizv iv oiiiï'i ô).oi; erse t Siy.a (î) ; on pourrait même se passer de la préposition, ainsi, Josephc : xai toùza wxooôprçcsv mstv jf l3) ; et saint Jean : p.ç ëteaiv içy.o$opr,Gri i vao? cvto; (4) ; l’on dirait également bien auvczD.eazv Si eîeu ïTùiv.... prjvwv.. d’après cette phrase de Philostrate... to çàSiov ....i-nt'Uccj £1(7(0 Terrapwv etwv <5): toutefois cette première conjecture me paraît assez peu probable. Pour rendre une telle idée , dans le style précis des inscriptions , la seconde phrase suffisait : en effet , dire Y ouvrage a été achevé en tant de temps, la 12e année de Trajan , c’est dire à quelle époque on

B) Harpocr. , Voce ITpoirùX. = ® Julian., Oral, in Constant, laud. , p. 8. B. = ® Ant. Jud. , XV, 11, 5 et 6.— w JoW II, ao. = w Pliilostr. , II, Sopliist., I, 4*

TEMPLE DE PANOPOLIS. 2^3

l’a commence. La seconde explication consisterait à supposer que l’ouvrage [ commencé par Apollinaris a été achevé par un autre C1) ; c’est-à-dire qu’après avv ezileaev venait le sujet de ce verbe , différent de celui du verbe ÿp&zo ; ce sujet , au singulier, ne peut être que les noms d’un autre personnage : or , dans l’espace occupé par les vingt lettres qui remplissaient la ligne , il n’y aurait pas moyen de placer ce qui aurait dû nécessairement s’y trouver , dans cette hypothèse , savoir les prénom , nom, surnom et qualité de ce personnage. Cette seconde explication est donc aussi peu admissible que la première.

Enfin, on peut admettre que l’ouvrage, commencé par l’intendant du temple avec l’argent du trésor sacré , ou bien fourni par le gouvernement, a été terminé avec scs propres deniers. Cette conjecture rend bien compte des deux circonstances représentées par les deux verbes ; et explique en même temps pourquoi le nom de l'administrateur parait seul dans l’inscription. Dans cette hypothèse , que je crois la plus vraisemblable , on peut faire deux restitutions différentes, selon qu’on lira epror ou que l’on conservera ePTON. Avec êpyov , il faudra

lire ïpïzzo ipyo-j[zrrJ faitchipt et; toùto 7rotô>v è/. züv

roù îspoù 7rpoff<5^uv]<TUVExé).c(J£v ô1’ t[x z<Lv èîiwv zr,v oiy.oàour,v\. Cette restitution , fondée sur des passages analogues W) , contient exactement le nombre de;

Comme dans une inscription , citde au chapitre y de la a* partie. = w Tô Si «iç iyxkpi t Æstjrâvnu* îrotr.ix-

22 t INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

lettres nécessaires ; savoir dix lettres à la fin de la cinquième ligne ; trente-quatre au commencement, et vingt-une à la fin de la sixième ligne, qui en contient en tout soixante-lmit, comme la dernière et la seconde.

Si nous conservons citon , la construction doit être changée; ce substantif sera le régime du participe 7roiwv ou noir,oa c;, comme dans cette inscription d’Oxford : K).. Ba'dffo; àywvoÇérrj; itme/ero cpyov r.oir.aetv mz <n. On voit , par cct exemple , comment on doit entendre la leçon ëpyov : Apollinaris expliquait dans le premier membre, combien il avait dépensé d’argent du trésor sacré , et dans le second , combien il en avait consacré de ses propres deniers à l’achèvement du propylon ; ensorte qu’il donnait à connaître ce qu’avait coûté la dépense totale de cet édifice. Les lacunes , en conséquence, pouvaient être remplies de cette manière :

tipÇaro lpyov[r6idûv

irivapu wv ex twv tou tep où rpoes&w]* cweté/.tctv <îe[

SetTtavnnaç, ex "<üv èîéwv.

Les deux espaces que je laisse en blanc devaient coutenirlesigncnumérique indiquantlasommede deniers.

j/ivo; ix tw» iJiw» (Wbeler, p. no ; Spon , T. I, p. 5^8.) — T»i» tiç txvit a éajrotxx» tTOuivx» tx tw» t»tw» rixt'îtJfctTO KO ir.cifj ( Chandler, Inscript. yint. , p. g. ). On pourrait lire aussi tx» Saitivr.v ntpi toûto 7TOio0fii»o{ ou simplement tx» &tjrâ»x» roioùujvo;. Au lieu de tx tw» toü iipoü npoaoiuv, il y avait peut-être tx tw» lîxuoffiw» ypr.jiiTuv , si c’est le gouvernement lui-même qui h fait la dépense indiquée ; ce que je ne pense pas.

Mnrm. O.ron,, X,.1».

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