TEMPLE DE KASR-ZAYAN. ?.!\C
Il faut entendre de même llaiviov Kaiittmo; ; d’où nous voyons que Pænias Cæpion , stratège du nome de l’Oasis, n’était pas un Romain ; et je montrerai bientôt qu’en effet tous les exemples connus prouvent que la fonction de stratège n’était confiée qu’à des Grecs ou à des Egyptiens.
La dernière ligne de l’inscription fixe la date au 18 de mésori de la troisième année de Titus Ælius Adrien Antonin, ce qui répond au ia août de l’an i4o de J.-C.
Ainsi, au milieu del’an i4o de notre ère, l’Égypte était administrée par un préfet nommé Avidius Hcliodore <l). Le nom de ce gouverneur est connu, niais l’époque de son administration n’était point déterminée; et notre inscription, en fixant cette époque d’une manière précise , fournit les moyens d’éclaircir plusieurs points de l’histoire du temps.
Avidius Cassius,' qui joua un si grand rôle sous les règnes d’Antonin et de MaroAurèle , était fils d’un certain Héliodore, que son talent pour la rhétorique avait porté jusqu’à la place de préfet d’Egypte t!). Cet Héliodore ne peut être que celui dont l’inscription de Kasr-Zayan fait mention, et l’on ne doit pas négliger de remarquer que son prénom Avidius est précisément le même que celui que portait Cassius; ainsi Avidius Cassius tenait ce prénom de
w Les deux copies portent Aortator; M. Joinard lit cependant Aoui iiov et traduit Avilius. Cette correction toute gratuite prouve qu’il n’a pas su rattacher le nom de cc prdfel à l'histoire connue. = '1' Dio Cassius, LXXI, 21.
son père. 11 s’ensuit queVulcatiusGallicauus, auquel nous devons la vie de ce fameux général, se trompe quand il dit que Cassius le tenait de sa mère; mais peut-ctre suffit-il d’undéger changement de ponctuation pour rétablir la pensée de l’historien : Avidius Cassius fuisse dicitur, ut quidam volunt, ex familin Cassiorum , per malrem tamen avo genitus Avidio Severo C1>. Saumaise a changé ce passage en lisant : ....fuisse dicitur , per matrem tamen : novo aulem ( pâtre ) genitus Avidio Severo ; mais cette correction , que Reimarw> trouvait mauvaise, est démontrée Fausse par notre inscription : en se contentant de déplacer la virgule , on peut lire : fuisse dicitur per matrem tamen, avo genitus Avidio Severo , ce qui signifie : « Avidius Cassius, selon quelques-uns, est » dit avoir appartenu à la famille des Cassius , par » sa mère cependant , car son aïeul ( paternel ) fut » Avidius Sévère. » Ceci explique à la fois comment le nom du fils était Cassius , et comment le prénom du fils et du père était Avidius.
Héliodore administrait l’Égypte au commencement du règne d’Antonin-le -Pieux; mais il est à peu près certain qu’il occupait cette place du vivant même d’Adrien. Selon Dion Cassius, c’était son talent pour la rhétorique qui l’avait élevé à cette haute fonction. Ainsi , l’on ne peut douter que ce gouverneur ne soit le même que le rhéteur de ce nom , très-favorisé d’Adrien y et, qui , au témoi-
(l> Vulc. Callic. J i .{Inter Script. Jfist. August.) = w Ad Dion. Cass. I. I.
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gnage du même Dion Cassius u) , remplissait auprès de cet empereur les fonctions de secrétaire, vers les années 120 à 122 (î>. Valois et Reimar ont déjà reconnu l’identité des deux personnages ; et leur opinion se trouve confirmée par l’époque de l’administration d’Iléliodore. On conçoit en effet que la faveur d’Adrien l’ait élevé du rang de secrétaire intime jusqu’à celui de préfet augustal quelques années après. D’autres faits analogues ajoutent un nouveau poids à ces probabilités. Telle est cette inscription dédicatoire :
AVXIEPEI AAE2ANAPEIAC KA1 AITTIITOT nACHC Af.rklûTf IOTAlftfl OïHCTeiNûfl KAI EI1ICTATHI TOV MOYCEIOT KAI eni T«ÎN EN P0ÎMI1I BIBAlOeilktfN P6ÎMAIkû?\ TE KAI EAAHNIKdfN ,KAI Eni THC I1AIAEIAC AAPIAKOr eriICTOAEI {3) TOT AÏTOr AÏTOKPATOPOC (4).
C’est-à-dire :
« A Lucius Julius Vestinus, grand-prêtre d’A- » lexandrie et do toute l’Égypte , directeur ( ou » intendant) du Musée, conservateur des biblio- » tliéques latines et grecques de Rome, précepteur » d’Adrien , et secrétaire du même empereur. » Dans l’énumération des fonctions exercées successivement par le même personnage, on ne suivait ordinairement ni la gradation des charges, ni l’ordre chronologique ; quelquefois on commençait par les plus considérables, Vt l’on finissait par celles qui le
<0 LXIX, 3.= « Tillcmont, T. II, p. 358. = w Èittroltùi ( a!> epislolis) est un mot à remarquer. = w Fabretti , III , 479.
sont mains (l>. Ainsi nôus pouvons présumer avec vraisemblance que L. J. Vestinus avait été successivement précepteur cl secrétaire d’Adrien , garde des bibliothèques de Rome, intendant du Musée , et grand-prêtre de toute V Égypte ; toujours verrons-nous un secrétaire de ce prince, élevé, comme Héliodore, à une dignité suprême dans le même pays. On trouve un exemple analogue dans une inscription d’Ephése , où il est fait mention d’un secrétaire d’Adrien W) , pour les lettres grecques ( ah epistolis grœcis ), et qui avait été nommé administrateur d’Alexandrie ( procurator ad Diæcesin Alexandriaè). Ilsembleraitqu’àcausedcsa prédilection pour l’Egypte, cet empereur aimait à y placer les gens qu’il affectionnait, ou qui avaient rempli auprès de sa personne des places de confiance.
On a donc toute raison de croire que c’est à l’empereur Adrien qu’Héliodore dut la place de gouverneur de l’Egypte , et en conséquence que le commencement de son administration est antérieur de plusieurs années à l’époque indiquée par notre monument. Une inscription de la statue de Memnon nous apprend qu’en l’année xviii d’Adrien ( 1 34 ans après J.-C. ), le préfet d’Égypte se nommait Pélronius Balbus <3> , ce qui fixe le point au-delà duquel nous ne pouvons faire remonter l’époque de
Grutcr, CDLVIII, i et passim.= w Pocock. Inscr. Antiq .. p. 19, n° 1 4- — Hcsscl , Append. ad preefat. Gudii. = w Pocock. Inscript. Antiq. , p. 85, n" I. — Descript. de Thèbes ,