TEMPLE DE KASR-ZÀYAN
en état; il revient au velustate corruptum ou conlapsam restituit des inscriptions latines ; et c’est en effet de cette manière que, dans une inscription bilingue, on a rendu le xi avuneoovxx ir.oxotxéçrl'j£v de la partie grecque tl>* Ce qu’il y a de remarquable ici, c’est que le verbe n’a point de sujet ; en sorte que le sens est en général on a remis en état , comme s’il y avait i-KoxaxsçdOri. Il n’est pas dit quels sont ceux qui ont réparé ces murs, En pareil cas, il faut entendre que ce sont les gens de l’endroit même ; et c’est sans doute parce qu’il ne pouvait y avoir d’incertitude à cet égard , qu’on se dispensait quelquefois de l’exprimer, comme on le voit dans l’inscription qui fait le sujet de ce chapitre.
Nous trouvons deux Flavius Titianus parmi les préfets d’Egypte ; le premier gouvernait pendant le consulat de Varus et d’Ambibulus , comme l’atteste une inscription du colosse de Mcmnon 0> ; ce qui répond à l’an 1 26 de notre ère, xejdu règne d’Adrien ; le second, sous Antonin Caracalla, vers 210 ou 2i6l3). Ni l’un ni l’autre ne peut être le même que le Flavius Titianus mentionné dans l’inscription trouvée près du Sphinx j car elle est du 1 5 de pachôn de la vie année de Marc-Aurèle et Vérus <4) , répondant au 10 mai de l’an 1G6 de notre ère ; or, un inter-
(1> Gruter, CLXXI1I, 8. = m Pocock. Inscr. Antiq., p. 81. w Dio Cassius , LXXVII, il. — Le savant critique qui nous a fait connaître cette inscription dans le Quartcrljr - Review , croit que la date se rapporte au règne d’Antonin-le-Pieux; mais je ne puis partager cette opinion.
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Xj4 . INSCRIPTIONS DES TEMPLES,
valle de quarante ou de cinquante ans ne permet pas d’identifier ces trois personnages ; mais il est asse$ singulier que, dansl’espace de quatre-vingt-dix ans, il y ait eu en Égypte trois préfets portant le même nom et le même prénom ; ils étaient probablement de la même famille, et, selon toute apparence, celte famille est celle de Flavia Titiana, épouse de Pertinax (,°.
Les murs ( it lyy\ ) dont il est ici question , sont ceux qui formaient l’enceinte dans laquelle le sphinx était renfermé , et dont le capitaine Caviglia a retrouvé les vestiges. Ces murs étaient fort endommagés, et les habitans les remirent dans leur état d’intégrité.
Il en fut vraisemblablement de même du sécos et du pronaos du temple de Kasr-Zayan. On a vu que la grande porte sur laquelle on lit l’inscription appartient à la façade du temple. Cette façade ne peut être que celle du pronaos de l’édifice j ainsi la grande porte est nécessairement celle qui servait d’entrée principale à ce prouaos.
Les expressions grecques 6 ffrjxôç zoù Upcù xai rà Ttpôv/xov ix y.cuvftç xateuxeuaaS») doivent être traduites ainsi : le sécos du temple et le prouaos ont été construits de nouveau. Le sécos étant, comme le pronaos , une partie du naos , on voit qu’ici le mot upèv désigne l’édifice même, de même que dans le passage de Strabon cité plus haut {î) , et dans une infinité d’autres.
I1* Jul. Capilolin. in Patin., cap. 5. =s ® Suprà , p. 188.
TEMPLE DE KASIl-ZAY AS.
Le sens de èx xacviîç xanar-EvaiaOr, ne peut être douteux. La locution assez rare èx xxivfj; est visiblement elliptique : le substantif féminin sous-entendu doit être oUoSopHz , et en conséquence la phrase èx xaivw; oi’xodo/jtij; xaTaTxeuaÇeiv est littéralement construire de nouveau , reconstruire de toutes pièces : denuo ( i. e. de novo ) asdificarc ; comme dit Plaute : Ædi- Jicantur œdes totas denuo U). Thucydide emploie cette locution, en parlant de la colonie d’He'raclée envoyée à Trachis par les Lacédémoniens : xataç-ams (ÎÈ (î>, èzEi'yiaav t r,v niltj èx xaivrjç; comme nous savons par Diodore que l’objet des Lacédémoniens était que la ville nouvelle fût plus grande que l’ancienne l3), on dut être obligé de construire une nouvelle enceinte ; on sorte que les paroles de Thucydide signifient, on construisit de nouveaux murs , ou bien on reconstruisit entièrement les murs de la ville. Cet exemple , indépendamment de l’analogie , établit clairement le sens des mots èx xzivrj;.
Les rédacteurs de l’inscription ont eu le soin de spécifier quelles parties du temple ils avaient reconstruites. Cela était indispensable, parce que cette inscription ayant été gravée sur la façade même du temple, on aurait laissé croire nécessairement qu’il s’agissait de la construction de l’édifice entier, si l’on n’avait indiqué avec précision de quelles parties on voulait parler. C’est ce même motif qui a guidé
Moslellar. , I, a, 36.= ® Thucyd., III , ga. Je ne partage pas l’avis du schoüaste qui sous-entend xptiitïfo;. = ® d;0(i. Sic. , XII, 5a.
a46 insciuptions des temples.
les auteurs de Icelles de Tentyris, iTAnlæopolis rt
d’Ombos.
De ces deux parties construites de nouveau , l’une est le sécos ou sanctuaire du temple ; l’autre est le pronaos . Nous pouvons nous faire une idée du style adopté dans ces reconstructions, par la porte principale dont M. Jdyde a donné le dessin ; car nous avons vu que cette porte appartient nécessairement au pronaos , c’est-à-dire, à l'une des deux parties reconstruites. Le style en est égyptien, et tout nous annonce qu’il a dû en être de meme des autres constructions nouvelles.
S II. Noms des magistrats. — Date de l’inscription. — Préfecture d’Avidius Héliodore. — Époque de la naissance du rhéteur Aristide.
Selon l’usage, dont on a déjà vu plusieurs exemples, les auteurs de l’inscriptionont exprimé les noms des magistrats des différens ordres , sous l’admiuistration desquels les travaux de réparation ont été terminés -, leur nom est placé, comme à l’ordinaire, dans l’ordre de leur dignité -, le préfet d’abord , ensuite Yépistratège , puis enfin le stratège ou commandant du nome. Le nom du premier de ces magistrats sera l’objet d’une discussion spéciale , mais avant de m’y livrer,* je dois m’arrêter un moment sur le nom du stratège. Le texte porte : CTPATHrorN— ToenAmior (,) KAHiieÎNOC. La première idée qui se
ll> La copie de M Drovetti donne iurMor,cc quircvicut à il»i-